Déni

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Le déni est une notion théorisée par Sigmund Freud pour désigner la non-considération d'une partie de la réalité, en particulier celle de la différence des sexes (voir chez lui le concept de castration)[1]. Dans la théorie psychanalytique, le déni porte autant sur la réalité « extérieure » (perceptive) que sur la réalité ou le ressenti interne. En sémiologie psychiatrique, le terme s'étend à la réalité perceptive dans son ensemble et se rapporte généralement aux structures psychotiques[2].

Aveuglement[modifier | modifier le code]

L'acte de déni refuse de prendre en charge certaines perceptions : un fragment, éventuellement important, de la réalité, se voit totalement ignoré ; la personne qui dénie se comporte comme si cette réalité n'existait simplement pas, alors qu'elle la perçoit.

Décrire une telle occultation suppose un consensus quant au réel, consensus moins évident qu'il n'y paraît (à ne penser ne serait-ce qu'au solipsisme). C'est que le déni est utilisé comme signe sémiologique, donc permettant le diagnostic ; il parait souvent évident, d'autant plus qu'il peut concerner ce que la personne devrait justement bien connaître.

Déni dans d'autres pathologies[modifier | modifier le code]

La névrose, en théorie, n'a pas recours au déni mais à la seule dénégation, mécanisme de défense moins violent, et bien qu'il y ait négation de réalité dans la névrose (par exemple, dans le début de l'analyse de l'homme aux rats, Freud comprit son père comme vivant alors qu'il était mort, et l'homme aux rats se comporte comme si ce père vivait toujours).

Il peut y avoir déni dans d'autres pathologies - le fétichiste par exemple dénie la castration. Les pathologies dites borderline peuvent présenter certains dénis. Un mort dans la famille pourra par exemple être complètement rayé du discours. Le déni est aussi la première étape du deuil psychologique.

Déni historique[modifier | modifier le code]

Le déni de l'histoire est une partie du révisionnisme et du négationnisme. Certaines personnes et certains États (dont par exemple le gouvernement turc vis-à-vis du génocide arménien) ou dans l'exemple de la France par rapport à la guerre d’Algérie, pratiquent le déni par rapport aux génocides, massacres ou évènements de ce type.

Là-dessus, le révisionnisme est à distinguer d'un déni plus simple : en effet, le déni simple tend à écarter ce qui est considéré comme gênant, à faire comme s'il n'existait pas, alors que le révisionnisme le place au contraire au centre de son discours pour tenter de prouver rationnellement, quoique souvent fallacieusement (voir méthode hypercritique), qu'il n'existe effectivement pas. En cela, si un révisionnisme de type faurissonien partage des traits communs avec le déni, il tient également de la manie. Faurisson parle en effet longuement des chambres à gaz, dont il nie l'existence, mais il évoque en revanche très peu, voire pas du tout, les persécutions antisémites ne relevant ni du gazage ni de l'extermination (par exemple le port obligatoire de l'étoile jaune), ce que certains universitaires expliquent par le fait que ces éléments ne correspondent pas à la perspective qu'il tente de promouvoir[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sigmund Freud : Névrose, psychose et perversion, PUF, 1999 (ISBN 2-13-045208-6)
  2. Jean Bergeret (psychanalyste) et coll., Abrégé de psychologie pathologique, Paris, Masson, collection Abrégés, 10ème édition, 2008, (ISBN 2294701747)
  3. Jacqueline Authier-Revuz, Lydia Romeu, « La place de l'autre dans un discours de falsification de l'histoire. À propos d'un texte niant le génocide juif sous le IIIe Reich », revue Mots, n°8, 1984, pp.55, accessible ici