Déodorant

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Déodorant en bâton

Un déodorant est un produit cosmétique destiné à masquer les mauvaises odeurs corporelles. L’antitranspirant masque aussi ces mauvaises odeurs mais agit en plus sur le flux de transpiration.

Technique[modifier | modifier le code]

La transpiration[modifier | modifier le code]

La transpiration est un phénomène naturel et nécessaire qui contribue à réguler la température du corps. La sueur contient essentiellement de l'eau, elle contient également des minéraux et du lactate.

Les cellules mortes, bactéries et microbes divers sont responsables des mauvaises odeurs.

Les actions a posteriori consistent à se laver soigneusement aux endroits critiques (aisselles, pubis, plantes des pieds…) pour éliminer simplement les matières qui risquent de macérer, à privilégier les vêtements en fibres naturelles (plus aérées, elles permettent de mieux évacuer la chaleur favorable à la prolifération bactérienne)[1].

Le déodorant a une action préventive.

Déodorants[modifier | modifier le code]

Les déodorants agissent sur les bactéries qui, en se nourrissant de la sueur apocrine (la sueur eccrine n'a pas d'odeur), dégagent l'odeur qu'on attribue à la transpiration[1].

Les déodorants agissent de diverses manières :

  • en s'attaquant aux mauvaises odeurs. Par exemple, des ingrédients parfumés qui camouflent l'odeur de transpiration.
  • en absorbant la sueur : exemple avec le talc, poudre de plantes, les molécules "odorantes" se diffusent moins vite.
  • des déodorants peuvent contenir des bactéricides comme, par exemple, les déodorants à base d'alcool.

Antitranspirants[modifier | modifier le code]

Les antitranspirants régulent fortement, voire stoppent, la quantité de sueur émise sur la surface traitée. La diminution de la transpiration est souvent due à un actif anti-transpirant (appelé aussi antiperspirant) de type sels d'aluminium (comme le chlorure d'aluminium) qui agissent en tant que chélateur qui complexe protéines et eau et non en resserrant les pores de la peau selon l'explication traditionnelle[1].

Typologie[modifier | modifier le code]

Les déodorants peuvent être des produits de synthèse ou des produits naturels.

Ils se présentent sous différentes formes : spray, stick, roll-on (à bille), gel, crème, etc.

Ils peuvent être parfumés ou non.

Déodorants naturels[modifier | modifier le code]

Exemples de déodorants naturels :

Bicarbonate de sodium[modifier | modifier le code]

On peut utiliser du bicarbonate de sodium, appelé aussi bicarbonate de soude et parfois petite vache au Québec, que l'on applique sous les bras en le saupoudrant sur la main mouillée, ou en le pulvérisant en dilution dans de l'eau. Le bicarbonate n'est pas toxique, ne provoque pas d'allergie et neutralise très efficacement les odeurs corporelles. Il peut aussi être utilisé comme déodorant pour les autres parties du corps (en bains de pieds par exemple).

Bloc de talc brut.

Le talc[modifier | modifier le code]

Absorbant naturel, le talc est une roche. Selon ses défenseurs, il serait bon marché, efficace, et sans risque allergique[réf. nécessaire].

Ses détracteurs soulignent un effet cancérogène démontré sur les femmes (cancer des ovaires). Il faudrait donc éviter d'en appliquer dans la région de l'aine[réf. nécessaire].

En France, le talc est extrait pour une part importante des mines de Luzenac.

Plantes[modifier | modifier le code]

Quelques plantes que l'on retrouve dans les recettes de déodorants, sous forme séchée ou sous forme d'huile essentielle :

  • La sauge régule la transpiration
  • La lavande sous forme d'huile essentielle est antibactérienne ; elle a aussi un parfum agréable.
  • L'hamamélis sous forme d'hydrolat régule la transpiration de par son action astringente.
Poudre de plantes[modifier | modifier le code]

Certaines poudres de plantes, saupoudrées comme le talc, sont utilisées comme déodorant naturel :

Huile essentielle de lavande[modifier | modifier le code]

Une goutte d'huile essentielle de lavande peut aussi être utilisée comme déodorant naturel. Cependant, il ne faut en général jamais appliquer une huile essentielle à même la peau. En effet, une huile essentielle contient de très nombreuses substances aux propriétés spécifiques et variables selon le type utilisé et il faut donc d'abord les diluer dans une huile végétale avant de les utiliser (exclusivement en application externe) [réf. nécessaire].

Recette d'un déodorant liquide[modifier | modifier le code]

À vaporiser ou à étaler

pour 100 ml

  • 75 ml d'eau de rose (ou eau d'hamamélis (astringent))
  • 25 ml de vinaigre
  • facultatif : quelques gouttes d'huiles essentielles - maximum 10 en tout cas -
    • Si vous voulez un parfum citronné, attention ! certaines personnes réagissent mal aux HE (essence est plus correct) de zeste de citron "citrus limonus". De plus, de nombreuses huiles essentielles et en particulier d'agrumes (bergamote utilisée pour confectionner certaines eaux de cologne par exemple) sont photosensibilisantes, c'est-à-dire qu'elles peuvent entraîner l'apparition de taches brunâtres et souvent irréversibles sur la peau surtout après une exposition au soleil.
    • Certaines huiles essentielles agissent comme bactéricides.

Antitranspirants naturels[modifier | modifier le code]

Pierre de cristal ou d'alun[modifier | modifier le code]

La pierre de cristal, aussi appelée pierre d'alun, est un minéral (sulfate double d’aluminium et de potassium) qui laisse, après avoir été humidifié légèrement, une fine couche saline sur le derme et qui combat les bactéries qui causent les odeurs. Cela n'empêche aucunement le processus de transpiration et ne bloque pas les pores. La pierre d'alun n'ayant pas d'odeur, certains humidifient la pierre avec une huile essentielle ou une eau florale.

La pierre d'alun constitue donc un déodorant naturel, composé d'un seul "ingrédient", et qui peut durer des années si elle n'est pas cassée accidentellement. La pierre d'alun peut se trouver sous deux formes : en bâton, ou en pierre brute (non retaillée), commercialisés en France dans les magasins de produits naturels et dans les pharmacies.

La pierre d'alun est également hémostatique, et donc efficace pour stopper les petits saignements des coupures, éraflures liées au rasage ou encore, pour guérir un aphte[réf. nécessaire]. Elle est aussi efficace contre les irritations et les boutons après le rasage[réf. nécessaire].

La pierre d'alun, de la même manière que les antitranspirants industriels, contient des sels d'aluminium: les soupçons portés sur l'inocuité de ces antitranspirants s'appliquent donc également à la pierre d'alun.

Dans le commerce en France (2009), deux produits très différents sont vendus sous le même nom de "pierre d'alun". La distinction est possible à l'apparence ou par l'étiquette :

  • La pierre d'alun naturelle, extraite de mines. Son étiquette porte le nom de "Potassium Alun"[réf. nécessaire].
  • "La pierre d'alun" synthétique fabriquée, souvent en Asie, à partir de résidus de l'industrie chimique. Son étiquette doit mentionner la présence d'ammonium ou le terme "Ammonium Alun".
Cristaux d'alun

Controverses sur leur innocuité[modifier | modifier le code]

L'innocuité des déodorants (plus précisément des anti-transpirants) est un sujet controversé, certains ingrédients sont soupçonnés d'avoir des conséquences néfastes sur la santé.

  • L'Assemblée nationale française a voté le 3 mai 2005 l'interdiction des parabènes, soupçonnés d'être cancérigènes[2]. Toutefois le texte doit encore être voté par le Sénat avant que la loi n'entre en application.
  • L'aluminium contenu dans les anti-transpirants sous forme de sel industriel est soupçonné par certains chercheurs car il passe à travers la peau [3],[4]. Selon l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, « l’exposition à des produits antitranspirants avec des concentrations de 20 % de chlorohydrate d’aluminium ne permet pas d’assurer la sécurité sanitaire des consommateurs dans les conditions normales d’utilisation » (octobre 2011)[5]. Les fabricants affirment de leur coté que leurs produits ne présentent aucun risque pour la santé [6]; différents sites web sont créés en ce sens [7],[8].


En 2003, les déodorants et anti-transpirants ont été mis en cause dans certains cancers[9]. Néanmoins l'Institut de veille sanitaire n'est alors pas en mesure confirmer ou infirmer les conséquences de l’aluminium sur la santé[10].

Le 16 décembre 2004, les experts de la Commission de Cosmétologie de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé se sont prononcés « en faveur de l'innocuité des produits cosmétiques contenant de l'aluminium ». Ils estiment toutefois « indispensable la réalisation d'une étude de pénétration cutanée de l'aluminium selon les lignes directrices actuelles »[3].

En 2005, le docteur Philippa Darbre au Royaume-Uni pointe à nouveau du doigt l’aluminium contenu dans nos anti transpirants qu’elle soupçonne de favoriser les cancers du sein. Elle démontra que le chlorhydrate d’aluminium contenu dans les déodorants pourrait interférer avec les récepteurs aux œstrogènes de certaines cellules cancéreuses[11]: « Puisque les estrogènes sont connus pour être impliqués dans le développement et la progression du cancer du sein, tout composant de l’environnement ayant une activité oestrogénique et pouvant s’infiltrer dans le sein pourrait, théoriquement, augmenter le risque de cancer du sein chez la femme » [12].

En 2007, le docteur David Servan-Schreiber conseille d'éviter les "déodorants avec antitranspirants contenant de l'aluminium (surtout chez les femmes qui se rasent les aisselles et facilitent ainsi la pénétration de l'aluminium dans l'organisme)", à travers des micro-fissures[13].

En 2008, un groupe d'experts fait l'analyse des données scientifiques disponibles sur le sujet. Ils concluent qu'il n'existe aucune preuve scientifique qui viendrait cautionner l'hypothèse d'un lien entre cancer du sein et utilisation des dérivés d'aluminium et qu'il n'y a aucune raison de poursuivre sur cette voie de recherche [14].

Dans son rapport d’expertise au sujet des risques liés à l'aluminium paru fin octobre 2011, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé estime que l'utilisation des produits antitranspirants contenant du chlorohydrate d’aluminium est trop risquée pour les consommateurs dans les conditions normale d’utilisation; à ce titre elle envisage de saisir la Commission Européenne afin de revoir des conditions d'utilisation de ces produits[5].

Une étude parue en janvier 2012 dans la revue scientifique: Journal of Applied Toxicology publiant des articles de recherches originales concernant la toxicologie montre in vitro les effets néfastes des sels d’aluminium (chlorhydrate d’aluminium et chlorure d'aluminium) sur les cellules épithéliales mammaires humaines[15]. Tout cela avec des doses 1500 à 100000 fois inférieures à celles que l’on retrouve dans les déodorants contenant des sels d'aluminium du commerce.

Les sels d'aluminium contenus dans les déodorants et anti-transpirants passent dans le sang et ce d'autant plus facilement quand la peau est lésée, épilée ou rasée[16],[17]

En France, plusieurs documentaires télévisuels ont été diffusé, dont "Aluminium, notre poison quotidien".

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Docteur Fabien Guibal, émission Allô Docteurs, 8 mars 2012
  2. L'Assemblée Nationale interdit les phtalates
  3. a et b (fr)[PDF]« Bulletin de vigilance N°31 (AFSSAPS) »
  4. (fr)« Attention à l'alu dans les déodorants »
  5. a et b (fr)[PDF]« Évaluation du risque lié à l’utilisation de l’aluminium dans les produits cosmétiques (AFSSAPS) »
  6. Déodorants et anti-transpirants : mode d'emploi Unilever (Axe, Brut, Dove, Rexona etc.) indique que ses produits ne présentent aucun risque.
  7. toutsurlesdeodorants.com appartient à Unilever
  8. parlonscosmetiques.com appartient à la Fédération des Entreprises de la Beauté (à ne pas confondre avec la FEBEA)
  9. McGrath, An earlier age of breast cancer diagnosis related to more frequent use of antiperspirants/deodorants and underarm shaving, in European journal of cancer prevention, 2003, 12/6.
  10. Claire Gourier-Fréry, Nadine Fréry, Claudine Berr, Sylvaine Cordier, Robert Garnier, Hubert Isnard, Coralie Ravault, Claude Renaudeau IVS, 2003, Aluminium - Quels risques pour la santé ?, PDF, 184 pages
  11. http://www.danger-sante.org/risque-deodorants-alcool-aluminium
  12. http://sante-az.aufeminin.com/w/sante/n625/news/sels-d-aluminium-et-cancer-du-sein-le-debat-est-relance.html
  13. David Servan-Schreiber (université de Pittsburg), Anticancer, Robert Laffont, 2007 et McGrath,idem
  14. L'utilisation de déodorants/antitranspirants ne constitue pas un risque de cancer du sein - Bulletin du Cancer 2008, vol. 95, no9, p. 871-880[1]
  15. The Globalist Report Sappino AP, Buser R, Lesne L, Gimelli S, Béna F, Belin D, Mandriota SJ. (Division of Oncology, Faculty of Medicine, University of Geneva, Geneva, Switzerland.) Aluminium chloride promotes anchorage-independent growth in human mammary epithelial cells, in Journal of applied toxicology 2012 Jan 6. doi: 10.1002/jat.1793
  16. An analytical procedure for the determination of aluminum used in antiperspirants on human skin in Franz™ diffusion cell; Toxicol Mech Methods. 2012 Apr;22(3):205-10. doi: 10.3109/15376516.2011.610386. Guillard O, Fauconneau B, Favreau F, Marrauld A, Pineau A.(CHU Poitiers, Laboratoire de Biochimie, Poitiers, France)[2]
  17. In vitro study of percutaneous absorption of aluminum from antiperspirants through human skin in the Franz™ diffusion cell. J Inorg Biochem. Volume 110, May 2012, Pages 21–26. Pineau A, Guillard O, Favreau F, Marrauld A, Fauconneau B. (Université Nantes, Faculté de Pharmacie, Laboratoire de Toxicologie 44035 Nantes, France)[3]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]