Démographie de la République démocratique du Congo

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Démographie de la République démocratique du Congo
Pyramide des âges de la République démocratique du Congo en 2005
Pyramide des âges de la République démocratique du Congo en 2005
Dynamique (2005)
Population 62 660 551 hab.
Accroissement naturel 3,07 %
Indice de fécondité 6,45 enfants par
Taux de natalité 43,69 ‰
Taux de mortalité 13,27 ‰
Taux de mortalité infantile 88,62 ‰
Espérance de vie à la naissance 51,46 ans
Âge médian
Homme 16,0 ans
Femme 16,4 ans
Structure par âge
0-14 ans 47,4 %
15-64 ans 50,1 %
65 ans et plus 2,5 %
Rapport de masculinité
À la naissance 103 /100
Moins de 15 ans 101 /100
15-64 ans 99 /100
65 ans et plus 68 /100
Migration
Solde migratoire 0,23 ‰
Composition linguistique
Français (officiel)  
Lingala  
Swahili  
Kikongo  
Tchiluba  
Composition ethnique
Lubas  
Mongos  
Kongos  
Autres  

Cet article contient des statistiques sur la démographie de la République démocratique du Congo. La population est caractérisée par l'importance de sa jeunesse, 60 % des habitants ont moins de 20 ans.

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (source : FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.

Historiquement, la traite esclavagiste des Portugais à l’ouest et celle des Arabo-Swahilis à l'est a considérablement vidé le territoire. Le régime de Léopold II a conduit à des massacres de grande ampleur et a encore plus diminué la population. L'EIC comptait environ 20 millions d'habitants en 1885, après 23 ans de tituelles de Léopold II, en 1908 le pays ne comptait plus que 10 millions d'habitants[réf. nécessaire]. Cela induirait très largement plus de 10 millions de morts avec l'augmentation naturelle de la population. Selon les calculs prenant en compte les évolutions et conditions de l'époque, l'EIC aurait du avoir en 1908 entre 25 à 30 millions d'habitants[réf. nécessaire]. Ce n'est qu'avec la crise de 1929 et la fin de la Seconde Guerre mondiale que la population commence à augmenter rapidement. Mais le Congo belge comptait 13,5 millions d'habitants en 1930 et 14,7 millions d'habitants à l'indépendance le 30 juin 1960.

Durant la guerre interafricaine, une guerre menée principalement par le Rwanda et l'Ouganda, qui a conduit à une grave crise économique, prélevant les richesse du sol et sous sol du Congo (coltan, nobium, cassitérie, cadmium, terre rare...) a eu comme conséquence entre 1996 à nos jours plus de 12 millions de morts. Les agresseurs ont utilisé le viol comme arme de guerre pour déstructurer la société congolaise sur ces bases, il y aurait eu plus de 2 millions de femmes violés, selon Dr Mukwege lors de son passage à Paris, en 2013[réf. nécessaire]. C'est le conflit le plus meurtrier au Congo depuis l'esclavage, la traite négrière et les deux guerres mondiales.

Principaux indicateurs démographiques dans le temps[modifier | modifier le code]

Évolution des principaux indicateurs démographiques[1]
Année Naissances annuelles Décès annuels Solde naturel annuel Taux de natalité (‰) Taux de mortalité (‰) Solde naturel (‰) Indice de fécondité Taux de mortalité infantile (‰)
1950-1955 608 000 329 000 279 000 47,2 25,5 21,7 5,98 167
1955-1960 683 000 341 000 342 000 47,2 23,6 23,7 5,98 158
1960-1965 780 000 369 000 411 000 47,4 22,4 25,0 6,04 151
1965-1970 898 000 402 000 496 000 47,5 21,3 26,3 6,15 143
1970-1975 1 037 000 433 000 604 000 47,6 19,9 27,7 6,29 134
1975-1980 1 208 000 488 000 720 000 48,0 19,4 28,6 6,46 129
1980-1985 1 425 000 550 000 874 000 49,1 19,0 30,1 6,72 125
1985-1990 1 689 000 632 000 1 057 000 50,1 18,7 31,4 6,98 121
1990-1995 2 035 000 743 000 1 292 000 50,6 18,5 32,1 7,14 119
1995-2000 2 335 000 923 000 1 412 000 49,8 19,7 30,1 7,04 128
2000-2005 2 580 000 973 000 1 607 000 48,2 18,2 30,0 6,70 120
2005-2010 2 772 000 1 058 000 1 714 000 44,9 17,2 27,8 6,07 116

Répartition de la population[modifier | modifier le code]

Relativement à sa taille, la République démocratique du Congo est peu peuplée : 30 habitants au km2. La population se concentre sur les plateaux, dans la savane près des fleuves et des lacs ; le nord et le centre du pays, domaine de la jungle, sont quasiment vides. L'exode rural a gonflé les villes. Les plus grandes agglomérations sont Kinshasa, Lubumbashi, Mbuji-Mayi, Kananga, Kisangani, Bukavu.

Langue[modifier | modifier le code]

Le français est la langue officielle de la République démocratique du Congo (RDC). La RDC est le pays francophone le plus peuplé du monde, devant la France. Il y a quatre autres langues qui ont le statut de langues nationales : kikongo, lingala, swahili et tshiluba.

Ethnies[modifier | modifier le code]

Le peuple congolais est composé de plusieurs centaines d'ethnies — certains donnent le nombre de 200[2], 250[3],[4], plus de 365[5],[6], 400[7] ou 450[8],[9] — formant différents groupes. Néanmoins, de nombreuses langues et cultures de petites ethnies ont tendance à disparaître au profit de celles des grosses ethnies.

Groupe bantou (80 % de la population) :

Luba (18 %), Mongo (17 %), Kongo (12 %)
Autres : Ambala, Ambuun, Angba, Babindi, Bangala, Bango, Pende, Bazombe, Bemba, Bembe, Bira, Bowa, Dikidiki, Dzing, Fuliru, Havu, Hema, Hunde, Hutu, Iboko, Kanioka, Kaonde, Kuba, Kumu, Kwango, Lengola, Lokele, Lundas, Lupu, Lwalwa, Mbala, Mbole, Mbuza (Budja), Nande, NgoliBangoli, Ngombe, Nkumu, Nyanga, Popoi, Poto, Sango, Shi, Songo, Sukus, Tabwa, Tchokwé, Téké, Tembo, Tetela, Topoke, Ungana, Vira, Wakuti, Yaka, Yakoma, Yanzi, Yeke, Yela, Batsamba, Baholo, Baboma, kongo, yombe… etc.

Groupe soudanique central :

Ngbandi, Ngbaka, Manvu, Mbunja, Moru-Mangbetu, Zande, Lugbara, Logo

Groupe nilotique :

Alur, Kakwa, Bari

Groupe chamite :

Hima-Tutsi

Groupe pygmée :

Mbuti, Twa, Baka, Babinga

Religion[modifier | modifier le code]

La population congolaise est très majoritairement chrétienne.

Migrations[modifier | modifier le code]

Après les nombreuses guerres en son sein et chez ses voisins, la République démocratique du Congo abritait environ 177 500 réfugiés et demandeurs d'asile à la fin de 2007. Ceux-ci provenaient de l'Angola, du Rwanda, du Burundi, de l'Ouganda et du Soudan[10].

Santé[modifier | modifier le code]

De manière générale, les indicateurs sociaux ont des niveaux préoccupants : le taux de mortalité infantile est passé de 12,4 % en 1990 à 11,2 % en 2011, le taux de mortalité maternelle de 800 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1990 à 2 000 décès pour 100 000 naissances actuellement, l’espérance de vie est passée de 45,7 ans en 2000 à 48,7 ans 2013 contre une moyenne africaine de 55 ans, l’accès aux services de santé de base est inférieur à 26 pour cent, près des 3/4 de la population vit en dessous du seuil de pauvreté multidimensionnel[11]. Le paludisme fait des ravages en RDC.

De plus, des maladies autrefois éradiquées comme la trypanosomiase, la lèpre et la peste ont resurgi, et la pandémie du VIH/sida touche 3% de la population entre 15 et 49 ans. Le chiffre pourrait s’élever à 20-22 pour cent dans les provinces orientales où il y a encore quelques troubles. Selon les dernières estimations, environ 750 000 enfants ont perdu au moins un de leurs parents en raison de la maladie[12].

Cette situation perdure depuis déjà des décennies.

Condition de travail[modifier | modifier le code]

Environ 40 000 enfants travaillent sans protection et dans des conditions extrêmes de pénibilité dans le secteur informel des mines de cuivre et cobalt qui s'est anarchiquement développé depuis les années 1990, au profit de revendeurs et de compagnies privées (ex : Chemaf, Somika, Rubamin, Volcano et notamment le Groupe Bazano via un comptoir appartenant à un Libanais pour faire traiter ses produits dans les usines Bazano de Likasi), sans respect du code minier ou du droit international du travail[13].

Criminalité[modifier | modifier le code]

Viols[modifier | modifier le code]

Les guerres répétitives et incessantes, usant du viol comme arme de découragement des camps adverses, a causé d'énormes dégâts sur la population civile. Pratiqués par tous les groupes armés, hutus, maï-maïs, rwandais, congolais et M23, depuis des dizaines d'années et sur toutes les tranches d'âge (des bébés de 18 mois ont été décomptés parmi les victimes), ce phénomène cause d'importants problèmes sanitaires, et a touché au moins 50000 victimes depuis 1996[14].

Sources[modifier | modifier le code]

  1. World Population Prospects: The 2010 Revision
  2. (en) The World Factbook, CIA
  3. Aménagement linguistique dans le monde : Congo-Kinshasa
  4. « Profils Culturels : Du Congo au Canada » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-26
  5. Comité national de l'AIV : Rapport final (PDF)
  6. Bruxelles Export : République démocratique du Congo
  7. ONU, Conférence mondiale contre le racisme, Ntumba Luaba Lumu, ministre des Droits de l'Homme
  8. Discours du président de l'Assemblée nationale de la RDC, Olivier Kamitatu Etsu, à l'occasion de la Conférence internationale sur le Fédéralisme (PDF)
  9. Constitution : le Pprd joue et gagne, Le Potentiel
  10. World Refugee Survey 2008 publié par le Comite américain pour les réfugiés et les immigrants (U.S. Committee for Refugees and Immigrants)
  11. La RDC au dernier rang de l'indice de développement humain du PNUD, Le Monde, 15 mars 2013.
  12. Perspectives économiques en Afrique, RDC 2005
  13. Rapport sur le rôle de GLENCORE dans le partenariat KCC , voir chap 9.11, p. 62/87 Les produits provenant des creuseurs artisanaux
  14. Dans l'est du Congo, les viols comme armes de guerre, Le Monde, 16 juillet 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Boute: La population du Zaïre d'ici 1985, Zaïre-Afrique, 131, 1979, pp. 5-13.