Savoie (département)
| Savoie | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Rhône-Alpes |
| Création du département | 15 juin 1860 |
| Chef-lieu (Préfecture) |
Chambéry |
| Sous-préfecture(s) | Albertville Saint-Jean-de-Maurienne |
| Président du conseil général |
Hervé Gaymard (UMP) |
| Préfet de département | Éric Jalon |
| Code INSEE | 73 |
| Code ISO 3166-2 | FR-73 |
| Démographie | |
| Population | 414 959 hab. (2010) |
| Densité | 69 hab./km2 |
| Géographie | |
| Superficie | 6 028 km2 |
| Subdivisions | |
| Arrondissements | 3 |
| Circonscriptions législatives | 4 |
| Cantons | 37 |
| Intercommunalités | 28 |
| Communes | 305 |
| modifier |
|
Le département de la Savoie (prononcé [sa.vwa]) est un département français de la région Rhône-Alpes dont le chef-lieu est la ville de Chambéry. Les habitants de la Savoie sont connus sous le nom de Savoyards, mais leur nom historique de Savoisiens reste parfois utilisé. L'Insee et La Poste lui attribuent le code 73.
Le département de la Savoie est le département le plus montagneux de France avec près de 90 % de son territoire situé en zone de montagne. Il s'agit principalement du massif des Alpes, mais aussi dans une moindre mesure du massif du Jura à l'ouest. Les vestiges des premières civilisations humaines en Savoie remontent à la période du Néolithique, soit entre 9000 et 3300 av. J.-C. La Savoie est ensuite tour à tour peuplée par des tribus celtes, les Romains, les Burgondes, avant de faire partie intégrante du Comté de Savoie durant le Moyen Âge, puis du Duché de Savoie à partir de 1416. Après diverses périodes d'ententes et de rivalités avec le royaume de France voisin, la Savoie est une première fois rattachée à la France post-révolutionnaire en 1792 jusqu'en 1815 à la fin du Ier Empire de Napoléon Ier. La Savoie revient alors à la maison de Savoie, devenue entretemps royaume de Sardaigne. Elle le reste jusqu'au 24 mars 1860, jour de la signature du Traité de Turin entérinant l'annexion définitive de la Savoie à la France. Suite à un referendum d'avril apportant une large majorité en faveur du rattachement, la Savoie est officiellement intégrée à la France le 14 juin, tandis que le département de la Savoie, de même que celui de la Haute-Savoie voisine, est créé le lendemain, 15 juin 1860. Dès lors la Savoie connait le Second Empire de Napoléon III, ainsi que les troisième, quatrième et cinquième Républiques. Son territoire joue également un rôle important, notamment en raison de sa proximité avec l'Italie, lors de la Seconde Guerre mondiale, et les bombardements alliés qu'elle subit, notamment ceux du 17 septembre 1943 à Modane et ceux du 26 mai 1944 à Chambéry, font plusieurs centaines de victimes et causent d'importants dommages.
En 2010, le département de la Savoie comptait selon l'Insee une population municipale de 414 959 habitants, en augmentation constante du fait de ses soldes naturel et migratoire positifs (respectivement de 0,4 % et 0,7 % par an). Sa population totale était pour sa part estimée à 428 751 habitants, population pouvant, lors de la période hivernale, atteindre le double de la population municipale. Ceci s'explique par la présence de conditions optimales liées au milieu mais aussi à la volonté des acteurs ayant permis l’avènement des sports d'hiver en Savoie, qui avec ses 60 stations de sports d'hiver est le département le plus équipé de France. La plupart de ces stations sont en outre de renommée internationale et attirent des touristes et vacanciers venus du monde entier, et le tourisme contribue de manière générale à près de 50 % du produit intérieur brut départemental annuel. Ce PIB ne représente en valeurs qu'une infime part du PIB rhône-alpin, mais rapporté à son nombre d'habitants, celui-ci s'élève à 24 100 euros par habitant, hissant alors la Savoie à la 2de place régionale, et à la 8e place au niveau national hors agglomération parisienne et ville de Lyon[1].
En dehors du tourisme, le secteur des services est également celui contribuant le plus au PIB savoyard. L'agriculture et l'industrie ont donc des impacts moindres, mais possèdent malgré tout certaines activités contribuant à la notoriété de la Savoie et de sa production : notamment par la viticulture, les fromages et la charcuterie pour l’agriculture (prenant part à l'ensemble de la gastronomie savoyarde), et la métallurgie, l'hydroélectricité ou la fabrication de denrées alimentaires, tels les crozets, pour l'industrie.
Enfin le département de la Savoie possède un patrimoine architectural et culturel important, de par la diversité des civilisations qui l'ont occupé. Au 31 décembre 2010, la Savoie comptait 200 protections au titre des monuments historiques, parmi lesquels 80 classements, même partiels, et 120 inscriptions. Ces monuments couvrent toutes les époques : le cercle de pierres de Séez datant du Néolithique, l'Arc de Campanus d'Aix-les-Bains de conception romaine, la colonne féodale d'Aigueblanche (Moyen Âge), ou encore l'ancienne entrée du tunnel ferroviaire du Fréjus (XIXe siècle). Avec ses 25 protections, la ville de Chambéry, capitale historique de la Savoie, en accueille à elle seule 12 %.
Sommaire
|
Géographie [modifier]
Situation [modifier]
La Savoie fait partie de la région Rhône-Alpes. Son territoire s'étend sur une superficie totale de 6 028,25 km2, soit 602 825 hectares et 14 % de la région[2]. Elle est limitrophe des départements de la Haute-Savoie au nord, de l'Ain et de l'Isère à l'ouest et des Hautes-Alpes au sud. L'est de la Savoie est pour sa part limitrophe avec les vallées de Suse et d'Aoste en Italie.
Département situé au cœur des Alpes, il est le plus montagneux de France[3] avec ses 554 100 hectares de superficie situés en montagne, soit 88,4 % du territoire[4]. Son point le plus bas est à Saint-Genix-sur-Guiers (210 mètres) et son point le plus haut 3 855 mètres pour la Grande Casse en Vanoise, soit un dénivelé de plus de 3 600 m et une altitude moyenne de 1 500 mètres[4].
La grande majorité des massifs de la Savoie sont des massifs alpins, parmi lesquels celui des Bauges, de Chartreuse, de la Lauzière, de la Vanoise et du Beaufortain. À ces massifs s'ajoute également la partie la plus méridionale du Jura, situé à l'ouest du département dans l’Avant-pays savoyard et formé principalement par le mont du Chat, l'Épine et le massif de la Chambotte.
Son découpage géographique suit par ailleurs le plus souvent les massifs montagneux. C'est le cas à l'est avec l’Italie, séparée de la France par les aiguilles et les grands cols tels le Mont-Cenis et le Petit Saint-Bernard, mais également avec les Hautes-Alpes au sud, joignable par le col du Galibier, et la partie nord-est de la Haute-Savoie où la limite longe la chaine des Aravis (limite au col des Aravis) et certains sommets des Bauges. C'est enfin aussi le cas avec l'Isère, séparée par le massif de Belledonne. Du côté de l’Ain, le Rhône marque la limite sur près de 50 kilomètres, de la confluence avec le Fier près de Seyssel aux environs de Saint-Genix-sur-Guiers. Pour les limites en plaine, celles-ci peuvent s'inspirer des limites historiques de la Savoie (exemple de la limite avec la province du Dauphiné au niveau du mont Granier) ou le plus souvent d'autres cours d'eau (comme le Guiers de l’Avant-pays savoyard à la Chartreuse).
En ce qui concerne l’hydrographie, le département est traversé d'est en ouest par l'Isère (286,1 km jusqu'au Rhône) et l'Arc (127,5 km), qui prennent leur source près du Col de l'Iseran. L'Isère descend la vallée de la Tarentaise et l'Arc celle de la Maurienne après laquelle il rejoint l'Isère au niveau de la Combe de Savoie. Ce sont les deux seuls cours d'eau de plus de 100 kilomètres en Savoie mais la longueur totale des cours d'eau dans le département s'établit à 2 200 km[4]. Ses deux principales étendues d'eau sont autrement le lac du Bourget (de 44,5 km2, le plus grand et le plus profond lac naturel d'origine glaciaire français situé exclusivement en France) et le lac d'Aiguebelette (5,45 km2 et l'un des moins pollués de France en raison d'un arrêté préfectoral de 1976 interdisant l'usage de bateaux à moteur thermique (à l'exception des services de secours) sur le lac[5]). L'eau représente un total de 12 569 hectares dont 8 000 de lacs.
La forêt et les surfaces agricoles représentent respectivement 193 500 et 190 000 hectares, soit un tiers du département pour chaque[4].
Le département de la Savoie est composé de 305 communes. La plus basse est Saint-Genix-sur-Guiers (210 m) et la plus haute Tignes (2 600 m). La moins étendue est Conjux (1,70 km2) et la plus étendue Bourg-Saint-Maurice (179,07 km2)[6]. Enfin les communes les plus peuplées du départements sont Chambéry et Aix-les-Bains avec 59 184 et 28 439 habitants en 2010.
Géologie [modifier]
La Savoie est comprise dans le domaine géologique alpin, à l'est du rift-ouest européen. Ses grandes unités géologiques sont globalement accolées et parallèles les unes aux autres selon un axe nord-sud ou nord-est — sud-ouest. D'ouest en est, ces unités sont celles de la couverture plissée du massif du Jura, des zones déprimées, de la couverture des massifs cristallins externes, au sein desquels se trouvent ces-derniers, des massifs cristallins de la Vanoise et des nappes de schistes lustrés. Dans ces deux dernières unités se trouvent également quelques zones de massifs cristallins internes[7].
La couverture plissée du Jura s'étend en Chautagne et de manière générale sur l'Avant-pays savoyard à l'exception de la zone de confluence du Guiers et du Rhône qui constitue une courte zone déprimée. Une plus grosse zone déprimée est celle longeant le Jura et le massif des Bauges dans la cluse de Chambéry en remontant par Aix-les-Bains jusqu'à l'Albanais. Cette zone est issue d'un remblaiement récent: la glaciation de Würm qui se termina il y a environ 10 000 ans. La couverture des massifs cristallins externes couvre pour sa part les massifs des Bauges, de Chartreuse, la Combe de Savoie, le Val d'Arly et une partie de la Maurienne et de la Tarentaise (jusqu'à Saint-Jean-de-Maurienne et Moûtiers). Au sein de cette couverture s'étendent les massifs cristallins que sont les massifs de Belledonne, de la Lauzière et d'une grande partie du Beaufortain. Puis un premier front de chevauchement sépare ces unités de l'ouest du département avec celle des massifs cristallins de la Vanoise. Après un second chevauchement, l'extrême est du département est constitué pour sa part de nappes de schistes lustrés (Haute-Maurienne et Haute-Tarentaise). Sur ces deux dernières unités existent de courtes unités de massifs cristallins internes.
Le département de la Savoie a en outre la particularité d'être situé sur pas moins de cinq provinces géologiques, dont quatre possédant un point commun à l'ouest du département. Ces provinces géologiques sont, en termes anglo-saxons, celles de Bresse Depression (4054) présente au sud de l'Avant-pays, de Jura (4052) au nord et en Chautagne, de Molasse Basin (4049) au niveau de l'Albanais, de Lion-Camargue sur la partie alpine occidentale du département, et enfin celle de Alps (4051) sur les massifs alpins de l'est du département[8].
Pour ce qui concerne les risques sismiques, selon le zonage sismique entré en vigueur le 1er mai 2011, le département de la Savoie possède une grande moitié ouest de son territoire (incluant Chambéry, Aix-les-Bains et Albertville notamment) en risque « moyen » (accélération > 1,6 m/s2), et l'autre grande partie est (incluant notamment Moûtiers) en risque « modéré » (accélération > 1,1 m/s2). La limite entre ces deux zones se situe sur un axe s'étendant approximativement du Beaufortain à Saint-Jean-de-Maurienne[9]. De manière générale, le massif alpin français est situé en zonage modéré ou moyen (cf. carte du zonage sismique 2011).
Climat [modifier]
La Savoie étant un département de montagne (l’altitude moyenne y avoisinant les 1 500 m), ce-dernier est donc soumis à un climat montagnard. La description du climat de la Savoie reste malgré tout complexe : ce département est soumis à la fois à des influences océaniques (apportant des perturbations), continentales (froid l’hiver, chaud l’été) et méditerranéennes (vagues de chaleur et sécheresses en été), auxquelles s'ajoute la présence du relief qui introduit alors une différentiation spatiale à l’origine de nombreux climats locaux et de microclimats (en fonction de l’altitude et des formes de relief : cuvettes, versants exposés…). La Savoie connaît également la présence de « retours d’est » provoquant de grosses chutes de neige en hiver sur l’est du département et des effets de foehn comme la Lombarde (vent d'est, appelée aussi parfois lombarde foehnée[10]) au Mont-Cenis.
Les précipitations sont satisfaisantes et la Savoie ne fait pas partie des départements qui souffrent le plus du manque d'eau lors de canicules. Les records de précipitations survenus entre 1958 et 2011 sont au nombre de 21 pour les cas de précipitations de plus de 100 mm par jour de pluie, et de 5 cas de plus de 200 mm par jour, le dernier datant de l'an 2000 avec 205,9 mm[11].
Pour autant, certaines zones du département ont un climat plus chaud, plus ensoleillé et moins soumis aux précipitations. C'est le cas par exemple de la vallée de la Maurienne, dont le climat est comparable à celui du canton du Valais en Suisse en termes de précipitations et à celui du bassin grenoblois en températures, à l'inverse des Bauges et de la Chartreuse, beaucoup plus souvent soumises aux perturbations d'ouest et aux orages. À cet égard, la commune d'Avrieux en Haute-Maurienne est réputée pour être un pôle de sécheresse en son chef-lieu (environ 1 100 m) avec des précipitations moyennes annuelles inférieures à 521 mm. Les hauteurs de la commune sont malgré tout beaucoup mieux arrosées (altitude maximale de 3 506 m) notamment du fait des retours d'est[12], mais les niveaux de précipitations globaux restent en deçà de ceux de communes d'autres vallées moins affectées par le manque de précipitations.
La Savoie détenant plusieurs sommets de plus de 3 000 mètres (36 au-delà de 3 500 m[3]), elle possède ainsi un étage nival et donc des neiges persistantes, parmi lesquelles des glaciers. Les grands cols routiers, parmi lesquels le Galibier, l'Iseran ou le Petit Saint-Bernard, fermés l'hiver en raison de l’impraticabilité due à la neige abondante, ne sont rouverts en général qu'à partir du mois de mai, parfois juin, sans attendre pour autant que la neige y ait disparu entièrement. Et à l’inverse, la neige peut réapparaitre au sommet de ces cols dès le courant du mois d'août.
La Savoie a entre autres un climat bien plus chaud et un relief bien plus sec que la Haute-Savoie, qui elle est davantage soumise au climat océanique lui apportant neige et végétation[13].
Avec le changement climatique, l'on assiste depuis les années 1950 (début des mesures météorologiques) à une augmentation des températures moyennes hivernales, printanières et estivales, et à une baisse des cumuls de neige. En ce qui concerne les quantités de précipitations, la Savoie demeure globalement un château d’eau[14]. Aussi, bien que les années 2009, 2010 et 2011 aient été déficitaires en précipitations, l'année 2012 a pour sa part été excédentaire de 10 % en moyenne, taux ayant par ailleurs atteint les 33 % de précipitations excédentaires à Ugine, ou encore 100 % d'exécents à Arêches ou aux Aillons lors du mois de décembre[15]. Toutefois, les sécheresses des années 2003 à 2006 ont provoqué un tarissement des sources et une tension sur le partage de la ressource en eau en montagne entre EDF, l’enneigement artificiel (canons à neige), le tourisme hivernal, l’alimentation en eau potable et l’agriculture, provoquant la réaction du Conseil général de la Savoie sur l'urgence de choix raisonnés et la rédaction d'un Livre blanc du climat en Savoie en 2010[16]. En Haute-Maurienne, vallée déjà particulièrement sèche, l’agriculture a souffert du manque d’eau, ce qui a réduit la production du Beaufort[17].
Les catastrophes naturelles les plus fréquentes en Savoie sont les avalanches, qui concernent 53 communes, puis les glissements de terrain et les éboulements (211 communes concernées). Les risques naturels pouvant survenir sur l'ensemble des 305 communes du département sont les retraits/gonflements des sols argileux et les séismes[18]. La Savoie a été également pendant longtemps soumise à des crues torrentielles, faisant souvent de nombreux dégâts et parfois des victimes. Elles sont la plupart du temps dues à des précipitations exceptionnelles (pluies torrentielles) et conduisent au débordement des cours d'eau, comme l'Arc les 13 et 14 juin 1957 dont les eaux se sont élevées de plus de 3 mètres et dont le débit, habituellement de 150 m3⋅s, a été quintuplé[19]. Plus récemment, en février 1990, c'est une grande partie du bassin versant du lac du Bourget (incluant le lac lui-même, la Leysse, le Rhône et donc le canal de Savières notamment) qui a conduit à l'inondation d'Aix-les-Bains. La dernière crue du lac remontait alors à 1944. Depuis lors, les pouvoirs publics ont instauré 4 plans de prévention des risques inondation (+ le PPRI « Rhône Aval », actuellement en cours d'approbation) et des Atlas de zones inondables (AZI) pour prévenir au mieux ces risques.
| Période de 1971 à 2008 | Chambéry et Aix-les-Bains | Bourg-Saint-Maurice | |||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures moyennes minimales | 2,2 °C | 0,6 °C | |||||||||||
| Températures moyennes maximales | 20,4 °C | 18,6 °C | |||||||||||
| Précipitations moyennes | 1 296,8 mm | 985,1 mm | |||||||||||
| Ensoleillement moyen | 1834,1 h | 1957 h | |||||||||||
| Record de températures Minimale / Maximale |
-19 °C (07/01/1985) / 38,8 °C (11/08/2003) |
-21,3 °C (06/01/1985) / 38,4 °C (31/07/1983) |
|||||||||||
| Source: Fiches climatologiques de Météo-France[20] | |||||||||||||
Voies de communication et transport [modifier]
Voies routières [modifier]
Au 31 décembre 2010, la Savoie comprend un réseau routier d'une longueur totale de 8 078 kilomètres. Plus de la moitié sont des routes communales totalisant 4 697 km, suivis par les routes départementales avec 3 146 km. Arrivent ensuite les autoroutes et leurs 163 km puis les 72 km de routes nationales. La faible proportion de ces-dernières résulte du transfert des principaux tronçons de RN au profit des départements par une réforme de 2005. Avant cette date, le département comptait alors 397 km de routes nationales et 2 825 km de routes départementales[21].
De par la longueur de son réseau, la Savoie est classée au 72e rang national sur 96 départements métropolitains, 84e quant à sa densité, de 1,4 km de route par km2 de territoire. Ceci s'explique là encore par la présence de zones de montagne et notamment de haute-montagne sur lesquelles construire des routes est difficile mais aussi peu utile dans la mesure où plusieurs hectares de ces zones ne regroupent aucune habitation. Plus de 1 000 km de routes sont situées au-dessus de 1 000 mètres, dont 875 km de routes départementales.
La Savoie recense quelques axes majeurs que sont la desserte des deux principales vallées alpines de la Tarentaise et de la Maurienne par la Combe de Savoie, la cluse de Chambéry et la traversée de l’Avant-pays savoyard. La plus longue route est l'ancienne route nationale 6, devenue « route départementale 1006 ». Pénétrant en Savoie par l'ouest au Pont de Beauvoisin, elle traverse l'Avant-pays par les Échelles, traverse Chambéry, longe la Combe de Savoie et dessert toute la Maurienne ainsi qu’une partie de la Haute-Maurienne jusqu'au col du Mont-Cenis (2 083 m) et la frontière avec l’Italie en redescendant dans le val de Suse.
Un autre axe majeur est la route nationale 90, conservée par l’État entre Albertville et Bourg-Saint-Maurice, desservant ainsi toute la vallée de la Tarentaise. Toujours au départ d'Albertville, la RD 1212, anciennement Route nationale 212, relie pour sa part Ugine et le Val d'Arly jusque vers Megève en Haute-Savoie. Enfin la RD 1201, anciennement route nationale 201 relie directement Chambéry à Aix-les-Bains avant de continuer vers Annecy, préfecture de Haute-Savoie. Une portion de cette route est demeurée néanmoins route nationale 201, sur une dizaine de kilomètres au niveau du bassin chambérien. Il s'agit d'une 2 × 3 voies également appelée « voie rapide urbaine » (VRU), gratuite et reliée aux deux principales autoroutes du département: l'A43 et l’A41.
Le réseau autoroutier en Savoie y est par ailleurs moyennement développé. Toutes les autoroutes et routes à chaussées séparées de type autoroutier suivent les vallées. Ainsi, l'A43 qui relie Lyon à Chambéry, remonte la vallée la vallée de la Maurienne jusqu'au tunnel du Fréjus à la frontière italienne et permet ainsi de traverser le département d'ouest en est. Une autre autoroute, l'A41 permet de descendre vers le sud de la France par Grenoble, ou de monter au nord vers Annecy par Aix-les-Bains. Enfin l'A430 prolonge l'A43 avant son entrée en Maurienne pour relier Albertville. De là, la N90 prend le relai en Tarentaise.
De par sa situation géographique, le réseau routier savoyard comporte un nombre important de tunnels, de ponts et de paravalanches. Il comporte en outre plus d'une cinquantaine de cols[22] dont 7 situés au-dessus de 2 000 mètres. Pour autant, le taux d'accidentalité y est parmi les plus faibles de France (83e rang sur 96)[23].
Transport ferroviaire [modifier]
Le département de la Savoie bénéficie d'un transport ferroviaire de voyageurs et de marchandises relativement important. Ce-dernier comporte en effet pas moins de cinq lignes différentes:
- la ligne de Culoz à Modane (frontière), dite aussi « ligne de la Maurienne », est la principale ligne ferroviaire du département, dans lequel elle est quasi-exclusivement située (hormis la portion de 1 km allant du Rhône à Culoz, située dans l'Ain). 135 km de double voie électrifiée traversent donc le département du nord-ouest au sud-est en passant par Aix-les-Bains, Chambéry et la Maurienne. Modane est sa dernière ville desservie avant le passage dans le tunnel du Mont-Cenis conduisant en Italie. Pour ces raisons, elle assure un important trafic de voyageurs sur la liaison Paris-Milan et à destination des stations de sport d'hiver de Maurienne, ainsi que de marchandises (fret).
- La ligne de Saint-Pierre-d'Albigny à Bourg-Saint-Maurice, ou « ligne de la Tarentaise », se détache de la précédente dans la Combe de Savoie, entre Chambéry et Albertville. Cette ligne à voie unique électrifiée dessert toute la vallée de la Tarentaise d'Albertville à Bourg-Saint-Maurice via Moûtiers et donc les principaux domaines skiables du département que sont les Trois Vallées, Valmorel, l'espace Killy et Paradiski. Les marchandises y circulent également en raison de la présence encore importante des usines implantées dans la vallée.
- La ligne d'Aix-les-Bains-Le Revard à Annemasse, voie unique électrifiée, relie les chefs-lieux de la Savoie et de la Haute-Savoie, Chambéry et Annecy à partir d'Aix-les-Bains.
- La ligne de Grenoble à Montmélian, à double voie non électrifiée, se détache de la ligne de la Maurienne à Montmélian et joint Grenoble (Isère) par la vallée du Grésivaudan. Mais sa longueur est de moins de 10 kilomètres sur le territoire du département. Elle est le prolongement logique de la précédente, descendant la vallée de l'Isère vers Grenoble.
- La ligne de Saint-André-le-Gaz à Chambéry, voie unique électrifiée, est une ligne ayant un but de desserte locale de l'Avant-pays savoyard uniquement. Mais reliée à la ligne à double voie de Grenoble vers Lyon à partir de Saint-André-le-Gaz (Isère), elle est donc aussi principalement utilisée sur les liaisons de la Savoie vers Lyon.
Au total la Savoie compte 270 km de voies ferrées, desservant un total de 28 gares ferroviaires. Les lignes d'Aix-les-Bains-Le Revard à Annemasse, de Culoz à Modane entre Aix-les-Bains et Montmélian et de Grenoble à Montmélian forment une partie de la ligne du Sillon Alpin, reliant Genève (Suisse) à Grenoble. Actuellement des TER Rhône-Alpes assurent la liaison entre ces villes, de Annecy à Valence dans la Drôme notamment.
Ainsi s'est élèvé à 6 263 887 le nombre de voyageurs pour l'année 2005, ce qui sur deux ans représente une hausse d'environ 9,4 %. Mais ce nombre prend aussi en compte le trafic hors gares de Savoie. Le trafic annuel entre gares savoyardes pour 2007 ne s'est élevé pour sa part qu'à 1 390 609 voyageurs, soit 0,5 % d'augmentation par rapport à 2006. Cet important écart s'explique par le nombre très important de touristes et de vacanciers venant l'hiver en Savoie par train au départ de grandes métropoles européennes comme Paris, Lille, Londres, Lyon ou Bruxelles[24].
Le transport de voyageurs en Savoie s'organise autour du TER Rhône-Alpes, du TGV et de quelques Intercités de nuit (anciennement Lunéa). Les liaisons TER internes à la Savoie sont celles de Chambéry à Modane ou à Bourg-Saint-Maurice. Toutes les autres relient des villes d'autres départements. Il s'agit notamment de Lyon, Grenoble, Annecy, Genève ou encore Valence. Du côté des TGV, Chambéry, Aix-les-Bains et Modane sont desservies directement depuis et vers Paris toute l'année, tandis que la vallée de la Tarentaise n’est desservie que durant la période hivernale. Enfin les Intercités de nuit assurent des liaisons vers Paris au départ de Bourg-Saint-Maurice et Saint-Gervais-les-Bains en Haute-Savoie. Ce-dernier permet donc la desserte d'Aix-les-Bains puis Chambéry et Paris.
Pour ce qui concerne les marchandises, ont transité par le tunnel du Mont-Cenis 6,6 millions de tonnes de fret en 2007[24]. Un projet de ferroutage est actuellement en cours sur la ligne de la Maurienne appelé « Autoroute ferroviaire alpine » d'Aiton (Savoie) à Orbassano (Italie) et utilisant des wagons de type Modalohr. Malgré quelques baisses d'activité, cette liaison de 175 km entre la France et l'Italie a vu franchi le seuil de 100 000 camions transportés en juillet 2009, avec un taux de remplissage restant relativement élevé[25].
Est aujourd'hui à l'étude la liaison ferroviaire transalpine Lyon - Turin. Il s'agit de mettre en place une nouvelle infrastructure qui permettra le soulagement du trafic routier en délaissant une partie du fret notamment[2] ainsi qu'un gain de temps, à la fois entre Chambéry et Lyon mais aussi entre Paris et Milan. Prévu pour l’horizon 2025, le projet défini prévoit 140 km de ligne nouvelle, dont 86 sous terre[26].
Quelques anciennes lignes sont déclassées, lignes ayant existé dans un but de desserte locale uniquement. Il s'agit par exemple de la ligne d'Annecy à Albertville, partiellement fermée et déférée d'Ugine jusqu'à la Haute-Savoie. Le tronçon d'Ugine à Alberville ne reste ouvert qu'au service marchandises. Une autre ligne, le Chemin de fer du Mont-Cenis, long de 77 km, a également existé au-delà de Modane, jusqu'à Suse en Italie par le col du Mont-Cenis.
Transports aériens [modifier]
Le transport aérien au niveau départemental est en constante augmentation. L'aéroport de Chambéry - Savoie[27], géré par le Conseil général, est implanté entre Chambéry et Aix-les-Bains sur la commune de Voglans, à quelques mètres seulement de la rive sud du lac du Bourget. Il dessert de nombreux pays dont la Grande-Bretagne (Manchester, Birmingham, Édimbourg…), le Danemark (Copenhague, Billund…), la Suède (Göteborg…)[28]. À cela s'ajoutent de nombreuses lignes hivernales en raison de la proximité des stations de sport d'hiver. Trois compagnies à bas prix proposent des vols réguliers. L'aéroport Chambéry - Savoie totalise à lui seul, pour l'année 2005, 9 844 passagers vols d'affaires, 194 435 passagers commerciaux dont 21 390 passagers vols réguliers. En 2008, ce furent 270 632 passagers qui ont transité par l'aéroport, soit 16,7 % de plus par rapport à 2007. Autre évolution notable: le nombre de passagers des vols charters s'est stabilisé tandis que celui des vols réguliers a augmenté de 53,7 %. En outre, l'activité charters neige a représenté 122 418 passagers pour la saison hivernale 2005-2006[2].
Il est aujourd'hui estimé que de mi-décembre à mi-avril, l'aéroport voit transiter jusqu'à 12 000 voyageurs le samedi, et 6 000 le dimanche. Parmi eux, 80 % de Britanniques[29].
Deux autres aérodromes sont également implantés en Savoie :
- l’aérodrome de Chambéry - Challes-les-Eaux de taille modeste. Il est essentiellement spécialisé dans la pratique du planeur,
- l’aérodrome d'Albertville de plus petite taille, où est notamment basé le SAF (Secours Aérien Français).
Il existe pour finir deux altisurfaces dans les stations de ski: les altiports de Courchevel et de Méribel.
Transports départementaux [modifier]
Le département de la Savoie possède son réseau de transports par autocars assurés par le Conseil général de la Savoie. Cela inclut les transports à la fois scolaires et non-scolaires mais exclusivement interurbains ou périurbains. En 2011, 42 lignes régulières étaient proposées aux voyageurs, dont 34 lignes touristiques saisonnières l'été et l’hiver reliant les stations de ski aux gares ferroviaires SNCF et 20 lignes hebdomadaires les jours de marché. Au total le département compte 8 gares routières.
Du côté des transports scolaires, ce sont près de 23 000 élèves scolarisés de la maternelle au lycée qui ont été transportés sur 500 circuits spéciaux en 2011 en Savoie.
En ce qui concerne les transports urbains, la Savoie en possède 3 réseaux pour les villes de Chambéry (réseau STAC), Aix-les-Bains (réseau Ondéa) et Albertville et leurs agglomérations.
Enfin la Savoie et la Haute-Savoie ont lancé le projet du site « Mobi Savoie », conçu pour préparer tout voyage dans l’un ou les deux départements quel que soit le mode de transport choisi[30].
Autres moyens de transports [modifier]
La Savoie ne connait pas de transport maritime ni de véritable transport fluvial: aucune des deux principales rivières du département ne peuvent servir de moyen de transport du fait de leur difficulté. En revanche, le canal de Savières reliant le lac du Bourget au Rhône peut être remonté par des bateaux touristiques ou de plaisance.
En ce qui concerne le cyclisme et le cyclotourisme, le département comporte 43 km de voies vertes (moyens de transports motorisés interdits) et 180 km de bandes cyclables le long des routes départementales. L'agglomération de Chambéry métropole à elle seule compte pour sa part 60 km de pistes cyclables[31].
Aucune ville du département ne possède de tramway. En revanche le funiculaire Les Arcs' Express relie sur près de 3 km la gare de Bourg-Saint-Maurice à la station des Arcs à 1 625 m. À noter également la présence de la télécabine d'Orelle près de Modane, longue de 5 km et permettant de rejoindre la station de Val Thorens située dans la vallée voisine de Belleville.
Toponymie [modifier]
Le nom Savoie provient de l'ancien territoire Sapaudie (en latin sapaudia, vers 354 : Unde per Sapaudiam fertur (Rhodanus) et Sequanos chez Ammien Marcellin, lib. XI, cap. XI), qui signifierait le « (pays des) sapins » ou le « (pays couvert de) sapins » (du gaulois sapo : sapin). Le nom aurait ensuite dérivé en Sabaudia, Sabogla, Saboia, Savogia et enfin Savoie[32]. Il est fait mention à la fin du IVe siècle de la Sapaudia dans les Res Gestae d’Ammien Marcellin, puis au Ve siècle dans la Notitia Dignitatum et la Chronica Gallica de 511[33].
Contrairement à la majorité des autres départements français, le département de la Savoie a conservé sa dénomination historique et n'a pas été nommé selon la géographie des lieux. Cela s'explique par la création tardive du département, en 1860. À cette époque, la volonté post-révolutionnaire d'oublier l'ancien découpage par provinces de l'Ancien Régime n’était plus aussi forte que peu après la Révolution française en 1789.
Histoire [modifier]
Héraldique [modifier]
|
Le département de la Savoie n'a pas de blason officiel. Le blason ci-contre est celui de l'ancien duché, et est utilisé par tradition tant en Savoie qu'en Haute-Savoie. Ce blason traditionnel est également plus ou moins mis en évidence dans les blasons de certaines communes de l'ancien duché, dont en voici quelques exemples pour la Savoie :
|
|||||||||||||||||||
|
Le blason ci-contre est une proposition créée par Robert Louis mais qui, pas plus que le blason traditionnel, n'a fait l'objet d'une décision d'adoption officielle. Notons que ce blason est délibérément à l'enquerre, R. Louis ne saurait être taxé d'amateurisme. La justification est donnée par la représentation des armes traditionnelles lovées dans le val que forme le chaussé ; ainsi que par un graphisme « symétrique » à son homologue haut-savoyard (à droite). |
Faits historiques [modifier]
Préhistoire et Protohistoire [modifier]
La Savoie commence à prendre sa géographie définitive lors de la fonte des glaces issues de la dernière glaciation du Quaternaire, la glaciation de Würm il y a 10 000 ans. Elle laisse derrière elle un large bassin tertiaire partant de la Combe de Savoie au tout récent lac du Bourget en passant par la cluse de Chambéry et un Avant-pays savoyard dans lequel s'est établi le lac d'Aiguebelette. Ce nouveau visage du département va conduire durant le Néolithique entre 5000 et 2000 av. J.-C. des communautés sédentaires d'agriculteurs à se déplacer dans ces vallées et zones de plaine ou mi-plaine et à s'installer dans de nouveaux villages lacustres, ou sur des plateaux, comme au mont Peney[34] dans les Bauges au-dessus de Chambéry. En outre de l’autre côté du département, la libération des Alpes des glaciers va également permettre à la civilisation de Cortaillod de franchir le col du Grand Saint-Bernard et s'installer progressivement dans le val d'Aoste et val de Suse en Italie puis dans les vallées de Tarentaise et Maurienne. En attestent de nombreux vestiges comme la nécropole d'Aime, datée du Néolithique moyen.
La découverte d'une hache plate retrouvée à Saint-Pierre-d'Albigny atteste de l'âge du cuivre en Savoie à partir de 2500 av. J.-C.[35]. L'âge du bronze prend place 500 ans plus tard avec l'apparition de haches et épingles utilisées dans les gisements de cuivre de Haute-Tarentaise. À partir de 1400 av. J.-C. une production locale de métal se met en place. Dans le même temps apparaissent ensuite les bronzes italiques (bijoux et armes) dans le cadre de commerces entre la plaine du Pô en Italie et la Savoie. Puis à partir du Xe siècle av. J.-C., la baisse progressive du niveau des lacs due à un réchauffement du climat amène les peuplades locales à installer leurs ateliers de métallurgie et de poterie sur les nouvelles rives. Ces métallurgistes exploitent alors par la suite les mines de cuivre de Maurienne. Leurs vestiges seront retrouvés plusieurs siècles plus tard dans des sites palafittiques immergés, par exemple le littoral de Tresserve.
À l'âge du fer, au VIIe siècle av. J.-C., de nouveaux peuples indépendants s'installent en Savoie : les Ceutrons (peuple celte) en Tarentaise et les Médulles en Maurienne dont ils prennent le contrôle du commerce du Pô au Rhône. En Maurienne, ces derniers cohabitent par la suite avec les Adanates (établis entre Saint-Michel-de-Maurienne et Modane) et les Graiocèles (vraisemblablement du côté d'Aussois), d'autres peuples gaulois. Enfin les Allobroges arrivent en Savoie, et contrôlent à partir du IIIe siècle av. J.-C. les plaines, notamment la cluse de Chambéry et la Combe de Savoie. Entretemps dans les vallées, les derniers peuples indépendants finissent par être celtisés.
Enfin, en pleine deuxième guerre punique, le général carthaginois Hannibal Barca, désireux de se rendre en Italie, traverse les Alpes en 218 av. J.-C. et deux itinéraires savoyards sont envisagés : par la Tarentaise ou la Maurienne.
Époque romaine [modifier]
Au premier siècle avant notre ère, alors que les tribus celtes contrôlent toujours les plaines et les vallées alpines, Jules César décide d'en prendre possession. Les Allobroges, établis du lac Léman au sud de l’actuel département de la Drôme, sont mis en déroute par une première bataille près d'Avignon en - 121 et leur territoire forme la province romaine de Gaule ultérieure. Pour autant, les peuples celtes des vallées ne l’entendent pas de cette manière et menacent l’armée romaine: c'est notamment le cas des Teutons, alliés aux Cimbres et aux Helvètes lors de la guerre des Cimbres vers 120 av. J.-C. En 62 av. J.-C., le chef Catugnatos se révolte près de Valence mais l'armée allobroge est à nouveau vaincue. Ils sont finalement présentés par César comme « nouvellement soumis » en 58 av. J.-C.. Mais les peuples des vallées continuent eux encore de résister. Jules César écrira « Là, les Centrons, les Graiocèles, les Caturiges, qui avaient occupé les positions dominantes, essayent d’interdire le passage à son armée. » — Jules César, Livre I, 10. Finalement la soumission s'opère et les vallées sont intégrées dans les provinces romaines des Alpes cottiennes et des Alpes grées. La Savoie voit se créer dès lors des vicus et les villes portent des noms latins: Lemencum pour Chambéry, Aquæ pour Aix-les-Bains, Axima pour Aime ou Etanna pour Yenne.
Les Romains trouveront hautement stratégique le territoire de la Savoie. Ils vont donc progressivement mettre en place un vaste réseau de voies romaines (voies prétoriennes, consulaires et militaires) passant par de nombreux cols pour rallier au plus vite les plaines du Pô à celles du Rhône. Les travaux de l'abbé Ducis (1861, Mémoire sur les voies romaines en Savoie, p. 13)[36] distingue ainsi pour ce qui concerne le département de la Savoie:
- la voie de Mediolanum (Milan) à Vienna (Vienne), par Augusta prætoria (Aoste), puis le col du Petit-Saint-Bernard, puis redescendant la vallée de l'Isère, passant par Bergiatrum, (Bourg-Saint-Maurice), Axima (Aime), Darentasia (Moûtiers), Ad publicanos (Conflans) où les Romains dressent un oppidum. Parmi les traces, on peut observer au niveau du col, un cromlech, les fondations d'une mansio permettant une halte dans ce milieu hostile. Au niveau de Ad publicanos ;
- la voie reliant Darantasia (Moûtiers) à Genava, passant par Casuaria (Faverges), naviguant sur le lac d'Annecy, puis Bautas/Boutæ (Annecy).
Voies auxquelles s'ajoutent les voies secondaires reliant Darantasia à Octodurum (Martigny), une autre entre la Tarentaise et la Maurienne, celle entre Boutæ et Aquae (Aix) etc. L'actuel col du Chat est une ancienne voie romaine.
Après plusieurs décennies, les dénominations Allobrogie et celles des provinces romaines commencent à disparaitre au profit de Sapaudia, employé pour la première fois par Ammien Marcellin en l'an 354. Pourtant le territoire concerné est situé plus au nord (vers Genève) et à l'ouest (rivières Ain, Rhône et Jura). Ce territoire est donné par le consul romain Aetius de la province de Maxima Sequanorum (Grande Séquanie) à un nouveau peuple, les Burgondes, alors alliés des Romains lors de la bataille contre les Huns de 436 et 437. Les raisons n'en restent néanmoins pas entièrement connues, cela pouvait être de leur voir confier la défense du territoire en cas d'attaque wisigothe[37] ou la crainte de les voir renouveler leur armée. Le don de la Sapaudia aux Burgondes est noté par l'auteur anonyme de la chronique historique dite Chronica Gallica de 452, de façon brève et laconique pour la vingtième année du règne de Théodose en Occident en 443 : Sapaudia Burgundionum reliquiis datur cum indigenis dividenda ce qui est traduit par : La Sapaudia est donnée à ce qui reste des Burgondes pour être partagée avec les indigènes »[38].
À partir de ce moment, Sabaudia remplace définitivement le terme d’Allobrogie. Quant au royaume burgonde, il s'étendra par la suite de l'actuelle Bourgogne et du Haut-Jura à Avignon.
Enfin, la pré-christianisation, débutée à Lyon et Vienne à 100 km de la Savoie à partir du IIe siècle, s'avance jusqu'à Grenoble et Genève où des évéchés sont créés au IVe siècle. Mais celle-ci peine à parvenir jusqu'à la Savoie, où le premier évêché construit, l'évêché de Moûtiers, ne le sera qu'au début du Moyen Âge (aux environs des années 500).
Moyen Âge [modifier]
Des premiers rois au Saint-Empire romain germanique [modifier]
En Savoie, le Moyen Âge marquera tout d'abord la francisation de Sapaudia en Sapaudie. Après la fin de l’Empire d'Occident en 476, apparait en 507 le terme de Burgundia apparait dans une lettre de Cassiodore au nom de Théodoric le Grand. Mais comme le pense Reinhold Kaiser[39] rien ne permet d'affirmer qu'il s'agirait de la nouvelle appellation du royaume et non du peuple lui-même.
En 534, les Francs, par l'intermédiaire des fils de Clovis, Childebert et Clotaire, annexent le territoire burgonde. Les nouveaux rois Mérovingiens prennent donc possession des territoires de Savoie. Ils laissent néanmoins dans un premier temps la gestion du territoire aux comtes burgondes ou gallo-romains. Le royaume conserve même une certaine autonomie lors le règne du roi Gontran (fils de Clotaire) de 561 à 593. Toutefois sa mort sera marquée et suivie par une période d'anarchie et un morcellement territorial du royaume.
Ce pourquoi avec l'arrivée du règne des Carolingiens, les contours d'une nouvelle Sabaudia va prendre forme par acte de l’an 806 sous Charlemagne qui comprend bien l'intérêt stratégique de ce territoire pour traverser les Alpes, passage des pèlerins (route de pélérinage Via Francigena entre Canterbury et Rome), de commerçants et de militaires. Déjà son père, le roi Pépin le Bref avait franchi le col du Mont-Cenis pour soumettre les Lombards.
Le puissant évêché de Moûtiers devient archevêché et Charlemagne prend aussi la décision de diviser la Savoie en comtés dont les noms correspondent aujourd'hui encore aux provinces que sont le Genevois, la Savoie Propre, la Maurienne, la Tarentaise, le Chablais, le Faucigny, l'Albanais et le Bugey[40] Actuellement, les provinces présentes dans le département de la Savoie sont la Savoie Propre, la Maurienne, la Tarentaise et l’Albanais.
La Sabaudia est ensuite transmise à Louis II de Germanie (petit-fils de Charlemagne) en 811. Mais ce-dernier la cède au profit de Lothaire Ier, son frère, à la suite du traité de Verdun de 843 en tant que part de la Francie médiane s'étendant de la mer du Nord à Rome via les Alpes. Mais la succession est difficile et les différents comtés sont alors partagés dès 855 (abdiquation de Lothaire Ier) entre Boson de Provence et Rodolphe II de Bourgogne. Une certaine unité est retrouvée à partir de 993 lors du règne de Rodolphe III de Bourgogne qui voit l'avènement du second royaume de Bourgogne. Ce-dernier rapproche son royaume du Saint-Empire romain germanique et prévoit sa succession par Conrad II le Salique qui sera fait couronné empereur en 1027 à Rome et la Savoie devient donc terre d'empire.
Mais à la mort du dernier roi de Bourgogne, la Savoie va voir s'installer la féodalité sur son territoire et les grandes familles vont profiter de la rivalité latente entre l'Empire et les comtes de Champagne.
L'avènement de la maison de Savoie [modifier]
L'intégration du territoire de la Savoie à l'Empire a eu un effet bénéfique pour les seigneurs qui purent plus aisément réclamer une certaine autonomie politique. À cette époque, la Savoie comptait environ 250 familles nobles[41] mais finalement seules deux vont finalement contrôler le territoire: les comtes de Genève au nord (concerne le Genevois et l'actuelle Haute-Savoie à l'exception du Chablais) et les Humbertiens, comtes de Maurienne et futurs comtes de Savoie. Diverses hypothèses existent pour savoir d'où et comment les Humbertiens sont parvenus à devenir comtes de Maurienne[42].
Parmi les autres personnages importants, plus spécifiques du département, on peut désigner les évêques de Tarentaise, devenus archevêques-comte au Xe siècle, et dans une moindre mesure les évêques de Maurienne. Pour les laïcs, viennent tout d'abord les différents vicomtes du comté de Maurienne, avec les seigneurs de La Chambre (dès le XIe siècle) ; ceux du comté de Savoie, avec les de Chambéry ; et ceux de Tarentaise, où l'on a successivement les Briançon (au XIe siècle), les Aigueblanche-Briançon (XIIIe siècle), puis les Beaufort (XIVe siècle). Quelques autres grandes familles nobles font leur apparition et marqueront leur temps, comme les seigneurs de Miolans, les seigneurs de Villette ou encore les seigneurs de Seyssel. Toutefois, tous ces feudataires ou ecclésiastiques vont s'effacer et se soumettre à la puissance montante, la Maison de Savoie[43].
Le premier de la lignée est Humbert Ier de Savoie, dit « Humbert aux blanches mains », comte de Savoie d'environ 1027 à 1047. Après lui, les comtes de Savoie vont agrandir de manière considérable leur territoire, jusque par-delà les Alpes, en Italie. Ainsi, son fils Amédée Ier obtient la ville d'Asti dans le Piémont, puis Othon Ier (ou Odon), par son mariage avec Adélaïde de Suse en 1045, obtient la main mise sur le val de Suse et le Piémont. À la mort d'Odon, Adélaïde régente seule les fiefs et obtient une « belle province de Bourgogne », sans-doute le Chablais[44] en échange du droit de passage par le Mont-Cenis, pour aller à Canossa.
À sa mort en 1091, Humbert II perd le Piémont mais contrôle encore le val de Suse et Pignerol. Par le mariage réussi de sa fille Adèle à Louis VI le Gros, ce-dernier parvient à instaurer une certaine diplomatie avec le royaume de France, que ses descendants poursuivront. Arrive ensuite en 1103 Amédée III. Marié à la fille du comte de Genève, il récupère le comté de Turin, fonde en 1125 l'Abbaye de Hautecombe (future nécropole des comtes de Savoie du XII au XV siècles) sur les rives du lac du Bourget et décide de modifier le blason dynastique, abandonnant l’aigle des rois de Bourgogne pour celui actuel blasonné de gueules à la croix d'argent. Après lui, Humbert III poursuivra la politique conquérante et participera même personnellement à la troisième croisade de 1189.
Le 15 mars 1232, son fils Thomas Ier achète la ville de Chambéry au vicomte Berlion[45]. Après l’acquisition du château en 1295 par Amédée V le Grand, Chambéry devient alors la nouvelle capitale des comtes de Savoie. Elle le restera jusqu’en 1536 où elle sera transférée à Turin. Entretemps, en 1248, la Savoie est touchée par l’éboulement du mont Granier qui tue plusieurs milliers d'habitants. Amédée VI, dit le Comte vert, continue pour sa part la politique expansionniste de ses prédécesseurs et parvient notamment à acquérir le Faucigny à la suite du traité de Paris de 1355 contre lequel il cède des terres en Dauphiné et Viennois.
Cette unification de la Sabaudia s'achève avec l’achat par Amédée VIII du Genevois à Odon de Villars. Ce territoire constituait la toute dernière enclave en terre. Ce-dernier obtient en 1416 le titre de duc de l’empereur Sigismond. Certains auteurs, comme Robert Avezou[46] considèrent que cette époque de la moitié du XVe siècle sous le règle d'Amédée VIII a marqué l’apogée de l’État savoyard, s'étendant de la Bresse au Comté de Nice via Vaud et le Piémont. La cour du duc au château de Chambéry comprend 300 dignitaires et sa position stratégique conduit à beaucoup d'alliances avec les monarchies française, germanique, espagnole et autrichienne.
Renaissance et époque moderne [modifier]
Amédée VIII abdique en 1440 au profil de Louis Ier qui va devoir composer avec la naissance d'un parti piémontais et un parti savoyard, soutenu par le roi de France Louis XI. La sœur de ce-dernier, Yolande de France, va épouser Amédée IX (fils de Louis Ier) et devenir régente dès 1472 à la mort de son époux. Elle va servir les intérêts du Duché avant ceux de la France, de laquelle elle va s'éloigner, délaissant Chambéry pour Turin. Elle ne peut empêcher l'invasion du pays de Vaud par les Bernois et du Chablais par les Valaisans. Sa mort en 1478 va accentuer les tensions internes et conduire entre-autres à la jacquerie du Faucigny en 1492.
En 1525, la Savoie soutient François Ier lors de la bataille de Pavie. Pourtant un peu plus tard, dans la guerre opposant les royaumes de France et d'Autriche, l'épouse de Charles III de Savoie fait connaître sa préférence envers les Autrichiens et l'alliance est défaite. En 1536, François Ier fait entrer les troupes françaises en Savoie en même temps que les Bernois et les Valaisans au nord. La Savoie (à l'exception de Nice) est occupée et est rattachée au Dauphiné. Malgré quelques tensions tenant par exemple à la langue dans laquelle devaient être rédigés les actes juridiques (français en lieu et place du latin), l'occupation ne rencontra guère de résistance. Mais la Savoie ne sera jamais annexée puisqu'en 1559, Emmanuel-Philibert de Savoie obtient par le traité de Cateau-Cambrésis de recouvrer les territoires perdus en 1536. En effet, François Ier s'intéressant à l'Italie, n’a jamais eu le projet d'annexer la Savoie à la France[47]. De retour dans ses terres, le duc de Savoie instaure le Souverain Sénat de Savoie à Chambéry dans la continuité du Parlement mis en place par François Ier lors de l'occupation. Le juriste Antoine Favre en est l'un des premiers sénateurs en 1587, puis président à partir de 1608.
Débute alors la restauration des États de Savoie. Emmanuel-Philibert, marqué par l'invasion française, décide dans un premier temps, en 1562, de transférer sa capitale Chambéry à Turin. Son fils, Charles-Emmanuel Ier, entreprend de vastes conquêtes pour reconquérir Genève et le pays de Vaud d'une part, mais aussi conquérir le Dauphiné et le Provence d'autre part. Défait, la Savoie se retrouve à nouveau envahie sur plusieurs fronts: au nord (Chablais) et au sud (Grésivaudan). Charles-Emmanuel Ier est donc contraint de signer le traité de Lyon en 1601, lui faisant perdre le contrôle de la Bresse et du Bugey, si bien que la Savoie ne semble plus représenter qu'une petite excroissance du Piémont à l'ouest du massif alpin. Toujours sous son règne, en 1629, la Savoie prend le parti des Espagnols lors de la guerre les opposants à la France de Richelieu pour le contrôle de la principauté de Montferrat (Italie) entre Turin et Milan. Une nouvelle fois battu, la France occupe à nouveau le territoire. C'est finalement Victor-Amédée Ier, qui succédant à son père en 1630, signera le traité de Cherasco en 1631 et abandonnera la ville de Pignerol. À la suite de cette 3e occupation successive, la Savoie en ressort très affaiblie, les récentes épidémies de peste atteignent leur point culminant et François de Sales note l'état de délabrement des lieux de culte. François de Sales qui jouera un rôle actif en Savoie durant l'opposition entre réforme protestante et contre-réforme catholique. Finalement seule Genève sera acquise à la Réforme, tandis que le restant du Duché se verra plus que jamais attaché au catholicisme.
Pendant les 60 prochaines années, Victor-Emmanuel Ier, Charles-Emmanuel II et Victor-Amédée II évolueront au sein d'une Savoie appaisée, même si la France de Louis XIV la mène véritablement comme un État-vassale. Malgré tout, la pauvreté demeure et l'émigration ne faiblit pas (notamment en Faucigny, mais les vallées du département de la Savoie sont aussi concernées). Mais pour permettre l’avancée du désenclavement de la Savoie à l'ouest, Charles-Emmanuel II fait percer la route des Échelles (devenue par la suite « voie Sarde ») pour faciliter le passage des marchandises. Et à la fin du siècle, le niveau culturel des habitants finit par s'améliorer (la plupart des Tarins savent lire et écrire) et les premières écoles sont fondées.
Mais la fin du siècle marque aussi le renouveau des guerres européennes. En 1686, Victor-Amédée II rallie la ligue d'Augsbourg contre Louis XIV, qui occupera de nouveau la Savoie, de 1690 à 1696 à l'issue du traité de Turin dans lequel le Duc de Savoie s'oblige à repasser dans le camp français. Puis survient la guerre de Succession d'Espagne, qui vaudra une énième occupation française de 1703 à 1713. Mais une fois encore, aucune annexion n'est proclamée, et les traités d'Utrecht restitue la Savoie à la maison de Savoie. À ce moment, Victor-Amédée II reçoit la couronne de Sicile, qu'il échange avec la Sardaigne en 1720 à l’issue du traité de Londres de 1718. Dès lors, et bien que la Sardaigne représente peu par rapport au Piémont et à la Savoie, l'on qualifie désormais de « Sarde » ce qui était autrefois le Duché de Savoie.
Le milieu du XVIIIe siècle marquera pour la Savoie sa dernière occupation, l'occupation espagnole de 1742 à 1749. Charles-Emmanuel III arrivé au pouvoir prend le parti des Autrichiens dans la bataille contre les Français et les Espagnols. Ces-derniers déclarent la guerre à la Sardaigne. Le souverain ne pourra rien faire pour empêcher l'occupation de la Savoie, du fait d'une trop vaine défense. Jusqu'à sa mort en 1773, Charles-Emmanuel III transformera son État de manière à laisser place à plus d'administratif en se détachant de la noblesse (il se crée une armée de 30 000 hommes) et du Clergé (professeurs devenant fonctionnaires d'État). Jean-Jacques Rousseau, qui vécut à Chambéry plusieurs années à partir de 1729, travaillera lui-même au service du projet de cadastre, dit « Mappe sarde » mis en place par le souverain.
Toujours au XVIIIe siècle, la population savoyarde est formée à 90 % de paysans pour qui la vie reste rude et peut devenir dramatique comme au cœur de l'occupation française de 1703-1713, lors du terrible "grand hiver" de 1709. Mais cette exposition permanente aux aléas du climat et des occupations étrangères n'empêche pas une certaine démocratie villageoise de s'épanouir : le dimanche, après la messe, les hommes se réunissent régulièrement sous la halle pour une assemblée générale annoncée en chaire par le curé. Un notaire est présent ainsi que le châtelain qui représente le seigneur ou le duc, mais l'assemblée est présidée par des syndics élus. Les sujets débattus portent sur l'entretien des biens communaux, moulins, fontaines, fours, pressoirs, de l'embauche de gardes-champêtres, du montant des impôts communaux[48]. Dans des régions montagneuses comme les Bauges, les biens communaux représentent 43 % de la superficie, pourcentage encore supérieur en Tarentaise ou en Maurienne[49]. Les villages sont souvent plus riches en montagne, en partie grâce aux traditions d'immigration qu'autour de Chambéry où le fermage au profit de la noblesse et de la bourgeoisie domine[50]. Enfin un évènement précurseur en Savoie a lieu en 1770: la vente des droits seigneuriaux par Victor-Amédée III, rachetés par les paysans et les bourgeois.
Première annexion de 1792 [modifier]
En 1789, la Savoie, par l'intermédiaire d'émigrants établis à Paris, s'intéresse de près aux évènements prenant part à la Révolution française. À Chambéry, les Savoyards assistent, curieux, à l'arrivée ou au transit des émigrés fuyant la Révolution. Dans le même temps, la Savoie se sent de plus en plus mise à part des dirigeants du royaume de Sardaigne, auxquels elle reproche de privilégier le Piémont où ils sont installés. Notamment les bourgeois, qui dénoncent l'indifférence croissante de la dynastie envers ses "sujets les plus anciens et les plus fidèles.."[51].
De 1791 à 1793, les 7 districts (Annecy, Carouge, Chambéry, Cluses, Moûtiers, Saint-Jean-de-Maurienne et Thonon) du département du Mont-Blanc fournirent 5 bataillons de volontaires nationaux.
Trois ans plus tard, dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792, l'armée française, conduite par le général Montesquiou, pénètre par surprise en Savoie au niveau des Marches et Apremont au sud de Chambéry. L'armée sarde ne riposte pas et se contente de se replier sur les hauteurs. La royaume de Sardaigne et la France vivaient pourtant de nouveau en paix, et l'Assemblée constituante de 1789 a déclaré la paix au monde, mais les révolutionnaires français demeuraient en guerre contre l'empereur d'Autriche, dont ils savent que Victor-Amédée III est l'allié. Il s'agissait donc pour les troupes françaises de se prémunir de l’arrivée de combattants autrichiens par le territoire de la Savoie.
La Convention nationale envoie à Chambéry des commissaires chargés de mettre en place l’élection d'une Assemblée des Communes. Cette Assemblée des Députés des Communes de la Savoye, appelée encore Assemblée nationale des Allobroges se réunit en la cathédrale de Chambéry et abroge les droits souverains de la Maison de Savoie, la noblesse, la féodalité et la dîme les 26 et 27 octobre 1792. Après avoir formulé le vœu d'une annexion à la France, l’assemblée se dissout. La demande est envoyée à la Convention de Paris, qui selon le rapport de l'abbé Grégoire, proclame l’annexion de la Savoie le 27 novembre. Le département du Mont-Blanc est créé (décret de rattachement).
Ce nouveau département regroupe le département actuel ainsi qu'une partie de la Haute-Savoie et de la Suisse. Il est composé de 7 districts, dont 3 dans le département actuel: Chambéry, Saint-Jean-de-Maurienne et Moûtiers. Victor-Amédée III tentera dès 1793 de reconquérir les terres perdues, sans succès, et l'état de guerre latent ne cessera qu'après la signature du traité de 1796 par lequel il reconnait la souveraineté française sur la Savoie et le comté de Nice.
La période de la Terreur apparait également en Savoie, menée par Antoine Louis Albitte qui fait monter une guillotine à Chambéry, mais elle ne sera jamais utilisée. Toutefois, la dictature d'Albitte, beaucoup plus sévère vis-à-vis de la religion, conduit de nombreux prêtres à être fusillés, déportés ou à s'exiler, et toutes les cloches doivent être récupérées pour refondre le bronze après que les clochers ont été raccourcis. Il enverra beaucoup d'opposants en prison, mais prendra la décision, en constatant l'état agricole de la Maurienne, de libérer les laboureurs suspects afin que ces derniers puissent y travailler la terre. Il sera finalement remplacé en octobre 1794.
La période du Directoire de 1795 à 1799 marque un renouveau de l’anticléricalisme, s'intensifiant à partir de 1797 et conduisant à la déportation de 174 prêtres vers le bagne de l'île de Ré et la citadelle du Château-d'Oléron. Outre cette « traque » religieuse généralisée par les patrouilles de gardes nationaux, c'est l'ensemble de la population qui proteste et le département passe non loin de l’insubordination généralisée à la fin du Directoire[52].
En 1800 est organisé un référendum sur la constitution consulaire. Seuls 7 877 électeurs sur 58 958 inscrits s'y prononcent en faveur (et 165 non). Ce chiffre démontre un certain non-intérêt des Savoyards dans les affaires de la France. Mais la ferveur progresse puisque deux ans plus tard, ils sont 36 607 à approuver le Consulat à vie, soit plus de la moitié des inscrits. Ce référendum conduira dans un premier temps au Concordat de 1801 qui apaisera les tensions en garantissant le traitement du Clergé par l’État. Puis en 1804, a lieu l'instauration du Premier Empire par Napoléon Ier. Sous l’Empire, la Savoie conserve son apaisement et le système de préfets mis en place par l'empereur satisfont à la situation, d'autant que des années de bonnes récoltes relancent le commerce. Malgré tout, la population ne se résout pas à adhérer à la conscription imposée par les guerres napoléoniennes. À cet effet, il construit le Carré Curial à Chambéry.
Vers la fin de l’Empire, le 30 décembre 1813, l'armée autrichienne de Bubna pénètre en France par Genève. L'armée napoléonienne se retire, c'est la restauration genevoise. Cette défaite est l’un des évènements qui précipite la première abdication de Napoléon en 1814. Le 30 mai de la même année, le traité de Paris prévoit une partition de la Savoie: la France en conserve la majeure partie, dont Chambéry et Annecy, tandis que les vallées de Tarentaise et Maurienne sont rendues aux États sardes. Une partition qui recevra l’hostilité, aussi bien des partisans savoyards, que des élites républicaines comme Berthollet ou des royalistes comme Joseph de Maistre[53].
Le 1er mars 1815 débutent les Cent-Jours lorsque Napoléon revient de l'Île d'Elbe. Son armée dite « Armée des Alpes », commandée par Louis-Gabriel Suchet doit alors faire face à l'invasion autrichienne dans les Alpes et entre donc en campagne le 15 juin[54]. L'armée de Bubna passe par le col du Mont-Cenis et celle de Frimont par les cols du petit et grand Saint-Bernard. En Savoie, la 22e division d'infanterie de Chambéry marche jusqu’à la nouvelle limite entre France et Piémont c'est-à-dire peu avant l'Hôpital (actuelle Albertville) et Conflans, qu'ils reprennent à l'armée piémontaise[54]. Les 23 et 26 juin, Suchet apprend la défaite de Waterloo et la seconde abdication de Napoléon. Il fait une offre d'armistice aux Autrichiens le 27, qu’ils refusent. Ces-derniers se heurtent donc aux Français à Albertville le 28 juin, qui avec 1 800 hommes, arrivent à mettre en déroute une armée austro-piémontaise de 5 000 hommes tout en leur causant de lourdes pertes. Mais cette manœuvre est vaine puisque Suchet signe une suspension d'armes et ses troupes sont donc tenues de se rapatrier sur Chambéry. Il se retire ensuite de Savoie laissant la défense au sud à des troupes de réserve qui affronteront les Autrichiens le 1er juillet et céderont du côté des Échelles. La Savoie se trouve alors sous occupation autrichienne.
Dans une volonté de parvenir rapidement à la paix, le traité de Paris de 1815 signé entre la France, l'Autriche et le royaume de Sardaigne finit par restituer la totalité de l’ancien Duché de Savoie aux rois sardes.
Restauration sarde [modifier]
Débutent alors 45 années de « restauration sarde » pour ce qui est redevenu le Duché de Savoie, récupéré par le roi Victor-Emmanuel Ier de Sardaigne. Ce-dernier exerce un régime autoritaire où le pouvoir policier est d'abord accaparé par les militaires qui n'hésitent à rendre une justice expéditive si bien que Joseph de Maistre dénoncera au roi la « tyrannie des majors de place piémontais »[55]. Cette méthode d'organisation de la société par la force et l’intimidation est aussi surnommée par les Savoyards Le Buon Governo[56] et la bourgeoisie dénonce elle aussi ce système ne visant selon elle qu'à défendre les intérêts du trône, les critiques ne provenant que de France ou de Genève.
Durant cette période, la religion catholique est la religion officielle mais les autres cultes sont tolérés[57]. Du côté des instance judiciaires, le Sénat de Savoie de Chambéry, de nouveau opérationnel, voit siéger des dignitaires sénateurs qui instruisent les procès des hauts dignitaires et font exécuter les volontés princières. Les arrêts du Sénat sont sans appel et exécutoires sous 24 heures[58]. À côté, chaque province du Duché possède un tribunal de judicature mage.
Cette période en Savoie a toutefois été marquée par le retour des élites et intellectuels, qui avaient en masse quitté l’ancien département avant l’invasion autrichienne[59]. Ces élites locales y développent alors les sociétés savantes comme l'Académie de Savoie en 1819 ou la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie (SSHA) un peu plus tard en 1855 à Chambéry, ou encore en Maurienne, la Société d'histoire et d'archéologie de Maurienne en 1856.
Après une première courte régence de Charles-Albert de Savoie-Carignan en mars 1821, Charles-Félix reprend la tête du Duché et revient sur la constitution libérale de son prédécesseur. La même année le comte Benoît de Boigne commence à offrir ses libéralités à sa ville natale Chambéry. Celles-ci s'évalueront au total à 4 millions de francs en pas moins de 10 ans[60]. 1824 marque le premier voyage du souverain en Savoie. Il en profite pour inaugurer l'aménagement de la plaine de l'Isère et le théâtre de Chambéry, ainsi que pour racheter l'abbaye d'Hautecombe. Il reviendra par trois fois en Savoie, 2 en 1826 et 1 en 1830, car jugeant le Piémont trop révolutionnaire et agité (alors en proie à des partisans d'idées libérales voulant en finir avec l’absolutisme des rois de Piémont-Sardaigne). À sa mort en 1831, Charles-Albert revient lui succéder mais ses convictions libérales font alors pour beaucoup considérer que la « vraie » royauté est morte[60].
Pourtant à cette époque ces grandes idées lui sont désormais loin et il fait au final le choix de l’attachement contre le libéralisme. Pour autant ses grands principes se diffusent en Savoie, notamment dans le milieu bourgeois et crée même des conflits comme lors de l'insurrection anticléricale de Chambéry en 1832 à la suite des critiques virulentes formulées à l'encontre du libéralisme par le jésuite français Claude Guyon[61] ou encore la mutinerie entre officiers piémontais pro et anti « Jeune Italie ». En outre, les idées d'une délégation apostolique envoyée par Grégoire XVI et visant à limiter la faveur des idées libérales au sein du clergé savoyard sont refusées par le Sénat de Savoie. Des soulèvements contre le roi sont menés en Savoie par Giuseppe Mazzini mais échouent car les Savoyards, bien que de plus en plus convaincus par les idées libérales, refusent pour autant un soulèvement. Réciproquement, Charles-Albert déclare qu'« en aucun temps, aucun souverain ne l'a aimé (la Savoie) autant que moi »[62]. Sa décision de rattacher Conflans à l’Hôpital lui vaudra de voir son nom donné à la nouvelle commune: Albertville[63].
Puis, à partir de 1846, le roi prend de nouveau un tournant libéral, mais pour le moins inattendu. Il modifie le secteur administratif et judiciaire en mettant en place des conseils communaux. Dès l'année suivante deux grandes tendances politiques s'en dégagent: l'une républicaine et toujours favorable à un coup de force révolutionnaire et l'autre monarchique, demeurant favorable à des libertés politiques et à des progrès économiques appelée "Risorgimento" (Résurrection) et présidée notamment par Camillo Cavour, lieutenant du génie à Turin. Il a notamment établi la première ligne de chemin de fer en Savoie entre Chambéry et le lac du Bourget et exploitée à partir de 1838.
Puis, devant les nouvelles tensions dans la péninsule italienne, Charles-Albert signe, contre son gré, une nouvelle constitution: le Statut albertin - Statuto - du 4 mars 1848, qui suscite cependant l’inquiétude et l’opposition des nobles Savoyards. Deux chambres assistent le souverain, un sénat appelé chambre haute, constitué de membres nommés par le roi et siégeant au palais Madame, et la chambre des députés située au Palais Carignan de Turin, élu par les citoyens sachant lire, écrire et payant plus de 20 francs d'impôts[64]. La Savoie, avec 583 812 habitants (2,48 % de la population totale du royaume), compte 51 000 électeurs qui envoient 79 députés élus entre 1848 et 1860[65] et 5 représentants à la Chambre haute de Turin[66]. À la fin de l’année, l'avènement de Louis-Napoléon Bonaparte le 10 décembre renforce l'idée d'une union de la Savoie à la France, plus respectueuse de la religion catholique et plus stable économiquement que le royaume sarde. Cette idée se répand notamment auprès d'une partie de la bourgeoisie locale, mais la majorité des Savoyards vit cette situation dans l'indifférence.
En 1849 arrive le dernier souverain du Duché de Savoie, le prince Victor-Emmanuel II, également futur premier roi d'Italie. Il sera notamment à l’origine du projet du percement du tunnel ferroviaire du Mont-Cenis en 1857 après l'achèvement en 1856 de la future ligne de la Maurienne allant à l'époque d'Aix-les-Bains à Saint-Jean-de-Maurienne.
À partir de 1856, Les Allobroges devient l'hymne officieux de la Savoie. La liberté qui s'exprime à travers cet hymne évoque le refuge en Savoie des proscrits par le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte en décembre 1851. La musique militaire sarde est de Conterno, chef de musique d'un contingent savoyard de retour de Crimée et les paroles de Joseph Dessaix.
Mais progressivement la Savoie et ses habitants vont s'orienter vers un rapprochement avec la France. Celle-ci est le fruit d'une radicalisation religieuse d'une part (les Savoyards reprochent les lois Siccardi de 1850 et la loi « Rattazzi » visant à réduire considérablement les pouvoirs du Clergé), d'une désapprobation de la participation à la guerre de Crimée de 1853 à 1856 d'autre part, ainsi qu'une augmentation des impôts très mal perçue de la population. Cette idée d'une annexion complète et définitive de la Savoie à la France se radicalise d'autant plus qu'en 1857, 20 députés élus sur 22 en Savoie se trouvent être des conservateurs catholiques. Malgré tout, une énième guerre contre l’Autriche en 1859 conduira les troupes françaises alliées à traverser sous les acclamations Chambéry, la Maurienne et le Mont-Cenis afin de porter secours aux armées piémontaises de Camillo Cavour, premier président du Conseil italien. À leurs côtés, les cravates rouges de la Brigade de Savoie et les hommes de la 3e division du général savoisien Philibert Mollard emportent eux aussi baïonnette à la main lors de la bataille de San Martino, le 24 juin 1859[67]. Face à ces sacrifices militaires et financiers, la Savoie, et notamment les populations du sud semblent de plus en plus favorables à une annexion à la France.
Ce qu'acceptera Victor-Emmanuel II par signature du traité de Turin du 24 mars 1860 pour remercier la France dans son appui face à l’Autriche. Ce traité est malgré tout conforté par un vote organisé les 21 et 22 avril ou les Savoyards ont le choix entre les bulletins « Oui » et « Non ». Les résultats sont officialisés par la Cour d'appel de Chambéry le 29 avril. Le « Oui » l'emporte avec 130 533 votants en faveur du rattachement sur 130 839 votants et 135 449 inscrits, soit une participation très forte et une approbation encore plus forte de l'annexion du Duché à la France. Le 29 mai c'est au tour de la chambre haute de ratifier le traité du 24 mars, suivie du Sénat de Savoie, ainsi que le Sénat français le 12 juin.
Le nouveau département de la Savoie [modifier]
La date officielle d'intégration du Duché de Savoie dans le Second Empire français est le 14 juin 1860, date de l’échange de signatures entre le sénateur Armand Laity, commissaire de Napoléon III, et le chevalier Carlo Bianchi de Castagné, commissaire du roi de Sardaigne. Sont également présents l'archevêque de Chambéry Alexis Billiet, les deux anciens gouverneurs et les deux préfets des futurs départements de Savoie et de Haute-Savoie (Hippolyte Dieu et Gustave Levainville)[68] créés dès le lendemain 15 juin par décret impérial leur laissant conserver leur nom historique.
Le département de la Savoie comprend la partie méridionale du Duché de Savoie. Il intègre Chambéry qui devient le siège de sa préfecture et de son conseil général, Aix-les-Bains, l'Avant-pays savoyard, la Combe de Savoie, la Maurienne, la Tarentaise, le Beaufortain, le sud-ouest des Bauges et le nord-est de la Chartreuse. La Haute-Savoie récupère ainsi les régions nord du Duché, dont la ville d'Annecy qui en devient sa préfecture. Les frontières de l’est seront toutefois quelque peu remaniées en 1861 après la création du nouveau royaume d'Italie. Le tracé définitif, daté du 7 mars, est alors conçu « en tenant compte de la configuration des montagnes et de la nécessité de la défense »[69].
L'Empereur et l'Impératrice effectuent leur premier voyage en Savoie à partir du 27 août où ils débutent par Chambéry. Ils sont le 29 à Aix-les-Bains puis continuent vers Annecy et le lac Léman.
En très peu de temps, dans le courant de l'été 1860, les nouveaux départements se mettent en conformité avec le cadre administratif et judiciaire français. Un lycée impérial est inauguré à Chambéry afin de limiter l'influence du Clergé, de même que l'académie de Chambéry voit le jour et concerne les deux départements. Une chambre de commerce et d'industrie est inaugurée là encore à Chambéry. La loi du 23 juin, par son article 3 stipule que « les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie forment le ressort d’une cour impériale dont le siège est à Chambéry ». Pour autant la cour d'appel de Chambéry, qui remplaça le Sénat de Savoie en 1848, est maintenue par l'État français qui en comporte alors deux: celle de Chambéry et la cour de Cassation. Son siège, l’actuel palais de justice de Chambéry édifié par les Sardes et terminé en 1860, ne sera de fait jamais inauguré, ni par le roi Sarde, ni par l’Empereur.
Puis, les 10 années précédant la fin de l’Empire en 1871 laissent place à l'incompréhension et au mécontentement. Les Savoyards ressentent l'annexion comme une mise sous tutelle de l'administration parisienne alors que la volonté était de conserver la gestion de leur territoire. Ce phénomène provient notamment de la manière dont les Français ont la vision de la Savoie, illustrée par les hebdomadaires la présentant comme une région à civiliser et à désenclaver. On lira « Ces messieurs étaient persuadés qu'on y parlait italien et qu'on y manquait des objets les plus usuels, jusqu'à la chandelle ». L'auteur désannexionniste Jean de Pingon indique d'ailleurs dans son ouvrage[70] : « (un fonctionnaire français arrivant au lendemain en Savoie) fut surpris d'entendre les Savoisiens s'exprimer en français. Il questionna alors un paysan : "Mais dites-moi, quelle langue parliez-vous donc avant d'être français ?" Et l'autre de lui répondre : "Avant d'être français, Monsieur, mais nous ne parlions pas". » Aussi l'annexion diminue le nombre d'écoles dans les villages de montagne, mais la scolarisation a néanmoins progressé.
Finalement, la guerre franco-prussienne de 1870 constitue le marqueur de l’ancrage symbolique de la Savoie à la République durant laquelle les Savoyards combattent alors pour la première fois pour leur nouvelle patrie. La proclamation de la Troisième République constituera un changement pour la Savoie dans le sens où elle cessera d'être considérée comme un territoire nouvellement acquis mais comme un département à part entière (où était dénoncée la sous-représentation dont il faisait l'objet sous l’Empire au niveau politique). Les tendances politiques jusqu'au XXe siècle demeureront majoritairement républicaines ou modérées en Savoie, contrairement au reste du pays. Ainsi sur les neuf circonscriptions, seul l’arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne enverra un député conservateur, Charles-Albert Costa de Beauregard en 1871[71].
Enfin, par suite de dégradations des relations entre la France et l'Italie et la montée d'une italophobie, une armée des Alpes est constituée en 1882 (notamment les chasseurs alpins) et de nouvelles fortifications sont construites pour défendre les vallées, comme le fort du Replaton à Modane (1885-86), fort d'interdiction chargé de surveiller la nouvelle entrée du tunnel ferroviaire du Mont-Cenis située à 800 mètres plus en amont de la première et déplacée en raison de fissurations survenues sur le portail.
La fin du XIXe siècle marque pour la Savoie le début de l’industrialisation et l’utilisation de la « houille blanche », turbine utilisant la force de l'eau découverte par Aristide Bergès[72]. Dès lors les vallées de Maurienne et Tarentaise verront toutes deux s'implanter les premières usines: production d'aluminium par électrolyse à la Praz près de Modane, le ferro-sillicium à la Léchère ou encore les aciers spéciaux à Ugine.
La Savoie au XXe siècle [modifier]
Le début du XXe siècle est d'abord pour la Savoie les débuts de l’avènement du tourisme, et plus particulièrement le « tourisme blanc » c'est-à-dire liés aux sports d'hiver. Ceci est notamment rendu possible par les nouvelles lignes de chemin de fer, comme le prolongement à partir de 1913 de la ligne de la Tarentaise vers Bourg-Saint-Maurice ou encore le chemin de fer du Mont-Revard mis en service en 1892. En outre les investissements en infrastructures et services seront facilités par la renaissance de la banque de Savoie en 1913. Ainsi à la veille de la Première Guerre mondiale en août 1914, la ville thermale, accueille les touristes les plus fortunés d'Europe avec pas moins de 18 hôtels de luxe et pensions. En montagne, quelques premiers chalets-hôtels sont construits (celui du col de la Vanoise sera inaugurée par le président Félix Faure en 1897) mais le véritable tourisme d'hiver prend son essor avec le ski et l'ouverture des stations dites de « première génération » situées près de villages existants aux alentours de 1 000 à 1 200 mètres d'altitude, comme Le Revard, Val d'Isère ou Pralognan-la-Vanoise. Ce commerce deviendra florissant au point de se voir qualifié d'« or blanc ».
La Première Guerre mondiale marque un nouvel engagement des Savoyards sous le drapeau français même si n'existe aucun bataillon exclusivement composé de Savoyards. Pendant ce temps le territoire participe à l'effort de guerre, moins en termes agricoles ou les récoltes sont mauvaises qu'en industrie ou les aciéries d'Ugine fabriquent des obus et des blindages pour les tanks[73]. Une légère complication survient cependant lorsqu'arrive la décision de rapatrier des soldats français et allemands blessés à Aix-les-Bains, ville alors siuée dans la zone neutralisée de Savoie (occupant toute la Haute-Savoie jusqu'à Ugine et le sud du lac du Bourget) mise en place lors du congrès de Vienne de 1815 permettant à la Suisse d'occuper cette zone pour garantir sa neutralité et l’inviolabilité de son territoire. Finalement les autorités françaises décident qu'après réexamen des termes du traité, Aix-les-Bains n'est pas concernée et se verra disposer de 1 135 lits dès le mois de septembre 1914. Cette zone est ensuite supprimée en 1919.
L'Entre-deux-guerres est une période mitigée pour la Savoie. D'un côté le secteur du tourisme est ralenti du fait de la Grande guerre et de ses impacts sur l'aristocratie européenne, de l’autre les accords de 1936 du Front populaire instaurant les congés payés ont tendance à relancer l'activité. Du côté de l'industrie, l'innovation opérée en matière de houille blanche sur les dynamos continuent de développer un véritable tissu industriel en Tarentaise et en Maurienne. Apparaissent alors les premières conduites forcées (parfois longues de 12 km) et la naissance de l'industrie électrochimique et électro-métallurgique dans les vallées. Ce développement industriel met un coup d'arrêt à l'exode rural.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, la Savoie joue un rôle important lors de la bataille de France et plus précisément la bataille des Alpes de juin 1940. Ainsi les armées françaises vont tenir tête à l’invasion italienne commanditée par Mussolini, notamment grâce aux fortifications du département. L'ennemi est stoppé à la fois en Tarentaise dans leur descente du col du Petit-Saint-Bernard et en Maurienne lors des combats dans le vallon du Seuil où la puissance de feu de la barrière de l'Esseillon, notamment tenue par les troupes du 281e régiment d'artillerie[74], ne permet même pas aux Italiens de parvenir à Modane. Mais le succès de cette bataille sera relativisé par la signature de l’armistice du 22 juin 1940. Les hautes vallées de la Savoie sont alors occupées par l'armée italienne, puis la totalité du département en novembre 1942. Pour autant, Mussolini rappelle au comte Galeazzo Ciano qu'il ne revendique pas l'ancien duché de Savoie[75]. Puis l'occupation italienne cédera la place à l'occupation allemande à partir du 8 septembre 1943 à la suite de la capitulation des Italiens.
Quel qu'ait été l'occupant, les deux départements savoyards ont mené une résistance intérieure forte. Celle-ci était rendue possible par un relief délicat favorisant les Savoyards très connaisseurs de leurs vallées. Elle s'accentue avec la loi instaurant le service de travail obligatoire (STO) faisant fuir beaucoup de jeunes et rejoindre les maquis de résistance. En 1943, l'on compte ainsi 500 à 600 maquis dans le département[76]. Les actions sont nombreuses et particulièrement pénalisantes pour les occupants: des sabotages de lignes électriques ont lieu presque tous les jours, et les usines sont également prises pour cibles, directement ou non, comme en 1943 où la résistance d'Aime s’affaire à détruire le barrage de Centron alimentant l’usine de Pomblières[77]. Les résistants font aussi sauter le pont ferroviaire sur le Guiers et s'effondrer le tunnel sous l'Épine pour ralentir l'armée nazie, et volent également énormément de matériel et d'armes. Un évènement majeur de la résistance en Savoie est le parachutage des Saisies du 1er août 1944, où sont parachutés 899 containers d'armes et de munitions par 76 appareils de l'aviation américaine[78].
La Savoie est un territoire stratégique pour toutes les parties en conflit. Ses usines et son emplacement près des frontières italiennes font que les Alliés veulent empêcher l’ennemi de se replier en Italie. Pour cela, l'armée américaine bombarde Modane et sa gare en septembre 1943: la ville est rasée[79]. Puis le 26 mai 1944, le bombardement américain vise la gare de Chambéry. 700 bombes larguées en 10 secondes créent des dégâts matériels considérables, à la fois sur le matériel ferroviaire (triage et 45 locomotives détruites) mais aussi sur le centre-ville en partie détruit, mais aussi humains puisque sont recensées 200 victimes, autant de blessés et 3 000 sinistrés[79].
Chambéry et Aix-les-Bains seront les premières villes libérées les 20 et 21 août. Suivront Albertville le 23, puis Modane le 14 septembre après deux semaines de combats en Maurienne. La Savoie est donc totalement libérée en septembre 1944 mais se trouve néanmoins meurtrie par cette guerre ayant conduit à pas moins de 2 170 maisons et édifices détruits, 378 victimes civiles, 318 fusillés et 512 déportés. C'est dans ce climat économique et politique encore tendu que le général de Gaulle vient en Savoie le 5 novembre où il prononce des discours à Ugine, Albertville et Chambéry[80].
Après la guerre, la Savoie, comme beaucoup d'autres départements français, est à reconstruire. Après rétablissement des lignes de chemin de fer, de l’électricité, des bâtiments et de la reprise des usines, la Savoie connait de nouveau une économie et une démographie en croissance, à laquelle la reprise du tourisme blanc, par la construction de stations de ski « deuxième génération » (plus hautes, comme Courchevel), y est pour beaucoup. Les infrastructures, sous l'impulsion de l’État mais aussi du conseil général de la Savoie, vont également s'améliorer (en 1945, 6 communes de Savoie restaient inaccessibles par la route, et encore 91 villages de plus de 20 habitants en 1954)[81].
Juste après la fin de la guerre, en 1946, la Savoie voit s'installer sur son territoire, à Avrieux en Haute-Maurienne, l'un des sites de l'Office national d'études et de recherches aérospatiales[82].
La seconde moitié du siècle marque aussi la création de grands barrages et l'exploitation de centrales hydroélectriques par EDF. La Savoie dispose en effet d'un relief et de ressources considérables dans cette énergie. Deux grands lacs artificiels sont mis en eau, le lac du Chevril en 1947 et le lac de Roselend en 1952. Puis petit à petit les industries traditionnelles déclinent au profil des nouvelles technologies, notamment liée au tertiaire et au solaire (création de l'Institut national de l'énergie solaire (INES) en 2005).
En 1981, la première ligne à grande vitesse est mise en service entre Paris et Lyon et le TGV inaugural arrive en Savoie la même année[83]. La relation avec Paris débute en septembre 1982[84].
Enfin la Savoie a bénéficié d'un éclairage sportif et médiatique mondial lors de des Jeux olympiques d'hiver de 1992 accueillis à Albertville aux portes de la Tarentaise et du Beaufortain.
Urbanisme [modifier]
Espaces urbanisés [modifier]
Dans le département de la Savoie, le taux d'urbanisation, c'est-à-dire la proportion d'habitants vivant en zone urbaine, est de 69,6 %[86]. En 2007, l'Insee l'établissait à 77,5 % à l'échelle de la France[87], soit un peu plus que pour le département. La Savoie reste malgré tout parmi les 40 départements les moins ruraux dominés par la petite couronne parisienne.
L'on retrouve la plus forte urbanisation à l'ouest du département, principalement dans la cluse de Chambéry, qui remontant jusqu'au lac du Bourget, englobe les communes de Chambéry et Aix-les-Bains c'est-à-dire les deux premières villes du département en termes de population. L'on sait que l'espace Métropole Savoie (syndicat mixte), qui correspond approximativement à ce territoire, accueille en 2007 225 012 habitants sur une population totale la même année de 405 535[88] soit plus de la moitié de la population. Ce syndicat mixte a d'ailleurs été mis en place en 1996 afin « de se doter d'un Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT), document d'urbanisme qui constitue un véritable projet de territoire à l'échelle d'une centaine de communes composant un bassin de vie » selon les mots de son Président Thierry Repentin[89], et qui témoigne de la vivacité économique et urbaine de ce bassin de 1 156 km2 (soit tout juste 20 % du département). L'unité urbaine de Chambéry, avec ses 175 253 habitants en 2009, représente pour sa part la 4e unité urbaine de Rhône-Alpes et la 39e unité urbaine de France.
À côté de ce grand pôle urbain - regroupant notamment les deux pôles urbains de Chambéry Métropole (121 567 habitants en 2009) et de la Communauté d'agglomération du Lac du Bourget (55 088 habitants en 2007) - le département connait des zones urbanisées dans chacune de ses principales vallées. Ainsi la Tarentaise débute à Albertville, troisième commune du département avec près de 20 000 habitants[90] et une unité urbaine de 38 784 habitants en 2009. Les unités urbaines de Moûtiers, Aime et Bourg-Saint-Maurice en regroupent pour leur part plus de 20 000 la même année. En Maurienne, cette urbanisation est moins marquée mais existante puisque pour Saint-Jean-de-Maurienne, Saint-Michel-de-Maurienne et Modane l'unité urbaine atteint 17 685 habitants. Aux vallées s'ajoute également le cas particulier de la commune d'Ugine, au pied du val d'Arly et à l'unité urbaine de 8 657 habitants[91].
Les espaces les moins urbanisés du département sont de manière générale les massifs: 4 770 habitants pour la communauté de communes Cœur des Bauges (Bauges), 1 702 dans la Communauté de communes de la Vallée des Entremonts (Chartreuse) et moins encore en Vanoise. Enfin l'Avant-Pays savoyard reste également peu urbanisé puisque la population la plus élevée, celle de la communauté de communes Val Guiers (regroupant 13 communes autour de Belmont-Tramonet) est de 11 359 habitants, toujours en 2009.
Concernant le foncier départemental, entre 1999 et 2009 en Savoie, 348 ha de terres agricoles ont été perdues chaque année au profit de 128 ha d'espaces naturels et 220 ha pour l'artificialisation des sols[92]. Sur cette même période, l'artificialisation s'est donc élèvée à 585 m2 pour chaque nouvel habitant installé (4e rang sur les 8 départements de Rhône-Alpes). Mais ce niveau traduit des disparités selon les zones du département: quand les vallées perdaient plus de 40 ha par an, le territoire de Chambéry Métropole, qui bien qu'ayant accueilli 17 % de la population nouvelle, n’a consommé que 11 % du foncier artificialisé sur la période[92].
Logement [modifier]
En 2009, le département de la Savoie comptait 315 846 logements. L'on dénombre parmi eux 56,6 % de résidences principales (en légère diminution par rapport à 1999 avec 57,1 %), 38,3 % de résidences secondaires et 5,1 % de logements vacants[93]. Ce pourcentage de résidences principales est beaucoup plus faible que la moyenne en France métropolitaine, établie à 83,5 %[94]. Ceci s'explique en très grande partie par l'importance du secteur touristique dans le département, et la présence de nombreux appartements à visée de location saisonnière dans les stations de ski notamment. Ce constat s'osberve de la même manière pour le département voisin de la Haute-Savoie, lui aussi hautement touristique, et qui avec un taux de 69,8 % de résidences principales, bien que plus important que pour la Savoie, est lui aussi inférieur au niveau national.
En outre la même année, les maisons individuelles représentent en Savoie 38 % des logements, également en légère baisse par rapport à 1999 (38,6 %) et 60,5 % d'appartements. En France métropolitaine, ce taux est de 56 %, soit là encore beaucoup plus élevé qu'en Savoie et les raisons en sont les mêmes que pour l'important nombre de résidences secondaires: les appartements en station à vocation touristique.
L'on trouve enfin, parmi les occupants des résidences principales, 59,5 % de propriétaires, 37,1 % de locataires et 3,5 % de personnes logées gratuitement, des taux ici plus proches de la moyenne métropolitaine: respectivement 57,7 % et 39,7 %. Ces résidences principales se répartissent en: 5,5 % de studios 1 pièce, 12,2 % de logements deux pièces, 21,1 % de logements trois pièces, 26,4 % de logements quatre pièces et 34,8 % de logements cinq pièces ou plus. Des taux ici là encore relativement proches de ceux observés en métropole.
Enfin le prix moyen de l'immobilier à la vente au niveau départemental est de 3 486 € par m2, soit 345 114 € pour une surface moyenne départementale de 99 m2 et une évolution mensuelle des prix de 1,22 %[95]. Au même instant et sur la même période, le prix moyen en France est de 3 177 € par m2, en évolution de -0,25 %[96]. Cette situation exprime d'une part des prix de l'immobilier plus élevés en Savoie (et plus globalement dans les départements alpins) et moins soumis au ralentissement immobilier touchant le pays, non seulement au moment de l’analyse de ces chiffres mais aussi de manière générale depuis plusieurs années. Ces prix élevés sont pour la plupart dus à l'immobilier de montagne. À Chambéry par exemple, le prix moyen par m2 s'établit à 2 800 € tandis que celui-ci s'élève à 5 546 € à Val Thorens ou encore à 8 857 € à Val d'Isère[97].
En 2009, le conseil général du département allouait dans son budget un crédit de 12,8 millions d'euros en faveur de sa politique Logement[98]. En 2010, ce-dernier a recensé le versement de 3 506 aides financières (+ 12,9 % par rapport à 2009, vraisemblablement du fait de la crise économique de 2009), dont 1 842 au titre des aides au logement (+ 11 %). Selon le Ministère de l'Intérieur, il manquait 10 000 logements sociaux en Savoie en 2010[3].
En 2006, le rapport de l’Union Départementale des Associations Familiales de Savoie (UNAF) sur la pauvreté en Savoie observait que « de manière générale, le logement des personnes en situation de pauvreté existentielle est plutôt bien équipé ; la quasi-totalité, voire la totalité des logements, dispose d’une salle de bain ou d’une douche, de toilettes, d’eau chaude courante, et d’un système de chauffage »[99]. En revanche, le rapport recense 58 % des répondants assurant avoir un logement trop difficile ou trop coûteux à chauffer. L'INSEE pour sa part, dans un rapport de 2003 estimait que « en Savoie, 2,73 % des logements sont "sans confort" ».
Logements par catégorie en 1990, 1999 et 2009
| Année 1990 | Année 1999 | Année 2009 | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Catégorie de logement | Nombre | Pourcentage | Nombre | Pourcentage | Nombre | Pourcentage | |
| Résidences principales | 133 838 | 55,8 % | 154 838 | 57,1 % | 178 820 | 56,6 % | |
| Résidences secondaires et logements occasionnels | 94 844 | 36,6 % | 102 946 | 38 % | 121 063 | 38,3 % | |
| Logements vacants | 11 041 | 4,6 % | 13 475 | 5 % | 15 964 | 5,1 % | |
| Ensemble | 239 723 | 100 % | 271 259 | 100 % | 315 846 | 100 % | |
| Sources des données : Insee Recensement Savoie[93] | |||||||
Au sein du département, on dénombre 29,2 % de bénéficiaires d'une aide au logement de moins de 30 ans au 30 juin 2006. Et on y compte 42,6 % d'étudiants dans les aides au logement pour cette même période[100].
Résidences principales en 1990, 1999 et 2009
| Année 1990 | Année 1999 | Année 2009 | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Statut d'occupation | Nombre | Pourcentage | Nombre | Pourcentage | Nombre | Pourcentage | |
| Propriétaire | 74 254 | 55,5 % | 85 758 | 55,4 % | 106 362 | 59,5 % | |
| Locataire | 49 738 | 37,2 % | 59 886 | 38,7 % | 66 265 | 37,1 % | |
| - d'un logement loué vide non HLM | 26 018 | 19,5 % | 27 407 | 17,7 % | NC | NC | |
| - d'un logement loué vide HLM | 20 117 | 15 % | 26 623 | 17,2 % | 27 035 | 15,1 % | |
| - d'un meublé ou d'une chambre d'hôtel | 3 603 | 2,7 % | 5 856 | 3,8 % | NC | NC | |
| Logé gratuitement | 9 721 | 7,3 % | 9 194 | 5,9 % | 6 193 | 3,5 % | |
| Type | |||||||
| Maison individuelle ou ferme | 60 934 | 45,5 % | 73 687 | 47,6 % | |||
| Logement dans un immeuble collectif | 67 082 | 50,2 % | 75 261 | 48,6 % | |||
| Autres, foyer pour pers. âgées, construction provisoires… | 5 697 | 4,3 % | 5 890 | 3,8 % | |||
| Ensemble | 133 713 | 100 % | 154 838 | 100 % | |||
| Sources des données : Insee Rhône-Alpes[101] et Insee Recensement Savoie[93] | |||||||
Selon le recensement général de la population du 8 mars 1999, 38 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes de la Savoie dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux.
| Année | Ville | Population SDC | Nombre de logements | Résidences secondaires | % résidences secondaires |
|---|---|---|---|---|---|
| 2004 | Villarembert | 265 | 2 260 | 2 143 | 94,82 % |
| 2005 | Macot-la-Plagne | 1 731 | 7 283 | 6 481 | 88,99 % |
| 2004 | Fontcouverte-la Toussuire | 532 | 1 922 | 1 695 | 88,19 % |
| 2006 | Les Allues | 1 893 | 7 744 | 6 829 | 88,18 % |
| 2005 | Saint-Sorlin-d'Arves | 333 | 1 225 | 1 078 | 88,00 % |
| 2005 | Hauteluce (Col des Saisies) | 875 | 3 326 | 2 914 | 87,61 % |
| 2004 | Saint-Martin-de-Belleville | 3 040 | 12 693 | 11 110 | 87,53 % |
| 1999 | Saint-François-Longchamp | 935 | 2 588 | 2 140 | 87,03 % |
| 2007/1999 | Bellentre | 938 | 2 565 | 2 221 | 86,59 % |
| 2005 | Val-d'Isère | 1 732 | 6 495 | 5 616 | 86,47 % |
| 2004 | Valmeinier | 509 | 1 605 | 1 385 | 86,29 % |
| 2006 | Cohennoz | 156 | 575 | 491 | 85,39 % |
| 2005 | Montvalezan | 627 | 2 010 | 1 716 | 85,37 % |
| 2007/1999 | Les Avanchers-Valmorel | 767 | 2 613 | 2 226 | 85,19 % |
| 1999 | Lanslevillard | 431 | 1 352 | 1 151 | 85,13 % |
| 2005 | Saint-Bon-Tarentaise (Courchevel) | 1 850 | 6 282 | 5 343 | 85,05 % |
| 1999 | Montgellafrey | 77 | 499 | 424 | 84,97 % |
| 1999 | Notre-Dame-de-Bellecombe | 510 | 1 507 | 1 262 | 83,74 % |
| 2004 | Saint-Jean-d'Arves | 217 | 781 | 652 | 83,48 % |
| 2004 | Albiez-Montrond | 357 | 972 | 724 | 83,03 % |
| 1999 | Tignes | 2 220 | 5 998 | 4 874 | 81,26 % |
| 2007/1999 | Crest-Voland | 401 | 887 | 704 | 79,37 % |
| 2006 | Bonneval-sur-Arc | 239 | 523 | 413 | 78,97 % |
| 2007/1999 | Villarodin-Bourget | 475 | 1 092 | 855 | 78,30 % |
| 2007 | La Perrière | 432 | 976 | 753 | 77,15 % |
| 1999 | Aillon-le-Jeune | 337 | 738 | 568 | 76,96 % |
| 1999 | Peisey-Nancroix | 614 | 1 133 | 869 | 76,70 % |
| 2007/1999 | Landry | 718 | 1 055 | 809 | 76,68 % |
| 1999 | Pralognan-la-Vanoise | 756 | 1 393 | 1 066 | 76,53 % |
| 1999 | Bessans | 629 | 479 | 76,15 % | |
| 1999 | Champagny-en-Vanoise | 585 | 1 022 | 755 | 73,87 % |
| 2007/1999 | Saint-Colomban-des-Villards | 182 | 460 | 338 | 73,48 % |
| 2007/1999 | Brides-les-Bains | 575 | 1 191 | 871 | 73,13 % |
| 1999 | Valloire | 1 243 | 2 521 | 1 835 | 72,79 % |
| 2006 | Aussois | 668 | 1 143 | 808 | 70,69 % |
| 1999 | La Giettaz | 668 | 1 143 | 808 | 68,56 % |
| 2007/1999 | Bourg-Saint-Maurice (Les Arcs) | 7 681 | 9 526 | 6 507 | 68,31 % |
| 2005 | Sainte-Foy-Tarentaise | 815 | 1 194 | 770 | 64,49 % |
| 1999 | Bramans | 362 | 478 | 305 | 63,81 % |
| 2004 | Villard-sur-Doron | 683 | 875 | 520 | 59,43 % |
| 1999 | Termignon | 426 | 459 | 268 | 58,39 % |
| 2006 | Beaufort-sur-Doron | 2 196 | 2 436 | 1 416 | 58,13 % |
| 2007/1999 | Granier | 369 | 290 | 168 | 57,93 % |
| 1999 | Les Déserts (La Féclaz) | 683 | 875 | 520 | 57,86 % |
| 2004 | Lanslebourg-Mont-Cenis | 604 | 655 | 375 | 57,25 % |
| 2007/1999 | Flumet | 877 | 723 | 412 | 56,98 % |
| 2004 | Saint-Nicolas-la-Chapelle | 402 | 504 | 287 | 56,94 % |
| 2007/1999 | Saint-Pierre-d'Entremont | 422 | 370 | 204 | 55,14 % |
| 2006 | Aime | 3 369 | 3 475 | 1 891 | 54,42 % |
| 2005 | Saint-Jean-de-Belleville | 475 | 465 | 251 | 53,98 % |
| 2005 | Montricher-Albanne (les Karellis) | 706 | 518 | 266 | 51,35 % |
| 2007/1999 | Jarrier | 464 | 447 | 223 | 49,89 % |
| 1999 | La Léchère | 1 774 | 1 744 | 861 | 49,37 % |
| 1999 | Saint-André | 452 | 421 | 191 | 45,37 % |
| 2007/1999 | Entremont-le-Vieux | 582 | 451 | 203 | 45,01 % |
| 2006 | Modane | 3 739 | 3 437 | 1 453 | 42,28 % |
| 2005 | La Côte-d'Aime | 825 | 568 | 240 | 42,25 % |
| 2006 | Queige | 835 | 590 | 208 | 35,25 % |
| 2005 | Montagny | 579 | 469 | 163 | 34,75 % |
| 2007/1999 | Bozel | 1 992 | 1 210 | 387 | 31,98 % |
| 2005 | Saint-Martin-de-la-Porte | 685 | 436 | 133 | 30,50 % |
| 2006 | Montcel | 830 | 467 | 142 | 30,41 % |
| 2006 | Pugny-Chatenod | 833 | 461 | 140 | 30,37 % |
| 2007/1999 | Chindrieux | 1 198 | 710 | 177 | 24,93 % |
| 2007/1999 | Aigueblanche | 2 963 | 1 567 | 320 | 20,42 % |
| 2006 | Séez | 2 251 | 1 296 | 261 | 20,14 % |
| 1999 | Saint-Michel-de-Maurienne | 2 714 | 1 601 | 294 | 18,36 % |
| 2005 | Novalaise | 1 612 | 867 | 159 | 18,34 % |
| 2005/1999 | Aix-les-Bains | 27 500 | 16 262 | 2 692 | 16,55 % |
| 2005 | Brison-Saint-Innocent | 2 094 | 1 025 | 134 | 13,07 % |
| 2007/1999 | Tresserve | 3 161 | 1 464 | 172 | 11,75 % |
| 2007/1999 | Yenne | 2 841 | 1 345 | 138 | 10,26 % |
Sources :
- Site du recensement de l’INSEE, chiffres au 08/03/1999.
- Estimations du recensement intermédiaire de l’INSEE, chiffres au 01/07/2005.
Projets d'aménagement [modifier]
Différents projets sont en débat, validés ou en cours concernant le département de la Savoie.
Un projet à très long terme est la liaison ferroviaire transalpine Lyon - Turin, visant d'une part à rapprocher en temps de parcours Paris et Lyon de Turin et Milan par Chambéry, et d'autre part à transférer de la route vers le rail le fret important transitant par le département. Le tracé de la nouvelle ligne a d'ores et déjà été arrêté, après que différents travaux préliminaires au percement du tunnel de base du Mont d'Ambin ont déjà été amorcés, en 2002 en France et en 2011 en Italie[102]. Les 140 km de ligne sont attendus à l'horizon 2025. En Savoie, les lignes voyageurs et marchandises arriveraient par Saint-Genix-sur-Guiers avant de se séparer à Avressieux dans l’Avant-pays. La ligne voyageurs entrerait alors sous le tunnel Dullin-Épine et sortirait au niveau de la Motte-Servolex où elle se grefferait à l'actuelle ligne de la Maurienne jusqu’à Chambéry. La ligne marchandises pour sa part continuerait vers la Chartreuse qu'elle traverserait par le tunnel du même nom de près de 25 km avant de resurgir dans la Combe de Savoie sur la commune des Marches. Elle franchirait ensuite un nouveau tunnel, celui de Belledonne, de 19 km jusqu'à Saint-Étienne-de-Cuines en Maurienne. Puis le tunnel du Glandon jusqu'à Saint-Jean-de-Maurienne et enfin le tunnel de base du Mont d'Ambin jusqu'à l'Italie[103]. Ce projet de Lyon-Turin s'inscrit en tant que maillon central du corridor ferroviaire européen de Lisbonne (Portugal) à Kiev (Ukraine). Il est étudié depuis plusieurs années par une multitude d'acteurs, publics et privés, et de différentes échelles, dont le conseil général de la Savoie et les communes concernées. Il se heurte malgré tout à différents conflits inhérents à sa réalisation, par exemple l'opposition italienne dite « NO TAV » (pas de train à grande vitesse) ou encore le surcoût estimé du projet vis-à-vis d'une rentabilité jugée trop faible (5 %)[104].
Toujours dans le cadre du secteur ferroviaire, le département de la Savoie est, en tant que département du sillon alpin, concerné par la rénovation actuelle de la ligne de Grenoble à Montmélian visant notamment à l'électrifier dans un double but de réduire la pollution engendrée par les engins circulant en moteur thermique et de permettre dans un avenir proche des liaisons par TGV directes des Alpes vers la mer Méditerranée par la nouvelle bifurcation créée près de la gare de Valence-TGV permettant de joindre la LGV Méditerranée[105].
Le Conseil général entreprend aussi depuis 1999 le projet dit « Grand Lac » visant à requalifier et à naturaliser les berges sud-est du lac du Bourget, longées par la RD 1201 entre Chambéry et Aix-les-Bains, dont le projet vise aussi à la sécurisation. Après le hameau de Terre-Nue (Viviers-du-Lac) entre 2006 et 2008, puis le Lido (Tresserve) en 2008-2009 et enfin la Rosière et les Séselets jusqu'à 2011, un dernier chantier débute jusqu'à Aix-les-Bains. Sa réalisation complète est prévue pour 2015 et son coût total est estimé à 40 millions d'euros pour 5 km de rives et de route complètement réaménagés, pour les piétons, les cyclistes (création d'une promenade et de bandes cyclables) et les automobilistes[106].
Un projet de couverture numérique est également en cours, initié par le Conseil général dans le cadre du Plan numérique départemental. Actuellement en Savoie, 99,6 % des lignes téléphoniques de la Savoie sont éligibles à l'ADSL. Le plan départemental vise donc à effectuer la transition vers le très haut débit dans le département, par le déploiement de la fibre optique[107].
Enfin d'autres projets sont également en cours à des niveaux locaux, engagés au sein des agglomérations. C'est le cas par exemple avec la restauration des halles de Chambéry en 2011-2012.
Politique et administration [modifier]
Politique [modifier]
Tendances politiques [modifier]
Le département de la Savoie est un département traditionnellement situé à droite de l’échiquier politique. Sous la Cinquième République (débutée en 1958), le département a ainsi la plupart du temps élu des personnalités politiques de droite. Les élections législatives ont vu des députés du Parti socialiste (gauche) élus entre 1973 et 1988, sous l'impulsion notamment de Louis Besson et de Jean-Pierre Cot, plusieurs fois réélus. Toutefois, depuis l'élection législative de 1993, tous les élus ont été issus de partis comme le RPR, puis de l'UMP.
Pour autant la nouvelle tendance observée depuis les récentes élections locales (élections cantonales de 2008 et 2011 et les élections législatives de 2012) s'oriente vers un certain retour de la gauche, notamment par le biais du PS. Ainsi en 2011, le président du Conseil général sortant, Hervé Gaymard (député UMP) n’a pu être réélu à la Présidence face au sénateur PS Thierry Repentin qu'au bénéfice de l’âge, en raison de 3 scrutins serrés parmi les conseillers généraux, l'assemblée départementale étant également représentée par les deux bords politiques avec 19 conseillers généraux de droite (groupe Union pour la Savoie) ou non-inscrits contre 18 pour l'opposition de gauche (Savoie pour tous, Front de Gauche et Europe Écologie Les Verts). En outre, les élections législatives de 2012 ont conduit à l'Assemblée nationale deux nouvelles députées PS, Bernadette Laclais (élue dans la nouvelle 4e circonscription de la Savoie comprenant la commune de Chambéry dont elle est maire) et Béatrice Santais, qui plus est les deux premières femmes élues en Savoie au palais Bourbon.
Enfin, la Savoie compte un sénateur de droite (Jean-Pierre Vial) et un sénateur de gauche (Thierry Repentin, suppléé par André Vairetto après avoir été nommé ministre en juin 2012).
Pour autant, les dernières élections présidentielles ont donné le candidat de droite en tête en Savoie : Nicolas Sarkozy en 2012 (52,93 %) et en 2007 (57,32 %), Jacques Chirac en 2002 (81,26 % face au candidat du Front National Jean-Marie Le Pen) et en 1995 (56,07 %). Exceptionnellement en 1981 et 1988, le département a élu comme le restant de la France le président PS François Mitterrand, mais d'une majorité infime (50,45 % en 1981 et 50,18 % en 1988). La tendance politique en Savoie n'est donc pas entièrement figée. Par ailleurs, selon le quotidien le Figaro du 28 mars 2011 (suivant les élections cantonales) « La victoire du PS est une surprise dans ce département qui ne figurait pas dans la liste des objectifs socialistes » ce qui tend à démontrer que la gauche elle-même ne compte pas le département, non seulement comme un de ses territoires traditionnels, mais également comme un territoire pouvant aisément basculer sur son bord.
Géographiquement, la montée de la gauche observée en Savoie apparait beaucoup plus au centre et à l'ouest du département qu'à l'est et dans le fond des vallées. La commune d'Avrieux en Haute-Maurienne a même vu arriver en tête la candidate du Front national (extrême droite) lors du 1er tour de l’élection présidentielle de 2012 avec 28,68 % des voix[108]. Au niveau départemental, ce parti a recueilli 18,92 % des voix. Pour les autres tendances politiques dégagées lors de ce scrutin, l'on peut observer que si la candidate d'Europe Écologie Les Verts a convaincu 2,31 % d'électeurs au niveau national, ils ont été 3,42 % en Savoie à la soutenir.
Il est également intéressant de mentionner que le département de la Savoie enregistre des taux d'abstention le plus souvent plus faibles que ceux de la moyenne nationale lors des élections présidentielles. Ainsi par exemple aux présidentielles de 2012, lorsque 20,52 % et 19,65 % des Français s'abstenaient aux 1er et 2e tours[109], les électeurs savoyards n'étaient respectivement que 16,91 % et 17,59 % à ne pas se rendre aux urnes[110]. De même en 2007, si les électeurs français se sont abstenus à 16,23 % et 16,03 %, les électeurs de la Savoie n'ont été que 13,78 % et 14,89 % dans ce cas. Il est en outre intéressant de constater que pour ces élections, les électeurs en Savoie s'abstiennent également moins que leurs voisins de Haute-Savoie. L'absention de ce département a été en effet de 18,89 % et 18,63 % en 2012, et de 14,54 % et 15,36 % en 2007, soit des taux plus proches de ceux de la moyenne nationale.
Pour les autres élections, le taux d'abstention reste globalement similaire au taux national, parfois même plus élevé (cas des dernières élections législatives de 2012, toutes circonscriptions confondues[111]).
Personnalités politiques [modifier]
La Savoie a notamment donné plusieurs ministres à la France, et ce dès la première annexion de 1792 :
- Emmanuel Crétet (° 1747 - † 1809), ministre de l'intérieur sous Napoléon Ier,
- Antoine Perrier (° 1836 - † 1914), ministre de la justice,
- Henri Falcoz (° 1884 - † 1936), ministre des travaux publics,
- Pierre Cot (° 1895 - † 1977), ministre de l'air puis ministre du commerce,
- Ambroise Croizat (° 1901 - † 1951), ministre du travail puis ministre du travail et de la sécurité sociale,
- Joseph Fontanet (° 1921 - † 1980), ministre du travail, de l'emploi et de la population puis ministre de l'Éducation nationale,
- Jean-Pierre Cot (° 1937), ministre délégué chargé de la Coopération et du Développement de 1981 à 1982,
- Pierre Dumas (° 1924 - † 2004), constamment présent au Gouvernement de 1962 à 1969, secrétaire d'État aux travaux publics puis au tourisme, aux affaires sociales, aux relations avec le Parlement,
- Louis Besson (° 1937), ministre de l'équipement, du logement, des transports et de la mer,
- Michel Barnier (° 1951), ministre de l'environnement puis des affaires européennes, il a ensuite occupé les portefeuilles des Affaires étrangères puis de l'Agriculture,
- Hervé Gaymard (° 1960), ministre de l'Agriculture puis ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie,
- Thierry Repentin (° 1963), actuel ministre des Affaires européennes, précédemment ministre délégué à la Formation professionnelle et à l'apprentissage.
Le conseil général [modifier]
Le Conseil général de la Savoie[112] est l'assemblée délibérante du département de la Savoie, collectivité territoriale décentralisée. Son siège se trouve à Chambéry au sein du Château des ducs de Savoie. Le Conseil général de la Savoie comprend 37 conseillers généraux issus des 37 cantons de la Savoie. Les principales compétences du Conseil général sont :
- l'action sociale, avec l'insertion des personnes en difficulté, l'attribution du RSA (ex-RMI), l'aide à l'enfance, aux personnes âgées et handicapées ainsi que l’aide au logement,
- la voirie et les transports, avec notamment la gestion et l'entretien des routes départementales, des routes nationales d'intérêt local, et des transports départementaux,
- l'éducation, en assurant la gestion et la maintenance des 38 collèges publics et 9 collèges privés sous contrat d'association,
- la culture, en organisant et en finançant les archives départementales ainsi que d'autres organismes, ou en soutenant différents projets culturels et 16 festivals,
- le développement local, en aidant par exemple les associations et les communes dans leurs projets.
En 2013, le budget primitif du Conseil général voté le 4 février a été arrêté à 522,78 millions d'euros. La plus grosse part est consacrée à l'action sociale avec 178,69 M€ soit 34 % du budget. 47,34 M€ sont en outre attribués à la voirie et aux transports, 41,87 M€ % à l'éducation et à l'enseignement et 9,10 M€ % à la culture[113]. Le Conseil général de la Savoie consacre en plus de ces compétences obligatoires, une partie de son budget à des politiques volontaristes. C'est le cas par exemple de la politique Montagne, de la politique agricole, de l'économie du territoire, des sports et loisirs ou de l’aménagement numérique. En 2013, pour la première fois depuis 1998, le montant de la dette (20 M€) sera inférieur au montant du capital remboursé (22 M€)[114].
L’Assemblée départementale, composée des 37 élus du Département, se réunit en séance plénière cinq à six fois par an. C'est le cas en début d'année pour le vote du budget primitif (BP), puis au début de l'été pour le vote de la Décision modificative (du budget) no 1 (DM1), à l'automne pour le vote de la DM2, et en décembre dans le cadre du Débat d'orientations budgétaires (DOB) pour le budget de l’année suivante. À chaque nouvelle assemblée, celle-ci élit parmi ses conseillers généraux son Président et 11 vice-présidents. Pour le traitement des affaires courantes, l'Assemblée élit ensuite la Commission permanente, composée du Président, des vice-présidents et de 15 autres élus de l’Assemblée, qui se réunit toutes les 3 semaines pour traiter des dossiers les plus urgents et prendre les décisions nécessaires sans devoir convoquer l’assemblée plénière.
Tous les élus de l’Assemblée sont regroupés au sein de six commissions thématiques, deux inter-commissions et une commission d'appels d'offres (infos sur les commissions). Chacune étudie et travaille sur les dossiers qui les concernent, et soumettent leurs rapports de projets à l'Assemblée qui décide de les approuver ou non.
Le Conseil général emploie 2 500 agents dans le département, dont 70 % d'entre eux travaillent au sein de services décentralisés sur tout le territoire, répartis à travers 7 territoires de développement local (TDL) s'appuyant sur 42 Centres polyvalents d'action sociale (CPAS) et 8 Délégations territoriales à la vie sociale (DTVS).
Enfin le conseil général de la Savoie adhère à l'assemblée des Pays de Savoie (APS), créée le 14 février 2001 afin de gérer conjointement avec le conseil général de la Haute-Savoie des projets communs. Financée à parts égales par les deux départements, l'Assemblée des Pays de Savoie est compétente dans la gestion de dossiers relatifs à l'agriculture, au tourisme, à la culture, à l'enseignement supérieur, au développement économique et à l'innovation, au développement durable ou à la filière bois concernant mutuellement les deux départements.
Administration [modifier]
Administration territoriale [modifier]
Le département de la Savoie est composé de 305 communes, 37 cantons et 3 arrondissements. Les communes situées à l'est du département sont en moyenne beaucoup plus grandes en termes de superficie qu'au centre et à l'ouest. C'est le cas par ailleurs de la plus grande d'entre elles, Bourg-Saint-Maurice (179,07 km2), située au nord-est du département. Cette situation s'explique par le fait que cette partie du territoire correspond à de la moyenne et de la haute-montagne, soit un environnement peu propice à l'établissement de nombreuses communes. Par ailleurs, même si le territoire de ces communes couvre les zones non habitées de montagne, le chef-lieu de la commune concernée est souvent lui situé dans la vallée (cas de Bourg-Saint-Maurice ou Modane). L'on retrouve par ailleurs cette caractéristique dans le restant du découpage administratif. Ainsi l’arrondissement de Chambéry, de 1 586 km2 et quelques 230 000 habitants, regroupe 22 cantons et 161 communes quand l'arrondissement d'Albertville, pourtant plus vaste avec ses 2 466 km2, ne regroupe que 9 cantons et 82 communes en raison du plus faible nombre d'habitants (~ 110 000). L'arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne, de 1 976 km2 comprend 6 cantons et 62 communes pour un total d'un peu plus de 41 600 habitants.
L'arrondissement de Chambéry comprend la région de Chambéry et Aix-les-Bains, l'Avant-pays savoyard, le massif des Bauges, la Chautagne et une partie de la Combe de Savoie, celui d'Albertville comprend Albertville, la Tarentaise et Haute-Tarentaise, le Beaufortain et la Vanoise, et celui de Saint-Jean-de-Maurienne la vallée de la Maurienne et Haute-Maurienne.
Les chefs-lieu de ces arrondissements correspondent par ailleurs à la préfecture (Chambéry) et aux sous-préfectures (Albertville et Saint-Jean-de-Maurienne) du département de la Savoie.
Du côté des intercommunalités, la Savoie possède 2 communautés d'agglomération que sont Chambéry Métropole (24 communes de l’agglomération de Chambéry) et la communauté d'agglomération du Lac du Bourget (18 communes de l'agglomération d'Aix-les-Bains), et 26 communautés de communes. Les 2 communautés d'agglomération regroupent donc 42 communes sur 305 et 175 300 habitants sur 411 000 habitants en 2009 (42,6 %). À noter aussi la présence de 38 communes rattachées à aucune intercommunalité (12,5 %) parmi lesquelles Modane, Bozel ou Flumet, et l’existence d'une commune de Savoie appartenant à une communauté de communes dont le siège se situe dans un autre département, à savoir la commune des Échelles, membre de la communauté de communes Chartreuse Guiers dont le siège est Saint-Laurent-du-Pont en Isère. En outre en matière d'intercommunalités de gestion, le département comprend 96 syndicats à vocation unique (SIVU), 22 syndicats intercommunaux à vocation multiple (SIVOM) et 21 syndicats mixtes, dont Métropole Savoie.
Enfin, le département de la Savoie dispose sur l'ensemble de son territoire d'environ 11 426 agents de l'État et 9 707 agents départementaux.
Instances judiciaires et administratives [modifier]
Les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie dépendent du ressort de la cour d'appel de Chambéry, dont le siège se situe au palais de justice de Chambéry.
Le ressort couvre un territoire de 10 416 km2 et plus d'1 million d'habitants (1 099 487 prévus en 2010) et compte 22 juridictions dont 9 sont situées en Savoie: la cour d'appel de Chambéry, les 4 tribunaux d'instance et de grande instance de Chambéry et Albertville, les 3 conseils de prud'hommes de Chambéry, Albertville et Aix-les-Bains ainsi que le tribunal de commerce de Chambéry[115]. Le nombre de juridictions est plus élevé en Haute-Savoie du fait de sa population deux fois plus élevée (près de 750 000 habitants contre plus de 400 000 en Savoie).
Savoie et Haute-Savoie confondus, le ressort totalise 128 magistrats, 9 juges de proximité, 22 assistants de justice, 56 juges élus au tribunal de commerce, 248 conseillers prud'hommaux et des assesseurs notamment des tribunaux pour enfants, et des conciliateurs de justice. À ces effectifs s'ajoutent divers auxiliaires de justice parmi lesquels quelques 550 avocats, 4 études d'avoués, 48 huissiers de justice, 190 notaires et 329 experts judiciaires[115]. En 2012, 3 342 nouveaux dossiers ont été ouverts au civil auprès de la cour d'appel de Chambéry[116].
En matière de police, la Direction interregionale de la Police judiciaire (DIPJ) de Rhône-Alpes (Lyon) possède une antenne à Chambéry[117]. À cela s'ajoute la présence de la Direction départementale de la sécurité publique de la Savoie (DDSP) et de la Direction départementale de la police aux frontières (DDPAF) de la Savoie. La première est la principale direction opérationnelle intégrée à la Direction Générale de la Police nationale, incluant notamment Police secours, ayant effectué 12 709 interventions en Savoie en 2011[118]. La seconde est l'une des 6 divisions actives de la police nationale, comptant 125 personnels chargés d'assurer la sécurité transfrontalière près de la frontière franco-italienne[119].
Enfin en 2010, le Dauphiné recense 51 communes possédant une police municipale pour un effectif total de 157 agents[120].
La Savoie possède autrement le groupement de gendarmerie départementale de la Savoie, 630 personnes réparties en 3 compagnies de gendarmerie départementale, dans l'escadron départemental de sécurité routière, le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) et la brigade nautique intérieure d'Aix-les-Bains. Le groupement dispose en outre également de la brigade de gendarmerie des transports aériens sur l'aéroport de Chambéry - Savoie[121].
Chambéry est également le siège de la Direction régionale des douanes et des droits indirects de Chambéry, sise à l'hôtel des douanes, à proximité du palais de justice (ces deux bâtiments faisant par ailleurs l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques). La direction de Chambéry s'étend sur les 3 départements nord-alpins de la Savoie, la Haute-Savoie et l'Isère, auxquels s'ajoutent 100 km de frontière franco-italienne et 40 km de frontière franco-suisse.
Enfin la préfecture du département de la Savoie est établie au Château des Ducs de Savoie de Chambéry. Le préfet de la Savoie, c'est-à-dire le représentant de l'État en Savoie, est M. Éric Jalon depuis le 30 juillet 2012[122] remplaçant M. Christophe Mirmand, entré en fonction le 28 juin 2010. Le rapport d'activité des services de l'État en Savoie pour 2011[123] indique pour l'année le passage de 58 000 usagers à la préfecture, et la délivrance de 76 594 plaques d'immatriculation (+5,04 % par rapport à 2010), 13 011 permis de conduire (+11,92 %), 24 138 cartes d'identité (-3 %), 18 403 passeports biométriques (+4,94 %) et 5 006 titres de séjour (-21 %). S'ajoutent à cela 450 naturalisations (-15 %) et 628 rétentions de permis de conduire (+60 %).
Chasseurs alpins [modifier]
L'administration française est également présente en Savoie au travers de l'armée de terre et plus précisément de l'unité des chasseurs alpins. Aussi surnommés les Diables bleus, les chasseurs alpins apparaissent en 1888 et se divisent alors en bataillons de chasseurs alpins (BCA) et en régiments d'infanterie alpine (RIA).
Aujourd'hui, le département de la Savoie ne compte plus sur son territoire que le 13e bataillon de chasseurs alpins. Basé depuis sa création en 1888 à Chambéry, la garnison actuelle s'établit depuis 1980 sur la commune de Barby dans l'agglomération chambérienne. Appartenant à la 27e brigade d'infanterie de montagne depuis 1999 et commandé par le lieutenant-colonel Cyrille Becker depuis 2012, le 13e BCA comprend un effectif de 1 100 militaires et civils préparés à l'accomplissement de missions militaires et humanitaires, notamment dans les zones de montagne. À cet égard l'entrainement au sein du bataillon est entre-autres marqué par l'obtention du Brevet d'alpinisme militaire puis du Brevet de skieur militaire (BSM)[124]. Ces 30 dernières années, les hommes du 13e BCA ont couvert des missions au Liban, en ex-Yougoslavie dans le cadre de la Force de protection des Nations unies (FORPRONU), en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo avec l'OTAN et dans certains pays d'Afrique. Actuellement le 13e BCA opère notamment en Afghanistan dans le cadre de l'ONU. Sa devise est « sans peur et sans reproche ».
Jusqu'à 2012, la Savoie comptait également le 7e bataillon de chasseurs alpins, alors basé à Bourg-Saint-Maurice, mais transféré à Varces en Isère avec le 93e régiment d'artillerie de montagne. Par le passé, le département comptait aussi le 22e bataillon de chasseurs alpins d'Albertville (dissout en 1997), ainsi que les 97e régiment d'infanterie de ligne de Chambéry et 158e régiment d'infanterie de ligne affecté à la défense des alpes en Tarentaise et Maurienne, qui participèrent notamment aux deux grandes guerres du début du XXe siècle.
Population et Société [modifier]
Démographie [modifier]
Le département de la Savoie est un département modérément peuplé, notamment en comparaison avec sa superficie. En 1990, celui-ci se trouvait ainsi au 60e rang national avec 348 261 habitants, puis au 58e rang national avec une population de 373 350 habitants en 1999. En 2006 le département franchit le seuil des 400 000 habitants et sa population municipale (résidents habituels) s'élève finalement en 2009 à 411 007 habitants[125], tout en conservant son 58e rang[126]. Sa densité est alors de 68 habitants par km2 lorsque la même année celle-ci s'élève à 114 hab/km2 en France métropolitaine[127], et même à 165,4 hab/km2 pour la Haute-Savoie voisine (département à la fois moins vaste et plus peuplé). Pour autant, et bien que le solde naturel soit positif en Savoie avec environ 0,4 % d'augmentation par an (correspondant au solde moyen de la Métropole), c'est surtout le solde migratoire qui porte la croissance démographique : avec en moyenne 0,7 % par an, il place la Savoie au 27e rang national. C'est notamment à l'ouest du département et dans les zones périurbaines que la croissance de la population est la plus vive[128].
Si ces tendances se poursuivent, la hausse de la population devrait se prolonger. Néanmoins, elle s'accompagnerait d'un vieillissement de la population et, à terme, le taux de croissance diminuerait (tout en restant malgré tout positif). Les territoires les plus dynamiques restent la cluse de Chambéry et les abords du lac du Bourget, même si la progression annuelle la plus forte mesurée entre 1999 et 2006 a concerné la commune Bourg-Saint-Maurice avec 1,8 % de croissance de la population, suivie par Saint-Alban-Leysse et la Motte-Servolex (1 %). En revanche, d'autres communes ont vu leur population légèrement se réduire, comme Saint-Jean-de-Maurienne avec -0,4 % de croissance[129].
Il est également à noter que si le département de la Savoie compte un peu plus de 400 000 habitants réguliers, ce chiffre peut doubler voire s'élever à plus d'1 million d'habitants durant la période hivernale[130]. Cette situation est notamment appréhendée par les services de secours du département, par exemple les pompiers, amenés à concevoir leurs plans de secours suivant ce paramètre essentiel[131]. À noter que sans être aussi forte, une autre augmentation substantielle de la population résidente en Savoie s'observe également durant l'été.
À cet égard, la population réelle du département de la Savoie tout au long de l’année est estimée en moyenne de 29,4 % supérieure à la population résidente recensée par l'INSEE[115].
Les dernières publications de l'Insee sur les populations légales entrées en vigueur en 2013, établissent pour la Savoie en 2010, une population municipale de 414 959 habitants, et une population totale de 428 751 habitants[132].
Estimation de l'évolution démographique savoyarde
| Population de la Savoie | Évolution 2006-2031 | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Bassins | 1990 | 1999 | 2006 | 2021 | 2031 | Nombre | % |
| Chambéry | 106 700 | 115 300 | 121 100 | 132 500 | 139 500 | 18 400 | 15 |
| Aix-les-Bains | 55 600 | 62 800 | 69 900 | 81 900 | 88 600 | 18 700 | 27 |
| Avant-pays + Combe de Savoie | 47 500 | 52 200 | 59 200 | 72 800 | 80 300 | 21 100 | 36 |
| Tarentaise | 45 200 | 47 900 | 51 600 | 54 300 | 56 000 | 4 400 | 9 |
| Albertville - Ugine | 52 100 | 53 500 | 57 200 | 63 700 | 67 300 | 10 100 | 18 |
| Maurienne | 41 200 | 41 600 | 44 000 | 48 800 | 51 300 | 7 300 | 16 |
| Ensemble de la Savoie | 348 300 | 373 300 | 403 100 | 454 000 | 483 000 | 79 900 | 20 |
| Sources des données : Insee Rhône-Alpes[133] | |||||||
D'après les pyramides des âges du département de la Savoie, comparées sur les années 1999 et 2009[134],[125], l'on s'aperçoit que le département possède à peu près en mêmes proportions des individus des classes d'âge 0-30 ans et 30-60 ans (environ 80 000 personnes par tranche d'âge et par sexe), et que la proportion de plus de 60 ans a augmenté en 10 ans dans le département de sorte que ces-derniers représentent désormais 22 % de la population contre 18 % en 1999. Pour autant, les 147 774 personnes de moins 30 ans sont donc représentées à hauteur d'environ 36 %, et même les seuls moins de 20 ans sont plus nombreux que leurs aînés à 25 % de la population totale.
Un autre constat est la part des femmes plus élevée, aussi bien en 1999 qu’en 2009, dans les tranches d'âge supérieures à environ 50 ans. Mais au total celles-ci sont plus nombreuses: 208 938 femmes contre 202 069 hommes.
Le nombre total de ménages savoyards est de 178 805 en 2009. Le département compte une majorité de ménages composés d'une seule personne, parmi lesquelles 19 % de femmes et 15 % d'hommes vivant seuls. Ce niveau est légèrement plus élevé en Savoie qu'en moyenne en France, au contraire des ménages de plus de 6 personnes, moins important dans le département.
Voici ci-dessous les données en pourcentages de la répartition de ces ménages par rapport au nombre total de ménages :
Les ménages
| Ménages de : | 1 personne | 2 pers. | 3 pers. | 4 pers. | 5 pers. | 6 pers. ou + |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Savoie | 34,0 % | 32,9 % | 14,6 % | 12,8 % | 4,4 % | 1,3 % |
| Moyenne Nationale | 33,3 % | 32,8 % | 14,8 % | 12,5 % | 4,7 % | 1,8 % |
| Sources des données : INSEE[125] | ||||||
La densité démographique de la Savoie est en 2009 de 68,2 hab/⋅km2. Cette moyenne masque néanmoins de fortes disparités entre les fonds de vallées, notamment la vallée de l'Isère, très peuplés, et de grandes étendues de montagne quasiment inhabitées. En 2010, les cinq communes savoyardes les plus peuplées sont Chambéry avec une population totale de près de 60 000 habitants[135], suivie par Aix-les-Bains qui représente environ 28 400 habitants, puis Albertville avec près de 20 000 habitants. On trouve ensuite la commune de La Motte-Servolex avec 11 620 habitants et enfin la commune de Saint-Jean-de-Maurienne avec 8 710 habitants. Elles accueillent alors près de 30 % de la population totale du département.
Les deux principales unités urbaines dans le département sont l'unité urbaine Chambéry qui représente, à elle seule plus de 175 000 habitants depuis sa fusion en 2010 avec l'unité urbaine d'Aix-les-Bains[136], et l'unité urbaine d'Albertville qui englobe une population totale de 37 300 habitants. Les plus forts taux de croissance démographique depuis 1999 ont d'ailleurs été enregistrés sur ces territoires et sur la Combe de Savoie les séparant.
Les zones urbaines sensibles (ZUS) de Savoie, toutes situées sur la commune de Chambéry, regroupent pour leur part 20 000 habitants[137].
Éducation et enseignement [modifier]
En matière d'éducation et d'enseignement, le département de la Savoie appartient à la circonscription administrative de l'académie de Grenoble qui regroupe également les départements de la Haute-Savoie, de l'Isère, de la Drôme et de l’Ardèche. L'académie de Grenoble a ainsi pour rôle de déterminer les politiques éducatives définies par le Gouvernement et les directives des ministères de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur et de la recherche.
Éducation nationale [modifier]
Le ministère de l'Éducation nationale est compétent en termes d'enseignement scolaire. Cela comprend l'enseignement pré-élémentaire avec les écoles maternelles et l'enseignement élémentaire (le tout constituant l'enseignement primaire), l'enseignement secondaire avec les collèges, les lycées et les centres de formation d'apprentis, ainsi qu'une partie de l'enseignement supérieur dispensé dans les lycées (STS/BTS et CPGE notamment).
En Savoie, l'académie de Grenoble a recensé pour l’année scolaire 2011-2012 :
Établissements scolaires du premier et du second degré en Savoie
| Établissement public | Privé sous contrat | Privé hors contrat | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Écoles maternelles | 112 | 0 | 0 | ||||
| Écoles primaires, élémentaires et spéciales * | 307 | 22 | 5 | ||||
| Collèges | 38 | 9 | 2 | ||||
| Lycées | 11 | 9 | 4 | ||||
| Dont lycées professionnels | 4 | 4 | 2 | ||||
| Total établissements | 468 | 40 | 11 | ||||
| * Écoles spéciales: classes d'adaptation (enfants en difficultés scolaires), classes d'intégration scolaire (élèves présentant un handicap physique, sensoriel ou mental), classes d'adaptation scolaire et scolarisation des enfants en situation de handicap. | |||||||
| Sources des données : Académie de Grenoble[138] | |||||||
L'académie compte également pour cette même année scolaire 4 731 classes pré-élémentaires, 9 030 classes élémentaires et 204 classes spéciales, public et privé confondus. Elle indique en outre que 95,8 % des élèves scolarisés en écoles élémentaires (du CP au CM2, soit en moyenne de 6 à 11 ans) bénéficient de l’enseignement d'une langue vivante étrangère dans les établissements publics, et 98,2 % dans les établissements privés. Dans les écoles publiques, il s'agit notamment de l'anglais, enseigné à 84,4 % des élèves savoyards, suivi de l'italien à hauteur de 14 % (du fait de la proximité du département avec l'Italie) et enfin l'allemand pour le 1 % d'élèves restants. Dans les écoles privées, seul l'anglais est enseigné en tant que langue unique, mais 23 élèves d'une école privée spécifique bénéficient de l'apprentissage simultané de deux langues étrangères: l'anglais et l’italien[139].
Au total ce sont en Savoie 37 252 enfants scolarisés dans les établissements publics et 3 792 enfants dans les établissements privés, soit 9,2 % des 41 044 élèves du total[140].
Toujours en 2011-2012, le département compte dans le second degré public 17 032 collégiens (+ 408 élèves en SEGPA), 7 975 lycéens en cursus général et technologique et 3 502 en cursus professionnel. En incluant les EREA (241 élèves) et les sections d'enseignement professionnel (SEP) des lycées professionnels (451 élèves), l'effectif dans l'enseignement secondaire en Savoie s'élève à 29 609 élèves. Le second degré privé sous contrat compte pour sa part 2 819 collégiens, 1 152 lycéens de la filière générale et technologique et 1 106 lycéens de la filière professionnelle, pour un total tout compris de 5 122 élèves, soit un peu moins de 15 % des effectifs du département scolarisés dans le privé[141].
En 2011 en Savoie, 91,7 % des candidats au baccalauréat ont obtenu leur diplôme. Ils ont été 94,1 % à obtenir le baccalauréat général, 88,1 % pour le baccalauréat technologique et 90 % pour le baccalauréat professionnel[142]. La Savoie possède par ailleurs plus de sections européennes (permettant d'obtenir une mention spéciale) en italien (26) qu'en anglais (19)[143].
Enfin les effectifs du personnel enseignant au 1er janvier 2012 s'élevaient à 2 287 dans le premier degré (dont 191 en privé sous contrat) et à 3 291 dans le second degré (dont 484 en privé sous contrat). Les personnels non-enseignants du public étaient pour leur part au nombre de 1 238. À noter qu'au sein de l’académie de Grenoble, le personnel, toutes catégories confondues, a diminué de 8,8 % entre 2005 et 2011[144].
Enseignement supérieur [modifier]
Université de Savoie [modifier]
En matière d'enseignement supérieur, on trouve au niveau départemental la présence de l'Université de Savoie. Cette dernière est regroupée en Savoie sur le site de Jacob-Bellecombette sur les hauteurs de Chambéry et le site de Savoie Technolac au Bourget-du-Lac (auxquels s'ajoute le site d'Annecy-le-Vieux en Haute-Savoie). Pour l’année universitaire 2011-2012 l'Université de Savoie comptait environ 12 000 étudiants sur l'ensemble des 3 campus, dont 4 398 étudiants à Jacob-Bellecombette et 3 035 au Bourget-du-Lac, soit près de 7 500 étudiants en Savoie[145]. Cet ensemble universitaire propose sur ses ces deux sites de nombreuses formations en licence, master et doctorat. En 2011-2012, près de la moitié des étudiants en Savoie étaient inscrits en licence, et un peu moins de 25 % en master. L'Université comptait en outre à Savoie Technolac 584 étudiants en DUT, 444 étudiants en écoles d'ingénieur et 303 étudiants en licence professionnelle (dont 50 à Jacob-Bellecombette). Une importante majorité de ces étudiants (54 %) sont originaires de la Savoie et de la Haute-Savoie, alors que 18 % sont originaires d'autres régions françaises, 17 % de la région Rhône-Alpes et 11 % de l'étranger[145]. Le campus de Jacob-Bellecombette, de 27 065 m2 accueille en outre 71 chercheurs publiants en sciences humaines et sociales, et celui de Savoie Technolac, de 42 965 m2 en accueille pour sa part 108 en sciences exactes et 11 en sciences de la vie.
L'Université de Savoie comprend cinq unités de formation et de recherche, une école d'ingénieur, un IUT et quatre IUP. En plus de l’école doctorale de l’Université qui accueillait en 2012 quelques 300 doctorants sur les deux départements[145], l'on y trouve également une école de gestion et de commerce, l'école supérieure de commerce de Chambéry, ainsi que l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de Chambéry depuis le rattachement introduit par la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école de 2005. Les domaines de formation de l'Université en Savoie sont les sciences technologiques (principalement au Bourget-du-Lac), les sciences humaines et sociales (principalement à Jacob-Bellecombette), le Droit, l'économie et la gestion (principalement à Jacob-Bellecombette) et les arts, les lettres et les langues (exclusivement à Jacob-Bellecombette).
Pour l’année universitaire 2010-2011, le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche recensait[146] 4 130 étudiants inscrits dans le premier cycle universitaire, 2 550 dans le deuxième cycle et 6 dans le troisième cycle. La majorité d'entre eux (plus de 40 %) étaient inscrits dans les domaines des lettres, langues et sciences humaines, suivis par le droit et sciences économiques et les sciences de l’ingénieur (un peu plus de 25 % chacun). Lors de cette même année, le Ministère comptait une forte majorité de filles avec 60,4 % d'étudiantes (l'Université de Savoie en comptait 51 % en Savoie et en Haute-Savoie en 2011-2012, celles-ci étant donc plus nombreuses en Savoie). Au total, l’effectif universitaire en Savoie était en 2010-2011 de 6 686 étudiants, soit 14 % des effectifs de l’académie de Grenoble et 5 % de ceux de la région Rhône-Alpes.
Enfin, et ce pour la troisième année consécutive, l'Université de Savoie a été classé au 1er rang français des universités en termes de mobilité internationale Erasmus[147]. Ce classement est basé sur le ratio entre le nombre d'étudiants Erasmus et le nombre d'étudiants total de chaque établissement. Pour l'Université de Savoie, ce ratio s'élève à 2,48 % en 2011 (2,32 % en 2010 et 2,64 % en 2009). Habituellement suivie de près par l’Université Stendhal - Grenoble III aux alentours de 2,30 %, l’année 2011 a dévoilé l'Université du Havre en 2e position avec un ratio de 1,85 %. L'Université de Savoie se voit donc cette année très largement en tête du classement.
Autres formations supérieures [modifier]
Toujours selon le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, la Savoie comptait en 2010-2011 quelques 3 600 étudiants hors universitaires et ingénieurs répartis comme suit[146] :
- 186 étudiants en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), concernant les lycées Vaugelas et Monge à Chambéry et la filière scientifique exclusivement (18,3 % d'étudiantes),
- 1 305 étudiants en section de technicien supérieur (STS), préparant des diplômes BTS au sein de 11 lycées, dont 5 sur la région de Chambéry + 8 CFA, UFA et CFAI (50,7 % d'étudiantes),
- 626 étudiants en Institut universitaire de technologie (IUT), préparant des DUT à l'IUT de Chambéry à Savoie Technolac (44,1 % d'étudiantes),
- 886 étudiants en écoles de commerce, gestion et comptabilité, notamment à l'École supérieure de commerce de Chambéry Savoie (56,9 % d'étudiantes),
- 535 étudiants en écoles paramédicales et sociales, du fait de la présence de l'Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) dans le centre hospitalier de Chambéry (84,7 % d'étudiantes),
- 15 étudiants dans d'autres formations d'ingénieurs (26,7 % d'étudiantes),
- 54 étudiants dans d'autres écoles de spécialités diverses, par exemple l'aide à domicile, la boulangerie, la pâtisserie, la restauration, la coiffure, le bâtiment, etc. (64,8 % d'étudiantes).
Enfin, Chambéry possède depuis 1994 un site de l'École nationale supérieure d'arts et métiers (ENSAM) devenu aujourd'hui l'Institut Arts et métiers ParisTech de Chambéry[148].
D'après les dernières données de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) disponibles, en matière de formation continue et d'apprentissage, le département de la Savoie disposait en 2009, de 469 organismes de formation continue (324 en 2004), soit 5,7 % des organismes de la région Rhône-Alpes. Le chiffre d'affaires de ces organismes s'élevait cette même année à 47,1 millions d'euros (4,8 % du chiffre total de la région Rhône-Alpes).
Plus spécifiquement, en termes d'apprentissage, la Savoie enregistrait pour l'année 2010, 1 713 contrats d'apprentissage (1 387 en 2005), soit 6,6 % des contrats au sein de la région. Les contrats de professionnalisation ont de leur côté augmenté de plus de 60 % en 5 ans puisque l'on dénombrait 1 168 signatures au niveau départemental contre 699 en 2005. Au niveau régional, ceux-ci représentaient alors pour cette année près de 7 % des contrats[149].
Enfin d'après les sources des CFA, de la Direction régionale de l’Apprentissage et de l'Enquête régionale sur les effectifs apprentis au 31 décembre 2010 repris par la Chambre de commerce et d'industrie de la Savoie, 4 CFA avaient leur site principal en Savoie et 25 d'entre eux accueillaient 2 588 apprentis dans le département[149] (et 2 709 à la fin de l'année 2011[150]).
Santé [modifier]
Données générales [modifier]
L'Insee recensait en 2008 pour le département de la Savoie[152] près de 7 000 professionnels de santé, répartis en 3 385 infirmiers et infirmières diplômées d'État, 1 373 médecins, 514 pharmaciens, 573 masseurs et kinésithérapeutes, 272 chirurgiens-dentistes et 795 autres professionnels. La densité de professionnels libéraux de santé pour le département s'élèvait alors à 123 généralistes, 83 spécialistes et 114 infirmiers (IDE) pour 100 000 habitants. Pour les médecins généralistes, cette densité est alors la plus forte au sein de la région Rhône-Alpes, où la moyenne se situe à 106 pour 100 000[153]. De manière générale, l'Ordre des médecins établissait au 1er janvier 2009 cette densité, tous professionnels de santé confondus, à 329,2 médecins pour 100 000 habitants, faisant de la Savoie le 3e département de la région le mieux couvert après le Rhône (434,1) et l'Isère (333) et globalement mieux couvert par rapport à la moyenne en France métropolitaine (312 médecins pour 100 000 habitants)[154].
Au 1er janvier 2011, l'Ordre comptait 674 généralistes et 580 spécialistes de 51 ans de moyenne d'âge, dont 42,3 % de femmes, et indiquait une densité de 161 médecins généralistes et 139 médecins spécialistes pour 100 000 habitants, soit toujours plus que pour la moyenne en métropole (respectivement de 147 et 137 médecins)[155]. Toujours en 2011, l'Ordre a estimé que la densité médicale pour 5 000 habitants s'avérait « forte » sur la majeure partie du territoire savoyard[151]. À cet égard, l'Ordre ne recense que 4 bassins de vie en densité médicale faible en Savoie, contre au moins plus d'une dizaine pour tous les autres départements de la région[155].
Néanmoins, la part de nouveaux médecins s'étant formés en Savoie et s'installant dans le département est dans la moyenne nationale, tandis que la majorité des départements de la région connaissent une part supérieure, ce qui tend à démontrer que les médecins formés en Savoie restent moins dans leur département de formation. En 2011, la part des nouveaux inscrits en Savoie par rapport à l'ensemble de la région était de 5,9 % (5e/8 rang)[155].
L'Agence régionale de la santé en Rhône-Alpes, se basant sur les sources de l'Institut de veille sanitaire (IVS), indique au 1er janvier 2009 la présence de quelques cas de maladies à déclaration obligatoire (MDO), parmi lesquelles: 10 cas d'hépatite aiguë A, 1 cas d'hépatite B, 12 cas d'infection par le VIH (SIDA), 4 cas d'infections invasives au méningocoque (méningite), 15 cas de légionellose et 23 cas de tuberculose. Concernant les causes de décès tous âges, l'Inserm et le centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (CepiDc) ont recensé pour l’année 2008 notamment 990 maladies de l'appareil circulatoire et 906 tumeurs, pour un total de 3 163 décès toutes causes[156].
Le département de la Savoie est également en 2013 le premier département de France en termes de nombre de dons de moelle osseuse par habitant, le nombre de nouveaux donneurs ayant été multiplié par 7,5 depuis 2005[157].
Enfin l'Insee recensait en 2008 la présence de 154 pharmacies (y compris mutualistes) et de 17 laboratoires d'analyses médicales[152].
Établissements de santé [modifier]
En termes de santé, le département de la Savoie possède plus d'une dizaine d'hôpitaux et de cliniques répartis sur l’ensemble du territoire, incluant les vallées de Tarentaise et de Maurienne[158]. Pour autant la région du département offrant la plus importante couverture hospitalière est aussi la plus peuplée de Savoie, à savoir le territoire de Métropole Savoie, regroupant notamment les agglomérations de Chambéry et d'Aix-les-Bains.
Le plus important est le centre hospitalier de Chambéry. Réparti sur plusieurs bâtiments, il offre actuellement une capacité d'accueil de 835 lits, auxquels s'ajoutent plus de 400 lits en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et unités de soins longue durée (USLD)[159]. Il comptabilise chaque année quelques 372 000 journées d'hospitalisation, 230 000 consultations, 48 000 passages aux Urgences et 3 300 accouchements au sein de la maternité. Quatrième centre hospitalier de la région Rhône-Alpes, il possède en outre 9 salles de bloc central et 9 salles de bloc ambulatoire (dont 4 délocalisées dans le centre hospitalier d'Aix-les-Bains)[159].
Employant environ 3 000 professionnels de la santé, le centre hospitalier possède les services suivants[160]:
- Médecine : regroupant 26 spécialités parmi lesquelles la pédiatrie, la neurologie, l'oncologie, la pneumologie ou la réanimation…
- Chirurgie : regroupant 10 spécialités parmi lesquelles l'anesthésie, l'orthopédie traumatologique, l'urologie, l'odontologie ou l'ophtalmologie…
- Médico-technique : regroupant 9 spécialités parmi lesquelles les endoscopies digestives, la médecine nucléaire, la pharmacie/stérilisation, la radiologie, la radiothérapie…
- Gynécologie obstétrique : regroupant 8 spécialités parmi lesquelles l'addictologie, la chirurgie pelvienne et mammaire, l'orthogénie ou la procréation médicalement assistée (PMA)…
- Gériatrie : regroupant notamment le centre d'évaluation gériatrique, l'Unité mobile de gériatrie (UMG) et les 5 pôles d'accueil pour soins de suite et réadaptation gériatrique (SSR)…
- Autres : regroupant la chambre mortuaire, les directions du centre, le Centre d'enseignement des soins d'urgence (CESU), les instituts de formation IFSI et IFAS, le service biomédical…
Le centre hospitalier de Chambéry a néanmoins entrepris depuis 2011 la réalisation d'un nouvel hôpital, à proximité du centre existant, qui remplacera en 2015 l'actuel hôpital datant de 1972[161].
La ville d'Aix-les-Bains possède également son propre centre hospitalier. L'hôpital situé avenue du Grand Port comporte 124 places, mais le centre hospitalier possède un total de plus de 500 places en incluant les 6 autres sites, dont les 155 places de l’EHPAD. Plus récemment, au sud-est de Chambéry, à Challes-les-Eaux, s'est construit le centre Médipôle de Savoie. Il s'agit d'un hôpital privé issu de la fusion des cliniques chambériennes de Cléret et de Saint-Joseph, et ouvert depuis fin 2009[162]. Il présente une capacité d'accueil de 260 lits et exécute 22 000 interventions chirurgicales par an, dont 11 000 en chirurgie ambulatoire tandis que son service d'urgences enregistre 18 000 admissions. Il emploie enfin 105 praticiens dont 50 chirurgiens[163].
Ailleurs dans le département sont recensés les centres hospitaliers de Saint-Jean-de-Maurienne, d'Albertville-Moûtiers et de Bourg-Saint-Maurice, auxquels s'ajoutent divers hôpitaux locaux, comme celui de Modane, de Montmélian ou de Saint-Pierre-d'Albigny. La dernière clinique du département (hors cliniques vétérinaires) est la clinique Herbert installée à Aix-les-Bains.
Enfin la Savoie possède un centre hospitalier spécialisé, situé sur la commune de Bassens près de Chambéry, destiné à prodiguer des soins en santé mentale à la population du département[164].
Le département de la Savoie est aussi souvent connu pour la présence de ses centres de thermalisme. Ces établissements sont au nombre de six. Deux sont situés sur les communes d'Aix-les-Bains et de la Léchère, les deux autres étant situés à Challes-les-Eaux et Brides-les-Bains[165]. Parmi les plus importants, l'on peut citer les thermes nationaux d'Aix-les-Bains, partenaires du Centre de Recherche Rhumatologique et Thermal créé en 1948 et à ce titre un haut lieu de recherche thermale[166], les thermes de Challes-les-Eaux possèdent les eaux les plus sulfurées d'Europe[167] et le spa de la Léchère est alimenté en eau thermale, riche en strontium et lithium et surgissant à une température 61 °C[168]. En 2010, les 5 stations thermales (hors spa de la Léchère) ont accueilli 48 148 curistes assurés sociaux[169]. La Savoie est à cet égard le premier département thermal de France avec 10 % des cures[170].
Sports [modifier]
Le département de la Savoie, tout comme son voisin de la Haute-Savoie, est un département où sont pratiquées une multitude d'activités sportives, parmi lesquelles de nombreux sports d'hiver, notamment depuis l'avènement du ski puis du « tourisme blanc » lié à la neige au cours de la seconde moitié du XXe siècle. À cet égard, la Savoie est aujourd'hui le premier département de France en termes de sports d'hiver avec un total de 60 stations de sports d'hiver[171], suivi de près par la Haute-Savoie et ses 56 stations (soit un total de 116 stations en Pays de Savoie[172]). En outre, le site Savoie Grand Revard, présent dans le massif des Bauges, est le premier site de ski nordique de France[173].
Principales disciplines [modifier]
Sports d'hiver : le Comité de ski de Savoie compte en 2011 dans le département 81 clubs et 32 000 licenciés dans les displines de ski alpin, ski nordique, ski freestyle, snowboard et télémark[174]. Le département est en outre le lieu de formation de 20 athlètes en équipe de France A (dont 15 en ski alpin) et 4 en équipe de France B. Toutes disciplines de ski et tous niveaux confondus, le département de la Savoie forme chaque année quelques 80 athlètes[175].
Sports de montagne : le département possède 4 clubs et 1 structure agréée de canoë-kayak, pratiqué sur 18 rivières de tous types de taille et de débit[176] et l'escalade/alpinisme recensent pour leur part 22 clubs[177]. Le parapente est une activité également beaucoup pratiquée en Savoie, qui possède un total 38 sites[178] et autant de clubs et écoles. Le canyonisme est également pratiqué en Savoie, par exemple au canyon Grenan dans l’Avant-pays savoyard[179].
Enfin et toujours en eaux vives, le rafting est une activité également très prisée sur le territoire savoyard, notamment en descendant l'Isère dans la vallée de la Tarentaise[180].
Sports d'eau : la pratique de l’aviron est permise par 5 clubs en Savoie qui recensent près de 1 300 licenciés[181], notamment sur les lacs du Bourget et d'Aiguebelette, lacs où peut être également pratiqué le ski nautique. La pratique sportive de la natation est quant à elle dispensée par 9 clubs regroupant quelques 1 500 licenciés[182]. S'ajoutent enfin 2 clubs de voile (1 242 licenciés) et 1 club de water-polo, le Cercle des nageurs d'Aix-les-Bains[182]. Aix-les-Bains détenant par ailleurs le label « France station nautique » en raison de l'importante de son offre nautique sur le lac du Bourget.
Autres sports : le département de la Savoie connait un engouement pour certaines activités sportives telles que l'athlétisme, avec plus de 1 600 licenciés répartis dans 7 clubs[182], le basket-ball (13 clubs et 2 210 licenciés), la pétanque (19 clubs et 2 210 licenciés), le cyclisme avec ses 25 clubs et 1 160 licenciés, le cyclotourisme dans les mêmes proportions, l'équitation (13 clubs et 1 550 licenciés), le golf (9 clubs et 2 630 licencés), la gymnastique (10 clubs et 2 600 licenciés), le handball (14 clubs, 2 250 licenciés et le club de Chambéry Savoie Handball évolue en Division 1 du Championnat de France), le judo-kendo et le karaté (respectivement 21 clubs, 3 765 licenciés et 32 clubs, 1 800 licenciés), le rugby (10 clubs et 2 000 licenciés) et le tennis avec 44 clubs et près de 6 000 licenciés[182]. Les sports à la pratique la plus importante sont la gymnastique volontaire d'une part, avec 80 clubs et plus de 8 000 licenciés, et le football d'autre part, fort de 68 clubs et près de 12 000 licenciés en 2011.
Infrastructures et compétitions sportives [modifier]
Le département de la Savoie est donc le premier département de France en nombre de stations de ski, au nombre de 60, composant de vastes domaines skiables aux équipements sportifs variés. Ainsi le domaine Paradiski possède une piste de bobsleigh ou permet l’escalade de glace[183]. De très nombreux snowparks sont par ailleurs présents dans un très grand nombre de stations et Courchevel possède en outre un tremplin de saut à ski, le tremplin du Praz, issu des derniers Jeux olympiques d'hiver de 1992 à Albertville. Il s'organise chaque année diverses compétitions, comme la Pierra Menta à Arêches-Beaufort tous les ans en mars. D'autres compétitions internationales viennent ponctuellement s'ajouter aux autres, comme en 2001 avec l'organisation de la coupe du monde de ski à Bourg-Saint-Maurice, ou plus récemment en 2009 lors des championnats du monde de ski alpin à Val d'Isère ou en 2010 lorsque Tignes organise les Winter X Games.
La montagne est également un lieu de prédilection pour d'autres activités telles que le cyclisme. Chaque année, le mythique Tour de France propose ainsi une ou deux étapes dans le département, le plus souvent l'occasion de franchir ses multiples cols. En 2012, lors d'une des deux étapes réalisées sur le territoire savoyard, le Tour a notamment gravi les cols de la Madeleine et de la Croix de Fer, tandis qu’en 2011 il franchissait le Galibier. D'envergure plus régionale, la Savoie voit aussi passer chaque année les coureurs cyclistes du critérium du Dauphiné.
Mais la montagne est aussi le terrain d'action du tour de la Grande Casse, un trail organisé chaque été à Pralognan-la-Vanoise et où des dizaines de participants parcourent 65 km et franchissent un dénivelé cumulé de plus de 3 855 m durant une moyenne de 5 jours[184]. En outre, la Grande Odyssée Savoie Mont-Blanc, course internationale de chiens de traîneaux se déroulant en janvier et considérée comme l'un des plus difficiles en raison de ses dénivelés, débute en Haute-Savoie et prend fin à Val Cenis en Savoie après 1 000 km de course[185].
Sur l’eau diverses compétitions ont également lieu en Savoie. Ainsi chaque année au mois de mai se déroule pendant une semaine à Aix-les-Bains le championnat européen de voile sur le lac du Bourget[186], et les championnats du monde d'aviron pour 2015 sont attendus sur le lac d'Aiguebelette[187]. Aiguebelette qui est en outre le lieu de différents triathlons qui sont l’occasion de lier natation, cyclisme et course à pied dans les environ du lac[188]. Du côté des rivières, certaines d'entre elles sont balisées de manière à permettre la pratique d'activités sportives, comme l’est notamment l'Isère au niveau de la base internationale d'eau vive de Bourg-Saint-Maurice en Tarentaise. C'est dans ce bassin de slalom de la Haute-Isère que se déroulent très souvent les championnats de France de canoë-kayak, comme ceux de 2007[189], mais qui a également servi de repère pour les championnats du monde de 1969, 1987 et 2002[190]. La commune possède dans le même temps un bassin international de compétition, long de 350 m, large de 20-25 m et dont le débit peut être régulé jusqu'à 30 m3⋅s[191].
Enfin, la ville d'Aix-les-Bains possède l'unique hippodrome des Alpes[192], l'hippodrome d'Aix-les-Bains, ainsi que le plus ancien golf de Rhône-Alpes, le golf d'Aix-les-Bains.
Randonnées [modifier]
En matière de randonnée, le département de la Savoie accueille sur son territoire des portions de 4 sentiers de grande randonnée que sont:
- le GR 5 (de la mer du Nord à la mer Méditerranée) traversant le Beaufortain, la Haute-Tarentaise et la Haute-Maurienne,
- le GR 9 (du Jura à la Méditerranée) passant par la chaîne de l'Épine et la Chartreuse,
- le GR 65 (« Via Gebennensis » de Genève au Puy-en-Velay) traversant la Chautagne et l'Avant-pays savoyard,
- le GR 96 (de Samoëns à Entremont-le-Vieux) s'étirant du massif des Bauges à Entremont en Chartreuse[193].
À ces sentiers de Grande Randonnée s'ajoutent également les sentiers et circuits de Promenades et Randonnées (PR). Au total, le Comité Départemental de la Randonnée Pédestre de Savoie est chargé d'entretenir chaque année le balisage de près de 2 000 km de sentiers balisés, sur les quelques 6 000 km de sentiers que compte le département[194].
Médias [modifier]
Le département de la Savoie est couvert par de multiples médias audio-visuels, nationaux et locaux. Du côté de la télévision, la Savoie est passée au « tout numérique » avec le développement de la télévision numérique terrestre (TNT) entre juin et septembre 2011 et l'arrêt définitif des émetteurs analogiques[195]. Malgré-tout, et bien que le Conseil général assure depuis 2011 la maîtrise d'ouvrage de leur résorption (NRA-ZO[196]), le département connait toujours des zones d'ombre, en particulier dus au relief difficile en certains endroits. Mais au final, 97,6 % des foyers savoyards sont couverts par la TNT au 25 janvier 2012 selon le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA)[197].
Les deux principales chaînes de télévision locales en Savoie sont France 3 Rhône Alpes Auvergne et TV8 Mont-Blanc. En outre, du temps de la télévision analogique, il était possible dans certaines parties de la Savoie de capter la télévision suisse romande du fait de la proximité avec la Suisse et notamment de la Suisse romande (moins d'une centaine de kilomètres depuis Chambéry).
Du côté de la radiocommunication, une trentaine de stations de radio couvrent le département tant nationales (une vingtaine) que locales. Au total, ce sont près de 250 fréquences radio utilisées dans diverses zones du département[198]. Les radios locales en Savoie sont France Bleu Pays de Savoie, Montagne FM, ODS Radio, Hot Radio et Radio Ellebore. En termes d'audience, en 2010, France Inter arrivait en tête des écoutes avec 13,2 % de parts d'audience, suivi de France bleu avec 11 % (seule radio locale à dépasser les 10 % de parts d'audience) et RTL (9,5 %)[199].
Enfin, en ce qui concerne la presse écrite, la Savoie est couverte notamment par les éditions régionales du Dauphiné libéré, qui dispose par ailleurs d'une agence à Chambéry. À ses côtés figurent deux hebdomadaires, L'Essor savoyard et La Vie Nouvelle ainsi qu'un bimestriel, La Voix des Allobroges. Mais au XIXe siècle et jusqu'au milieu du XXe siècle, de très nombreux titres existaient : le Courrier des Alpes, le Travailleur Alpin, la Croix de Savoie ou le Patriote Savoisien…
Personnalités liées au département [modifier]
Différentes personnalités sont demeurées liées avec la Savoie, qu'elles y soient nées ou qu'elles y aient accompli des moments importants de leur histoire. Seuls ne sont pas listés les ministres, cités dans une précédente section.
- Hannibal Barca (-247 | -183), chef militaire carthaginois, traversa la Savoie avec son armée de 38 000 fantassins, 8 000 cavaliers et 39 éléphants de guerre en 218 av. J.-C.,
- Jean-Jacques Rousseau (1712 | 1778), philosophe et écrivain, vécut plusieurs années en Savoie entre 1731 et 1742 et mentionna Chambéry dans Les Confessions,
- Benoît de Boigne (1751 | 1830), comte de Boigne, né à Chambéry, fit fortune aux Indes et en fit profiter sa ville natale. La fontaine des Éléphants lui est édifiée à sa mort,
- Joseph de Maistre (1753 | 1821) et Xavier de Maistre (1763 | 1852), entre-autres écrivains tous deux (Joseph était également un homme politique), nés à Chambéry,
- Balthazard Claraz (1763 | 1839), médecin-chirurgien né à Lanslevillard, a été médecin-chirurgien du pape Pie VII pendant une partie de sa captivité à Fontainebleau en 1812,
- Alphonse de Lamartine (1790 | 1869), poète, écrivit en 1820 le poème Le Lac en référence au lac du Bourget près duquel il séjourna en 1816,
- Pantaléon Costa de Beauregard (1806 | 1864), homme politique savoyard, puis français, premier conseiller général de la Savoie de 1860 à 1864,
- Charles Dullin (1885 | 1949), metteur en scène et acteur de théâtre né à Yenne, a eu pour élèves de nombreux acteurs français tels Jean Marais ou Jean Vilar,
- Michel Aglietta (1938 |), économiste né à Chambéry, a été notamment membre du Cercle des économistes de 1997 à 2003,
- Jean-Pierre Vial (1951 |), homme politique né à Chambéry, sénateur de la Savoie depuis 1995 (sauf de 1997 à 1999),
- Michel Bouvard (1955 |), homme politique, député de la Savoie de 1993 à 2012, ancien vice-président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale,
- Laurence Ferrari (1966 |), journaliste télé née à Aix-les-Bains, a présenté le journal de 20h sur TF1 de 2008 à 2012,
- Yann Barthès (1974 |), animateur télé né à Chambéry, actuel animateur du Petit Journal sur Canal+,
- Grégory Lemarchal (1983 | 2007), chanteur, vécut en Savoie près de Chambéry, participa à la 4e saison de l'émission Star Académy sur TF1, qu'il remporta en 2004,
- Jean-Baptiste Grange (1984 |), athlète né à Saint-Jean-de-Maurienne, skieur alpin notamment champion du monde de slalom 2011,
Environnement [modifier]
Qualité de l’environnement [modifier]
En ce qui concerne la qualité des sols, en 2012, la Savoie recense 82 sites et sols pollués faisant l’objet d'une action publique. Parmi eux, 38 sont en attente de diagnostic, 37 ont été traités et soumis à restriction d'usage ou surveillés et 7 ont été traités et libres de toute restriction. En 1994, premières données connues, ce nombre total de sites et sols pollués était de 16. Un pic a été atteint en 2008 et 2010 avec 84 sites concernés[201].
La qualité de l’air est pour sa part mesurée par 5 stations de référence par l’association L'Air de l’Ain et des Pays de Savoie. En 2009[202], il est fait état d'une évolution à la baisse de la teneur en dioxyde de soufre, où aucun dépassement de la réglementation n'a été enregistré, y compris en Maurienne où l'industrie manufacturière est importante. Du côté des particules de poussières en suspension, le département constate des moyennes annuelles à la hausse mais les relevés restent en deçà des objectifs de qualité. En outre le nombre de dépassements a été inférieur à 35 pour toutes les stations, valeur limite autorisée. Le dioxyde d'azote pour sa part, résultat de la circulation automobile notamment (68 % par le transport routier), a des moyennes annuelles stables et là encore dans le respect des seuils règlementaires. Sans surprise, les stations enregistrant les plus fortes moyennes sont les stations présentes à Chambéry. Le cas de l'ozone est un peu moins optimiste, notamment en altitude où de fortes concentrations sont relevées. Enfin, l'indice ATMO, sous-indice le plus défavorable parmi les 4 suscités, a ainsi permis de dire qu'en 2009, la qualité de l’air a été bonne ou très bonne entre 60 et 70 % du temps. Le reste du temps a ainsi été partagé entre niveaux « moyen » et « médiocre » mais le niveau « très mauvais » n'a été atteint dans aucune des stations mentionnées[202].
Concernant à présent la qualité de l’eau, le Ministère du développement durable recensait en 2003 une « population desservie par une eau non conforme pour le paramètre micro-biologie » de 35 441 sur un total de 365 986, soit un peu moins de 10 % de la population[204]. Plus récemment, selon l'Agence régionale de santé, les relevés de la qualité bactériologiques des eaux consommés entre 2007 et 2009 font état, sur un total de 746 Unités de distribution (UDI), de 383 UDI de bonne qualité (51 %) et 231 de qualité satisfaisante (31 %), contre 113 UDI de qualité insuffisante et 19 de mauvaise qualité (18 % du total réunis). Néanmoins, répartis à la population, les UDI de bonne qualité concernent 70 % de la population et 23 % pour ceux de qualité satisfaisante. Ainsi les 132 UDI de mauvaise qualité ou de qualité insuffisante ne concernent pour leur part qu'une plus faible proportion de la population, à savoir 7 %[202].
Le registre français des émissions polluantes enregistre pour sa part 24 sources de rejets de déchets et polluants dans le milieu aquatique, mais d'aucuns jugés dangereux[205]. À cet égard, l'assainissement en Savoie est effectué par la présence fin 2009 de 163 stations d'épuration, représentant 1 083 600 équivalents-habitants (EH). Ce nombre n'étant encore que de 867 000 EH en 2005, la Savoie a donc enregistré une amélioration sensible du traitement de ses eaux usées. Cette amélioration doit se poursuivre jusqu'à atteindre 1 176 500 EH en 2015 par la création de 11 nouvelles stations dont 6 équipées de filtres à macrophyte[202].
Enfin du côté de la qualité des cours d'eau, la Savoie possédant une agriculture orientée vers l’élevage laitier, elle se retrouve confrontée à certaines pollutions organiques et bactériologiques notamment en montagne, et la diversité des productions (exemple avec la viticulture) peut également être à l’origine de pollutions par produits phytosanitaires. Néanmoins la pollution par les nitrates n'est pas significative dans le département[206].
Une étude sur les eaux du bassin versant de l'Arc en Maurienne conclut que « la qualité de l’eau s’est globalement améliorée sur le bassin versant de l’Arc par rapport au suivi de 2004. »[203].
Faune et flore [modifier]
L'Observatoire de la biodiversité de Savoie est chargé de recenser et répertorier les différentes espèces, animales et végétales, concourant à la biodiversité du département. Dans l’état actuel de ses connaissances, l'Observatoire recense 4 468 espèces, réparties notamment en 2 350 plantes à fleurs et 295 autres plantes (dont 60 espèces de fougères), 73 espèces de mammifères, 242 d'oiseaux, 25 de poissons, 13 de reptiles et 15 d'amphibiens. Les lépidoptères (papillons) sont eux recensés à hauteur de 1 229 espèces et les coléoptères à 239 espèces. L'Observatoire recense également quelques autres espèces, parmi lesquelles 3 espèces de crustacés et 2 espèces de mollusques. Au total selon ses relevés, les plus grands nombres d'espèces recensées se situent principalement dans un gros tiers « est » de la Savoie, en Vanoise et dans les hautes vallées de Tarentaise et de Maurienne. Mais l'ouest connait aussi quelques territoires riches en espèces, notamment autour du lac du Bourget (Mont du Chat, Chambotte, Chautagne)[207].
Le département de la Savoie, du fait de sa situation dans les Alpes, possède un nombre important d'espèces dites « de montagne », que ce soit pour la faune ou pour la flore. La faune de montagne est ainsi caractérisée par les chamois, les bouquetins, les mouflons, les marmottes ou encore les aigles royaux. La plupart des autres espèces de mammifères, oiseaux, reptiles et insectes vivant en Europe et a fortiori en France se rencontrent en Savoie. Cela est cependant moins vrai pour les poissons, où les lacs et rivières de Savoie peuvent recenser quelques espèces peu présentes ailleurs. C'est le cas par exemple des corégones blancs, nommés lavarets en Savoie, présents dans la plupart des lacs alpins et quasiment limités à la région Rhône-Alpes et aux Alpes suisses. Cela étant, les cours d'eau et les lacs de Savoie regorgent de truites, d'ombles, de brochets et de poissons-chats, mais pas de saumons[208].
La flore de Savoie possède aussi une flore de montagne riche, avec la présence importante d'espèces comme l'edelweiss, la gentiane jaune, la gentiane des neiges, le cyclamen, le génépi blanc ou encore l’absinthe. Un très grand nombre de plantes en Savoie font par ailleurs l’objet d'une protection, réglementant notamment leur cueillette. Ces plantes sont aujourd'hui un peu moins de 200[209].
La Savoie comporte en outre 2 000 km2 de forêts, soit un tiers du territoire. Elles sont majoritairement présentes dans les massifs des Bauges, de Chartreuse, du Beaufortain et sur les parties inférieures des vallées de la Tarentaise et de la Maurienne. D'une altitude moyenne de 1 600 m, ces forêts sont composées à 55 % de résineux (sapins, épicéas et mélèzes pour plus les courants) et à 45 % de feuillus (parmi lesquels hêtres, chênes, châtaigniers et peupliers notamment). Partagées entre les forêts domaniales de l'État, le Département, 271 communes, 5 établissements publics et 58 000 propriétaires privés, ces forêts bénéficient d'une forte pluviométrie et se régénèrent facilement. 90 % des forêts territoriales et 100 % des forêts domaniales sont éco-certifiées[210].
Les plus vieux arbres du département se trouvent dans la forêt de l'Orgère sur la commune de Villarodin-Bourget en haute-Maurienne. Cette forêt de 70 hectares recense en effet plusieurs mélèzes vieux d'environ 1 000 ans. Une autre particularité: avec ses 59 km2 de superficie, la peupleraie de la Chautagne, située entre le Rhône et le lac du Bourget est la plus grande peupleraie d'Europe[210].
Enfin les forêts savoyardes permettent chaque année l'exploitation d'environ 3 000 m3 de bois[210].
Sites et espèces protégés [modifier]
Parcs naturels [modifier]
Le département de la Savoie compte 3 parcs naturels: un parc national, le parc national de la Vanoise, et les deux parcs naturels régionaux (PNR) du massif des Bauges et du massif de la Chartreuse, parcs régionaux respectivement à cheval avec les départements de la Haute-Savoie (Bauges) et de l'Isère (Chartreuse).
- Parc national de la Vanoise : il s'agit du premier parc national créé en France, alors en 1963[211]. D'une superficie totale de 2 000 km2 répartis au sein d'une zone « Cœur » de 535 km2 et d'une zone « Aire optimale d'adhésion » de 1 465 km2, le parc est situé en totalité sur le territoire de la Savoie, dans les zones montagneuses de l'est du Département avec une altitude variant entre 1 280 m et 3 855 m (la Grande Casse, toit de la Savoie)[211]. Toutefois, depuis le jumelage de 1972 effectué avec le Parc national du Grand-Paradis (Gran Paradiso) situé de l’autre côté de la frontière, le parc pris au sens large s'étend de ce fait également au nord-ouest de l’Italie. Le parc, peuplé d'un peu moins de 40 000 habitants répartis sur 29 communes, est également l'habitat naturel d'environ 4 000 chamois, 1 600 bouquetins et 120 oiseaux-nicheurs (la Vanoise étant à cet égard l'un des 3 sites majeurs des Alpes de nidification des gypaètes), et voit également pousser sur son sol quelques 1 200 espèces de fleurs, dont 200 considérées comme remarquables[211]. Le Cœur du parc de la Vanoise est en outre composé de 60 % d'alpages, de 29 % de rochers, de 10 % de glaciers et de seulement 1 % de forêts du fait de l'altitude moyenne relativement élevée où la végétation n'est habituellement plus présente[212]. Le parc recense enfin notamment 5 réserves naturelles, 8 arrêtés préfectoraux de protection de biotope (APPB) et 4 zones de protection par Natura 2000.
- Parc naturel régional des Bauges : ce parc est créé le 7 décembre 1995 dans le but de revitaliser le massif des Bauges et de protéger et valoriser son patrimoine naturel et culturel remarquable[213]. Situé à cheval sur les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie, le parc regroupe 60 000 habitants répartis dans 65 communes (46 en Savoie et 19 en Haute-Savoie) et totalise une superficie de 856 km2[214]. Débutant au pied du massif à 270 m d'altitude, son point culminant se situe pour sa part à 2 217 m. Il est en outre entouré de 6 « villes portes » que sont Chambéry, Aix-les-Bains, Albertville et Ugine en Savoie et Annecy et Rumilly en Haute-Savoie. Le parc rencense autrement 1 600 espèces végétales, 150 espèces d'oiseaux-nicheurs et 9 espèces d'amphibiens et la Réserve Nationale de Chasse et de Faune sauvage des Bauges protège notamment les chamois, les mouflons et les tétras-lyre sur 5 200 ha de forêts et d'alpages[215]. Le PNR du massif des Bauges comprend enfin 7 sites Natura 2000 et a obtenu en septembre 2011 le label Géoparc, soutenu par l'UNESCO, en raison de son patrimoine géologique conséquent: « De loin, l'endroit fait penser à une forteresse rocheuse, une île naturelle préservée émergeant d'une mer urbanisée », indique l'Unesco[216].
- Parc naturel régional de Chartreuse : créé peu de temps avant le Parc naturel des Bauges, le 6 mai 1995[217], le parc s'étend sur les départements de la Savoie et de l'Isère, mais la majeure partie de ses 76 700 ha sont situés en Isère, de même que la grande majorité des communes et leurs 50 000 habitants qu’il regroupe, au nombre de 60 dont seules 19 en Savoie[217]. Comme pour le PNR des Bauges, le parc naturel de Chartreuse possède 3 villes portes que sont Chambéry au nord (Savoie), Grenoble au sud et Voiron à l'ouest (Isère). Le parc s'étend autrement sur un dénivelé de 200 à 2 082 m d'altitude[218]. Du côté de la biodiversité, le parc accueille sur son territoire plus de 2 000 espèces végétales, soit le tiers des espèces existant en France présentes en Chartreuse, et de même pour la moitié des mammifères et des oiseaux de France[218]. À cet égard, le parc a pu observer le retour, par réintégration, du bouquetin sur son territoire[219] puisque ce-dernier vivait dans le massif avant l’avènement de la chasse et sa quasi-disparition durant le XIXe siècle. Enfin le parc assure depuis 2001 la gestion de la Réserve Naturelle des Hauts de Chartreuse (qui en Savoie comprend notamment le Mont Granier) et suit en outre 3 sites classés Natura 2000.
À l'été 2012 a débuté une étude de faisabilité sur la création d'un parc naturel régional « Belledonne » qui concernerait la chaîne de Belledonne sur les départements de l’Isère et de la Savoie[220].
Autres espaces protégés et gérés [modifier]
Au total, la Savoie possède 22 arrêtés préfectoraux de protection de biotope (APPB), 4 réserves biologiques domaniales, 6 réserves naturelles nationales, 6 terrains acquis par le Conservatoire de l'espace littoral et 1 zone humide relative à la Convention de Ramsar sur les zones humides[222]. Pour ce qui concerne plus spécifiquement les sites Natura 2000, la Savoie dispose à cet égard de 18 sites d'intérêt communautaire (Habitat) et de 7 sites de protection spéciale (Oiseaux)[223].
S'ajoutent enfin la présence en Savoie de 19 forêts de protection, de 28 sites classés (le dernier étant le vallon du Clou, classé le 25 mars 2013[224]) et de 101 sites inscrits[225].
ZNIEFF [modifier]
Le département de la Savoie possède également un total de 261 Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de 2e génération. Les plus nombreuses sont notamment les marais, les vallons, les alpages, les tourbières, les forêts ou encore les massifs. Mais le Département recense également des baies aux abords des lacs, des bois, des cols, des coteaux, des étangs, des falaises, des lacs, des monts, des plateaux ou des ruisseaux[226].
En outre, plus de 1 000 espèces, animales et végétales, font l'objet d'une protection dans le Département[227].
Écologie et développement durable [modifier]
En 2011, le Palmarès de l’Écologie établi par l'hebdomadaire la Vie classait le département de la Savoie à la 33e place des départements selon leur « volonté écologique »[228]. Les cinq critères retenus pour ce palmarès intègrent le traitement des déchets, la conversion à l’agriculture biologique, le développement des énergies renouvelables, l'amélioration de la qualité de l’air et la préservation de la qualité de l’eau[228].
Le département de la Savoie est engagé dans la protection de l’environnement depuis de nombreuses années. Le Conseil général a pour sa part mis en place les premières politiques en faveur de l’environnement en 1986 et est le premier département à conclure avec l'État un protocole pour la valorisation du paysage et de l’environnement[229]. Par la suite naîtra le Conservatoire du patrimoine naturel de la Savoie[230] ou encore l’Association savoyarde pour le développement des énergies renouvelables (ASDER), et seront aussi mis en place divers plans départementaux de promotion des énergies renouvelables, comme le plan bois-énergie ou le plan solaire. Le premier prévoit des aides financières du Département lors de rénovations énergétiques effectuées sur les bâtiments (isolation, géothermie…), tandis que le second a notamment conduit notamment à l'installation progressive, à partir de 2005, de l'Institut national de l'énergie solaire (INES) sur le site de Savoie Technolac au Bourget-du-Lac[231].
En matière d'énergie solaire, le Conseil général décrivait à cet égard en 2007 la Savoie comme étant un département « au cœur de Vallée Solaire française en Rhône-Alpes » et plus généralement « La Savoie, 1er département français pour le solaire thermique » à raison d'une surface cumulée de 16 000 m2 de capteurs en 2005 et une puissance de 1 200 Watt-crètes pour 1 000 habitants en 2007, contre 226 Wc/1 000 en France[232]. Le qualificatif de « département pilote » a plus récemment été prononcé par le Ministre de l'Industrie M. Christian Estrosi en 2010 lors de sa visite à l'INES[233]. En plus du Conseil général, la ville de Chambéry est pour sa part arrivée elle aussi 1re de sa catégorie aussi bien pour le solaire thermique que pour le solaire photovoltaïque. Ceci s'explique par la création en 2005 de l'une des plus grandes centrales photovoltaïques de France, soit 1 000 m2 de capteurs, sur le site des Monts[232]. Le classement de la ligue ENR (championnat des énergies renouvelables) pour 2011 lui fait conserver sa première place tandis qu'Aix-les-Bains est 10e. La Motte-Servolex est elle aussi première dans sa catégorie de moins de 20 000 habitants, et Albiez-le-Jeune est également 1re dans la catégorie de moins de 5 000 habitants[234]. À noter par ailleurs qu'une autre commune, Montmélian, a été elle aussi une éminente pionnière en termes d'énergie solaire puisque ayant installé ses premiers capteurs solaires en 1982[232].
En 2012, le Département de la Savoie comptait environ 45 500 m2 de panneaux solaires, en comptant les installations des particuliers et des entreprises, et 11,8 mégawatt-crêtes de puissance solaire photovoltaïque couplée au réseau[235]. En 2012, le solaire thermique représentait plus de 4 100 installations, et 2 879 en photovoltaïque. Alors que fin 2010 le ratio national moyen est de 3,2 m2 pour 100 habitants, celui-ci est de 10 m2 de capteurs pour 100 habitants en Savoie, excédant alors le ratio européen moyen de 7,2 m2 pour 100 habitants[234]. Fin 2012, le ratio en Savoie passe à 10,8 m2 de capteurs solaires pour 100 habitants, un ratio toutefois estimé par le conseil général en fonction des demandes de subvention déposées, et donc vraisemblablement inférieur au ratio réel dans le département. Fin 2011, ce ratio demeurait de seulement 3,6 m2 pour 100 habitants en France et de 7,8 m2 pour 100 habitants en Europe.[235].
Du côté de l'énergie éolienne, le département ne possédait en 2010 aucun parc éolien[236] en raison des faibles vents présents en Savoie et plus globalement dans les Alpes, ou alors beaucoup trop localisés. Pour l'énergie hydro-électrique cependant, le département possède notamment 8 « grands barrages », parmi lesquels le barrage du Chevril en Tarentaise et le barrage de Roselend dans le Beaufortain, les deux premiers barrages de France considérées leur hauteur et la quantité d'eau retenue[237]. À côté des barrages, l’exploitant EDF possède également en Savoie une trentaine de centrales hydroélectriques et le Groupe d'Exploitation Hydraulique (GEH) « Savoie Mont-Blanc », gérant la production hydroélectrique en Savoie et Haute-Savoie, a son état-major à Albertville[238].
Pour le traitement des déchets, le Département recense 53 déchèteries et l'ensemble des collectivités disposent de dispositifs pour la collecte sélective. Le Conseil général établit à 253 kg les ordures ménagères par habitant et par an (visiteurs inclus), dont 50 % sont collectés puis valorisés. Pour les déchets non ménagers, ce taux est de 41 %. Le syndicat mixte « Savoie Déchets » permet le traitement des déchets à l'échelle du Département. En outre, toutes les unités d'incinération de la Savoie respectent les normes européennes en vigueur[239]. Enfin, le taux de valorisation de matière organique provenant des déchets ménagers et assimilés était situé entre 35 et 45 % en Savoie en 2007, pour une moyenne de 33,5 % au niveau national[240].
Le Département a également mis en place 7 chartes architecturales et paysagères en partenariat avec le Conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement (CAUE) afin de promouvoir une architecture de qualité d'une part, et le préservation des paysages d'autre part[229]. En parallèle ont également été définis des espaces naturels sensibles où les actions de protection et de revalorisation ont permis l'ouverture au public de 27 « Grands sites départementaux »[241]. Dans le prolongement du Grenelle de l'environnement, le Conseil général, comme d'autres acteurs locaux, met en œuvre la réalisation de corridors biologiques pour préserver les espaces de déplacement et de reproduction de nombreuses espèces sur le territoire[241].
Enfin, conscient des enjeux du changement climatique, le Conseil général a engagé une réflexion sur le sujet au travers d'un « livre blanc du climat en Savoie » paru en mai 2010[16] dans une volonté d'« engager la réflexion pour la Savoie de demain ». Ce rapport recense toutes les conséquences d'un tel changement sur divers secteurs du Département, et esquisse des stratégies de réduction des gaz à effet de serre selon ces secteurs.
Économie [modifier]
Selon le rapport de la Chambre de commerce et d'industrie de la Savoie (CCI) pour 2011-2012[242], le département de la Savoie comptait sur cette période près de 40 000 établissements, dont 55,5 % inscrits au Registre du commerce et des sociétés (RCS). Le Département s'appuie en particulier sur le secteur tertiaire, l'industrie du sport, des loisirs et de la montagne, et sur l'activité touristique.
La CCI mentionne également que la Savoie possède un taux de couverture exportations/importations élevé depuis plusieurs années. Aujourd'hui de 189 % avec plus de 2 millions d'euros d'exportations contre 1 million d'importations, ce dernier était même de 214 % en 2005. À l'époque, la majorité des exportations provenaient de l'acier, de l'aluminium et des composants électroniques et électriques. En 2011-2012 demeurent en tête des exportations les équipements mécaniques et les matériels électriques, électroniques et informatiques, suivis par les produits métallurgiques et métalliques, puis par les produits chimiques, parfums et cosmétiques, les matériels de transport et les produits de caoutchouc, de plastique et de minéraux divers[242]. Enfin les deux principaux pays commerçant le plus avec la Savoie, à la fois comme fournisseurs et clients, sont l'Allemagne et l'Italie.
Les derniers chiffres fournis par l'Insee disponibles en termes de produit intérieur brut (PIB) pour la Savoie remontent à 2005[243]. D'après ces chiffres, l’on apprend que le PIB de la Savoie s'est élevé à 11,837 milliards d'euros, soit 7,16 % de la région Rhône-Alpes, la plaçant au 4e rang des 8 départements qui la composent. Son PIB par emploi la place également à ce 4e rang avec 66 584 euros par emploi, juste derrière la Haute-Savoie (67 811 euros), mais son PIB par habitant la hisse néanmoins à la 2e place, avec 29 532 euros par habitant pour l'année.
Par ailleurs, dans le cadre de sa politique économique, le Conseil général de la Savoie a mis en place l'agence économique de la Savoie, association financée par ce dernier et dont la mission est « la promotion et le développement industriel et économique du département, au service des entreprises et des collectivités »[244].
Revenus de la population et fiscalité [modifier]
Les revenus [modifier]
En 2009, l'INSEE recensait en Savoie 238 874 foyers fiscaux, dont 58,3 % d'entre eux ont été imposables[245]. Le revenu net total déclaré par tous les foyers fiscaux s'élevait pour cette année à 5 675 842 euros (partagé à hauteur de 81,7 % (4,6 millions d'euros) par les foyers imposables et 18,3 % par les non-imposables). En outre le revenu net déclaré moyen s'élevait pour sa part à 23 761 € par foyer fiscal (33 343 € pour les foyers fiscaux imposables et 10 384 € pour les non-imposables) et l'impôt moyen à 1 153 €[245]. La même année en France, la part de foyers imposables était de 53,6 %, soit un taux sensiblement inférieur au taux constaté en Savoie, et le revenu moyen de 23 230 €, soit globalement semblable à celui du Département[246].
Toujours en 2009, les revenus déclarés de la population savoyarde se sont répartis en 61,4 % de salaires, de 24,3 % de retraites, pensions et rentes, de 6,8 % de revenus non-salariés et de 7,5 % d'autres revenus. Sur la durée, l'on peut s'apercevoir d'une part que le revenu moyen par foyer a augmenté de 40 % entre 2005 et 2009, soit un peu plus fortement que le revenu moyen en France (+ 38 %), et d'autre part que la part des revenus issus des pensions de retraite a diminué de 21,6 % entre 2005 et 2009, au même niveau que pour la part observée à l'échelon national. En outre, le revenu moyen par foyer fiscal imposable s'est rapproché du revenu moyen en France, de 7 % à 4,9 % d'écart.
S'agissant du revenu selon la profession et catégorie socio-professionnelle (PCS) en 2009, l'INSEE mesure un revenu horaire en Savoie de 21,1 € pour les cadres, 13,7 € pour les profession intermédiaire, 9,3 € pour les employés, 11,3 € pour les ouvriers qualifiés et 9,2 € pour les ouvriers non-qualifiés[245].
Enfin, au 30 septembre 2011, le Conseil général de la Savoie comptait 6 245 foyers bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA)[247]. La Caisse d'allocations familiales évaluait de son côté la part d'allocataires du RSA à 22 pour 1 000 habitants en Savoie. Cette part n'était que de 9,3 pour 1 000 en 2004, mais a augmenté avec le contexte de crise économique débuté en 2009 tout en restant malgré-tout la plus faible part de la région Rhône-Alpes. La note de conjoncture sociale de la région no 18 de 2010 écrivait à cet égard : « C'est dans le département de la Savoie que l’on enregistre le plus faible taux de bénéficiaires du Rsa (8,7 % des allocataires) »[248].
Impôt sur le revenu en 2009
| Part de foyers imposables | Revenu moyen par foyer fiscal | Revenu moyen par foyer fiscal imposable | Part des retraites, pensions et rentes | ||
|---|---|---|---|---|---|
| Savoie | 58,3 % | 23 761 € | 33 343 € | 24,3 % | |
| France | 53,6 % | 23 230 € | 34 975 € | 24,5 % | |
| Sources des données : INSEE[245] | |||||
Impôt sur le revenu en 2005
| Part de foyers imposables | Revenu moyen par foyer fiscal | Revenu moyen par foyer fiscal imposable | Part des retraites, pensions et rentes | ||
|---|---|---|---|---|---|
| Savoie | 57 % | 16 911 € | 24 215 € | 31 % | |
| France | 52 % | 16 827 € | 25 910 € | 31 % | |
| Sources des données : Ministère des finances[249] | |||||
Du côté de l’imposition sur le patrimoine, la Savoie comptait en 2010 deux communes de plus de 20 000 habitants possédant plus de 50 redevables de l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) : Chambéry et Aix-les-Bains avec respectivement 722 et 410 redevables. À Chambéry, le patrimoine et l’impôt moyens s'élevaient alors à respectivement 1 586 081 € et 4 875 €, tandis qu'à Aix-les-Bains ces montants étaient de 1 376 590 € et 3 197 €[250].
Fiscalité [modifier]
La fiscalité du département de la Savoie est souvent comptée parmi les plus faibles en France : en 2010, le Conseil général de la Savoie avait ainsi défini le taux de la taxe d'habitation à 4,92 %, faisant prendre à la Savoie la 2e position après Paris (2,58 %), et le taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties à 7,46 %, soit la 9e position. Malgré-tout, la taxe foncière sur les propriétés non-bâties avait un taux de 29,37 %, classant la Savoie au 58e rang des départements, et du côté de la taxe professionnelle (aujourd'hui disparue et remplacée par la contribution économique territoriale), le taux retenu en 2009 était de 9,09 %, situant alors la Savoie au 47e rang[251].
Au niveau du département, la fiscalité directe a été estimée par le Conseil général pour le budget primitif 2013 à 139,76 millions d'euros et la fiscalité indirecte à 170,02 millions d'euros, dont 65 millions issus des droits de mutation du fait de l’importance des transactions immobilières. Sur un budget total de 522,78 millions d'euros, la fiscalité en représente donc 59,26 %[252].
En matière de fiscalité communale, la Savoie connait une certaine disparité selon les communes en termes de taxe foncière et de taxe d'habitation. Les taux des principales communes du Département sont recensés ci-après :
Taxes communales en 2010
| Chambéry | Aix-les-Bains | Albertville | La Motte- Servolex |
Saint-Jean de Maurienne |
Bourg-Saint- Maurice |
Ugine | Moûtiers | Plus forte | Plus faible | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Taxe foncière bâtie | 25,95 | 25,04 | 24,37 | 19,43 | 19,61 | 16,14 | 21,13 | 19,59 | 49,40 Saint-Colomban-des-Villards |
4,51 La Bâthie |
| Taxe foncière non-bâtie | 44,19 | 41,92 | 95,94 | 69,70 | 106,76 | 163.64 | 90,29 | 51 | 203,66 Valezan |
32,31 La Table |
| Taxe d'habitation | 18,72 | 13,77 | 16,29 | 11,19 | 15,48 | 12,81 | 11,87 | 11,82 | 21,95 Bonneval-sur-Arc |
0,01 Saint-Colomban-des-Villards |
| Sources des données : Ministère de l'Économie et des finances - Direction des impôts[253] | ||||||||||
Emploi [modifier]
En matière d'emploi, l'INSEE comptait en 2009 en Savoie la présence de 184 362 actifs occupés, dont 157 575 salariés, soit 85,5 % du total[254]. La Chambre de commerce et d'industrie de la Savoie relevait pour sa part pour cette année 124 967 salariés, alors en augmentation de 3 % par rapport à 2005, soit une hausse deux fois plus rapide que celle alors observée au niveau régional. Cela se constatait aussi pour l’évolution de la population active annuelle, estimée à 1,53 % en moyenne entre 1999 et 2007 selon la Chambre, contre 1,49 % en Rhône-Alpes[255]. Dans tous les cas le temps partiel représentait alors selon l'INSEE 19,6 % de ces actifs, et 46,5 % des actifs étaient des femmes[254].
Toujours en 2009, les effectifs salariés en Savoie concernent en premier lieu les services aux particuliers à près de 41 % du total. Ils sont suivis par le secteur du commerce à 19,3 %, de l'industrie et des services aux entreprises à environ 15 % chacun, et enfin du bâtiment et travaux publics (BTP) à 9,8 %[255]. Ils étaient par ailleurs 81,4 % à contrat à durée indéterminée (CDI) ou titulaires de la fonction publique, 12,9 % à contrat à durée déterminée (CDD), 9,8 % en intérim et 2,7 % en apprentissage ou en stage. Du côté des non-salariés, ceux-ci en étaient en majorité des employeurs à 50,8 %, et des indépendants à 48 %[254]. La CCI de la Savoie recensait à cet égard 68 % d'établissements sans salariés en Savoie en 2009, contre 63 % en Rhône-Alpes, expliquant cet écart par l'importance des professions indépendantes liées à l'activité touristique, comme les moniteurs de ski par exemple. Cette explication semble d'autant plus plausible que près des deux tiers de ces établissements se situaient en 2010 dans le secteur des services aux particuliers, dont le secteur touristique fait partie[255].
Le tableau suivant résume pour sa part la répartition des emplois en Savoie selon les professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) et son évolution :
Répartition des emplois par domaine d'activité en Savoie en 2009 — (1999)
| Agriculteurs | Artisans, commerçants, chefs d'entreprise |
Cadres, professions intellectuelles |
Professions intermédiaires |
Employés | Ouvriers | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Savoie | 1,3 % — (1,7 %) ↓ | 8 % — (8,1 %) ↔ | 11,6 % — (9,3 %) ↑ | 26,5 % — (23,4 %) ↑ | 29,4 % — (30,2 %) ↓ | 23,1 % — (27,3 %) ↓ |
| Moyenne Nationale | 1,9 % — (2,4 %) ↓ | 6,1 % — (6,4 %) ↓ | 16,3 % — (12,1 %) ↑ | 25,1 % — (22,1 %) ↑ | 28,4 % — (29,9 %) ↓ | 22,2 % — (27,1 %) ↓ |
| Sources des données : INSEE[254],[256] | ||||||
En 1999, près de 89 000 Savoyards travaillaient hors de leur commune de résidence, soit 56,8 % d'entre eux ou encore trois actifs sur cinq. En une décennie la situation s'est amplifiée puisqu'en 2009, ce nombre est passé à près de 116 000 et le taux à 62,9 %, soit deux actifs sur trois. Dans plus de 80 % des cas, cette commune se situait elle aussi dans le département de la Savoie[254]. Les Savoyards sont donc un peu plus nombreux à travailler dans leur commune de résidence puisqu'au niveau national ce taux était en 2009 de 65,3 %. Ils sont également plus nombreux à demeurer dans le département, avec 72,7 % de Français travaillant dans leur département respectif[257].
En ce qui concerne à présent le chômage, le taux de chômage établi par l’INSEE en 2009 était de 5,7 % de la population active, contre 6,6 % en 1999. Ce taux, alors moins important que le taux de chômage de 8,1 % observé au niveau national, a néanmoins été marqué par la crise économique de 2009, puisque le taux de chômage pour le 4e trimestre de 2012 a été évalué par l’INSEE à 8 %. Un taux qui demeure malgré-tout moins important qu'en France métropolitaine où celui-ci était alors estimé à 10,2 % pour ce même trimestre[258]. Le département continue par ailleurs de résister en 2013, avec des hausses limitées du chômage mois par mois (par exemple de +0,2 % de février à mars 2013[259]). Pour résumer, depuis plus d'une décennie la Savoie connait un chômage moins important que le reste de la France, mais a été touchée de la même manière par la crise de 2009[260].
Entreprises du département [modifier]
Au 1er janvier 2011, l'Insee recensait en Savoie 32 984 entreprises, majoritairement anciennes avec 40 % d'entreprises de 10 ans ou plus et 16 % de 6 à 9 ans. À l'inverse, les entreprises de moins d'un an ne concernaient que 12 % d'entre elles à cette période. Les entreprises en Savoie étaient alors les plus nombreuses dans le secteur du commerce, des transports et des services divers : 18 713 entreprises soit 56,7 % du total[261].
Au 1er janvier 2006, ces entreprises étaient au nombre de 31 209, soit une augmentation de 5,7 % en 5 ans.
Toujours en 2011, avec 5 216 nouvelles entreprises, le taux de création moyen s'élevait donc à 13 %, en baisse par rapport à 2010, le plus fort étant de 15,4 % dans le secteur de la construction. En 2009, la Savoie comptait par ailleurs 49 913 établissements actifs, 68 % d'entre eux n'employant aucun salarié, 26 % employant de 1 à 9 salariés, 3 % de 10 à 19 salariés, 2 % de 20 à 49 salariés et 1,2 % employant 50 salariés ou plus (537 établissements). Considérés les seuls établissements industriels, hors BTP et secteur public (EPIC comme EDF ou SNCF inclus), le Département compte 15 établissements de plus de 200 salariés et 3 de plus de 500 salariés[262].
La Savoie compte par ailleurs plusieurs grands parcs d'activités que sont Savoie Technolac (unique technopôle du département) et les sites d'accueil de Val Guiers dans l'Avant-pays savoyard, Alpespace entre Montmélian et Pontcharra (Isère), Arc-Isère au commencement de la vallée de la Maurienne, et Albertville-Ugine-Tarentaise entre Albertville et Ugine[263]. De manière plus précise, la vallée de la Maurienne comporte en outre 9 zones d'activités économiques (ZAE) et 3 zones d'activités complémentaires (ZAC)[264], tandis que la vallée de la Tarentaise compte pour sa part un total de 10 parcs d'activités[265].
Entreprises d'envergure nationale ou internationale [modifier]
Ci-après sont listées les principales grandes entreprises dont le siège et/ou au moins un établissement sont situés en Savoie. En gras sont indiquées les entreprises créées en Savoie.
- Alpina Savoie, créée à Chambéry en 1892 où est demeuré son siège social, 2e producteur français de pâtes et produit aussi les crozets de Savoie,
- Alstom, depuis le rachat d'Areva T&D, présent à Aix-les-Bains où la division Gas Insulated Substations produit des postes à isolation gazeuse pour des tensions de 245 à 550 kV,
- Banque de Savoie, établissement bancaire né en 1912 et couvrant les deux départements de Savoie et Haute-Savoie dont le siège est à Chambéry,
- Cafés Folliet, fondée en 1880 à Chambéry où son siège social demeure aujourd'hui situé,
- Dolin, créée aux Échelles en 1815, siège aujourd'hui à Chambéry, produit et distribue alcools et spiritueux en France et dans le monde,
- Geodis BM, société de transport créée en 1931 à Chambéry comprenant aujourd'hui 35 filiales et possédant son siège social à Méry,
- Iveco Magirus, de par sa marque CAMIVA, produisant des matériels d'incendie et de secours à Saint-Alban-Leysse,
- Léon Grosse, entreprise de bâtiment et travaux publics (BTP) créée en 1881 à Aix-les-Bains, où elle a conservé aujourd'hui son siège social,
- MSSA (anciennement La Volta puis Métaux spéciaux), créée en 1898 à Saint-Marcel en Tarentaise, et produisant aujourd'hui du sodium,
- Opinel, entreprise productrice du couteau du même nom, créée en Maurienne en 1890 et dont le siège et l'usine principale se situent aujourd'hui à Chambéry,
- OCV Reinforcements (en), présent sur l'ancien complexe de l’entreprise Saint-Gobain-Vetrotex à Chambéry, devenu le centre européen de décision du groupe en 2010[266],
- Rio Tinto, présente industriellement sur les sites de la Bâthie et de Notre-Dame-de-Briançon où sont produits aluminium et cathodes,
- Rio Tinto Alcan, filiale de Rio Tinto, présente à Saint-Jean-de-Maurienne où son usine d'électrolyse produit de l'aluminium aux côtés d'un laboratoire de recherche en fabrication,
- Tessier SARL, entreprise spécialisée dans le matériel de ski assis pour les personnes handicapées, créée en 1995 et ayant son siège social à Saint-Rémy-de-Maurienne,
Dans la grande distribution, la Savoie est couverte par des hypermarchés et supermarchés des enseignes Carrefour (2 hypermarchés dans la seule agglomération chambérienne), E.Leclerc, Intermarché, Géant, Super U, Hyper U, ainsi que par des enseignes de grande distribution spécialisée telles que Castorama, Darty, Saint-Maclou ou Gémo. La Savoie accueille aussi bien évidemment des établissements de production de la SNCF (chemins de fer), d'EDF et ERDF (électricité), GDF Suez (gaz), La Poste (courrier) ou encore France télécom (téléphonie fixe et mobile). Le secteur bancaire et leurs agences situées sur tout le territoire sont également présents en Savoie, de même que les enseignes issues de chaînes ou franchises telles les Galeries Lafayette, McDonald's, la Fnac ou des enseignes de groupes pétroliers ou de garages automobiles par exemple.
Agriculture [modifier]
L'agriculture en Savoie ne représente en moyenne selon la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricole (FDSEA) de la Savoie que 1 % du PIB annuel. Proches de ce pourcentage, les comptes de l'agriculture en Rhône-Alpes établis par la Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt (DRAAF) de Rhône-Alpes pour 2009 donnaient en effet une production agricole en Savoie de 197 millions d'euros[267], quand l'INSEE établissait en 2005 un PIB de près de 12 milliards d'euros. Selon ces mêmes comptes de la DRAAF Rhône-Alpes pour 2009, cette production concernait pour moitié la production végétale (99 M€), pour 41 % la production animale — dont lait et produits laitiers — (80 M€) et pour 8 % la production de services (16 M€). À noter également que cette production agricole de 197 millions d'euros est la plus faible de la région selon ces comptes.
Cette « faiblesse » de la présence de l'agriculture peut s'expliquer notamment par le faible niveau d'espaces agricoles : 192 000 hectares soit 31 % du territoire savoyard utilisé pour l'agriculture, c'est-à-dire 20 points de moins par rapport à la moyenne nationale (51 %) selon l'Observatoire des territoires de la Savoie, qui explique que les deux tiers restants représentent des forêts et des zones urbanisées, et que seules 7 % des surfaces agricoles ne sont pas utilisées[268]. Pour autant, cette surface est demeurée sensiblement la même depuis 1988, bien que le nombre d'établissements aient diminué (près de 3 exploitations sur 10 disparues entre 2000 et 2010, pour un taux annuel estimé à 4 %). Les nouveaux agriculteurs possèdent donc aujourd'hui des exploitations plus grandes (en moyenne de plus de 55 % depuis 2000, passant à 42 ha par exploitation) et plus spécialisées que celles de leurs aînés (2 750 exploitations en 2010)[268].
L'Observatoire mettant également en avant le fait que la Savoie soit avant-tout un territoire de montagne, les surfaces en herbe représentant ainsi 86 % des surfaces agricoles, contre un peu moins de 7 % pour les terres labourables (utilisées à 53 % pour la culture des céréales — principalement le maïs — et 37 % pour les cultures fourragères) et 2 % pour les terres en vignes[268].
Enfin l'Observatoire constate que « l'agriculture savoyarde est très largement tournée vers la qualité (AOC, IGP, agriculture biologique) ». Il appuie cette affirmation par la production sous signe officiel de qualité de près d'une exploitation sur deux (principalement Appellation d'origine contrôlée, puis Indication géographique protégée), et 80 exploitations savoyardes sont tournées vers l'agriculture biologique[268].
Productions végétales [modifier]
La production végétale en Savoie a représenté la moitié de la production totale en valeur en 2009, c'est-à-dire 99 sur 197 millions d'euros. En 2010, cette part était estimée à 54 %, soit en augmentation de 9 %. Cette évolution a été notamment liée à la valeur des céréales, augmentée de 37 %, parmi lesquels le maïs qui en a représenté les trois quarts (toujours en valeur)[269]. La production de fruits représentait pour sa part en 2009 et 2010 respectivement 9 % et 8 % de la production végétale. Pour la production viticole, cette part était de 26 % en 2010 (29 % en 2009 pour les vins d'appellation).
En matière de production de céréales, c'est le maïs qui représente la plus grande part de la production, puisque selon la Chambre d'agriculture de Rhône-Alpes, 74 % des surfaces céréalières sont utilisées pour la production de maïs[270] tandis que l'Insee établissait de son côté cette part à 62,5 % en 2010. Toujours selon l'Insee, le maïs était alors suivi par le blé tendre à hauteur de 17 %, puis à de beaucoup plus faibles parts par l'orge et l'escourgeon (6,5 %). Du côté des oléagineux (495 ha), le colza en représentait 7 %, les protéagineux étaient représentés en totalité par les pois protéagineux (55 ha), et les pommes de terre disposaient de 126 ha de production. Enfin, toujours en 2010, les fourrages annuels représentaient pour leur part 1 190 hectares, et les surfaces toujours en herbe disponibles couvraient 167 350 ha (soit la plus grande superficie de la région Rhône-Alpes)[271]. Au total, les 6 715 ha de céréales ont produit 510 730 quintaux de céréales en 2010, soit un rendement moyen de 76 quintaux par hectare.
Pour la production fruitière, les surfaces utilisées représentaient 396 ha en 2008, sans compter les 2 012 ha de vignes. En tête des fruits arrivaient alors les pommes et les poires, avec respectivement 306 et 69 ha consacrés à leur production. Étaient également présents 19 ha pour les pêches et dérivés, et 2 ha pour les cerises. En volumes, la Savoie a produit cette même année 8 489,7 tonnes de pommes de table, 987,4 tonnes de poires, 243,9 tonnes de pêches et dérivés, et 14,3 tonnes de cerises. En ce qui concerne les vignes, celles-ci ont en outre produit 14 648,7 tonnes de raisin[272].
Le département de la Savoie est également producteur d'alcools et d'eaux-de-vie à base de divers fruits et plantes tels que le génépi, la gentiane bleue ou jaune ou l'absinthe.
Production viticole [modifier]
Outre la production de raisin, les vignes sont également et principalement utilisées en Savoie pour la production viticole, c'est-à-dire du vin. Le vignoble de Savoie, région viticole française, s'étend sur quelques 2 200 hectares en Savoie et en Haute-Savoie[273], dont 1 095 hectares pour la Savoie à l'été 2012[274]. Il produit aujourd'hui principalement l'appellation d'origine contrôlée (AOC) intitulée « vin de Savoie », déclinée en 16 dénominations géographiques, dont 11 en Savoie.
La culture de la vigne et du vin en Savoie remonte à l'Antiquité où des auteurs comme Pline l'Ancien ou Columelle la mentionnent dès le Ier siècle av. J.-C.[275]. Elle se poursuit au fil des siècles, à des cadences plus ou moins importantes mais quasiment sans interruption jusqu'à nos jours. Aujourd'hui la vigne possède une place prépondérante dans l’économie agricole savoyarde, avec une part estimée en valeur pour 2010 à près de 30 % de la production végétale et 15 % de la production agricole totale, soit 29,2 millions d'euros, et ce rien que pour les vins d'appellation[269].
La Savoie produit des vins rouges, blancs ou rosés, couverts par deux principales AOC : « Vin de Savoie » et « Roussette de Savoie ». La première se décline en 11 dénominations géographiques que sont : Abymes (blancs), Apremont (blancs), Arbin (rouges), Chautagne (blancs et rouges), Chignin (blancs et rouges), Chignin-bergeron (blancs), Cruet (blancs), Jongieux (blancs et rouges), Montmélian (blancs), St-Jean-de-la-porte (rouges) et St-jeoire-prieuré (blancs). La seconde n'en possède pour sa part que 3, Marestel, Monterminod et Monthoux, produite uniquement sur 24 ha et ne concernant que des vins blancs[276]. Les vignobles sont notamment présents dans la combe de Savoie, la cluse de Chambéry (Chambéry dont les vignobles de Saint-Alban-Leysse et de Saint-Baldoph sont les plus proches, à 5 ou 6 km) et sur les rives nord (Chautagne) et ouest (Jongieux) du lac du Bourget.
Le vignoble de Savoie comptabilise en outre 23 cépages, dont 11 principaux. En Savoie ces cépages sont notamment la Jacquère, la Roussanne et l'Altesse pour les blancs, et la Mondeuse, le Gamay ou le Persan pour les rouges. Moins présents, s'ajoutent également le Chardonnay (blancs), le Pinot noir ou le Cabernet sauvignon (rouges). Les vins rosés ne possèdent pas de dénomination géographique mais peuvent concerner l'ensemble des cépages rouges.
Le département de la Savoie produit surtout du vin blanc, où il est présent dans la majorité des déclinaisons géographiques AOC (10 AOC blancs, 2 rouges et 3 blancs et rouges). La production en 2006 s'est élevée pour les AOC Roussette de Savoie et Vin de Savoie à 128 899 hectolitres, soit 6,4 % de la production AOC régionale (un peu plus de 2 millions d'hL)[277].
Enfin, hormis le vin, les produits de la vigne servent à la production d'autres alcools, parmi lesquels le marc de Savoie ou encore le Vermouth rouge de Chambéry[278].
Productions animales [modifier]
En 2009, la production animale hors subventions était évaluée à 80 millions d'euros, représentée en priorité par le lait et les produits laitiers (54 millions d'euros, soit 61 %). Le bétail représentait alors un peu moins de 24 % de cette production, et les produits avicoles (tels que les œufs) 5 %[267]. L'année suivante, les comptes provisoires de l’agriculture faisaient état d'une production animale de 92,3 millions d'euros, soit une légère augmentation. Parmi cette production, le lait de vache en représentait là encore la majorité, avec 64 millions d'euros (69 %)[269].
Cette prépondérance du lait et des produits laitiers est due à l'importance des surface en herbes, principalement des alpages, représentant 86 % des terres agricoles de la Savoie. À cet égard, l'agriculture savoyarde est connue pour son élevage bovin et la production locale de nombreux fromages parmi lesquels le Beaufort, la Tome des Bauges, la Tomme de Savoie, le Bleu de Termignon, la Raclette, l'Emmental de Savoie, le Gruyère de Savoie ou encore le fromage de l'Abbaye de Tamié. À ces fromages peut également s'ajouter le Reblochon, majoritairement produit en Haute-Savoie mais dont une partie de la production est aussi effectuée en Savoie, dans le val d'Arly[279]. Au total, la Savoie compte 4 AOC pour la production de ses fromages, réalisée par quelques 300 producteurs[280].
Le cheptel bovin de la Savoie en 2010 était constitué selon l'INSEE de 69 950 têtes, soit 0,4 % de l'ensemble du territoire national, contre 8 040 porcins[281], 41 020 ovins et 7 370 caprins[282]. Les principales races bovines présentes dans le département sont la Tarine, l'Abondance et la Montbéliarde. Le panorama de l'agriculture et de l’agro-alimentaire en Rhône-Alpes de 2011 indiquait pour la Savoie une production de 128 millions de litres de lait de vache[283] (113 millions pour le panorama de 2008). La filière laitière caprine est en comparaison moins présente en Savoie puisque la moitié de la production de lait de chèvre en Rhône-Alpes (63 millions de litres) est issue des seuls départements de l'Ardèche et de la Drôme[283].
Du côté des viandes, le panorama de janvier 2011 indique pour la Savoie la production de 3 000 tonnes équivalent carcasse (tec) pour la viande bovine (6e place partagée avec la Drôme), 1 500 tec pour la viande porcine (plus faible production de la région), et 700 tec pour la viande ovine (5e place régionale). La viande de chèvre est beaucoup plus marginale, la Savoie et la Haute-Savoie se partageant 10 % de la production rhône-alpine, s'élevant à 1 380 tonnes (soit moins de 100 tonnes pour chaque département). En ce qui concerne la volaille de chair, la production des deux départements de la Savoie et de la Haute-Savoie est déclarée confidentielle par le Panorama 2011, une donnée confirmée par le rapport de l'Institut technique de l'aviculture[284] et par celui de l'Agreste Rhône-Alpes 2008[285] qui atteste malgré-tout d'une production marginale dans la région: 4 exploitations pour la filière « Volailles de chair » (6 toutes filières) selon l'enquête 2008 de l’AGRESTE. Les filières « Œufs de consommation » et « Élevage et mixte » restent toutefois indiquées comme « secret statistique ».
Le département de la Savoie compte actuellement 4 abattoirs et un nouvel établissement est en cours de réalisation à Chambéry (fin des travaux prévus fin 2013)[286]. La viande produite en Savoie est ensuite beaucoup utilisée en charcuterie, par confection de saucissons (avec des spécialisations locales tels Beaufort ou génépi) ou de diots (saucisses savoyardes) par exemple.
Pour ce qui concerne l'aquaculture, le Panorama de 2011 indique en outre la présence de 60 pêcheurs professionnels pêchant 500 tonnes de poissons sauvages sur les lacs alpins (soit une zone que l'on suppose concerner les départements de l'Isère, de la Savoie et de la Haute-Savoie)[283].
Enfin le département de la Savoie est un producteur assez conséquent de miel. Toujours selon un rapport de l'Agreste sur l'apiculture en Rhône-Alpes de juin 2012, le département de la Savoie a produit en 2010 quelques 210 tonnes de miel, le situant donc au 4e rang régional, pour une part régionale de plus de 13 % et une part au niveau national de 1,4 %[287]. Le nombre de ruches est demeuré stable sur la décennie 2000-2010, passant de 11 450 à 11 430, tandis que le nombre d'exploitations détenant des ruches a lui été divisé de moitié, de 510 à 250 exploitations (dont 160 exploitations spécialisées et 75 Unités territoriales agricoles (UTA) en 2010). Une autre donnée intéressant est la part élevée d'exploitations assurant leurs ventes en circuit court (c'est-à-dire directement ou avec très peu d'intermédiaires entre elles et les consommateurs finaux), concernant 150 exploitations, dont 54 % réalisent plus de trois quarts de leurs ventes de cette manière[287].
Industrie [modifier]
Le secteur de l'industrie était en 2009 en Savoie le 4e employeur avec 18 716 salariés, derrière le secteur des services, du commerce et des services aux entreprises, en légère baisse (-6,2 %) par rapport à 2005 où ses 19 951 salariés la plaçaient encore à la 3e place devant les services aux entreprises. Il s'agit par ailleurs de l'unique secteur où les effectifs ont diminué sur cette période dans le département[288]. D'après les analyses du produit intérieur brut régional effectuées par l'INSEE, l'Institut de la statistique analysait une part de l'industrie dans le PIB savoyard de l'ordre de 13 % et en concluait que « la Savoie et le Rhône, de par leur structure, (sont) les moins industriels »[289]. Pour autant l'année 2011 a été marquée par la création de 236 établissements industriels, lesquels ne représentant toutefois que 4,5 % des 5 216 nouveaux établissements créés dans le département[290].
Au 1er janvier 2010, l'INSEE et le Répertoire des Entreprises et des Établissements recensaient en Savoie un total de 2 568 établissements industriels, répartis en 1 281 sans salariés (49,9 %), 904 de 1 à 9 salariés (35,2 %), 298 de 10 à 49 salariés (11,6 %) et 85 de 50 salariés et plus (3,3 %). Les établissements de 200 salariés et plus étaient pour leur part au nombre de 18[291].
D'après les données provisoires de Pôle Emploi (Unistatis) au 31 décembre 2010, les premiers secteurs d'activité industriels en termes d'établissements étaient en Savoie la fabrication alimentaire et de boissons (374 établissements), les autres industries manufacturières telles que la réparation et installation de machines et équipements (214 établissements) et la métallurgie et fabrication de produits métalliques hors machines et équipements (141 établissements). Cette dernière activité arrive néanmoins en tête considéré le nombre d'emplois salariés, hors intérimaires, qu'elle propose (5 440 salariés), suivie par la fabrication alimentaire et de boissons (3 202 salariés) et la fabrication d'équipements électriques (2 456 salariés). Cette activité représente néanmoins la plus forte proportion d'emplois dans le département par rapport au total de la région Rhône-Alpes, à savoir 10 % (8,6 % pour la métallurgie)[291].
Les autres secteurs employant plus de 1 000 salariés sont ceux du travail du bois et de l'industrie du papier, de la fabrication de produits en caoutchouc, plastique et autres produits minéraux non métalliques, mais aussi des machines et équipements, et de production d'électricité, de gaz et d'eau et de retraitement des déchets. La Savoie connait aussi des activités d'extraction (carrières), rendue possible par la présence de nombreuses roches telles que l'ardoise, le quartzite, le schiste, le fer, le cuivre ou le marbre[292].
L'industrie chimique est également présente au sein du département, comme dans l'usine de Saint-Jean-de-Maurienne qui utilise l'électrolyse dans le cadre de sa production d'aluminium, ou celle de MSSA (Métaux Spéciaux), qui produit du sodium à Saint-Marcel. En outre, la Savoie possède un pied dans le secteur de l'industrie aérospatiale, avec l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA) à Avrieux. Ce-dernier réalise études et recherches qu'il soumet aux grands acteurs de cette industrie grâce à des moyens de calculs intensifs et une soufflerie de plus de 120 mètres de long, inaugurée en 1948[293].
Enfin le département de la Savoie est un producteur important d'hydroélectricité par énergie hydraulique et possède à cet égard plusieurs centrales hydrauliques et barrages en montagne, dont les deux plus importants de France en termes de hauteur et de quantité d'eau retenue: les barrages du Chevril et de Roselend. Ces centrales sont au nombre de 11 dans le département, réparties en 5 centrales lac, 3 centrales éclusées et 2 centrales fil de l'eau (centrale d'Avrieux non précisée), ainsi que 2 stations de pompage. En outre, parmi ces centrales, 5 d'entre elles produisent plus de 250 megawatts, 2 de 100 à 250 MW, 5 de 50 à 100 MW et la centrale d'Avrieux produit moins de 50 MW[294].
Tourisme [modifier]
Le tourisme représente aujourd'hui en Savoie un secteur très important, développé régulièrement à partir de la fin du XIXe siècle et plus fortement dans la deuxième moitié du XXe siècle. Le développement du ski en Tarentaise, priorité alors contestée du Conseil général quand les villages de Maurienne détruits après la Seconde Guerre mondiale n'étaient pas encore entièrement reconstruits, a malgré-tout conduit la Savoie à devenir le premier département de France de par son nombre de stations de sports d'hiver, ce qui en fait une destination touristique majeure durant les périodes hivernales. À cet égard le secteur du tourisme contribue à hauteur de près de 50 % du produit intérieur brut annuel du département[295]. Pour autant, la totalité du tourisme en Savoie ne porte pas que sur la seule activité des sports d'hiver, le tourisme étant également développé autour d'autres activités telles que la randonnée, le cyclotourisme ou les sports nautiques, auxquels s'ajoutent par ailleurs le tourisme gastronomique ou lié au patrimoine culturel, le premier site le plus visité du département étant notamment l'abbaye d'Hautecombe (109 160 visiteurs en 2010)[296].
Pour ce qui concerne l’aide au développement du tourisme, le plan tourisme du Conseil général de la Savoie a été doté de 60 millions d'euros pour la période 2007-2013[297].
En 2010, l'on estimait à 30 % la part des établissements savoyards dépendant de l’activité touristique, contre 13 % en Rhône-Alpes soit une part deux fois plus importante. Du côté des emplois salariés liés à cette activité, cette part s'élève à 23 %, là aussi beaucoup plus importante que les 8 % au niveau de la région. Dans les deux cas, établissements et salariés représentaient chacun en Savoie 22 % du total touristique recensé en Rhône-Alpes[288].
Les 11 880 établissements touristiques concernaient pour près de moitié d'entre eux le sport (5 556), suivis par l’hébergement/location (3 068) et la restauration (2 454). Les près de 30 000 emplois salariés recensés par l'Insee se répartissaient pour leur part en premier lieu dans l’hébergement/location (38 %), la restauration (29 %) et les transports (20 %)[288].
Selon l'Observatoire des territoires de la Savoie reprenant les données de Savoie Mont-Blanc Tourisme, la capacité d'accueil touristique en Savoie se monte pour l'hébergement à 658 000 lits en été et 530 000 lits en hiver, dont 95 % sont situés dans les stations de montagne et les 5 % dans le restant du département. Le nombre de nuitées effectuées durant l'hiver 2010-2011 s'est élevé à 21,5 millions, dont 71 % pour le seul territoire de la Tarentaise, 21 % pour la Maurienne et 8 % pour le Beaufortain-Val d'Arly. L'observatoire précise en complément que le département de la Savoie est par ailleurs le premier département de destination de la clientèle française durant l'hiver[295], y transitant notamment chaque samedi plusieurs dizaines de TGV venant des grandes métropoles françaises et européennes telles Paris, Lille, Londres ou Bruxelles. À titre d'exemple, pour le premier week-end des vacances d'hiver de 2013 (16 et 17 février), le Dauphiné libéré indiquait le croisement de quelques 500 000 vacanciers arrivant ou quittant le département: 126 000 véhicules sur les routes, 45 000 voyageurs dans les trains et 8 700 passagers dans les avions[298].
En outre, bien que moins importante, la saison estivale enregistre aussi des statistiques de fréquentation touristique non négligeables, avec notamment 9,3 millions de nuitées pour l'été 2010[296].
Le parc hôtelier de la Savoie en 2010 était selon la Préfecture de 500 hôtels répartis en 41 hôtels sans étoile, 43 hôtels 1 étoile, 236 hôtels 2 étoiles, 129 hôtels 3 étoiles, 33 hôtels 4 étoiles, 2 hôtels 4 étoiles luxe, et 18 hôtels 5 étoiles. Pour l’été 2009, sur 9,2 millions de nuitées, les hôtels en ont enregistrées 800 000 nuitées, contre près de 650 000 pour les campings, et 79 % d'entre elles concernaient les territoires de haute-montagne (Tarentaise, Maurienne, Beaufortain et Val d'Arly). Depuis cette année, les chiffres montrent une stabilité estivale du nombre de nuitées et de leur répartition[295]. La commune qui comptait le plus grand nombre de lits marchands et non-marchands en 2009 était la commune de Saint-Martin-de-Belleville, située sur le domaine skiable des Trois Vallées et sur laquelle se trouvent les stations des Ménuires et de Val Thorens[299].
Le tourisme blanc est donc très présent en Savoie. D'après le recueil d'indicateurs et analyses 2011 de Domaines skiables de France[300], les Alpes sont la première destination mondiale avec 45 % des journées-skieurs. Sur ces 5 dernières années, la France en a comptabilisées 54,32 millions, entre les États-Unis (57,64 millions) et l'Autriche (51,51 millions). 25 % d'entre elles étaient effectuées par des skieurs étrangers, ce qui témoigne de l'importance des stations françaises pour la population française. Ces touristes étrangers étaient en 2010 majoritairement des Britanniques (39 % des nuitées), suivis par les Belges (14 %) et loin derrière les Néerlandais (5 %) et le continent américain (4 %)[301].
En Savoie, outre les 60 stations de sport d'hiver, le département compte également 38 opérateurs de remontées mécaniques et 3 régies des pistes. Ces opérateurs se répartissent par taille de domaine skiable en : 7 petits, 12 moyens, 11 grands et 8 très grands. Le territoire des Alpes du Sud et le département de la Haute-Savoie possèdent respectivement 11 et 10 grands domaines skiables, mais aucune autre zone ne possède plus de 2 très grands domaines skiables. Les remontées mécaniques de la Savoie réalisent les plus importantes recettes de France, avoisinant chaque hiver les 500 millions d'euros, globalement en augmentation depuis 2006 (+ 10 % sur 5 ans). Sur cette même période, le département a représenté en outre 39,6 % du marché français, suivi par la Haute-Savoie avec 22,1 % (et environ 250 millions d'euros de recettes courantes)[300]. Les revenus globaux s'estiment pour leur part, selon le Conseil général, à 2 milliards d'euros[302].
Enfin le domaine skiable savoyard s'étend sur 45 000 hectares. Il comprend 900 km de remontées mécaniques (37,5 % du parc national) et 1 000 km de pistes de ski de fond[302]. Les grands domaines du département sont les Trois Vallées, Paradiski, les Sybelles, l'Espace Killy, l'Espace Diamant, Galibier-Thabor, le Grand Domaine, l'Espace San Bernardo et Val Cenis Vanoise.
| Domaine | Stations | Total Pistes | Pistes reliées |
|---|---|---|---|
| Les Trois Vallées | Les Menuires, Saint-Martin-de-Belleville, Courchevel, Méribel, La Tania, Brides-les-Bains, Val Thorens et Orelle |
|
|
| Paradiski | La Plagne,Champagny-en-Vanoise, Peisey-Vallandry, Les Arcs, Montchavin les Coches |
|
|
| Les Sybelles | Le Corbier, La Toussuire, Les Bottières, Saint-Jean-d'Arves, Saint-Sorlin-d'Arves, Saint-Colomban-des-Villards |
|
|
| Espace Killy | Tignes, Val d'Isère |
|
|
| Espace Diamant | Crest-Voland, Cohennoz, Flumet, Notre-Dame-de-Bellecombe, Praz-sur-Arly et les Saisies (pistes non reliées) |
|
|
| Galibier-Thabor | Valloire et Valmeinier |
|
|
| Grand domaine | Valmorel, Saint-François-Longchamp, Doucy-Combelouvière |
|
|
| Espace San Bernardo | La Rosière, La Thuile (Italie) |
|
|
| Val Cenis Vanoise | Val Cenis, Termignon-la-Vanoise |
|
|
| Autres domaines | La Norma (65 km) — Valfréjus (65 km) — Les Karellis (60 km) — Aussois (55 km) — Les Aillons-Margériaz (40 km) |
|
|
À côté des sports d'hiver, le département de la Savoie a enregistré 170 803 visites de musées en 2009, le plus visité étant le Musée Opinel à Saint-Jean-de-Maurienne avec 30 235 visiteurs annuels, juste derrière la Galerie Eurêka à Chambéry (45 114 visiteurs) et l'abbaye d'Hautecombe sur la rive ouest du lac du Bourget (102 320 entrées en 2009). L'on établissait pour la saison 2007 l'enregistrement d'environ 300 000 visites payantes sur 80 lieux touristiques. Le département compte en outre 70 offices de tourisme et syndicats d'initiative, 4 casinos et 6 centres de congrès[301].
Pour les activités de pleine nature, la Savoie comporte 1 672 km d'itinéraires pédestres balisés, 2 426 km d'itinéraires cyclotouristes, 188 km de veloroutes, 155 refuges et gîtes d'étape, ou encore 27 plages surveillées[297] et 40 piscines couvertes. La ville d'Aix-les-Bains est par ailleurs labellisée Station nautique.
Pour finir, le thermalisme est également développé en Savoie, avec les quatre stations thermales encore en activité que sont Aix-les-Bains, Challes-les-Eaux, Brides-les-Bains et La Léchère (six en comptant les thermes Chevalley à Aix-les-Bains et le spa de la Léchère). Aix-les-Bains demeure à cet égard la 2e station thermale de France après celle de Dax dans les Landes. Chaque année, la Savoie accueille environ 50 000 curistes, soit 10 % du total en France, ce qui en fait la première destination thermale au niveau national[295].
Autres services et commerces [modifier]
Avec 10 038 établissements, soit 45,7 % des entreprises en 2011, le secteur tertiaire est relativement important en Savoie, avec une progression de 68 % en 10 ans des activités de services. Cela est dû en particulier au tourisme, mais pas exclusivement. En effet, si 2 300 établissements étaient spécialisés dans l’hébergement et la restauration, 1 221 concernaient les services administratifs et de soutien (location, recrutement, agences de voyage…), et 995 les activités spécialisées aux entreprises pour lesquelles les points forts du département se situent au niveau de l'informatique, du conseil et de l'ingénierie. L'enseignement, la santé humaine et l'action sociale n'arrivent pas loin puisque c'étaient 991 établissements recensés alors. Les services aux particuliers ne cessent eux aussi de progresser, et la situation géographique de la Savoie contribue également au maintien d'une forte activité de transports. À cet égard, si les effectifs salariés se répartissent comme les établissements pour les deux premières catégories (près de 20 000 dans l’hébergement/restauration et 11 658 dans les services administratifs et de soutien), la troisième concerne néanmoins le transport et l’entreposage avec 10 350 salariés occupés[303].
En matière de commerce, l'on recensait sur cette même période 6 701 commerces, dont 3 422 ne comptant aucun salarié et 4 en comptant plus de 200. La majorité d'entre eux sont des commerces de détail avec 2 309 établissements, contre 548 pour le commerce de gros. En outre, la Savoie comptait 153 enseignes de plus de 1 000 m2, soit environ 375 000 m2 de surface de vente (hors garages automobiles, centres commerciaux ou galeries marchandes). À échelle moindre, l'on comptabilisait également 410 points de vente de plus de 300 m2 soit 522 000 m2 d'espaces de vente[303].
Le commerce international, enfin, est assez développé dans le département, avec pour 2010 plus de 2 milliards d'euros d'exportations et plus d'1 milliard d'importations selon la Direction générale des douanes et des droits indiects. Les premiers produits exportés concernent l'industrie, notamment les équipements mécaniques, les matériels électriques et informatiques (807 millions d'euros soit 39,1 %), puis les produits de la métallurgie et métalliques (658 millions d'euros soit 31,9 %) et enfin les produits chimiques, parfums et cosmétiques (228 millions d'euros, soit 11,1 %). Les cinq premiers pays clients du département de la Savoie à cette période sont l'Allemagne (19,1 %), l'Italie (16,6 %), l'Espagne (7,2 %), le Royaume-Uni et les États-Unis, tandis que les cinq premiers pays fournisseurs étaient l'Italie (18,7 %), l'Allemagne (14,8 %), la Chine (8,8 %), la Suisse et l'Afrique du Sud.
Enfin, 26 entreprises savoyardes sont implantées à l'étranger, au travers de filiales, de magasins, d'agences ou de bureaux de représentation[303].
Culture [modifier]
La culture en Savoie se rencontre dans de très vastes et nombreux domaines. Le département connait une certaine culture « savoisienne », ou « savoyarde » au sens large, couvrant de la même manière le département de la Haute-Savoie, mais possède des spécificités allant des arts au patrimoine et regroupant diverses manifestations et festivités culturelles qui lui sont propres.
Arts [modifier]
Architecture, sculpture, peinture [modifier]
Le premier art qu'est l'architecture est très diversifié sur le territoire du département. L'architecture rurale montre déjà des différences selon les territoires et leurs caractéristiques économiques et culturelles. Pour autant, les caractéristiques communes à l’architecture en Savoie sont l’utilisation de la pierre tirée directement des montagnes quasiment omniprésentes sur l’ensemble du territoire, ainsi que du bois, bien que son utilisation soit conditionnée à l'exposition et à l'altitude des constructions. Les maisons étaient souvent d'une certaine taille pour accueillir des bêtes (écuries, étables, granges) et permettre le stockage (greniers, caves…), même si la cohabitation entre bétail et individus n'a jamais été généralisé en Savoie, celle-ci ne se rencontrant que dans quelques zones des hautes vallées, qui plus est limitées à la période hivernale. L'architecture datant d'avant le XIXe siècle est moins bien connue du fait des règles imposées progressivement, comme l'obligation des toitures en tôle plutôt qu'en chaume ou l'emplacement des portes et fenêtres[304].
En ce qui concerne les édifices religieux, la Savoie comprend aussi bien des églises ou cathédrales romanes comme l'église Saint-Pierre de Lemenc à Chambéry ou la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Maurienne, gothiques à partir du début du XVIIIe siècle et dont on retrouve des décors sur la Sainte-Chapelle ou la cathédrale de Chambéry, et baroques, qui durera jusqu'en 1815. Le XXe siècle est pour sa part marqué par des architectures monumentales comme les églises de Tignes ou de Modane ou encore la pyramide du Mont-Cenis puis plus modernes et se fondant plus dans la paysage urbain comme l'église Notre-Dame-de-l'Assomption à Courchevel[305]. À l'égard de l’architecture religieuse baroque, les « chemins du Baroque » permettent de découvrir près d'une centaine de sites religieux savoyards baroques, notamment présents en Tarentaise, Maurienne, dans le Beaufortain et dans le Val d'Arly[306].
En termes de promotion et de conseil en architecture, il existe dans le département la Maison de l'Architecture de Savoie (MAS) chargée entre-autres de « diffuser la culture architecturale contemporaine au grand public »[307] et le Conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement de la Savoie[308].
Le deuxième art qu'est la sculpture est également très présent en Savoie. Le département s'est notamment beaucoup doté de sculptures et de statues durant le XIXe siècle dont les visées étaient à la fois la gloire des grands hommes et les commémorations. La ville de Chambéry en possède à elle seule plusieurs dizaines, la plus connue étant la fontaine des Éléphants érigée en 1838 en l'honneur du comte de Boigne suite à son don effectué à la ville, mais en possède également de Jean-Jacques Rousseau, d'Antoine Favre ou des frères Joseph et Xavier de Maistre. Pour les monuments commémoratifs, la ville compte la statue de La Sasson, érigée en 1892 pour marquer le centenaire du premier rattachement de la Savoie à la France de 1792, ainsi que les monuments aux Savoyards morts pour la patrie.
Ailleurs en Savoie trônent les statues de Saint-Bernard de Menthon au col du Petit-Saint-Bernard, du médecin et botaniste François-Emmanuel Fodéré dans sa ville natale de Saint-Jean-de-Maurienne, ou encore le buste de Germain Sommeiller, à qui l’on doit la percée du tunnel ferroviaire du Mont-Cenis, en gare de Modane. Du côté des commémorations, les grandes villes du département comptent des monuments aux morts des dernières guerres ou des évènements plus particuliers comme la stelle rappelant l'ouverture de la Route Royale des Échelles par Charles-Emmanuel II de Savoie en 1652.
Pour le troisième art enfin, c'est-à-dire la peinture, la Savoie n'est là aussi pas en reste. Le musée des Beaux-Arts de Chambéry présente à cet égard une grande partie des tableaux peints entre les XIVe et XIXe siècles, à l'inspiration variant de l'italien et piémontais et consistant en la description de paysages ou de portraits. En outre, le département a connu une « École savoyarde » au travers de l’École de peinture de Chambéry jusqu'au début du XXe siècle qui a formé de nombreux peintres, attirés notamment par la peinture de paysages[309].
Mais la peinture se retrouve également directement sur les murs savoyards. Les peintures murales se retrouvent dans de très nombreux endroits dans le département, les plus anciennes étant les peintures murales médiévales de Cruet, datées de la fin du XIIIe siècle et actuellement exposées au Musée Savoisien à Chambéry. Le palais de justice de Chambéry renferme lui aussi une peinture murale dans la salle des pas perdus, ainsi que divers tableaux au niveau des salons. De nombreux autres bâtiments en possèdent au sein du département.
Enfin la Savoie possède une grande quantité de peintures en trompe l'œil. Les plus connus sont ceux de l'intérieur de la cathédrale de Chambéry, qui de par leurs 6 000 m2 de superficie constituent le plus vaste ensemble de peintures en trompe l'œil d'Europe[310]. Chambéry qui par ailleurs possède également de nombreux trompe l'œil sur plusieurs bâtiments du centre ancien.
Musique, littérature, théâtre [modifier]
En poursuivant avec le quatrième art qu'est la musique, l'on peut d'ores et déjà mentionner que le département de la Savoie compte 26 écoles de musique au sein desquelles près de 8 000 élèves étaient inscrits sur l’année scolaire 2011-2012[311]. La pratique de la musique à Chambéry est effectuée, entre-autres, à la Cité des Arts et le Conseil général de la Savoie favorise la pratique de la musique, notamment dans le milieu scolaire. En parallèle, existe également en Savoie et en Haute-Savoie l'Orchestre des Pays de Savoie, créé en 1984 et composé de 23 musiciens permanents (comprenant 19 instruments à cordes, 2 hautbois et 2 cors)[312], ainsi que différents groupes de musique folkloriques et d'orchestres de batterie-fanfare.
Pour la représentation de spectacles musicaux, le département s'est doté en 2009, à Chambéry, d'une nouvelle salle multifonctionnelle, Le Phare, pouvant accueillir de 3 000 personnes assises à 6 000 personnes assises et debout[313], et dans lequel s'organisent des concerts de chanteurs et de groupes nationaux et internationaux. D'autres scènes de taille plus modeste existent parallèlement, à Chambéry et Albertville notamment.
Historiquement, la Savoie à l'origine de plusieurs mélodies ou chants, parmi lesquels le Chant des Allobroges de Joseph Dessaix, entonné la première fois en 1856, aussi appelé La Liberté et considéré comme l'hymne savoyard. La chanson Étoile des neiges, qui bien que non originaire de Savoie, est écrite en 1948 avec pour thème la Savoie et deviendra connue du grand public durant les années 1980 grâce à sa reprise par le groupe Simon et les Modanais et pour laquelle ils recevront un disque d'or sur le plateau de l'émission Champs-Élysées, animée par Michel Drucker, en 1987.
Enfin il peut être mentionné le grand orgue romantique de la cathédrale de Chambéry, datant de 1847 et comportant 50 jeux, 3 claviers et 1 pédalier agissant sur plus de 2 800 tuyaux[314], ou encore le carillon de la tour Yolande de la Sainte-Chapelle du château des ducs de Savoie, le plus récent carillon construit par les Fonderies Paccard et qui avec ses 70 cloches compte parmi les plus importants d'Europe. Installé en 1993, il remplace l'ancien carillon de 1936, d'abord de 37 puis de 40 cloches à partir de 1960. Ce-dernier est aujourd'hui installé dans la cour du château. Là encore ce carillon est le plus important d'Europe et le 4e au monde après ceux de Broomefiels Hills (77 cloches), de Riverside (74 cloches) et de Chicago (72 cloches) aux États-Unis[315].
Le cinquième art, c'est-à-dire la littérature (incluant la poésie) a là aussi été souvent présent en Savoie dans l'histoire et le demeure aujourd'hui. Même si la Savoie n'est pas exceptionnellement réputée pour ses écrivains et poètes célèbres, nombreux sont en revanche ceux à avoir mentionné la Savoie dans leurs écrits. L'ouvrage de Rémi Mogenet Écrivains en Pays de Savoie paru en 2012 retrace ces auteurs et leurs références aux Pays de Savoie (Savoie et Haute-Savoie), parmi lesquels figurent notamment Goethe, Chateaubriand, Alexandre Dumas, Honoré de Balzac, André Gide, Stendhal ou Victor Hugo[316]. L'auteur explique que le passage obligé par le col du Mont-Cenis et la position de « carrefour alpin » de Chambéry faisait que la Savoie a longtemps été un territoire très fréquenté des voyageurs, qui en profitaient alors pour le décrire durant leur périple. C'est ainsi que de nombreux récits de voyage permettent aujourd'hui aux historiens de s'imaginer la Savoie au fil des siècles, par exemple quand en 1581 Montaigne décrit le mont du Chat, le lac du Bourget et le château de Bourdeau :
« Déjà nous vînmes passer le Mont du Chat, haut, raide, et pierreux mais nullement dangereux ou mal aisé, au pied duquel se sied un grand lac, et le long d'icelui un château nommé Bordeau. »
— Michel de Montaigne, Journal de voyage en Italie (1581)
Le lac du Bourget sera d'ailleurs de ceux le plus souvent décrits par les visiteurs, le plus célèbre d'entre eux étant sans-doute Alphonse de Lamartine, qui en 1860 à travers son poème intitulé « Le Lac » issu de ses Méditations poétiques, s'adresse directement au lac en s'exclamant notamment « Ô lac ! » dès le deuxième quatrain. L'écrivain et philosophe Jean-Jacques Rousseau, qui séjourna de 1731 à 1742 à Chambéry (dont à la maison des Charmettes à partir de 1736) auprès de Madame de Warens, écrivit lui aussi beaucoup sur les personnes et les lieux qui l'entourèrent:
« C'est dommage que les Savoyards ne soient pas riches ou peut-être serait-ce dommage qu'ils le fussent ; car tels qu'ils sont, c'est le meilleur et le plus sociable peuple que je connaisse. S'il est une petite ville au monde où l'on goûte la douceur de la vie dans un commerce agréable et sûr, c'est Chambéry… »
— Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, Livre V (1732-1736)
En outre, un plan de développement de la lecture publique a été adopté par l’Assemblée des pays de Savoie en 2007. Ce plan, assuré au-travers de la bibliothèque départementale de prêt de Savoie et de Haute-Savoie qu'est Savoie-Biblio, doit permettre le développement de l'attractivité culturelle des citoyens « grâce à des bibliothèques de qualité sur tous les territoires, pour tous les publics, ouvertes à tous les arts, qui soient des outils d’éducation permanente en proximité »[317]. En 2005, le département accueillait 78 bibliothèques (dont 77 municipales) et 139 autre lieux de lecture donnant accès à plus d'un million de documents et comptant 72 000 inscrits (21 % de la population)[318].
Enfin, la Savoie possède depuis 1820 sa propre académie, l'Académie royale des sciences des belles-lettres et des arts de Savoie, aussi appelée Académie de Savoie, et sise au château de Chambéry.
Pour finir avec le sixième art qu'est le théâtre et plus globalement les « arts de la scène » (danse, cirque…), la Savoie se dote d'un premier grand théâtre à l'italienne en 1824 à Chambéry. Aujourd'hui connu sous le nom de théâtre Charles Dullin, ce nouvel édifice disposait alors d'une capacité d'accueil de 1 800 spectateurs et son inauguration s'est faite en présence du roi Charles-Félix de Savoie. Ce-dernier remplace alors deux anciens théâtres du XVIIIe siècle devenus insuffisants aux yeux du comte Benoît de Boigne qui finança les travaux. Il abritait notamment des spectacles lyriques, mais parfois aussi des fêtes ou des banquets. Après l’incendie de 1864, seul le « rideau d'Orphée » a pu être épargné, un rideau de scène peint représentant le mythe de la descente d'Orphée aux enfers.
D'une capacité actuelle de 450 places, le théâtre Charles Dullin possède en tout 4 niveaux de galeries en plus de son parterre, le tout en forme de fer à cheval[319].
Chambéry possède également la scène nationale de la Savoie qu'est l'Espace Malraux, construit en 1987 et accueillant divers spectacles, de théâtre, de musique ou de danse.
En 2008, la Savoie recensait 18 compagnies amateurs et 22 compagnies professionnelles de théâtre[318]. En outre, au sein du département agit l'association « Théâtre en Savoie » dont le premier rôle est de « soutenir et promouvoir l'action théâtrale en Savoie et Haute-Savoie sous toutes ses formes (formation, création, diffusion, éducation, animation…) »[320].
Cinéma [modifier]
Le septième art, c'est-à-dire le cinéma, est relativement présent en Savoie. Le département comptait ainsi 55 cinémas en 2008, pour un total de 90 écrans et 1,46 millions d'entrées[318]. Pour 2010, le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) et le Département des études de la prospective et des statistiques (DEPS) précisaient la présence de 17 448 fauteuils, et avançaient également le chiffre de 1,548 millions d'entrées, soit une augmentation de 6 % en 2 ans, pour des recettes totales de 10,784 millions d'euros et un indice de fréquentation assez élevé, de 3,84 entrées par habitant, plaçant la Savoie au 12e rang des départements français sur ce critère[321]. Déjà en 1999, un dossier du Ministère de la Culture évoquait que les départements les mieux équipés en salles de cinéma ne concernaient pas seulement les seuls grands pôles d'activité de la population française (Paris, Rhône, Nord…), mais également, entre-autres, ceux des massifs alpins, citant à ce titre la Savoie et la Haute-Savoie[322].
Le cinéma s'installe pour la première fois en Savoie au début du XXe siècle. Le cinéma Le Modern-Palace ouvre ses portes à Chambéry en 1911, disposant alors d'une structure métallique et d'une galerie. Il sera détruit et remplacé en 1957 par Le Régent, lui-même remplacé plus tard par l’actuelle salle Jean Renoir. Tous deux ne comptaient alors qu'une seule salle de projection. Le plus vieux cinéma de Savoie encore en service est L'Astrée à Chambéry. Ouvert en 1940, il ne comporte alors lui aussi qu’une seule salle de projection, passant ensuite à 3 en 1975 et à 4 salles en 1984. Ce-dernier a fait l’objet d'une importante rénovation en 2012 visant à la fois à le moderniser avec l'installation de nouveaux équipements numériques, mais aussi à lui rendre son aspect de « cinéma des années 1930 » en restaurant les fresques murales de l'entrée peintes en 1942 par le peintre savoyard René-Maria Burlet et représentant des scènes du roman L'Astrée d'Honoré d'Urfé (XVIIe siècle)[323]. Sa capacité actuelle est désormais de 400 places.
Enfin, depuis l’été 2012, Chambéry détient le multiplexe cinématographique le plus moderne de France. Exploité par Pathé, il est situé sur le site des Halles en plein centre-ville, possède 10 salles et 1 700 fauteuils[324].
Le département de la Savoie a souvent servi de cadre de tournage pour de nombreux films, notamment sur les communes de Val d'Isère, Tignes, Aix-les-Bains et Chambéry. Parmi ceux ayant réalisé un nombre important d'entrées ou ayant obtenu des récompenses, l'on retrouve:
- Le Grand Restaurant, de Jacques Besnard, avec notamment Louis de Funès et Bernard Blier en 1966 à Val d'Isère,
- Les Bronzés font du ski de Patrice Lecomte, avec la troupe du Splendid en 1978 à Val d'Isère,
- La Femme de mon pote de Bertrand Blier, avec notamment Thierry Lhermitte, Isabelle Huppert et Coluche en 1983 à Courchevel,
- La Trace de Bernard Favre, en 1983 à Sainte-Foy-Tarentaise (nomination au César du meilleur premier film),
- L'Effrontée de Claude Miller, avec notamment Charlotte Gainsbourg, Bernadette Lafont et Jean-Claude Brialy en 1985 à Chambéry,
- Les Rivières Pourpres de Mathieu Kassovitz, avec notamment Jean Reno en 2000 à la cascade du Saint-Benoît à Avrieux ainsi qu'à Albertville,
- Taxi 3 de Luc Besson, avec notamment Samy Naceri, Frédéric Diefenthal et Bernard Farcy en 2003 à Val d'Isère,
- Pur Week-end, d'Olivier Doran, avec notamment Kad Merad, Bruno Solo et François Berléand en 2007 à divers endroits dont les Bauges et la Vanoise,
- Le Dernier pour la route, de Philippe Godeau avec notamment François Cluzet, Mélanie Thierry et Michel Vuillermoz en 2009 à Aix-les-Bains et sur le lac du Bourget,
- Intouchables, d'Olivier Nakache et Éric Toledano, avec notamment François Cluzet et Omar Sy en 2011 où la scène en parapente est tournée au col des Saisies.
Pour terminer sur la sauvegarde de la culture cinématographique du département, a été créée en 1999 l'association Cinémathèque des Pays de Savoie et de l’Ain, qui se charge de récupérer puis de restaurer une large variété de « films inédits » c'est-à-dire de particuliers, d'entreprises et institutionnels. Elle en assure également la documentation en vue de la conservation[325].
Patrimoine [modifier]
Le département de la Savoie possède aujourd'hui un patrimoine riche et diversifié. Du côté du patrimoine architectural, au 31 décembre 2010, le Ministère de la Culture répertoriait 200 protections dans sa base Mérimée, répartis en 80 classements et 120 inscriptions[326]. Le département fait néanmoins partie, avec la plupart des autres départements alpins (Hautes-Alpes, Isère, Haute-Savoie…), de ceux en possédant le moins en termes de densité avec moins de 4 monuments par 100 km2. La commune détenant le plus de monuments historiques classés et inscrits est Chambéry avec 25 protections, soit 12 % du total. Suivent ensuite Aix-les-Bains avec 14 protections, Bonneval-sur-Arc avec 12 protections et Albertville avec 10 protections mais peu nombreuses sont les communes à en posséder puisque 214 communes du département sur 305 (70 %) ne possèdent aucun monument historique. Les premières protections à avoir été arrêtées en Savoie ont eu lieu en 1875 et ont concerné la basilique Saint-Martin d'Aime, le temple de Diane à Aix-les-Bains et l'abbaye d'Hautecombe à Saint-Pierre-de-Curtille.
Le nombre de protection n'équivaut cependant le nombre de monuments historiques, notamment dans le cas des protections d'ensemble comme c'est le cas à Bessans avec 30 chapelles et oratoires regroupés avec l'église de la commune, à Lanslevillard avec 15 chapelles et un pont, et à Saint-Sorlin-d'Arves avec 10 monuments dont 6 chapelles, 1 oratoire, l'ancienne mairie, l'église ou la croix du col de la Croix de Fer… La Savoie possède à cet égard un peu plus de 250 monuments historiques en comptant les protections regroupées.
Les monuments historique protégés les plus anciens du département de la Savoie datent de la Protohistoire et notamment du Néolithique comme le cercle de pierres de Séez, ou du Chalcolithique comme l'abri sous roche de Saint-Jean-d'Arvey. Font également l’objet d'une protection différents sites archéologiques immergés dans les lacs du Bourget (6 sites) et d'Aiguebelette (2 sites) datés d'une période s'étendant du Néolithique moyen à l'âge du bronze récent, âge du bronze duquel datent aussi d'autres monuments tels les blocs cupulaires de Billième. Remontant vers l'Antiquité, s'ajoutent alors divers vestiges et monuments romains, notamment à Aix-les-Bains (Arc de Campanus, temple de Diane…) mais aussi avec la villa gallo-romaine de Gilly-sur-Isère.
Le nombre de monuments augmente ensuite à partir du Moyen Âge avec les nombreuses fortifications que constituent les tours et châteaux de la Savoie notamment à Conflans au-dessus d'Albertville et déjà avec certains monuments religieux comme l'église de Sainte-Marie-de-Cuines (XIe siècle) ou l'Église paroissiale Notre-Dame de Yenne (XIIe siècle). Ces-derniers seront encore très nombreux pendant la Renaissance (Église des Carmes du Pont-de-Beauvoisin du XVIe siècle) puis commencent à s'ajouter des monuments comme des ponts, des fontaines ou des croix (fontaine de granit de Modane du XVIe siècle, pont Morens sur l'Isère entre Montmélian et la Chavanne du XVIIe siècle, croix en fer forgé et son socle de granit de Saint-Martin-de-Belleville du XVIIe siècle).
Le XVIIIe siècle continue d'être marqué par bon nombre d'édifices religieux auxquels s'ajoutent quelques monuments spécifiques comme les thermes d'Aix-les-Bains ou le domaine Reinach à la Motte-Servolex et le XIXe siècle ouvre la protection à des architectures plus modernes et parfois industrielles comme le tunnel hydraulique du Gelon et pont Royal à Chamousset, les tunnels ferroviaires de Fréjus et de Brison ou encore l'ancienne taillanderie Busillet de Marthod. Enfin le XXe siècle possède également des monuments protégés, comme les chalets Jolliot-Curie et le Petit Navire à Courchevel, les anciens hôtels Royal et Excelsior d'Aix-les-Bains ou la rotonde ferroviaire de Chambéry[327]. Chambéry, qui avec Albertville, détient le label « Villes d'art et d'histoire ».
En termes de patrimoine architectural, la Fondation pour l'action culturelle internationale en montagne (FACIM) contribue à la mise en valeur et à l'animation du patrimoine savoyard.
Depuis 2011, la Savoie possède également 5 sites au patrimoine mondial de l'Unesco au titre des sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes. Il s'agit de Brison-Saint-Innocent–Baie de Grésine, la baie de Châtillon, Saint-Pierre-de-Curtille–Hautecombe et le littoral de Tresserve pour les sites palafittiques du lac du Bourget, et de Lac d'Aiguebelette (zone sud) pour le lac d'Aiguebelette.
Enfin, le département compte 24 sites naturels classés[328]. Il s'agit d'un label officiel français témoignant d’un intérêt paysager, artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque exceptionnel de sites naturels ou artificiels justifiant la nécessité d'autorisations en vue d'effectuer d'y effectuer des travaux susceptibles de modifier l'état ou l'apparence du territoire protégé. En outre, la commune de Bonneval-sur-Arc adhère aux plus beaux villages de France.
Archives départementales [modifier]
Les archives départementales de la Savoie, installées à Chambéry et directement rattachées au Conseil général de la Savoie, ont pour rôles de collecter auprès des particuliers, des entreprises et des institutions des documents anciens afin de les restaurer, les documenter, les classer et les rendre accessibles gratuitement au public. Actuellement les archives de la Savoie possèdent plus de 1 000 ans d'archives, la plus ancienne étant la charte de Rodolphe par laquelle le le roi Rodolphe III de Bourgogne fait comte l'archevêque de Tarentaise en l'an 966[329].
Les archives départementales possèdent donc des milliers d'archives administratives issues du Conseil général, de la Préfecture ou des tribunaux et des service du cadastre, incluant notamment les mappes sardes réalisées entre 1728 et 1738 et auxquelles Jean-Jacques Rousseau lui-même a participé durant son séjour à Chambéry. Les archives regroupent également une partie des archives de l'ancien Duché de Savoie (l'autre partie étant conservée par les archives départementales de la Haute-Savoie), ainsi que tous les registres paroissiaux et d'état civil dont les plus anciens remontent au XVIe siècle (registres de la Bâthie). Au total et mises bout à bout, les archives de la Savoie représentent environ 20 km en linéaire[330].
À noter que les archives possèdent en outre un certain nombre de photographies et de microfilms anciens.
Traditions [modifier]
Patois [modifier]
Le patois savoyard est une variante du francoprovençal (ou arpitan) dont il s'est éloigné à la fois au niveau de la phonétique notamment du fait de la palatalisation[331], mais aussi au niveau des mots eux-mêmes, avec la création de nombreux mots ayant trait à l’environnement et la météorologie principalement. Pour autant, bien que bâtie sur des bases communes, le patois savoyard se divisait en plusieurs petits sous-dialectes différents, non seulement d'un département à l’autre, mais également d'une vallée à l’autre. En Savoie, ces sous-dialectes sont notamment le Chambérien, le Mauriennais et le Tarin, mais auxquels s'ajoutent également des dialectes plus limités géographiquement que sont le Valloirin le Langrin et le Bessanais en Maurienne, et le Tignard en Haute-Tarentaise.
Aujourd'hui les locuteurs réguliers sont beaucoup moins nombreux qu'au début du XXe siècle, mais demeure néanmoins un parler savoyard, fait de mots et d'expressions savoyardes plus ou moins francisées qu'une forte proportion des populations de Savoie et de Haute-Savoie continuent d'utiliser spontanément, comme « ce tantôt » pour « cet après-midi », « panosse » pour « serpillère » ou « penses-tu » pour signifier « bien sûr que non ». L'on peut également rencontrer dans le parler courant une présence plus importante de la voyelle « y » en Pays de Savoie que dans les autres régions géographiques françaises, celle-ci remplaçant à l'origine les pronoms d'objet « le », « la » ou « les ». Cette voyelle est par exemple utilisée dans la phrase « je n'aime pas y faire » à la place de « je n'aime pas le faire »[332].
Costumes et bijoux [modifier]
Traditionnellement, les Savoyardes portent une robe en drap de laine, une chemise, un châle, un bonnet et un tablier, tandis que les Savoyards se contentent d'un pantalon, d'une blouse, d'une veste en drap de laine et d'un chapeau en feutre noir. Pour autant, chaque village de Savoie cherchait aussi à se distinguer selon sa coiffe ou ses broderies, ce pourquoi tous les costumes ne sauraient être entièrement similaires, non seulement d'une vallée à l'autre, mais aussi d'un village à l'autre. En outre, chaque territoire possède également plus ou moins un ensemble commun de tenues[333]. Le costume servait donc à la fois de révélateur de l'origine géographique ainsi que du statut social de son ou sa propriétaire, de par la qualité des tissus (soieries, broderies…) notamment. De plus ces tenues étaient plus ou moins modifiées selon la saison (notamment les températures) ainsi que le type d'activité effectuée dans la journée (coupe de bois, travail dans les champs, etc).
En plus des costumes, il pouvait également être d'usage de porter divers accessoires. L'on compte parmi eux des bijoux, notamment avec l'avènement de la croix de Savoie dès la fin du XVIIIe siècle puis plus rapidement à compter de 1860: ainsi se retrouvaient la croix à pendeloques dans le Beaufortain, la croix de Mégère dans le Val d'Arly, la croix rayonnante de Valloire, la croix à l'Os en Haute-Maurienne, plus différentes autres croix comme la croix à chaînes ou la croix trèfle de Saint Maurice, semble-t-il la plus ancienne[334] et la plus authentiquement savoyarde, les comtes de Savoie ayant en effet pris Saint Maurice comme patron (premier modèle repéré à Peisey-Nancroix)[335]. Les cœurs, les broches et les sautoirs en or étaient également portés. Puis arrivèrent les boucles d'oreilles « créoles », importées du Second Empire après l'annexion à la France et devenues rapidement appréciés des femmes tarines notamment. À défaut d'or, l’argent était utilisé, offert aux femmes par les futurs époux, chacune aspirant détenir « sa croix et son cœur »[334]. Puis ces bijoux étaient souvent légués par héritage direct.
Aujourd'hui, peu des costumes subsistent dans la vie courante, mais très souvent ceux-ci sont de nouveau portés dans le cadre de manifestations culturelles à vocation folkloriques en Savoie.
Gastronomie [modifier]
Enfin, l’on peut citer la gastronomie savoyarde, à la fois comme tradition mais aussi comme patrimoine culturel. En effet, la gastronomie française dans son ensemble a été inscrite en 2010 au Patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco sous l'intitulé de « Repas gastronomique des Français »[336], incluant par la même la gastronomie et la cuisine traditionnelle savoyarde.
Traditionnellement, la cuisine savoyarde est constituée par une très grande variété de plats et de recettes différents d'une vallée à l'autre du département. Cette cuisine se retrouve à la fois à tous les services du repas (entrée, plat, fromage et dessert), mais aussi dans les apéritifs, les digestifs et au niveau de la boisson. Historiquement, elle est surtout faite à base de céréales (telles le blé et le maïs), de viande et de produits laitiers parmi lesquels de nombreux fromages. La pomme de terre est également souvent utilisée dans les recettes savoyardes, et la viande, de gibier ou non, est souvent travaillée en charcuterie, sous forme de saucisses, tels que le sont les diots, et de saucissons notamment. Les torrents et surtout les grands lacs du département sont relativement poissoneux, aussi les poissons que l'on peut rencontrer sur les marchés sont des poissons sauvages locaux. Ce sont le plus souvent des lavarets, des truites, des ombles ou des poissons-chats. Ces poissons font régulièrement partie des cartes de menus dans les restaurants locaux. En ce qui concerne le gibier, se retrouvaient traditionnellement dans les plats savoyards la plupart des animaux de montagne tels que le chamois ou la marmotte, auxquels s'ajoutent les sangliers et les cervidés (cerfs, chevreuils, biches…), souvent cuits et marinés au vin.
Le vin blanc qui est par ailleurs fréquemment utilisées dans les recettes d'origine savoyarde, parmi lesquelles les diots au vin blanc, la fondue savoyarde, la croûte au fromage ou la poêlée montagnarde. D'autres recettes comme la polente, la tartiflette ou la croziflette (crozets cuits avec du reblochon) peuvent aussi, selon les habitudes, en être accompagnées.
Les Savoyards, comme le restant des Français, ont également pris l'habitude de confectionner des repas à base de fromage raclette, à l’origine suisse, mais aujourd'hui produit en Savoie par une demi-douzaine de producteurs[337], et beaucoup consommé fondu avec des pommes de terre et de la charcuterie.
Les fromages produits aujourd'hui en Savoie sont notamment la raclette, le beaufort, la tome des Bauges, la tomme de Savoie, le bleu de Termignon, le bleu du Mont-Cenis l'emmental de Savoie, le reblochon, le persillé de Tignes, le persillé du Mont-Cenis, le chevrotin, l'abbaye de Tamié et le moelleux du Revard.
Du côté des pâtisseries, la Savoie est notamment à l'origine du gâteau de Saint-Genix et du biscuit de Savoie (ou gâteau de Savoie).
Enfin le département figure parmi les 10 départements possédant le plus d'étoiles décernées par le Guide Michelin en 2012, avec également celui de la Haute-Savoie. La commune de Courchevel compte à elle seule 8 restaurants étoilés[338] sur un total de 19. Si aucun ne possède 3 étoiles, 8 en détiennent 2 et 11 en détiennent 1. De plus, deux restaurants sont honorés du « Big Gourmand » (menu complet avec un bon rapport qualité prix)[339].
Manifestations culturelles et festivités [modifier]
Les principales manifestations se déroulant sur le territoire de la Savoie sont, de par leur fréquentation, le festival de musique Musilac à Aix-les-Bains et les Estivales en Savoie, dont certaines se déroulent au château des ducs de Savoie de Chambéry.
Musilac est un festival de musique organisé chaque année depuis 2002 durant le mois de juillet sur l'esplanade d'Aix-les-Bains à proximité du lac du Bourget. Des chanteurs de renommée nationale et internationale se relaient alors sur la grande scène installée à cet effet pendant 3 jours. Le nombre de spectateurs inscrits n'a cessé d'augmenter jusqu'à l'année 2012 où il atteint son pic de 82 000 personnes, revenu à 75 000 en 2012. Parmi les artistes qui s'y sont récemment produits, l'on peut citer Bénabar, Jean-Louis Aubert ou Franz Ferdinand en 2012, Carlos Santana, Bernard Lavilliers ou Ben Harper en 2011, ou encore ZZ Top, Mika, Indochine ou Cœur de pirate en 2010[340].
Peu de temps après, ce sont les Estivales en Savoie qui succèdent à Musilac en tant que festival de musique durant une plus grande partie du mois de juillet. Dénommé à l'origine en 2003 Estivales du Château car accueillant le public exclusivement dans la cour du château de Chambéry, celui-ci se déroule désormais sur différents sites du département, tout en conservant certains concerts au Château. Le pic de fréquentation a été enregistré en 2010 avec 49 000 spectateurs, Savoyards pour 80 % d'entre eux. Ces spectacles et concerts sont par ailleurs gratuits au public[341].
Toujours dans le domaine musical, la Savoie a accueilli ou accueillera en 2012 l'Automne musical, le Savoie d'jazz festival, les nuits romantiques du lac du Bourget, le festival de Tarentaise, la cité d'été ou encore le festival musique et nature des Bauges[342]. Enfin comme chaque année se déroule dans de très nombreuses communes du département la fête de la musique tous les 21 juin au soir. En 2012 à Chambéry, plus de 130 groupes se sont retrouvés pour jouer, répartis sur 16 podiums sonorisés[343].
Dans la littérature, la ville de Chambéry organise chaque année en mai et juin depuis 1987 le festival du Premier roman durant lequel des lectures sont organisées et à l'issue duquel sont récompensés des auteurs, parmi lesquels Amélie Nothomb. Il est à cet égard « le premier festival collaboratif de lecteurs en France »[344].
En outre, Chambéry accueille également chaque année en octobre depuis 1975 le Festival international de la bande dessinée de Chambéry durant lequel auteurs, éditeurs et lecteurs viennent échanger autour de la bande dessinée. Chaque année, le festival met à l'honneur certains invités, par exemple Julien Neel en 2011, Christophe Arleston en 2010, Ptiluc en 2007 ou Zep en 2006[345].
Le spectacle vivant est également présent avec des festivals tels Envies de scènes, Festival vent d'est, les sommets du rire ou Zygomatic festival. Le cinéma est pour sa part mis en scène lors du festival européen du cinéma des Arcs aux Arcs, le festival international du film Aventure et Découverte, festivalloire à Valloire. En outre, pour la première fois, en novembre 2012, Chambéry fait sa semaine du cinéma italien sous le nom de De la fenêtre d'en face, dans la continuité de ce que fait déjà depuis plusieurs sa proche voisine Annecy[346]
Aussi, quelques manifestations folkloriques ont lieu un peu partout dans le département, comme le festival de folklore Chambéry. Mais d'autres communes possèdent également leurs manifestations folkloriques locales, de même que leurs groupes folkloriques locaux, parmi lesquels les Berres à Arêches-Beaufort, le groupe folklorique de Conflans à Albertville, les Traina Patin à Orelle, le Biau Zizé à Flumet ou la Pasturelle du Val d'Arly à Ugine[347].
Enfin, les journées européennes du patrimoine sont également l'occasion de visiter chaque année durant un week-end de septembre de très nombreux sites et monuments sur l'ensemble du territoire savoyard. En 2012, ce furent un total de 193 lieux répertoriés comme ouverts à la visite[348].
Religion [modifier]
Comme dans l'ensemble des départements français, la Savoie et sa population sont traditionnellement de confession catholique. Bien qu'ayant tardé à s'instaurer jusqu'au début du Moyen Âge, le christianisme s'est beaucoup développé en Savoie jusqu'au XXe siècle. Au XVIe siècle le catholicisme s'impose tandis que le Parlement français de Chambéry et le Sénat de Savoie prennent des mesures pour contrer la Réforme Protestante initiée aux alentours de Genève. La Savoie sera un lieu de Réforme catholique où s'appliqueront les mesures du Concile de Trente de 1545 pour lutter contre le protestantisme d'une part, et pour raffermir la foi catholique d'autre part (notamment avec la construction de nombreux édifices religieux d'art baroque)[349]. À la fin du XVIIIe siècle, durant la Terreur et le Directoire, la Savoie connait une période d'anticléricalisme. Pour autant, le catholicisme reste malgré-tout relativement bien ancré parmi la population puisque la fin du Directoire est marqué par un rejet de la population du département du Mont-Blanc de cet anticléricalisme ainsi que par la dénonciation de la manière dont les prêtres sont traités et déportés, si bien que le département passe par ailleurs non loin d'une insubordination généralisée[52].
Aujourd'hui, l'archidiocèse de Chambéry, Maurienne et Tarentaise de l'Église catholique se calque quasiment sur les frontières du département. Il regroupe depuis un décret du Saint-Siège du 26 avril 1966 les trois anciens diocèses que comptait autrefois la Savoie : l'Évêché de Chambéry et les diocèses de Moûtiers-Tarentaise et de Saint-Jean-de-Maurienne, en un unique archidiocèse. L'archevêque porte ainsi le titre d'« archevêque de Chambéry, évêque de Maurienne et de Tarentaise », et siège à Chambéry. Il s'agit aujourd'hui du père Philippe Ballot, nommé par le pape Benoît XVI le 26 avril 2009[350]. Le département est en outre divisé en 10 doyennés, eux-mêmes divisés en un total de 43 paroisses.
La Savoie comptait 150 prêtres en 2009 et 28 diacres en 2011. Elle accueille 4 monastères (l'Ordre cistercien de la stricte observance à Plancherine, les Bénedictines à Belmont-Tramonet, les Carmélites à Chambéry et les Moniales de bethléem de l'assomption de la Vierge et de Saint Bruno à Pugny-Chatenod), 16 congrégations religieuses et 6 unions religieuses et instituts séculiers[351].
La Savoie compte aussi deux importantes et anciennes abbayes que sont l'abbaye de Tamié dans les Bauges et l'abbaye d'Hautecombe sur les rives du lac du Bourget, fondées au XIIe siècle. La Sainte-Chapelle du château des ducs de Savoie à Chambéry abrita par ailleurs le Saint-Suaire de 1502 à 1578, et le reliquaire représentant les trois doigts de Jean le Baptiste est conservé dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Maurienne depuis le VIe siècle, ramené d'Égypte par Sainte-Thècle de Valloire.
Répartition des religions [modifier]
Catholicisme, islam, protestantisme, judaïsme [modifier]
Selon un sondage de l'Ifop réalisé pour La Vie sur l'implantation des religions en France en 2006, le département de la Savoie recensait la plus forte proportion de la population se déclarant de confession catholique, c'est-à-dire de 55 % à 63 %[352]. Suivaient ensuite, loin derrière, l'islam avec de 1 % à 3 % de répondants, le protestantisme pour moins de 1 % de la population, et le judaïsme de 0,2 % à 0,4 %. Enfin les personnes se déclarant sans religion ont répondu à ce sondage à hauteur de 27 % à 34 %. La non-religion peut donc être considérée comme la deuxième « religion » du département, un phénomène par ailleurs observable dans de nombreux autres départements de France[352].
En poursuivant la comparaison avec le niveau national, le sondage montre que la Savoie a pour toutes les religions indiquées un niveau d'appartenance fourni par les répondants de moindre ampleur. La moyenne nationale est en effet de 64 % pour le catholicisme (fourchette haute de 63 % en Savoie), de 3 % pour l'islam (fourchette haute de 3 % en Savoie), de 2,1 % pour le protestantisme (fourchette haute de 1 % en Savoie) et de 0,6 % pour le judaïsme (fourchette haute de 0,4 % en Savoie). À l'inverse, le nombre de personnes déclarées sans religion en France s'établit selon le sondage à 27,6 %. 27 % étant la fourchette basse en Savoie, et tous les autres niveaux de religion étant globalement plus ou moins inférieurs au sein du département, il est alors probable que les personnes sans religion en Savoie se situent plutôt aux alentours de la fourchette haute (34 %).
En termes de lieux de culte, le département compte une vingtaine de mosquées dont 7 du côté de Chambéry[353]. Une communauté juive et une synagogue se situent sur la commune d'Aix-les-Bains[354], commune qui possède en outre un temple protestant (de même que Chambéry, Albertville et Bourgneuf[355]), ainsi qu'une église évangélique en cours d'implantation (3 autres églises en Savoie)[356].
Autres religions [modifier]
En ce qui concerne la pratique du bouddhisme, la Savoie accueille l'Institut Karma Ling, un centre d'étude et de pratique du Dharma de l'école Kagyupa du bouddhisme tibétain, situé à Arvillard dans l'ancienne chartreuse de Saint-Hugon. Son développement débute à partir de 1980 avec la création des premiers chalets en 1981, l'inauguration des centres de retraite en 1984, du Grand Stupa en 1987 et du grand temple en 1990 notamment. Le Dalaï-Lama vient en personne à l'institut Karma Ling à deux reprises: en 1993 et 1997[357].
Situé à 800 m d'altitude au sein d'une forêt de 50 ha à une demi-douzaine de kilomètres du chef-lieu d'Arvillard, l'Institut peut aujourd'hui accueillir ponctuellement une centaine de personnes désireuses d'y effectuer une retraite spirituelle. À cet égard, l'Institut Karma Ling sert chaque année quelques 50 000 repas et accueille pour des visites guidées environ 2 000 visiteurs[358].
Enfin, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est également représentée en Savoie avec la paroisse de Chambéry.
Notes et références [modifier]
- Observatoire de la Savoie - Généralités.
- [PDF] La Chambre de commerce et d'industrie de la Savoie - Les chiffres clés de la Savoie édition 2006-2007
- La Savoie - Ministère de l'Intérieur
- La Savoie en chiffres
- Le lac d'Aiguebelette sur Savoie-Mont-Blanc
- Communes de la Savoie sur cartesfrance.fr
- Sabaudia.org - Carte de la géologie de Savoie
- US Department of Interior - Étude géologique - Provinces géologiques d'Europe, p. 11
- Risques-sismiques.fr - Risques sismiques en Savoie
- Effets foehn et retours d'est dans les Alpes
- Météo France - Cartographies des épisodes supérieurs à 100 - 200 mm en 1 jour par zones ou par périodes
- Section « Un pays de lumière et de vent » de François Forray, « La Haute Maurienne », www.sabaudia.org. Consulté le 12 novembre 2012. Site des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org.
- Savoie-Mont-Blanc - Climat
- Météo-France, 2008, Évolution du manteau neigeux en Savoie, composantes et influences
- Conseil général de la Savoie, Observatoire savoyard de l’environnement - Précipitations, bilan 2012
- Livre blanc du climat en Savoie
- Nathalie Grynszpan, « La Savoie asséchée réfléchit à un juste partage de l'eau », Le Monde, 19 juillet 2007.
- Observatoire des Territoires de la Savoie - Risques naturels et Prévention des risques
- Académie de Grenoble - Crue de l'Arc de 1957
- Météo-France, Fiches Climatologiques.
- Mémento de statistiques des transports, Chapitre 3 : Transports urbains et routiers, 1re partie : 3.3 Réseaux : 3.3.3 Routes départementales et voies communales par région et département, site du Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire / Économie et statistiques. Données au 31 décembre 2010.
- Carte des cols de Savoie
- L'accidentologie locale en SAVOIE (73) - ONISR 2009
- Observatoire des déplacements 2009
- http://www.wk-transport-logistique.fr/actualites/detail/12241/l-autoroute-ferroviaire-alpine-resiste-a-la-crise.html
- Infos sur lyon-turin.info
- Journal Officiel no 75 du 29 mars 2007, arrêté du 5 février 2007, Services dans la zone de l'aérodrome de Chambéry-Aix-les-Bains NOR : EQUA0600243A
- Office du tourisme d'Aix-les-Bains - Liste des destinations de l'aéroport de Chambéry-Aix-les-Bains
- France 3 Alpes - 2 février 2013
- MobiSavoie.fr
- Chambéry Métropole à vélo
- Informations tirées du site de Henry Suter, sur son site "Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, 2006.
- Site Sabaudia.org, "Qu'est-ce que la Savoie ?"
- J. Combier (1977) - Persee.fr
- J. Combier, Grenoble - In: Gallia préhistoire. Tome 6, 1963. p. 275-335
- J.-J. Vernier, Études historiques et géographiques sur la Savoie, Le Livre d'Histoire - Res Universis, 1896, édition 1993 (ISBN 2-7428-0039-5)(ISSN 0993-7129), p. 36-41.
- Ou plutôt comme l'écrit Justin Favrod , p. 48., de servir de contrepoids à la puissance wisighotique depuis qu'Attila et son frère Bléda, à la suite des combats des années 437/439, « avaient interdit à Aetius d'employer des mercenaires de leur peuple. »
- Chronica Gallica ad 452, éd. Th. Mommsen, dans les Monumenta Germaniae historica, Auctorum antiquissimorum, t. IX, p. 660
- L'Entourage des rois du Regnum Burgundiae, dans Alain Merchandisse p. 80.
- Le pagus Genevensis correspondait approximativement au pagus minor Genevensis (Diocèse de Genève, Pays de Gex, Genevois), le pagus minor Albanensis (Pays de l'Albanais), le pagus minor Allingiensis (Chablais savoyard) et le pagus minor Falciniacus (hautes vallées de l'Arve), le pagus Savogensis (Savoie Propre), le comitatus caput Lacensi (Chablais), le pagus Bellicensis Bugey, la Tarentaise et le pagus Maurianensis (Maurienne), J.-J. Vernier, Études historiques et géographiques sur la Savoie, Le Livre d'Histoire - Res Universis, 1896, édition 1993 (ISBN 2-7428-0039-5)(ISSN 0993-7129), p. 47.
- L’Armorial et nobiliaire de Savoie présente quelques-unes des principales familles nobles de Savoie. Louis Comby, Histoire des Savoyards, Fernand Nathan, 1977, p. 19.
- Pour plus d'informations, voir « Entre comtes de Genève et Humbertiens » dans l'article de l'Histoire de la Savoie.
- Léon Menabrea, Article « De la marche des études historiques en Savoie et en Piémont, depuis le XIVe siècle jusqu'à nos jours, et des développements dont ces études seraient encore susceptibles », Mémoires (no 1, IX), Académie de Savoie, 1839, p. 348
- Louis Comby, Histoire des Savoyards, éd. Nathan, Coll. Dossiers de l’Histoire, 1977 (ISBN 0154-9499), p. 22.
- « Moi Berlion de Chambéry, je vends à vous, Thomas, comte de Savoie, et à vos successeurs à perpétuité, tout ce que j'ai et dois avoir dans le Bourg de Chambéry, et pour cette vente j'ai reçu 32000 bons sols forts de Suse ». Voir aussi Louis Comby, Histoire des Savoyards, éd. Nathan, Coll. Dossiers de l’Histoire, 1977 (ISBN 0154-9499), p. 24., ou Histoire de Chambéry.
- Robert Avezou, Histoire de la Savoie, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1944, 1948, 1963 (ISBN 0768-0066).
- Henri Ménabréa, Histoire de la Savoie, éd. Grasset, 1933, 1960, 1976.
- Jean et Renée Nicolas, La Vie quotidienne en Savoie aux XVIIe et XVIIIe siècles, Hachette, 1979, p. 242
- Jean Nicolas, La Savoie au 18e siècle, Noblesse et Bourgeoisie, Maloine éditeur, 1978, T.1, p. 184
- Wikipédia - L'évolution sociale au XVIIIe siècle
- André Palluel-Guillard, 1792-1799 La Révolution française
- R. Avezou, Histoire de la Savoie, PUF, 1949, p. 106
- Henri Menabrea Histoire de la Savoie, Les Imprimeries réunies de Chambéry, 1976, p. 287
- 1815, SUCHET et l’ARMÉE des ALPES, museemilitairelyon.com
- Cité entre autres par Paul Guichonnet, Nouvelle histoire de la Savoie, Privat, 1999 (ISBN 2-70898-315-6 et 978-2-7089-8315-1), p. 262.
- CH 1969, p. 68, Louis Comby
- D'après la Constitution du royaume de Sardaigne, appelé Statut albertin, du 4 mars 1848, qui stipule dans son Article Premier que « la religion catholique, apostolique et romaine est la seule religion de l'État. Les autres cultes actuellement existants sont tolérés conformément aux lois. »
- Frédéric C. Napoléon d'Héran, Du Duché de Savoie ou état de ce pays en 1833, Delaunay, 1833, p. 246-248.
- Sabaudia.org
- Chronologie sur Sabaudia.org
- Paul Guichonnet (sous la dir.), Histoire de l’annexion de la Savoie (et ses dossiers secrets), éd. Privat, 1988, p. 380
- Repris par son fils Charles-Albert Costa de Beauregard, Épilogue d'un règne, Milan, Novare et Oporto. Les dernières années du roi Charles-Albert, E. Plon, Nourrit et cie, 1895,
- Thérèse Leguay, La Savoie, Éditions de Borée, 2000 (ISBN 2-84494-030-7), p. 67. Lire aussi le dossier de Marius Hudry et des Amis du Vieux Conflans, Albertville a 150 ans: 1836-1986, 1986.
- Constitution de 1848 consultable sur le site Jean-Pierre Maury, « Constitution du royaume de Sardaigne, puis du royaume d'Italie - Statut albertin - 1848 », sur Digithèque de matériaux juridiques et politiques - Université de Perpignan, 2002. Consulté le 9 mai 2009. « Droits et devoirs des citoyens, articles 24 à 32. Pour le Sénat, articles 33 à 38. Pour la chambre des députés, articles de 39 à 45. ».
- Leguay 2005, p. 99.
- Guichonnet 1982, p. 262
- Général Bordeaux, Le général Mollard, Aide de camp de l’Empereur (1801-1873), Chambéry, Imprimeries réunies, 1926, p. 26.
- Michel Amoudry, Quel avenir pour la Savoie ?, Éditions Cabedita, 2003 (ISBN 2-88295-368-2), p. 9
- Dates de l’annexion - Pointsdactu.org
- Jean de Pingon, Savoie française. Histoire d'un pays annexé, 1996 (ISBN 2-88295-184-1), p. 76-77
- Palluel 1986, p. 301-323.
- Pierre-Louis Viollet, Histoire de l'énergie hydraulique: moulins, pompes, roues et turbines de l'Antiquité au XXe siècle, Presses des Ponts, 2005, p. 154. - ISBN 2-85978-414-4.
- Aristide Béruard, Marius Hudry, Juliette Châtel et Alain Favre, Découvrir l’Histoire de la Savoie, Centre de la Culture Savoyarde, 1998, 240 p. (ISBN 2-95113-791-5), p. 174-175.
- Dominique Auzias, Pascaline Ferlin et Jean-Paul Labourdette, Guide des lieux de mémoire : Champs de bataille, cimetières militaires, musées, mémoriaux, Petit Futé, 2005, 357 p. (ISBN 2-74691-403-4), p. 347.
- Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui, La Fontaine de Siloé, 1999, 399 p. (ISBN 978-2-8420-6374-0), p. 36.
- Archives - www.cg73.fr
- Voir 05 - Tarentaise
- Le parachutage des Saisies - Document de l’Académie de Grenoble.
- Savoie-biblio.com
- charles-de-gaulle.org - Chronologie de la Libération
- « Le Conseil Général de la Savoie sous la IVe République », TER d’histoire, par Maurice Descollaz sous la direction d’André Palluel-Guillard, 1990
- ONERA - Historique
- Site de l’APMFS
- Histoire des mises en service TGV - Ministère du développement durable
- Recensement INSEE - Unité urbaine de Chambéry
- Taux d'urbanisation par département - Site du Sénat
- Taux d'urbanisation - INSEE
- Population 2007 - INSEE
- Mot du Président - Métropole Savoie
- Classement villes de Savoie par population
- Sources INSEE - Unités urbaines pour 2009
- Observatoire du foncier départemental Conseil général de la Savoie (2009)
- INSEE - Logements en Savoie
- [INSEE - Logements en France métropolitaine]
- Prix de l'immobilier par départements - Immobilier.com (consulté le 03-07-2012)
- Prix de l’immobilier en France - Immobilier.com (consulté le 03-07-2012)
- Prix de l'immobilier à Val d'Isère - Immobilier.com (consulté le 03-07-2012)
- L'observatoire du logement Conseil général de la Savoie (2009)
- Les familles face à la pauvreté en Savoie, résultats de l’enquête UNAF (2006)
- Insee Rhône-Alpes
- Lyon-Turin - Travaux en cours
- Tracé détaillé de la ligne Lyon-Turin
- Le Lyon-Turin sur Robert-schuman.eu
- (en) Article sur la futurs liaisons Alpes - Marseille
- Infos sur le projet Grand Lac - Conseil général de la Savoie
- Aménagement numérique - Conseil général de la Savoie
- Résultats élections présidentielles 2012 à Avrieux - Ministère de l’Intérieur
- Résultats élections présidentielles 2012 en France - Ministère de l’Intérieur
- Résultats élections présidentielles 2012 en Savoie - Ministère de l’Intérieur
- Résultats élections législatives 2012 en Savoie - Ministère de l'Intérieur
- Les chiffres utilisés dans cette section seront pour la plupart issus du fasicule Les clés de votre département - 2011 édité et communiqué par le Conseil général de la Savoie
- Projet de budget 2013, Rapports du Président - Volume 2, p.p. 102-103 (ISSN 1262-5043)
- Dossier de presse Budget primitif 2013 - Conseil général de la Savoie
- Géographie du ressort de la Cour d'appel de Chambéry
- Le Dauphiné libéré - La cour d’appel de Chambéry menacée ?
- DIPJ Rhône-Alpes
- Direction départementale de la sécurité publique - Préfecture de la Savoie
- Police aux frontières - Préfecture de la Savoie
- « POLICE MUNICIPALE 157 agents en Savoie répartis dans 51 communes » Le Dauphiné libéré du 25/03/2010
- Gendarmerie nationale - Préfecture de la Savoie
- Préfecture de la Savoie
- Rapport d'activité des services de l’État en Savoie - 2011
- Ministère de la Défense - 13e bataillon de chasseurs alpins
- Chiffres de recensement de l'INSEE
- Population de la Savoie - Géopopulation.com
- Insee - La France en bref 2009 p., p. 4-5
- Recensement de l'INSEE entre 1999 et 2006 - Savoie : la hausse de la population s'accélère
- Savoie: la hausse de la population s'accélère - Publication de l’INSEE
- La Savoie - Savoie.gouv.fr
- Pompiers en Savoie
- INSEE - Populations légales de la Savoie - 2010
- Insee Rhône-Alpes - La lettre d'analyses no 132 publiée en septembre 2010
- Recensement de l'INSEE en 1990 et 1999 - Population totale par sexe et âge
- Populations légales de la Savoie - 2010
- Unités urbaines 2010: accélération de l'étalement urbain
- État des ZUS en Savoie
- Nombre d'établissements scolaires - Académie de Grenoble
- Enseignement des langues vivantes en Savoie - Académie de Grenoble
- Effectifs dans le Premier degré - Académie de Grenoble
- Effectifs dans le Second degré - Académie de Grenoble
- Réussite au Baccalauréat en Savoie - Académie de Grenoble
- Sections européennes en Savoie - Académie de Grenoble
- Effectifs du personnel de l’éducation en Savoie - Académie de Grenoble
- Chiffres clés de l’Université de Savoie
- Enseignement supérieur en Savoie - Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
- Classement Erasmus 2011
- L'Institut Arts et Métiers ParisTech de Chambéry
- Chiffres clés de l'apprentissage par la Chambre de commerce et d'industrie de la Savoie 2011-2012 p. 5"
- Effectif des apprentis en Savoie - Académie de Grenoble
- Démographie médicale en Savoie - Carte p. 5
- INSEE - Chiffres de la santé en Savoie
- INSEE - Rapport santé en Rhône-Alpes
- Atlas Rhône-Alpes 2009 - Ordre national des médecins
- Atlas de la santé en Rhône-Alpes 2011 - Ordre national des médecins
- Statistiques 2011 par l’ARS Rhône-Alpes - Données p. 11, 12, 13
- France 3 Alpes, interview du Dr Jean Vialla, coordinateur national pour le don de moelle osseuse - 26 mars 2013
- Liste des établissements de santé sur Sanitaire-social.com
- Carte d'identité du Centre hospitalier de Chambéry
- Services du Centre hospitalier de Chambéry
- Le nouvel hôpital du Centre hospitalier de Chambéry
- Médipôle de Savoie sur le site de Challes-les-Eaux
- Site du Médipôle de Savoie
- Centre hospitalier spécialisé de la Savoie
- Stations thermales - Savoie Mont-Blanc
- Thermes nationaux d'Aix-les-Bains
- Thermes de Challes-les-Eaux
- Spa et thermes de la Léchère
- Thermalisme en Savoie selon la CCI de la Savoie
- Observatoire-Savoie
- 60 stations de sport d'hiver - Observatoire-Savoie
- 116 stations de ski - Savoie-Mont-Blanc
- Savoie Grand Revard
- Comité de ski de Savoie
- Comité de Ski de Savoie - Athlètes
- Canoë Rhône-Alpes - Rivières
- FFME - Savoie
- FFVL Parapente Savoie
- Canyoning - Canyon Grenan
- Rafting en Savoie
- Aviron Rhône-Alpes
- Clubs sportifs et licenciés en Savoie
- Domaine Paradiski
- Le trail de Pralognan-la-Vanoise
- Grande Odyssée Savoie Mont-Blanc - Site officiel
- Championnat européen de voile 2012
- Championnats du monde d'aviron 2015 à Aiguebelette
- Triathlon d'Aigubelette
- Championnats de France de canoë-kayak de 2007
- Bassin d'eau vive de Bourg-Saint-Maurice
- Bassin de compétition de Bourg-Saint-Maurice
- La Société des courses d'Aix-les-Bains
- Savoie Mont-Blanc - Sentiers de Grande Randonnée
- Comité Départemental de la Randonnée Pédestre de Savoie
- Télévision numérique en Savoie
- NRA-ZO en Savoie
- CSA - Après passage TNT - 2012
- Fréquences radio en Savoie
- Audiences des radios en Savoie 2009-2010
- Bilan trafic routier 2011 en Savoie
- Pollution des sols en Savoie
- Observatoire de l’environnement - Conseil général de la Savoie, 2009
- Étude sur le bassin versant de l’Arc (2009), conclusions p. 43
- Eau potable en Savoie - 2003
- Rejets dans l’eau - Registre français des émissions polluantes
- Observatoire - Savoie - Équipement - Agriculture
- État des connaissances - Observatoire de la biodiversité de Savoie
- Liste des poissons à pêcher en Savoie
- Liste des plantes protégées en Savoie
- Conseil général de la Savoie - Savoie Mag d'octobre 2012
- Chiffres-clés du Parc national de la Vanoise
- Parc national de la Vanoise - Zonage
- Parc naturel régional des Bauges - lesbauges.com
- Parc naturel régional du massif des Bauges
- Le PNR des Bauges - Biodiversité-Savoie.org
- Attribution du label Géoparc au PNR des Bauges
- Site officiel du Parc naturel régional de Chartreuse
- Le PNR de Chartreuse - Biodiversité-Savoie.org
- PNR de Chartreuse - Le retour du bouquetin
- Céline Ferrero, « Projet de parc de Belledonne : l'étude de la région démarre cet été », Le Dauphiné libéré, 28 avril 2012
- Sud du lac du Bourget - ZNIEFF no 820031275
- Liste des espaces protégés et gérés de la Savoie - Inventaire national du patrimoine naturel
- Liste des sites Natura 2000 en Savoie - Inventaire national du patrimoine naturel
- Classement Vallon du Clou - mars 2013
- Observatoire Équipement Agriculture (Gouv)
- Liste des ZNIEFF de la Savoie - Inventaire national du patrimoine naturel
- Liste des espèces protégées en Savoie - INPN
- Palmarès de l'Écologie 2011 - La Vie
- Historique des actions pour l’environnement - Conseil général de la Savoie
- Site officiel du Conservatoire du patrimoine naturel de la Savoie
- Site officiel de l'Institut national de l'énergie solaire (INES)
- La Savoie au cœur de la Vallée Solaire française en Rhône-Alpes - 2007
- Christian Estrosi a visité hier l'INES - Le Dauphiné
- Observatoire savoyard de l’environnement - no 18, décembre 2011, p. 82
- Conseil général de la Savoie - Solaire thermique 2012-2013
- Syndicat des énergies renouvelables, état des lieux du parc éolien en 2010, p. 4
- L4energeek - Hydroélectricité en France
- Plaquette Groupe d'Exploitation Hydraulique "Savoie Mont-Blanc"
- Les déchets - Conseil général de la Savoie
- Développement-durable.gouv.fr - Statistiques
- Paysages et milieux naturels - Conseil général de la Savoie
- Chiffres-clés, Chambre de commerce et d'industrie de la Savoie - 2011-2012
- Données PIB par départements - 2005, INSEE
- Agence économique de la Savoie - Site officiel
- Foyers fiscaux et revenus en Savoie - INSEE 2009 pp. 10-12
- Revenus en France - INSEE 2009
- Conseil général de la Savoie - Budget primitif 2012, vol. 1, p. 126
- Note de conjoncture sociale - Rhône-Alpes, no 18, 2010, pp. 6-7
- [PDF] CCI 73 - La Chambre du commerce et d'industrie de Savoie
- ISF 2010 sur impots.gouv.fr
- Échelon départemental - Impôts 2010 Impots.gouv.fr
- Projet de budget 2013, Rapports du Président - Assemblée départementale des 4 et 5 février 2013, vol. 2 (ISSN 1262-5043)
- Taxes communales en Savoie en 2010 - Impots.gouv.fr
- INSEE - Emploi en Savoie, pp. 5-9
- Chambre de commerce et d'industrie de la Savoie - Bilan économique 2010
- INSEE - Population active, France 2009
- INSEE - Caractéristiques de l’emploi en France en 2009
- INSEE - Chômage en France 2011-2012
- France 3 Alpes - Le chômage en hausse en Isère, les 2 Savoie résistent mieux, 26-04-2013
- INSEE - Taux de chômage au 4e trimestre 2012
- INSEE - Entreprises en Savoie en 2011, pp. 16-18
- Atlas des entreprises de Rhône-Alpes
- Savoie-entreprise.com - Où s'installer en Savoie
- Observatoire Maurienne Expansion
- Albertville-Tarentaise
- La fibre de l'innovation d'OCV Reinforcements
- DRAAF - Comptes de l'agriculture en Rhône-Alpes, 2009
- Observatoire des territoires de la Savoie - Agriculture
- DRAAF - Estimations 2010 Agriculture en Savoie
- Chambre d'Agriculture de Rhône-Alpes - Agricultures dans les Savoie
- INSEE - Agriculture, Productions végétales principales en 2010
- INSEE - Revenus et productions agricoles - Rhône-Alpes - 2008
- Vindesavoie.net
- Observatoire des territoires de la Savoie - Vin de Savoie
- Vindesavoie.net - Histoire et origine
- Vindesavoie.net - Appellations en Savoie
- Production agricole rhône-alpine - Viticulture p. 13
- Marque Savoie - Alcools de Savoie
- Le B A BA du Reblochon - www.reblochon.fr
- Production de fromages sur Sabaudia.org
- INSEE - Bovins et porcins par nombres de têtes
- INSEE - Ovins et caprins par nombres de têtes
- Panorama de l’agriculture et de l’agro-alimentaire en Rhône-Alpes (2011)
- Institut technique de l'aviculture - Volailles de chair dans le sud-est 2007 p. 12
- AGRESTE Rhône-Alpes - Enquête aviculture 2008
- Nouvel abattoir de Chambéry - Savoieactu.fr
- AGREST Rhône-Alpes - Apiculture en Rhône-Alpes (juin 2012)
- CCI - Tableau de bord économique - Savoie Bilan 2010
- INSEE - Économie Rhône-Alpes
- CCI - Données de cadrage de la Savoie p. 6
- Chambres de Commerce et d'Industrie de Rhône-Alpes - Chiffres clés de la Savoie 2011-2012 - Industrie pp. 10-11
- Comité départemental de Spéléologie de la Savoie Cartes des mines et carrières souterraines de la Savoie
- ONERA - Moyens et missions
- EDF - Répartition des centrales hydrauliques en France
- Observatoire des territoires de la Savoie - Tourisme
- CCI - Données de cadrage de la Savoie - Tourisme p. 17
- Conseil général de la Savoie - Tourisme et loisirs
- Le Dauphiné libéré - 500 000 vacanciers vont se croiser en Savoie - 15/02/2013
- Carte de l'hébergement touristique en Savoie par commune en 2009
- Domaines skiables de France - Recueil d'indicateurs et analyses 2011
- Savoie Mont-Blanc - Savoie
- Conseil général de la Savoie - Politique montagne
- CCI - Données de cadrage de la Savoie - Services, Commerce pp. 13-16
- Sabaudia - Architecture rurale
- Le Musée virtuel des pays de Savoie - Patrimoine religieux
- Savoie Mont-Blanc - Les Chemins du Baroque
- Maison de l'Architecture de Savoie
- CAUE Savoie
- Savoie Tourisme - Musée des Beaux-Arts de Chambéry
- Savoie - Mont-Blanc - Cathédrale de Chambéry
- Conseil général de la Savoie - Culture et arts vivants
- Orchestre des Pays de Savoie - Présentation
- Le Phare - Chambéry
- Chambéry, grandes orgues de la cathédrale
- Grand carillon de Chambéry
- La Voix des Allobroges - Interview avec Rémi Mogenet
- Savoie-Biblio - Missions
- La Savoie en chiffres - Culture p. 22
- Journées du Patrimoine - Théâtre Charles Dullin
- Les missions de Théâtre en Savoie
- Ministère de la Culture - Chiffres clés 2012 du Cinéma
- Ministère de la Culture - Dossier Cinéma 1999 p. 4
- La Vie Nouvelle - Le cinéma Astrée de Chambéry se refait une beauté (27/12/2011)
- Chambéry - Les Halles - Cinéma Pathé
- Cinémathèque des Pays de Savoie et de l'Ain - Missions
- Ministère de la Culture - Patrimoine et architecture, chiffres clés 2012, p. 50
- Base Mérimée - Liste des protections en Savoie
- Ministère de l'Écologie - DIREN Rhône-Alpes, Sites classés de la Savoie
- Archives départementales de la Savoie - Charte de Rodolphe, 966
- Archives départementales de la Savoie - Un patrimoine inestimable
- Alain Boucharlat, Savoie, La Fontaine de Siloé, 1997-319 pages
- Serveur Savoie - Lexique savoyard
- Savoie Mont-Blanc - Traditions, costumes
- Maurienne-Généalogie - Costumes et bijoux
- Daniel Déquier et François Isler, Costumes de Savoie, La Fontaine de Siloé, 1997-184 pages
- Diplomatie.gouv.fr - Le repas gastronomique des Français
- Univers-fromage.com - La Raclette
- L'Express - Guide Michelin: la cuisine savoyarde dans les étoiles
- Le Dauphiné - Guide Michelin 2012 en Savoie
- Musilac, site officiel - Historique
- Estivales en Savoie, site officiel
- Festivals de musique en Savoie
- 123Savoie - Fête de la musique à Chambéry (2012)
- Festival du Premier Roman - Un festival de lecteurs
- Chambérybd.fr
- France 3 Alpes - Chambéry fait sa semaine du cinéma italien pour la première fois.
- Savoie-folklore.com - Groupes folkloriques en Savoie
- Journées européennes du Patrimoine 2012 - Recherche thématique en Savoie
- Archives départementales de la Savoie - Réforme Protestante en Savoie
- Catholique-savoie.cef.fr - L'évêque de Savoie
- Catholique-savoie.cef.fr - Les communautés religieuses
- IFOP 2006 pour La Vie - Implantation des religions en France
- Mosquées en Savoie
- L'Essor savoyard - La communauté juive d'Aix-les-Bains
- Temples protestants en Savoie
- France-mission.org - Églises évangéliques en Savoie
- Institut Karma-Ling - Histoire
- Institut Karma Ling - Quelques chiffres
Voir aussi [modifier]
Bibliographies [modifier]
Histoire :
Pour la partie historique du département, en lien avec le duché de Savoie, consultez la bibliographie générale sur l'article « Histoire de la Savoie » et les articles détaillés.
- [CH 1969] Cahiers d'Histoire (Revue) : « La Savoie. Des origines à nos jours » (Tome V, 4), Lyon, PUF, mars 1969.
- Justin Favrod, Les Burgondes. Un royaume oublié au cœur de l'Europe, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2002 (ISBN 2880745969) [lire en ligne]
- Charles-Laurent Salch, Andrea Longhi, En Savoie : des apanages, donjons cylindriques et enceintes circulaires, Strasbourg, Castrum Europe, Châteaux-forts d’Europe (ISSN 1253-6008) [lire en ligne].
Editions du Centre d'étude des châteaux-forts, no 41
- Alain Merchandisse et Jean-Louis Kupper, À l'ombre du pouvoir. Les entourages princiers au Moyen Âge, Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Liège, 2003 (ISBN 2-870-19-283-5).
Études réunies par Alain Marchandisse. Étude sur l'entourage des rois du Regnum Burgundiae faite par Reinhold Kaiser
- [Leguay 2005] Emmanuel Cerisier, Thérèse Leguay et Jean-Pierre Leguay, Histoire de la Savoie, Paris, Éditions Jean-paul Gisserot, 2005, 128 p. (ISBN 2-87747-804-1 et 978-2-8774-7804-5).
- [Guichonnet 1982] Paul Guichonnet, Histoire de l'annexion de la Savoie à la France et ses dossiers secrets, Le Messager-Horvath, 1982, 354 p. (ISBN 2-85882-536-X).
- [Palluel 1986] André Palluel-Guillard (dir.), La Savoie de Révolution française à nos jours, XIXe-XXe siècle, Ouest-France Université, 1986, 626 p. (ISBN 2-85882-536-X).
Géographie :
- Michel Kneubühler, La Savoie en dates et en cartes, t. 1, EMCC, 2010, 128 p. (ISBN 978-2-35740-087-0)
- Paul Mougin, Les torrents de la Savoie, La Fontaine de Siloé, 2001, réimpression de l'ouvrage de 1914, 1251 p. (ISBN 978-2-8420-6174-6), p. 585-591
- Jules-Joseph Vernier, Département de la Savoie : étude historique et géographique, Res Universis, 1993, 184 p.
Histoire des communes :
- Jean-Noël Deparis, Philippe Deparis, La Place du Village, Témoignages sur la vie d'hier et d'aujourd'hui en pays de Savoie et du Léman, La Place du village, 7 tomes, 2006-211
- Michèle Brocard, Lucien Lagier-Bruno et André Palluel-Guillard, Histoire des communes savoyardes : Chambéry et ses environs. Le Petit Bugey (vol. 1), Roanne, Éditions Horvath, 1982, 475 p. (ISBN 978-2-7171-0229-1), p. 351.
- Michèle Brocard, Lucien Lagier-Bruno et André Palluel-Guillard, Histoire des communes savoyardes : Aix-les-Bains et ses environs - Les Bauges - La Chartreuse - La Combe de Savoie - Montmélian (vol. 2), Roanne, Éditions Horvath, 1984, 463 p. (ISBN 978-2-7171-0310-6).
- Michèle Brocard, Maurice Messiez-Poche et Pierre Dompnier, Histoire des communes savoyardes : La Maurienne - Chamoux - La Rochette (vol. 3), Roanne, Éditions Horvath, 1983, 558 p. (ISBN 978-2-7171-0289-5).
- François-Marius Hudry, Histoire des communes savoyardes : Albertville et son arrondissement (Volume 4), vol. 4, Éditions Horvath, 1982, 444 p. (ISBN 978-2-7171-0159-1).
Patrimoine
- François Isler, 101 merveilles de Savoie, Éditions du Belvédère, 2012, 206 p. (ISBN 978-2-88419-222-4)
- Robert Gabion, Dictionnaire des noms de famille de Savoie : Savoie, Haute-Savoie, Canton de Genève, La Fontaine de Siloé, 2011, 1037 p. (ISBN 978-2-84206-467-9)
- Maurice Messiez, Vignes et vins de Savoie : Vingt siècles d'histoire, Le Dauphiné, 2009, 49 p. (ISBN 978-2-8110-0002-8)
- Raymond Oursel, Les chemins du sacré : L'art sacré en Savoie, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes », 2008, 393 p. (ISBN 978-2-8420-6350-4).
- Michel Germain, Personnages illustres des Savoie, Autre Vue, 2007, 619 p. (ISBN 978-2-9156-8815-3).
- Marie-Thérèse Hermann, La cuisine paysanne de Savoie : La vie des fermes et des chalets racontée par une enfant du pays, La Fontaine de Siloé, 2006, 255 p. (ISBN 2-84206-148-9)
- Jean-Marie Jeudy, Les Mots pour Dire la Savoie. Et demain, j'aurai autre chose à vous raconter !, La Fontaine de Siloé, 2006, 540 p. (ISBN 2-84206-315-5)
- Marie-Thérèse Hermann, Architecture et vie traditionnelle en Savoie, La Fontaine de Siloé, 2002, 2e éd., 303 p. (ISBN 2-84206-212-4)
- Bruno Berthier, Robert Bornecque et Pascal Lemaître, Pierres fortes de Savoie, La Fontaine de Siloé, 2001, 255 p. (ISBN 2-84206-179-9)
Articles connexes [modifier]
Articles concernant le département :
- Communes de la Savoie • Anciennes communes de la Savoie
- Personnalités : Préfets ; Sénateurs ; Députés ;
- Patrimoine : Monuments historiques ; Sites classés ; Site Natura 2000 ; Tourisme ; Cinéma
Articles autres :
- Généraux : Savoie • Pays de Savoie • Assemblée des pays de Savoie
- Histoire : Histoire de la Savoie et articles par périodes
- Patrimoine : Parler savoyard • Vignoble de Savoie • Tourisme en pays de Savoie
Liens externes [modifier]
- Préfecture du département de la Savoie, sur www.Savoie.pref.gouv.fr
- (fr) Département de la Savoie : Les Comptes des Communes et des groupements à fiscalité propre : Données Individuelles Budget principal seul - Données consolidées "Budget principal et budgets annexes"
- Conseil général de la Savoie, sur www.cg73.fr, Conseil général de Savoie
- Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie, « Sabaudia : histoire, patrimoine, archives des Pays de Savoie », www.sabaudia.org
- Département de la Savoie, sur Wikitravel
- Agence économique départementale, sur www.savoie-entreprise.com
- Maison de Savoie à Paris, sur www.destination-savoies.com
- Savoie Mont Blanc Tourisme, sur www.savoie-mont-blanc.com. Association faisant la promotion touristique des pays de Savoie