Dépression de l'Afar

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11° 30′ N 41° 00′ E / 11.5, 41 ()

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Vue en perspective, texturé par une image satellite et légendé du relief de la dépression de l'Afar vue depuis le sud-est.

La dépression de l'Afar, également appelée triangle de l'Afar, Danakil, Dancalie, dépression de Danakil ou encore dépression de Dancalie du nom de sa région septentrionale située sous le niveau de la mer, est une dépression située en Afrique de l'Est, à la jonction entre la vallée du grand rift au sud-ouest, la mer Rouge au nord et le golfe d'Aden à l'est[1],[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Rivages du lac Assal à Djibouti.

Situation[modifier | modifier le code]

D'une superficie approximative de 4 000 km2 (100 km × 40 km) pour sa partie sous le niveau global des océans, la dépression de l'Afar est majoritairement située dans l'est de l'Éthiopie mais couvre aussi le centre de l'Érythrée, le sud de Djibouti et l'extrême nord-ouest de la Somalie[2].

Topographie[modifier | modifier le code]

Atteignant 155 mètres sous le niveau de la mer au lac Assal et bordée par des montagnes et des falaises culminant à plus de 4 000 mètres d'altitude, la dépression de l'Afar se présente sous la forme d'un large effondrement triangulaire dont l'altitude diminue en allant vers le nord et l'est. Elle est connectée à la vallée du grand rift au sud-est, au golfe d'Aden via le golfe de Tadjourah à l'est et à la mer Rouge au nord[1],[2].

Le plus grand cours d'eau de la dépression est représenté par l'Awash qui prend sa source dans les plateaux éthiopiens, coule vers le nord et forme une série de lacs salés dont le lac Abbe, le plus grand de la région[1].

Géologie[modifier | modifier le code]

Carte géologique de la dépression de l'Afar.

Cette dépression constitue un graben triangulaire encadré au nord-est par le bloc Danakil et à l'ouest et au sud par les plateaux d'Éthiopie qui constituent des trapps[1]. De son centre rayonnent trois grandes zones de distension de la croûte terrestre : un rift partant vers le sud-sud-ouest et constituant la vallée du grand rift, un rift se prolongeant par une dorsale dans le golfe d'Aden via le golfe de Tadjourah à l'est et un troisième rift se prolongeant par une autre dorsale dans la mer Rouge au nord[2]. Cette configuration tectonique fait que le bloc Danakil, un horst situé dans le nord de Djibouti et le sud de l'Érythrée, fait partie non pas de la plaque africaine mais de la plaque arabique et s'éloigne du reste de l'Afrique en restant soudé à l'Arabie, au large du Yémen[2].

La zone est sismiquement active avec la présence de failles normales occasionnant des tremblements de terre de relativement faible ampleur. En revanche, le volcanisme y est très actif avec la présence de très nombreux volcans rouges émettant des laves fluides, généralement basaltiques, au cours d'éruptions effusives dont l'Erta Ale qui contient de manière plus ou moins permanente un lac de lave[3], le Dallol et ses concrétions et sources chaudes[4], l'Ardoukôba dont la première et dernière éruption remonte à 1978[5], etc.

Les « chaines volcaniques axiales » de l'Afar sont de type « océaniques » (au plan tectonique et magmatique) et assurent le relai entre les vallées axiales de la mer Rouge et celles du golfe d'Aden, de sorte que la frontière des plaques entre l'Afrique et l'Arabie ne passe pas « en mer » par le détroit de Bab-el-Mandeb, mais à terre à travers l'Afar. La nature de la tectonique et du volcanisme de l'Afar se distingue ainsi de celle du rift africain, qui reste un « rift continental » n'ayant pas donné lieu à la génération de croûte océanique nouvelle.

Climat[modifier | modifier le code]

La dépression de l'Afar est une des zones les plus arides et stériles de la planète. La pluviométrie y est très faible et les températures élevées ce qui fait de cette région un désert, le désert Danakil. De plus, les sols sont relativement pauvres, surtout dans les parties basses de la dépression et dans les zones volcaniques, en raison de la présence de lave et d'eau de mer qui s'infiltre et s'évapore en laissant des dépôts de sels.

Histoire[modifier | modifier le code]

La dépression de l'Afar fut étudiée par Haroun Tazieff dès la fin des années 1960 et il en sortit un ouvrage intitulé L'odeur du soufre et sous-titré Expéditions en Afar.

Démographie[modifier | modifier le code]

Chamelier au-dessus du lac Assal à Djibouti.

Malgré le caractère inhospitalier de son climat, la dépression de l'Afar est habitée, notamment par les Afars, des pasteurs semi-nomades.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]