Dépôt de munitions

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Un dépôt de munitions est un lieu dans lequel sont ou peuvent être stockés des munitions ou explosifs (conventionnels ou non, actifs ou miss au rebut) ; il peut s'agir de bombes, torpilles, mines, grenades, petites munitions d'armes à feu, etc.

Tour de surveillance de Brüggen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne), destinées à protéger des attaques de la RAF un dépôt de munition. Elle a été construite en 1943
Artilleurs australiens montant des fusées '106 '(instantanées) sur la tête d'obus destinés à la grosse pièce visible sur la gauche, sur la route de verbranden près d'Ypres le 17 oct 1917, dans un dépôt de munition géré par lea 1st Australian Siege Battery. Cette position située près d'un carrefour, près d'un dépôt de munition et d'un centre de soins d'urgence (dressing station = ? à vérifier ), a souvent été bombardée par l'artillerie allemande, de jour comme de nuit
Deux soldats du 9e bataillon du Royal Sussex Regiment sont assis près d'un dépôt improvisé d'obus de mortier de tranchée, près de Lens, le 3 septembre 1918
Le Dépôt central de munition de Hong Kong (寿 臣 山 军火库 en chinois), construit dans les années 1930 par les Anglais et utilisé lors de la seconde guerre mondiale contre l'invasion japonaise et pour stocker des armes et munitions de la défense de Hong Kong. Son nom de code britannique était "Little Hong Kong. Il a été finalement transformé en caves à vin en 2002, dans le cadre d'un projet primé par l'UNESCO en 2007
Mur et porte d'un des entrepôts du Dépôt central de munition de Hong Kong
Commando de soldats anglais observant l'incendie suivant la destruction d'un dépôt allemand de munition en Norvège (Operation Archery, 27 décembre 1941)

Un dépôt de munition est généralement constitué de plusieurs bâtiments de béton ou enterrés, clôturés et surveillés pour limiter les risques de vol, explosion, etc. D'anciens forts militaires ont aussi parfois servi de tels dépôts, ainsi que des galeries de carrières souterraines.

Comme les poudreries ou poudrières, ce sont des sites dangereux.

En activité, ils sont naturellement interdits à la fréquentation du public.

En situation de guerre ou d'exercice, il peut s'agir de dépôts provisoires destinés à l'approvisionnement en munitions de troupes.

Utilité[modifier | modifier le code]

La plupart des munitions doivent être protégées des chocs, de l'humidité ou de la chaleur.

Le transport, transfert, stockage et manipulations de balles, obus, mines, et de tout type d'explosifs sont intrinsèquement dangereux. De plus, même en temps de paix, d'autres risques existent tels que le vol, détournement ou sabotage ou de séquelles de pollutions dues aux composés toxiques des munitions.

Les éléments typiques d'un dépôt de munition[modifier | modifier le code]

  • une structure de type Bunker (parfois dénommée « Igloo » abrite les munitions ou explosifs qui sont enfermées sous clé dans des « magasins d'artillerie » ;
  • des buttes anti-souffle (bermes de terre, murs en biais, etc.) sont chargées d'orienter ou détourner vers une zone de moindre risque le souffle de l'explosion éventuelle de l'installation (qui est généralement enterrée). Après l'armistice de 1918, les dépôts provisoires de munitions non explosées récupérées lors de la reconstruction qui a suivi la Première Guerre mondiale étaient parfois provisoirement installés dans les creux de dunes (à Zeebrugge par exemple[1]), les dunes servant alors de butte anti-souffle.
  • Le dépôt est éclaté dans un certain nombre de bunkers dispersés et espacés entre eux par une « Distances de sécurité » calculée selon la puissance des explosifs stockés ou à stocker ; pour protéger les autres magasins de stockage et d'autres infrastructures extérieures et pour éviter les explosions ou incendies en chaine et améliorer la sécurité générale du dépôt.
  • Une zone-tampon qui peut être une simple surface déboisée (ou « glacis ») de plusieurs centaines de pieds (parfois 1, voire 2 km ou plus) entoure l'installation, pour limiter les dégâts matériels et humaines en cas d'explosion ;
  • un périmètre de sécurité peut être matérialisé par une clôture, équipé de caméras ou détecteurs de présence, pour éviter un accès occasionnel de personnes non autorisées ;
  • des Gardes peuvent protéger l'installation ;
  • Dans le dépôt et à l'extérieur, une zone de chargement est prévue (couverte ou non), équipée de matériel de levage s'il s'agit de munitions lourdes (obus de gros calibre par exemple) ; pour le transfert de munitions stockées à destination et à partir de camions, navires, wagons de chemin de fer ;
  • Un système d'inondation rapide de tout ou partie des installations est parfois prévu pour éteindre un incendie ou empêcher une explosion dans un magasin et pour limiter le risque d'explosions en cascade. Il nécessite la proximité d'un réservoir d'eau, ou de cours d'eau (c'est alors la fermeture de vannages qui fait brutalement monter le niveau de l'eau et inonde les zone à risque) ;
  • Un atelier technique d'entretien, préparation ou réparation de munitions est présent dans de nombreux site de dépôt. Cette installation peut aussi être utilisée pour l'entretien et la réparation des systèmes de ventilation, d'inspection, etc.
  • Une Zone de destruction (Demolition Range pour les anglophones) est généralement également présente en périphérie du site, pour élimination par incinération, détonation (« pétardage ») ou par d'autres méthodes (bain d'acide, etc.) d'explosifs ou de munitions périmés, défectueux ou devenus obsolètes suite à des changements d'armes.

Cas particuliers[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Munition immergée.

En situation de guerre[modifier | modifier le code]

Durant les conflits armés, le terme "dépôt de munitions" décrit souvent des dépôts provisoires constitués sur le champ de bataille ou en arrière de celui-ci. Ces sites sont particulièrement visés par les attaques aériennes ou de l'artillerie ennemie.

Séquelles de guerre[modifier | modifier le code]

Certaines munitions contiennent un ou plusieurs composés très toxiques (plomb, mercure, arsine, ypérite...). L'explosion d'un dépôt, de même que les eaux qui ont servi à éteindre ou noyer un incendie peuvent donc laisser une pollution résiduelle significative à importante. Il en va de même à long terme pour les dépôts immergés de munitions, souvent disposés à proximité des côtes au XXe siècle.

Articles détaillés : Séquelles de guerre et toxicité des munitions.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [Résumé http://www.mumm.ac.be/FR/Management/Sea-based/paardenmarkt.php de problème de 35 000 tonnes de munitions déversées sur Paardenmarkt Bank (Belgique)]
  2. 20Revised 20Dumping% 20AT% 20sea% 20of% 20chemical 20weapons.pdf% Rapport OSPAR sur les munitions immergées - (Carte page 9 pour l'Europe une zone OSPAR) Vue d'ensemble des pratiques de dumping antérieures en mer des armes chimiques et de munitions dans la zone maritime OSPAR, 2005 / (pdf)
  3. [% http://www.ospar.org/documents/dbase/publications/p00287_overview% 20of% 20assessments 20OSPAR% 201998-2006.pdf # search =% 22% 22Overview% 20of%% 20Past 20Dumping % 20AT% 20sea% 20% 22% 22% 20ospar Rapport OSPAR / évaluation 1998 - 2006 (voir page 62 et .. plus)]

Illustrations[modifier | modifier le code]