Dépistage des cancers en médecine générale

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Les dépistages ont une très grande importance dans la prévention de certains cancers. Ils permettent un diagnostic plus précoce de la tumeur et par conséquent, la mortalité, les douleurs, et les traitements parfois lourds, tels que les chimiothérapies, peuvent parfois ainsi être évités ou réduits. Le plus souvent, ce n'est pas la douleur qui permet de déceler un cancer : une tumeur n'est en elle-même pas douloureuse. C'est un groupement anarchique de cellules inorganisées. Comme elle ne peut être constituée de réseau nerveux, la tumeur n'a aucune sensibilité. Pour qu'un cancer fasse mal, il faut donc qu'il touche, irrite ou comprime une partie sensible du corps humain, c'est-à-dire une zone innervée[1].

Fréquence des cancers[modifier | modifier le code]

Selon l'INVS[2], en 2000, il y eut 280 000 nouveaux cas de cancer en France dont 58 % d'hommes. La même année, 150 000 décès liés aux cancers furent comptabilisés dont 62 % chez l'homme.

Prévalence décroissante des cancers tous genres confondus :

  1. sein
  2. prostate
  3. cancer colorectal

Chez l'homme :

  1. prostate
  2. cancer du poumon
  3. cancer colorectal

Le cancer responsable du plus de décès est le cancer du poumon.

Prévalence des cancers dans une patientèle de médecine générale[modifier | modifier le code]

Prévalence des cancers dans une patientèle de médecine générale[3]

nombre total moyenne par médecin
patients annuels 1 030 15,4
actes annuels 2 903 43,3

Cancer du sein[modifier | modifier le code]

Dépistage du cancer du sein en médecine générale HAS 2004[4]

Facteurs de risques individuels de cancer du sein[modifier | modifier le code]

  1. antécédents de néoplasie lobulaire ou hyperplasie épithéliale atypique
  2. antécédents personnel de cancer du sein
  3. Découverte d’un gène de prédisposition familiale
  4. antécédents familiaux :
    1. trois cas de cancer du sein chez les apparentés premier et deuxième degré de la même branche
    2. deux cas familiaux de cancer du sein dont l’un au moins est survenu avant 40 ans
    3. cancer du sein bilatéral ou cancer du sein associé à un cancer de l’ovaire
    4. deux cas chez les apparentés du premier degré dont au moins un cas est un cancer de l’ovaire
    5. plusieurs cancers de l’ovaire
    6. deux cas de cancer du sein chez des apparentés du premier degré dont au moins un cas est masculin

Moyen de dépistage[modifier | modifier le code]

  1. L'examen clinique attentif par un médecin entraîné détecte les tumeurs de l'ordre du centimètre. Il est conseillé en association à la mammographie.
  2. L'auto palpation n'a pas prouvé de bénéfice sur la mortalité par le cancer du sein, et les résultats suggèrent que l'autopalpation causerait plus de mal que de bien[5].
  3. La mammographie :
    1. en cas de facteur de risque,
    2. entre 50 et 74 ans, tous les 2 ans,
    3. chez les patientes porteuses du gêne BRCA 1 ou 2 de prédisposition, mammographie annuelle à partir de 30 ans (ou 5 ans avant l'âge du cancer du sein le plus précoce dans la famille).

Cancer de la prostate[modifier | modifier le code]

Le cancer de la prostate est le premier cancer diagnostiqué chez les hommes. Le dépistage devrait s'effectuer tous les ans, à partir de 50 ans. Ce cancer ne donne aucun symptôme, ni lors de sa phase d'évolution silencieuse, ni lorsqu'il est à la fois curable et détectable. Si l'on attend que les symptômes apparaissent, le traitement permettra seulement de ralentir l'évolution de la maladie. L'examen consiste à faire un toucher rectal et à mesurer le dosage sanguin du PSA.

Cancer colorectal (cancer du côlon et cancer du rectum)[modifier | modifier le code]

Le cancer du côlon et le cancer du rectum sont des cancers colorectal. Le dépistage le plus courant consiste à effectuer une coloscopie à partir de 50 ans.

Cancer du col de l'utérus[modifier | modifier le code]

Le dépistage du cancer du col utérin consiste à faire un frottis de dépistage. C'est un examen médical simple, destiné à prélever des cellules provenant du col de l'utérus. C'est un examen de dépistage du cancer de l'utérus et non de diagnostic (le diagnostic est posé grâce à la biopsie).

Il est recommandé pour les femmes de le faire à partir de 18 ans. On commence par deux frottis à un an d’intervalle. Si les résultats de ces frottis sont satisfaisants, un nouveau dépistage tous les trois ans est conseillé jusqu’à l’âge de 69 ans.

Cancer du poumon[modifier | modifier le code]

Parmi les personnes atteintes du cancer du poumon, 85 % des cas sont dus au tabagisme. D'autres personnes peuvent néanmoins développer un cancer du poumon sans n'avoir jamais consommé de tabac.

Une toux persistante et tenace, bien qu'elle ne signifie pas nécessairement un cancer du poumon, est un symptôme suffisant pour consulter un médecin. D'autres signes peuvent apparaître chez une personne atteinte d'un cancer du poumon : des crachats de sang, une perte de poids, un essoufflement persistant, une douleur à la poitrine.

Le cancer du poumon peut être vu sur les radiographies thoraciques et le scanner. Le diagnostic est confirmé par une biopsie. Ceci se fait généralement par bronchoscopie, ou par biopsie guidée par scanner.

Mélanome[modifier | modifier le code]

Le mélanome est un cancer de la peau ou des muqueuses. Le dépistage le plus courant consiste à faire contrôler sa peau par un dermatologue. Il utilisera notamment un dermatoscope pour le contrôle. À titre personnel, il faut être attentif en cas de modification d'un grain de beauté ou l'apparition d'une lésion cutanée noire sur sa peau.

La brûlure solaire, en particulier dans l'enfance, et les antécédents familiaux sont les principaux facteurs de risque. L'exposition solaire régulière et modérée d'une peau susceptible de bronzer a un certain effet protecteur. Bien qu'il puisse apparaître partout, le mélanome a tendance à se former plus souvent sur les parties du corps qui sont couvertes dans la vie quotidienne mais exposées occasionnellement lors des bains de soleil, comme le torse et les jambes. De même, l'utilisation d'ultraviolets artificiels dans un but de bronzage augmente significativement le risque de mélanome. Il faudrait également éviter d'exposer son corps entre 11 h et 17 h, heures où les rayons ultraviolet du soleil sont les plus néfaste, et utiliser une crème solaire.

Cancer du testicule[modifier | modifier le code]

Le cancer du testicule frappe surtout les hommes avant 40 ans. Près de 90 % des victimes ont ressenti une sensation douloureuse ou inconfortable et ont constaté une grosseur ou une inflammation d'un testicule. Rarement les deux testicules sont touchés simultanément.

Une palpation des testicules est pratiquée par le médecin pour diagnostiquer ce type de cancer qui sera suivi par une échographie des testicules.

Cancer du pancréas[modifier | modifier le code]

Un dépistage a été mis au point par Jack Andraka qui repose sur la détection de la mésothéline dans le sang et l'urine, une protéine utilisée communément comme un biomarqueur pour le cancer pancréatique. La méthode développée consiste en un papier-filtre qui est plongé dans une solution de nanotubes de carbone: ces cylindres creux, dont les parois ont l'épaisseur d'un seul atome, sont enduits d'un anticorps spécifique qui se lie avec le virus ou la protéine recherchée. Quand les anticorps à la surface des nanotubes sont en contact avec la protéine-cible, les protéines se lient aux tubes et les élargissent très faiblement. Ce changement d'espacement entre les tubes peut être détecté grâce à un compteur électrique. Ce test est fiable à 90 %[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]