Démographie de la Bretagne

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La région Bretagne est peuplée de 3 199 066 habitants au 1er janvier 2010 (décret no 2012-1479 du 27 décembre 2012), sur un territoire de 27 208 km2. La densité de 117 hab/km² est légèrement supérieure à celle de la France mais plutôt élevée par rapport aux autres régions.

La population est en croissance régulière depuis l'époque des Trente Glorieuses. La région a dépassé les trois millions d'habitants en 2003.

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

Année Population au 1er janvier Région Bretagne
département des
Côtes-d'Armor
département du
Finistère
département de
l'Ille-et-Vilaine
département du
Morbihan
1801 504 303 439 046 488 846 401 215 1 833 410
1901 609 349 773 014 614 000 564 000 2 559 398
1921 557 824 752 514 558 574 556 047 2 424 959
1936 532 000 757 000 566 000 542 000 2 396 647
1946 526 955 724 735 578 246 506 884 2 336 820
1954 503 178 727 847 586 812 520 966 2 338 803
1968 506 000 769 000 653 000 541 000 2 468 227
1975 525 556 804 088 702 199 563 588 2 595 431
1982 538 860 829 865 748 272 590 889 2 707 886
1990 538 443 838 366 797 785 619 723 2 794 317
1995 537 009 841 298 832 855 629 518 2 840 680
1996 536 856 844 116 840 650 632 042 2 853 664
1997 539 324 847 075 848 726 635 229 2 870 354
1998 541 391 849 779 857 295 639 772 2 888 237
1999 542 398 852 273 866 111 643 293 2 904 075
2000 545 518 855 674 875 388 649 611 2 926 191
2001 549 379 860 024 885 964 656 704 2 952 071
2002 553 731 864 454 896 895 664 696 2 979 776
2003 558 452 868 807 907 881 673 220 3 008 360
2004 563 267 873 430 919 202 681 649 3 037 548
2005 566 946 876 680 929 947 688 544 3 062 117
2006[1] 569 498 879 497 945 497 693 498 3 080 990
2007[2] 576 049 885 906 955 746 702 487 3 120 288
2009[3] 587 519 893 914 977 489 716 182 3 175 064
2010 591 641 897 628 988 140 721 657 3 199 066
Année Côtes-d'Armor Finistère Ille-et-Vilaine Morbihan Région Bretagne

Sources : Insee[4] et[5], IAURIF[6] et[7].

Au recensement de 1911, la population bretonne atteignit un maximum historique de 2 601 715 habitants. Une longue descente s'ensuivit, suite aux deux guerres mondiales, si bien qu'en 1946-54, la population n'avait quasi pas augmenté par rapport à 1851. Avec le baby-boom d'après guerre, une lente montée se dessina, mais fort molle au départ, si bien qu'en 1975, la région n'avait pas encore récupéré les pertes subies depuis 1911. À partir de la fin des années 1960, la croissance s'accéléra sous l'effet de la natalité surtout jusqu'en 1975, puis de l'immigration venue prendre progressivement le relais. Depuis 1996, la dynamique s'est fortement amplifiée, et la région, devenue fort attractive affiche désormais une des plus fortes croissances de la métropole.

Deux départements s'octroient la plus grande partie de l'accroissement : l'Ille-et-Vilaine grâce à l'expansion de Rennes surtout, et le Morbihan, département côtier devenu fort attractif, et réputé pour son climat.

Les cinq départements de Bretagne[modifier | modifier le code]

Afin de mesurer l'ampleur réelle du développement démographique de l'ensemble de la Bretagne historique, il est intéressant d'inclure la Loire-Atlantique dans le total de la population.

Année Population au 1er janvier Accroissement
annuel
Région Bretagne Loire-Atlantique Bretagne
1801 1 833 410 369 305 2 202 715 -
1851 2 303 113 535 664 2 838 777 12 500
1901 2 559 398 664 971 3 228 369 7 800
1921 2 424 959 649 691 3 074 640 -15 400
1936 2 396 647 659 428 3 056 075 -1 100
1946 2 336 820 665 064 3 001 884 -5 400
1954 2 338 803 733 575 3 072 378 8 800
1962 2 374 443 803 372 3 177 815 13 200
1968 2 468 227 861 452 3 329 679 25 300
1975 2 595 431 934 499 3 529 930 28 600
1982 2 707 886 995 498 3 703 382 24 800
1990 2 794 317 1 050 539 3 844 856 17 700
1999 2 904 075 1 133 247 4 037 322 21 400
2005 3 062 117 1 208 761 4 270 878 38 700
2006 3 080 990 1 219 497 4 300 487 29 609
2007 3 110 000 1 234 085 4 344 085 43 598
2009 3 175 064 1 266 358 4 441 422 137 337
2010 3 199 066 1 282 052 4 481 118 9 696

À l'accroissement de 268 000 habitants observé en 15 ans, de 1990 à 2005, en région Bretagne, s'ajoutent les 158 000 habitants supplémentaires de la Loire-Atlantique. C'est-à-dire 426 000 bretons supplémentaires en 15 ans, dont 233 000 durant les six dernières années (près de 38 700 par an). La Bretagne historique connaît un véritable boom démographique largement supérieur à ce qu'elle a connu entre 1968 et 1980. La croissance récente dépasse désormais proportionnellement celle que connaît la région Rhône-Alpes, et se rapproche de fort près des performances de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Mouvements naturels de la population[modifier | modifier le code]

Évolution des naissances et des décès[modifier | modifier le code]

Les chiffres suivants sont fournis par l'Insee[8],[9],[10].

Département 2000 2004 2005 2006
Naiss. Décès Solde Naiss. Décès Solde Naiss. Décès Solde Naiss. Décès Solde
Côtes-d'Armor 6 375 6 565 -190 6 317 6 373 -56 6 287 6 485 -198 6 743 6 289 454
Finistère 10 380 9 490 890 9 963 9 151 812 9 851 9 399 452 10 184 9 389 795
Ille-et-Vilaine 12 069 7 018 5 051 12 072 7 020 5 052 12 405 7 133 5 272 12 687 7 070 5 617
Morbihan 7 868 6 917 951 8 036 6 761 1 285 7 802 7 071 731 8 221 6 992 1 229
Région Bretagne 36 692 29 990 6 702 36 388 29 305 7 083 36 345 30 088 6 257 37 835 29 740 8 095

Comme dans l'ensemble de la France, l'année 2006 se caractérise par une hausse importante du nombre de naissances (près de 1 500 naissances supplémentaires soit plus de 4 % de hausse), et ce malgré un nombre de femmes en âge de procréer légèrement moins nombreux.

Fécondité par département[modifier | modifier le code]

Le nombre moyen d'enfants par femme ou indice conjoncturel de fécondité a évolué comme suit pour chaque département et pour l'ensemble de la Région Bretagne :

Département Fécondité
1999[11]
Fécondité
2000
Fécondité
2001
Fécondité
2002
Fécondité
2003[12]
Fécondité
2004[13]
Fécondité
2005[14]
Côtes-d'Armor 1,92 2,03 2,02 2,06 2,10 2,08
Finistère 1,81 1,91 1,89 1,83 1,86 1,89
Ille-et-Vilaine 1,77 1,88 1,88 1,83 1,87 1,82
Morbihan 1,88 1,96 1,96 1,98 1,97 2,02
Région Bretagne 1,82 1,92 1,91 1,89 1,92 1,92 1,98
France métropolitaine 1,79 1,87 1,88 1,87 1,87 1,90 1,92

Pour 2006, l'Insee donne les indices de fécondité suivants: 2.24 pour les Côtes-d'Armor ; 2 pour le Finistère, 1,96 pour l'Ille-et-Vilaine, 2,10 pour le Morbihan. La région Bretagne affiche ainsi pour cette année-là un indice conjoncturel de fécondité de 2,04 enfants par femme, ce qui la place légèrement au-dessus du taux métropolitain moyen d'alors (2 enfants par femme).

Sources : http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=2&ref_id=POPOP003 et http://www.insee.fr/fr/insee_regions/bretagne/themes/octant/oc116/oc116_bilandemo.pdf

Dans les années 1950-1960 les régions de haute fertilité formaient géographiquement un croissant bordant la France du nord-ouest au nord-est, qu'on appelait le "croissant fertile" par allusion à la fertilité des populations locales[15]. Ce croissant de haute fécondité, partait des Pays de la Loire (Vendée) et de Bretagne, remontait les côtes de la Manche vers le nord-est, et contournait l'Île-de-France par le nord, englobant le Nord-Pas-de-Calais, d'où il s'incurvait vers le sud-est, passant par la Lorraine et l'Alsace, puis s'infléchissait vers le sud et se terminait en Franche-Comté.

Les années 1970-1975 ont vu un effondrement général de la fécondité en Europe de l'Ouest, et la France n'échappa pas au mouvement. Cependant, un phénomène général d’homogénéisation de la fécondité dans les diverses régions de métropole a eu lieu qui a contribué à rapprocher le taux des régions méridionales de la moyenne nationale. La fécondité a moins baissé là où elle était faible mais a fort baissé là où elle était élevée, et globalement, l’écart entre les régions les plus fécondes et les moins fécondes s’est fortement réduit de ce fait[16].

Aujourd'hui la partie nord-est du croissant s'est effondrée (Alsace, Lorraine et partiellement Champagne) et ce croissant n'existe donc plus. Cependant tout le nord-ouest de la France depuis la Vendée et la Bretagne jusqu'au Nord-Pas-de-Calais et aux département des Ardennes et de la Meuse, comprenant en plus l'Île-de-France, constitue toujours la zone de plus haute fécondité du pays. On peut désormais parler d'un "triangle fertile" muni d'un long appendice orienté nord-sud, allant des Ardennes jusqu'aux rives de la Méditerranée en passant par la Meuse, la Haute-Marne, la Franche-Comté et la région Rhône-Alpes. La région Bretagne fait partie de ce triangle regroupant les régions les plus fécondes de France.

Immigrés et étrangers[modifier | modifier le code]

Note:
Rappelons qu'un immigré est quelqu'un résidant en France, né étranger à l'étranger. Il peut être devenu français par acquisition ou avoir gardé sa nationalité de naissance. Par contre le groupe des étrangers est constitué par l'ensemble des résidents ayant une nationalité étrangère, qu'ils soient nés en France ou hors de France.

Nombre d'étrangers et d'immigrés en Bretagne[modifier | modifier le code]

Au recensement de 1999, les étrangers et les immigrés se répartissaient comme suit en France et en région Bretagne :

France
métropolitaine [17]
Région
Bretagne[18]
Pourcentage
Français 55 260 000 2 875 828 98,9
-- Français de naissance nés en France 51 340 000 2 817 056 96,9
-- Français de naissance nés à l'étranger 1 560 000 33 723 1,1
-- Français par acquisition nés en France (3) 800 000 6 364 0,2
-- Français par acquisition nés à l'étranger (1) 1 560 000 18 685 0,7
Étrangers 3 260 000 32 294 1,1
-- Étrangers nés en France 510 000 4 712 0,1
-- Étrangers nés à l'étranger (2) 2 750 000 27 582 1,0
Population totale 58 520 000 2 908 122 100,0
dont Immigrés
(1) + (2) 4 310 000 46 267 1,7
dont Français par acquisition
(1) + (3) 2 360 000 25 049 0,9

Comme dans l'ensemble des régions du grand Ouest français, il y a peu d'immigrés sur le territoire breton. Les quatre départements présentent des taux similaires : en Ille-et-Vilaine, 2 % des habitants sont immigrés, dans le Finistère 1,5 %, dans le Morbihan et les Côtes-d'Armor 1,4 %. Mais cette proportion d’immigrés croît régulièrement en Bretagne depuis les années 1960 et a ainsi quadruplé entre les recensements de 1962 et de 1999.

De plus au sein de la population immigrée dans la région, on note une proportion élevée de nouveaux arrivants. En 1999, environ 30 % des immigrés n'habitaient pas encore en France en 1990 et sont donc arrivés en Bretagne entre 1990 et 1999, proportion qui ne s'élève qu'à 16 % pour l'ensemble du pays. De ce fait, on peut dire que la population immigrée résidant en Bretagne appartient à un courant d'immigration récent. Cette caractéristique se retrouve dans l'ensemble des régions de l'Ouest français.

Ventilation des immigrés par région du monde et pays de naissance[modifier | modifier le code]

Pays de naissance des immigrés vivant en région Bretagne en 1999

Source :[19]

Origine Immigrés 1999 dont
naturalisés
Encore
à l'étranger
en 1990 (%)
effectifs pourcentage effectifs pourcentage
Total Général 46 267 100,0 18 685 40,4 29,3
Europe
-- Royaume-Uni 4 862 10,5 677 13,9 66,4
-- Portugal 4 419 9,6 1 257 28,4 11,9
-- Espagne 2 016 4,4 1 081 53,6 14,2
-- Allemagne 1 864 4,0 650 34,9 36,2
-- Italie 1 724 3,7 999 57,9 13,5
-- Belgique 1 555 3,4 542 34,9 34,9
-- Autres Europe des 15 1 405 3,0 306 21,8 48,3
-- Autres Europe 3 331 7,2 1 742 52,3 39,8
Afrique
-- Maroc 4 738 10,3 1 711 36,1 13,6
-- Algérie 2 514 5,4 989 39,3 20,2
-- Tunisie 830 1,8 426 51,3 15,3
-- Autres Afrique
ex-française
3 378 7,3 1 544 45,7 41,2
-- Autres Afrique 1 354 2,9 687 50,7 40,7
Asie
-- Turquie 2 789 6,0 272 9,8 19,0
-- Viêt Nam 1 899 4,1 1 401 73,8 11,0
-- Cambodge 852 1,9 442 51,9 10,2
-- Autres Asie 3 992 8,6 2 405 60,2 25,8
Amérique/Océanie 2 745 5,9 1 554 56,6 36,3
Total Général 46 267 100,0 18 685 40,4 29,3
-------------------- -------------------- -------------------- -------------------- -------------------
Note : Lecture : Les immigrés portugais constituent 9,6 % du total des immigrés, et 28,4 % d'entre eux ont acquis la nationalité française.

On remarque pour les immigrés européens que, mis à part les espagnols et les italiens présents de longue date, peu de ressortissants de l'Union européenne ont acquis la nationalité française, et surtout très peu de Britanniques.

Inversément, pour ce qui concerne les Africains, on peut voir qu'un grand nombre d'entre eux sont devenus Français. Les Tunisiens sont déjà majoritaires à avoir franchi ce pas, et les Algériens et Marocains les suivent de près. Il en va de même concernant l'Afrique noire, où certaines nationalités ont déjà acquis majoritairement la nationalité de leur pays d'adoption. C'est différent en Asie, où les Turcs commencent seulement à se naturaliser. Par contre les ressortissants de l'ancienne Indochine françaises se sont empressés de tourner le dos à leur ancienne patrie, phénomène que l'on observe partout en France. En ce domaine, les ex-Vietnamiens remportent la palme. Les ressortissants des pays d'Amérique (en l'occurrence venus surtout d'Amérique Latine) ont eux aussi opté majoritairement pour la nationalité de leur nouvelle patrie.

Répartition des naissances par nationalité de la mère[modifier | modifier le code]

Les chiffres suivants sont fournis par l'Insee pour l'année 2004[20] :

Ensemble Françaises Étrangères
Total
étrangères
Algérie Espagne Italie Portugal Maroc Tunisie
Côtes-d'Armor 6 317 6 158 159 18 1 1 23 17 0
Finistère 9 963 9 666 297 17 6 4 16 30 4
Ille-et-Vilaine 12 072 11 630 442 19 4 12 7 78 7
Morbihan 8 036 7 765 271 13 3 1 11 27 3
Région Bretagne 36 388 35 219 1 169 67 14 18 57 152 14
-- légitimes 18 847 17 978 869 60 8 11 37 131 11
-- hors-mariage 17 541 17 241 300 7 6 7 20 21 3

Les ménages bretons - français et immigrés[modifier | modifier le code]

Note : définition d'un ménage
C'est l'ensemble des occupants d'un même logement, quels que soient les liens qui les unissent. Il peut n'y avoir aucun lien de parenté entre eux.
Un ménage peut se réduire à une seule personne.
Un ménage peut comporter plusieurs familles, comme c'est le cas dans les familles patriarcales. C'est encore souvent le cas chez certains d'agriculteurs.

On appelle ici "ménage immigré" un ménage dont la personne de référence est immigrée (c'est-à-dire française ou étrangère, née étrangère hors de France).

Composition des ménages en 1999

Origine Nombre de
ménages
Nombre de personnes
dans ces ménages
Nombre
de personnes
par ménage
Nombre
d'enfants
par ménage
total dont
immigrés
Ensemble des ménages de Bretagne 1 209 901 2 843 001 44 063 2,3 0,7
Ensemble des ménages immigrés 20 870 60 713 32 654 2,9 1,2
Europe
-- Royaume-Uni 2 241 5 358 4 020 2,4 0,6
-- Portugal 2 376 7 584 3 665 3,2 1,3
-- Espagne 1 068 2 590 1 254 2,4 0,7
-- Allemagne 770 1 562 990 2,0 0,4
-- Italie 1 125 2 524 1 250 2,2 0,6
-- Belgique 764 1 809 1 001 2,4 0,7
-- Autres Europe des 15 630 1 568 883 2,5 0,7
-- Autres Europe 1 120 2 461 1 682 2,2 0,6
Afrique
-- Maroc 2 423 9 209 4 203 3,8 2,0
-- Algérie 1 496 4 382 2 135 2,9 1,2
-- Tunisie 550 1 909 744 3,5 1,7
-- Autres Afrique
ex-française
1 400 4 116 2 065 2,9 1,2
-- Autres Afrique 367 1 191 658 3,2 1,5
Asie
-- Turquie 1 177 4 562 2 698 3,9 1,9
-- Viêt Nam 631 1 834 1 135 2,9 1,2
-- Cambodge 406 1 350 798 3,3 1,5
-- Autres Asie 1 559 4 784 2 451 3,1 1,4
Amérique/Océanie 767 1 920 1 022 2,5 0,8
-------------------- -------------------- -------------------- -------------------- -------------------

Les ménages immigrés sont en moyenne nettement plus grands que la moyenne des ménages de Bretagne. Ils comportent surtout plus d'enfants (1,2 en moyenne contre 0,7). Cependant, les ménages immigrés européens ont une structure presque identique à la moyenne régionale, à l'exception notable des Portugais (3,2 personnes au lieu de 2,3 et 1,3 enfants contre 0,7), et en sens inverse, des Allemands (seulement 0,4 enfants).

Ce sont les ménages d'immigrés africains et asiatiques qui tirent la moyenne vers le haut, et parmi eux, les Marocains se distinguent particulièrement, avec une moyenne de 3,8 personnes par ménage dont 2,0 enfants.

Les migrations interrégionales[modifier | modifier le code]

La forte croissance de la population régionale, largement supérieure à ce que laisserait prévoir le solde naturel naissances-décès est dû essentiellement à la forte attractivité de la région Bretagne auprès des résidents de la moitié nord du pays. Il existe entre la Bretagne et les autres régions de France un double courant d'entrées et de sorties. Ces flux migratoires se sont intensifiés fortement depuis 1990. Le tableau suivant reprend le nombre de migrants au départ et vers les principales régions françaises impliquées dans ces échanges interrégionaux de population entre 1990 et 1999.

Région Arrivées
en Bretagne
Départs
de Bretagne
Solde
migratoire
Île-de-France 110 903 65 700 + 45 203
Basse-Normandie 19 332 12 360 + 6 972
Haute-Normandie 10 832 6 252 + 4 580
Centre 14 923 10 457 + 4 466
Pays de la Loire 50 541 47 302 + 3 239
Rhône-Alpes 11 065 10 732 + 333
Provence-Alpes-Côte d’Azur 13 401 15 083 - 1 682
Aquitaine 7 424 10 070 - 2 646
Total France 306 071 230 596 + 75 475

Source : Insee Bretagne[21]

Répartition des migrants en catégories socio-démographiques[modifier | modifier le code]

Catégorie Migrations interrégionales 1990-99 Pourcentage
en Bretagne
Arrivées
en Bretagne
Pourcentage Départs
de Bretagne
Pourcentage Solde
migratoire
Actifs ayant un emploi 111 315 36,4 112 434 48,8 -1 119 39,9
Actifs au chômage 23 023 7,5 13 607 5,9 9 416 4,1
Enfants 84 556 27,6 57 267 24,8 27 289 20,7
Autres inactifs 24 330 5,4 14 243 6,2 10 087 2,8
Étudiants 16 402 7,9 17 990 7,8 - 1 588 8,9
Retraités 43 462 14,2 11 948 5,2 31 514 23,4
Total 306 071 100,0 230 596 100,0 75 475 100,0

Les mariages[modifier | modifier le code]

En Bretagne comme dans le reste de la France, les données se rapportant aux mariages doivent être examinées avec un certain recul, dans la mesure où une grande partie des unions ne sont désormais plus consacrées devant l'officier d'État civil. De nombreuses unions et séparations échappent donc aux données fournies par la statistique publique. Par ailleurs, le développement rapide du nombre de PACS fragilise encore plus les analyses basées sur le seul dénombrement des mariages.

En 2008, la région Bretagne enregistre 12 695 mariages, ce qui représente 4,8 % des mariages français. La proportion est légèrement inférieure à la moyenne française.

Les données 2004 des mariages, selon l'origine des mariés, sont :

  • 10.391 mariages entre deux conjoints français
  • 66 entre conjoints étrangers
  • 422 mariages mixtes entre époux français et épouse étrangère
  • 482 mariages mixtes entre épouse française et époux étranger

On note que sur 970 conjoints étrangers s'étant mariés durant l'année 2004, 904 l'ont fait dans le cadre d'un mariage mixte (soit une proportion de 93 %). Cet élément indique le fort taux de mariage mixte des étrangers vivant en Bretagne, ce qui signale une possible meilleure intégration de ces derniers.

Cependant, l'analyse des mariages mixtes doit être réalisée avec la plus grande prudence, étant donné le faible nombre de cas statistiques (quelques centaines pour une région de 3,1 millions d'habitants). À l'évolution des modes de vie constatée en Bretagne (union libre, PACS, célibat) s'ajoute en effet ici la faiblesse de la population immigrée dans la région (voir-ci-dessus).

De plus, les données statistiques se focalisent toujours, comme dans les années 1970, sur des groupes devenus désormais insignifiants du point de vue de la dynamique démographique (Italiens, Espagnols, Portugais). Le tableau ci-dessous ne rend donc pas réellement compte des mariages mixtes observés parmi les principaux groupes d'étrangers présent en Bretagne dans les années 2000-2010 (Britanniques, Marocains, ressortissants de l'Afrique noire).

Ventilation des mariages mixtes

Total mariages
mixtes
Nationalité du conjoint étranger
Italienne Espagnole Portugaise Algérienne
Époux français 422 2 3 7 23
Épouse française 482 2 3 17 64

Source : [22].

Villes et aires urbaines[modifier | modifier le code]

Voir l’image vierge
Carte de la répartition de la population de la Bretagne par commune ; les cercles sont centrés sur le chef-lieu de la commune et leur aire est proportionnelle à la population de la commune.

Les communes les plus peuplées[modifier | modifier le code]

Les 30 communes bretonnes les plus peuplés au 1er janvier 2009:

  1. Rennes → 206 604
  2. Brest → 141 315
  3. Quimper → 63 387
  4. Lorient → 57 812
  5. Vannes → 52 683
  6. Saint-Malo → 47 045
  7. Saint-Brieuc → 46 013
  8. Lanester → 22 288
  9. Lannion → 19 847
  10. Fougères → 19 820
  11. Concarneau → 19 352
  12. Plœmeur→ 17 996
  13. Vitré → 16 712
  14. Bruz → 16 235
  15. Morlaix → 15 539
  16. Cesson-Sévigné → 15 194
  17. Hennebont → 15 079
  18. Douarnenez → 15 066
  19. Landerneau → 14 999
  20. Pontivy → 13 681
  21. Plérin → 13 678
  22. Guipavas → 13 496
  23. Plougastel-Daoulas → 13 304
  24. Auray → 12 187
  25. Lamballe → 12 068
  26. Plouzané → 11 725
  27. Quimperlé → 11 384
  28. Ploufragan → 11 054
  29. Dinan → 11 039
  30. Le Relecq-Kerhuon → 10 927

Les aires urbaines[modifier | modifier le code]

Les chiffres de population suivants correspondent aux aires urbaines dans leur extension définie lors du recensement de 1999[23].

Aires urbaines Date du recensement Accroissement
1982-2006
1982 1990 1999 2006
Rennes 422 507 463 366 521 188 571 753 + 149 246
Brest 283 385 292 162 303 484 309 266 + 25 881
Lorient 173 207 183 859 186 144 192 105 + 18 898
Saint-Brieuc 114 252 117 383 121 237 127 208 + 12 956
Quimper 104 355 112 707 120 441 129 110 + 24 755
Vannes 91 168 103 302 118 029 132 881 + 41 713
Saint-Malo 62 267 66 258 70 303 72 592 + 10 325
Lannion 55 436 56 953 59 233 63 426 + 7 990
Fougères 41 240 40 228 40 132 41 246 + 6
Morlaix 38 403 37 168 35 996 36 605 - 1 798
Dinan 33 359 33 902 32 903 35 433 + 2 074
Redon 24 703 25 823 26 522 28 034 + 3 331
Concarneau 23 893 24 760 25 807 26 657 + 2 764
Douarnenez 21 157 20 124 19 424 19 145 - 2 012
Dinard 22 403 23 808 25 089 26 400 + 3 997
Guingamp 24 896 24 739 25 060 26 034 + 1 138
Vitré 20 774 23 012 24 690 26 697 + 5 923
Pontivy 21 006 21 953 22 427 22 776 + 1 770
Penmarch 22 905 22 613 21 813 22 624 - 281
Auray 15 779 17 508 19 125 22 922 + 7 143
Paimpol 16 045 15 837 15 445 15 304 - 741

Communes[modifier | modifier le code]

  • Nombre de communes : 1268
    • >à 200 000 hab → 1
    • 50 000 à 199 999 hab → 5
    • 10 000 à 49 999 hab → 27
    • 2 000 à 9 999 hab → 317
    • < à 2 000 habitants → 918

Campagne[modifier | modifier le code]

À la campagne, où vivent 2,19 millions de personnes, on relève une forte densité de population (80 habitants au kilomètre carré). Pour la chercheuse Carole Rieu, auteur d'une étude sur le renouveau des campagnes bretonnes (Insee, janvier 2011), les résultats de la région vont bien au delà des prévisions. Pour le première fois depuis 1970, le regain démographique a profité à presque tous les territoires ruraux. La croissance de la population rurale n'a jamais été aussi forte et a gagné les zones jadis en déclin comme le Centre-ouest Bretagne[24].

Répartition de la population bretonne[modifier | modifier le code]

Carte des densités lissée en 1999

Répartition par âge[modifier | modifier le code]

Carte de la proportion des moins de 20 ans dans la population de la région Bretagne, par cantons, en 1999.

-20ans1999-canton legende.jpg

Comme on le voit sur la carte, la population jeune est concentrée dans les agglomérations : Brest, Vannes, Lorient, Quimper, périphérie de Rennes, Saint-Malo et Saint-Brieuc, et le long des principales voies de communication. Le centre de la région est déserté, ainsi que les zones excentrées.

Densité de population des départements[modifier | modifier le code]

  • Par département (1999):
    • Ille-et-Vilaine → 867 533 ; 128 hab/km²
    • Finistère → 852 418 ; 127 hab/km²
    • Côtes-d'Armor → 542 373 ; 79 hab/km²
    • Morbihan → 643 873 ; 94 hab/km²

Les langues de Bretagne[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Breton et Gallo.

Face au français, la langue bretonne a perdu beaucoup de terrain en Bretagne. On estime à 1 300 000 le nombre de locuteurs du breton en 1930. Mais au début du XXIe siècle, le breton est parlé et compris par environ 300 000 personnes seulement, essentiellement des personnes âgées (64 % des locuteurs ont plus de 60 ans). Si bien que l'UNESCO a classé le breton parmi les langues gravement menacées.

D'après l'enquête linguistique menée par l'Insee parallèlement au recensement de 1999, seulement 3 % des adultes nés en Bretagne en 1980 parlaient breton, alors que les personnes nées en 1930 étaient plus de 35 % à l'utiliser avec leurs proches[25].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Insee - Estimations par département au 1er janvier 2006 [xls]
  2. Insee - Populations légales 2007
  3. Insee - Populations légales 2009
  4. Insee - Estimation de population au 1er janvier, par département, sexe et grande classe d'âge [xls]
  5. Insee - Estimation de population au 1er janvier, par région, sexe et grande classe d'âge [xls]
  6. IAURIF - Ressources documentaires [PDF]
  7. Le recensement de 1801
  8. Insee - La population de la France en 2000 [PDF]
  9. Insee - Naissances et décès par département et région
  10. Insee - Naissances vivantes et décès domiciliés par département et région (juin 2007)
  11. Insee - Indicateurs généraux de population par département et région [xls]
  12. Insee - La population française en 2003 (septembre 2005) [PDF]
  13. Insee - Situation démographique en 2005 (page 238) [PDF]
  14. Insee Bretagne - Bilan démographique 2005 [PDF]
  15. Sud-Insee l'essentiel (juin 2004 n° 71) - carte du "croissant fertile" en page 2 [PDF]
  16. Insee Première - N°963 La Fécondité dans les régions à la fin des années 1990 [xls]
  17. Insee - répartition selon le lieu de naissance et nationalité
  18. Insee Bretagne - Atlas des immigrés en Bretagne [PDF]
  19. idem Insee Bretagne - Atlas des immigrés en Bretagne [PDF]
  20. Insee - Nés vivants par département, qualité juridique et nationalité de la mère [xls]
  21. Insee Bretagne - Le Flash d'Octant n° 84 - Bretagne : les nouveaux profils des migrants (septembre 2000) [PDF]
  22. Insee - Mariages suivant la nationalité combinée des époux [xls]
  23. Insee - Recensement 1999
  24. GEO N°400 de juin 2012 p.126 et 127
  25. Insee - CPA revue - L'alsacien, deuxième langue régionale de France (graphique des locuteurs du breton page 2) - (décembre 2002) [PDF]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bretagne, 150 ans de démographie, Jean Ollivro, PUR, 2000

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]