Démétrios Galanis

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Demetrios Emmanuel Galanis est un peintre et graveur grec naturalisé français, né à Athènes le et mort à Paris le [1].

D'abord dessinateur satirique, puis paysagiste, il s'est ensuite consacré à la gravure.

Il est également connu sous le nom de Démétrius-Emmanuel Galanis[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Dimitrios Galanis - Kohlestift.JPG

Demetrios Galanis entre dans l’atelier de Fernand Cormon à École des beaux-arts en 1900. Il entretient une collaboration alimentaire avec des journaux comiques ou satiriques français, tels que L'Assiette au Beurre[3], Le Cri de Paris[4], Gil Blas, Le Rire, Le Canard Sauvage[5], et allemands, tels que Simplicissimus, Lustige Blätter, où collabore également Pascin, qu’il présentera aux journaux français lors de son arrivée à Paris en 1907. Pour ces journaux, il dresse un vaste panorama des lieux de plaisirs parisiens. Parallèlement, Galanis réalise des affiches publicitaires[6].

Dès 1904, il expose au Salon de la Société nationale des beaux-arts, puis au Salon d’automne, au Salon des humoristes, au Salon des indépendants.

À Paris, Galanis fréquente les milieux intellectuels et rencontre Jean Moréas, Derain, Matisse, Nonda et Maillol. Son esthétique est plus proche de celle de Maillol que de Matisse. Il est le premier artiste d'origine grecque à être reconnu comme un membre à part entière de l'avant-garde européenne. En 1912, il participe avec les cubistes à l’exposition de la Section d’Or. Son œuvre peint est essentiellement composé de paysages, surtout du midi, et de natures mortes, dont il expose trois numéros au Salon des indépendants de 1914. Lors de la Première Guerre mondiale, il s’engage dans la Légion étrangère et, à Corfou, il acquiert la nationalité française.

À son retour, Galanis abandonne le dessin de presse et s’adonne à la gravure. D’abord la gravure sur bois puis les eaux-fortes. Pour la gravure sur bois, il use d’une technique des illustrateurs du XIXe siècle : le vélo, burin à deux ou six tranchants permettant de tracer simultanément deux ou six lignes parallèles.

En 1920, année durant laquelle il achève son Nu assis, il participe à une exposition aux côtés d'autres tenants de l'art moderne tels que Matisse et Braque et en 1921 avec Juan Gris, Dufy, Chagall et Picasso.

Au début des années 1920, très connu en France, Galanis prépare des représentations à Bruxelles, Londres et New York. En 1922, une première exposition personnelle lui est consacré à la galerie La Licorne et soulève l'enthousiasme des critiques et conforte sa réputation. Le Nu assis est parmi les œuvres exposées. Dans sa préface du catalogue de l'exposition, André Malraux décrit son travail comme « étant capable de provoquer des émotions comparables à celles de Giotto »[7].

En 1922, la presse parisienne (Le Crapouillot) rend compte de l’exposition des artistes Constant Le Breton, Jean Lébédeff,Paul Hermann, Roger-Maurice Grillon, Jacques Beltrand, Robert Bonfils, Louis Bouquet, Paul-Émile Colin, Georges Gimel, Démétrios Galanis, Carlègle, André Deslignères et de leurs bois gravés à la galerie Le Nouvel Essor, qui précède leur accrochage commun, au début de l’année 1923, au Salon de la Société de la gravure sur bois originale, au Pavillon de Marsan.

Pour l'Exposition internationale de Paris en 1937, Galanis réalise quatre timbres au type « Génie », qui furent émis le 15 septembre 1936[8].

Professeur à l'École nationale des beaux-arts, il est élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1945.

Son fils Jean-Sébastien Galanis, engagé dans la marine nationale française, disparait en mer dans un sous-marin de la France libre lors de la Seconde Guerre mondiale.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Pour l’œuvre gravé de Galanis, J. Bailly-Herzberg a recensé des gravures sur bois, eaux-fortes, manières noires et monotypes.

Expositions[modifier | modifier le code]

Illustrations[modifier | modifier le code]

Beaucoup de bibliophiles ont apprécié le talent de Galanis, illustrateur de plus de cent livres de luxe, parmi lesquels :

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bénézit, tome V, p. 813 : Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Janine Bailly-Herzberg, Dictionnaire de l'estampe en France 1830-1950, Arts et Métiers Graphiques, 1985, p. 128-129 : Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Gaïté Dugnat et Pierre Sanchez (préf. Christian Galantaris), Dictionnaire des graveurs, illustrateurs et affichistes français et étrangers 1673-1950, vol. 2, Dijon, L'Échelle de Jacob,‎ 2001 (ISBN 978-2913224193, OCLC 422119252), p. 975 : Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Dominique Lobstein, Dictionnaire des Indépendants 1884-1914, préf. Serge Lemoine, L’Échelle de Jacob, 2003, p. 708 : Document utilisé pour la rédaction de l’article

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Malraux, « La peinture de Galanis » [1922], dans Écrits sur l'art, I (Œuvres complètes, IV), Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2004, p. 1169-1172.
  • André Malraux, « À propos des illustrations de Galanis » [1928], dans Écrits sur l'art, I (Œuvres complètes, IV), Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2004, p. 1172-1176.
  • P. Mornand, « Galanis », in Le Courrier Graphique, 1948, p. 3-10.
  • André Malraux, « Hommage à Demetrius Galanis » [1976], dans Écrits sur l'art, II (Œuvres complètes, V), Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2004, p. 1224-1225.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cf. Bibliographie : Janine Bailly-Herzberg et Dominique Lobstein.
  2. Cf. § Bibliographie : Bénézit, et, Gaïté Dugnat.
  3. n° 107 du 18 avril 1903, Les pharmaciens, 14 pages de gravures en noir et en couleurs ; n° 201 du 4 février 1905, Le tzar rouge; n° 469 du 26 mars 1910, Pâques pauvres, 14 pages de gravures en noir et en couleurs, texte par Bachelin.
  4. Hebdomadaire fondé en 1896 dont seule la couverture est illustrée.
  5. Hors textes pour les numéros 21 du 9 août 1903 et 26 du 13 septembre 1903.
  6. Ex. : Histoire du Champagne, 1904, Un choix de gentleman, pour Mumm.
  7. André Malraux, « La peinture de Galanis » 1922, dans Écrits sur l'art, I (Œuvres complètes, IV), Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2004, p. 1170. « Galanis avait inspiré à Malraux son premier texte sur la peinture, et c'est à ce peintre qu'est consacré le dernier » (André Malraux, « Hommage à Demetrius Galanis » 1976, dans Écrits sur l'art, II (Œuvres complètes, V), Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2004, note p. 1552
  8. respectivement à 20c, lilas, 30c, vert-bleu, 40c, outremer, 50c, orange-rouge, impression en typographie rotative (feuille de cent avec coin daté). Bulletin officiel n° 27 du 21 septembre 1936.
  9. Société active de 1911 à 1935.
  10. Voir les illustrations sur Gallica.

Lien externe[modifier | modifier le code]