Démocrates libéraux (Royaume-Uni)
| Démocrates libéraux Liberal Democrats |
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| Présentation | |
|---|---|
| Leader | Nick Clegg |
| Fondation | 2 mars 1988 |
| Siège | 4 8-10 Great George Street, London, SW1P 3AE |
| Leader adjoint | Simon Hughes |
| Chambre des communes |
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| Chambre des Lords |
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| Parlement européen |
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| Idéologie | Social-libéralisme Libéralisme économique Europhilie |
| Affiliation internationale | Internationale libérale |
| Affiliation européenne | ELDR |
| Couleurs | Or |
| Site web | www.libdems.org.uk |
Les Démocrates libéraux ou libéraux-démocrates (en anglais, Liberal Democrats, abrégé en LibDems) est un parti politique britannique traditionnellement du centre. Il est le 3e plus important groupe au Parlement du Royaume-Uni.
Sommaire |
Situation [modifier]
Il y dispose de 57 députés dans la Chambre des communes, après les élections législatives de 2010. Ils ont formé une coalition avec le Parti conservateur de David Cameron, et sont donc au gouvernement. En particulier, Nick Clegg est actuellement Vice-Premier ministre.
Au parlement écossais, de 1997 jusqu'à 2007 il formait une coalition gouvernementale avec les travaillistes, Jim Wallace étant le vice-Premier ministre d'Écosse.
Il existe aussi une branche galloise dans l'Assemblée galloise, et avec douze députés européens, c'est le principal parti de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe.
Histoire [modifier]
Il résulte de la fusion en 1988 de l'ancien parti libéral britannique et du plus récent parti social-démocrate, une faction qui a quitté le parti travailliste en 1981. Les deux partis ayant préalablement formé une alliance électorale, baptisée SDP-Liberal Alliance, pendant quelques années, mais les élections générales en 1983 et 1987 furent des déceptions pour l'Alliance. Ils ont gagné beaucoup de voix dans les élections, légèrement moins que le parti travailliste, mais ils n'ont pas gagné une quantité comparable de sièges à la Chambre des communes. Après la fusion, le parti nouveau a élu Paddy Ashdown, premier dirigeant du parti uni.
Au milieu des années 1990, suite au « recentrage » du New Labour sous l'impulsion de Tony Blair, la question d'une alliance entre les Démocrates libéraux et le Parti travailliste devient centrale. Néanmoins, souhaitant conserver une identité propre, le parti s'oriente davantage vers la gauche de l'échiquier politique, s'opposant en particulier à la privatisation des chemins de fer ou étant favorable à une hausse des impôts[1].
Après deux élections sans augmentation significative des sièges, l'élection générale en 1997 a doublé leur nombre de sièges. Ashdown a démissionné en 1999, et Charles Kennedy l'a remplacé. Sous la conduite de Kennedy, le parti a augmenté le nombre de ses sièges lors des élections de 2001 et également en 2005. Charles Kennedy a été obligé de démissionner le 7 janvier 2006 à cause d'une cabale interne et parce que des révélations sur son alcoolisme allaient être rendues publiques. Sir Menzies Campbell a été choisi comme dirigeant pour l'élection du 2 mars 2006.
À parti de 2004, le parti, qui a prospéré en positionnant à la gauche du Parti travailliste, décide de retrouver sa place historique au centre. Le but est de récupérer des voix anti-Irak provenant des conservateurs dans des circonscriptions travaillistes. Les stratèges du parti désirent également reprendre l'espace politique au centre, misant sur un virage à gauche du Parti travailliste après le départ de Tony Blair[2]. La presse britannique utilise le terme de « révolution du livre orange »[3].
Ce parti qui se présente comme le « plus scrupuleux » de l'échiquier politique britannique[réf. nécessaire] a vu certains de ses dirigeants être accusés d'écarts de conduite impardonnables en politique et de scandales. Le parti est menacé aussi par le Parti conservateur, qui s'est rétabli après l'élection de David Cameron leur nouveau dirigeant.
Au gouvernement (2010-présent) [modifier]
Durant la campagne des élections législatives de 2010, la prestation du dirigeant du parti Nick Clegg lors du premier débat télévisé permet aux Démocrates libéraux de voir leurs intentions de vote fortement augmenter, un sondage leur prédisant même 34 % des suffrages. Cependant, les intentions de vote diminuent par la suite[4]. Finalement, le 6 mai 2010, le parti obtient 57 sièges et 23 % des voix. Mais les élections débouchent sur un « parlement suspendu » (Hung Parliament), sans majorité, qui met les Démocrates libéraux dans une position de « faiseur de roi »[5]. Le 11 mai, un accord de coalition est trouvé avec le Parti conservateur pour un gouvernement sous l'autorité de David Cameron comprenant cinq membres des Démocrates libéraux, dont Nick Clegg qui devient vice-Premier ministre[6]. Le but des Démocrates-Libéraux est d'« ancrer le gouvernement au centre »[7]. Mais une grande partie de ses électeurs jugent que le parti à « vendu son âme » en s'alliant aux conservateurs[8].
Lors des élections locales de 2011, les Démocrates libéraux perdent le tiers de leurs sièges tandis que le référendum sur le mode de scrutin qu'ils soutiennent est largement rejeté[9]. L'année suivante, ils connaissent une défaite qualifiée d'« historique » aux élections locales[10]. Au congrès de Brighton, en septembre 2012, Nick Clegg apparaît de plus en plus contesté au sein du parti, de nombreux militants lui reprochent d'avoir laissé le gouvernement de coalition faire d'importantes coupes budgétaires dans les allocations aux plus pauvres, d'avoir abandonné la réforme de la Chambre des Lords ou encore d'avoir reculé sur la question des frais universitaires[11].
Positionnement politique [modifier]
Traditionnellement centriste[2], le parti a évolué vers la gauche parallèlement au recentrage du Parti travailliste sous l'influence de Tony Blair dans les années 1990[1]. Depuis 2004, les Démocrates libéraux ont repris leur place au centre[2], notamment en participant à un gouvernement de coalition avec les conservateurs depuis 2010. Cependant, les électeurs du parti se trouvent plus à gauche que les instances dirigeantes[3] même si un rééquilibrage vers le centre se rencontre après 2010, avec la perte de son électorat le plus à gauche[12].
Les Démocrates libéraux veulent réduire les impôts sur les ménages les plus pauvres, par le biais d'une taxe sur la propriété foncière (Mansion Tax (en))[13]. En matière d'éducation, ils sont favorables à une baisse des frais de scolarité et à une réduction du nombre d'élèves par classe. Sur le plan des libertés individuelles, le parti est opposé à la création d'une carte d'identité et au stockage d'empreintes génétiques de personnes innocentes[13]. Les Démocrates libéraux sont parfois qualifié de « verts »[7]. Ils sont pour un Royaume-Uni « zero carbon » en 2050, contre la construction de nouvelles centrales à charbon et les centrales nucléaires de nouvelle génération. Ils proposent également de restreindre le budget alloué aux routes pour rouvrir des lignes de chemin de fer fermées[13].
Le parti est favorable à une profonde modification des institutions politiques britanniques. Il est pour l'instauration du scrutin à vote unique transférable[13]. L'accord de coalition avec les conservateurs prévoit un référendum sur le mode de scrutin, visant à adopter le vote alternatif, mais celui-ci est largement rejeté en 2011. Les Démocrates libéraux sont également en faveur d'une baisse du nombre de députés et la mise en place d'élections parlementaires à dates fixes[13]. Le Fixed-term Parliaments Act 2011 (en) est voté par la coalition Tories-LibDems et fixe pour la première fois les élections législatives, tous les cinq ans. Le parti est favorable à une « démocratisation » de la Chambre des Lords[7].
En matière de politique étrangère, les Démocrates libéraux sont réputés pacifistes. Ils sont par exemple le seul grand parti britannique à s'être mobilisé contre la guerre d'Irak[3]. Le parti est europhile[7] et s'est même prononcé en faveur de l'euro[13].
Résultats électoraux [modifier]
| Élection | Nom | Voix | Sièges |
| 1983 | SDP-Liberal Alliance | 25,4 % | 23 |
| 1987 | SDP-Liberal Alliance | 22,6 % | 22 |
| 1992 | Liberal Democrats | 17,8 % | 20 |
| 1997 | Liberal Democrats | 16,7 % | 46 |
| 2001 | Liberal Democrats | 18,3 % | 52 |
| 2005 | Liberal Democrats | 22,1 % | 62 |
| 2010 | Liberal Democrats | 23,0 % | 57 |
Dirigeants des Démocrates libéraux [modifier]
- David Steel et Robert Maclennan 1988 (intérim, après la fusion)
- Paddy Ashdown 1988-1999
- Charles Kennedy, 1999-2006
- Sir Menzies Campbell, 2006-2007
- Vince Cable, (intérim, 2007)
- Nick Clegg, 2007-
Notes et références [modifier]
- Fabrice Rousselot, « Les travaillistes labourent en terre libérale-démocrate. En congrès, les lib-dem hésitent à s'allier au Labour. », Libération, 22 septembre 1995 [texte intégral (page consultée le 5 novembre 2012)]
- (en) « Liberal Democrats: Back to the centre », The Economist, 11 novembre 2004 [texte intégral (page consultée le 5 novembre 2012)]
- Jeanne Dussueil et Agnès Alexandre-Collier, « ariage incertain entre Tories et Lib-Dems », Le Point, 11 mai 2010 [texte intégral (page consultée le 5 novembre 2011)]
- « Cuisant revers pour Clegg , le « 3e homme » de la campagne », Le Figaro, 7 mars 2010 [texte intégral (page consultée le 5 novembre 2011)]
- « Royaume-Uni : retour sur six longs jours de tractations », Le Monde, 12 mai 2010 [texte intégral (page consultée le 5 novembre 2011)]
- « « Une vraie coalition » entre Tories et Lib Dems », Le Nouvel Observateur, 12 mai 2010 [texte intégral (page consultée le 5 novembre 2012)]
- Sébastien Maillard, « Au pouvoir en Grande-Bretagne, les « Lib Dems » tentent un exercice d’équilibre permanent », La Croix, 14 mars 2012 [texte intégral (page consultée le 5 novembre 2012)]
- AFP, « Le leader des lib dems britanniques défend son alliance avec Cameron », Le Monde, 20 septembre 2010 [texte intégral (page consultée le 5 novembre 2011)]
- Nicolas Madelaine, « Royaume-Uni : les Lib Dems en pleines turbulences », Les Échos, no 20928, 9 mai 2011, p. 20 [texte intégral (page consultée le 5 novembre 2011)]
- Reuters, « Au Royaume-Uni, seul Boris Johnson résiste à la poussée travailliste », Le Monde, 5 mai 2012 [texte intégral (page consultée le 5 novembre 2011)]
- Florentin Collomp, « Les lib-dems pris au piège de l'exercice du pouvoir », Le Figaro, 27 septembre 2012 [texte intégral (page consultée le 5 novembre 2011)]
- (en) Anthony Wells, « The left-right spectrum », Commentary, sur YouGov. Mis en ligne le 16 mai 2011, consulté le 5 novembre 2012
- (en) « Election 2010: Lib Dem 'common ground' with rivals », BBC News, 7 mai 2010 [texte intégral (page consultée le 5 novembre 2012)]
Voir aussi [modifier]
Liens externes [modifier]
- (en) Liberal Democrats