Délire de persécution

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Délire de persécution
Classification et ressources externes
CIM-10 F22.0
CIM-9 297.8
MeSH D003702
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

Le délire de persécution est une condition délirante durant laquelle l'individu affecté croit être persécuté. Il existe en particulier deux éléments centraux dans ce type de délire[1] : la première, le patient pense qu'un préjudice lui est fait ou qu'il va se produire ; la deuxième, le patient pense que son « persécuteur » a l'intention de lui causer préjudice.

D'après la définition du DSM-IV-TR, le délire de persécution est une forme répandue de délire chez les individus atteints de schizophrénie, dans lequel ces derniers croient « être tourmentés, suivis, moqués, espionnés ou ridiculisés[2]. » Dans le DSM-IV-TR, le délire de persécution est le symptôme principal du trouble délirant. Lorsqu'une action en justice veut être faite par un patient, ce délire est nommé « paranoïa quérulente[3]. »

Signes et symptômes[modifier | modifier le code]

Les pensées paranoïaques ont toujours été considérées par les médecins comme un symptôme de troubles mentaux sévères[4]. Le délire de persécution est un symptôme caractéristique, et le second symptôme le plus récurrent de la psychose[5]. Il se caractérise par une perte du sens de la réalité, se traduisant par de fausses convictions irrationnelles, auxquelles le patient adhère de façon inébranlable dans le dessein de revendiquer le statut de victime déresponsabilisée des ses actes et paroles[6]. Il survient généralement au cours d'une intoxication le plus souvent, et lors de crises de démences séniles et pré-séniles, entre autres[7],[8]. Cependant, des délires ou idées de persécution se manifestent également chez les patients atteints de schizophrénie, de paraphrénie[7], de psychose[9], et de dépression[10]. Il existe également d'autres troubles d'ordre neurologique dans lesquels le délire de persécution peut survenir chez une minorité de patients comme la manie, le trouble de stress post-traumatique et l'épilepsie[11].

Les patients souffrant de délire de persécution se sentent anxieux et irritables dans leur vie quotidienne[5]. Ils se persuadent de choses souvent à tort pour justifier leurs craintes à tel point qu'ils se convainquent qu'une menace peut arriver à tout moment[5]. Les patients souffrant de délire de persécution appellent fréquemment les secours même lorsqu'ils ne sont pas en danger imminent[5]. Le délire de persécution est un type de délire généralement pris en charge dans le milieu hospitalier[12].

Causes[modifier | modifier le code]

Les médecins et psychiatres ne connaissent pas les causes exactes du délire de persécution[5]. Des recherches suggèrent un rôle génétique significatif dans le développement du délire de persécution[5]. Sigmund Freud dans son étude intitulée Mémoires d'un névropathe en 1903, décèle « dans le délire de persécution une déformation qui consiste en un retournement de l'affect[13]. »

Traitement[modifier | modifier le code]

Le délire de persécution est habituellement traité par des médicaments similaires à ceux utilisés pour traiter la schizophrénie, c'est à dire des antipsychotiques de première génération et de seconde génération[14]. Cependant, il peut être difficile de faire accepter de l'aide à un patient[5],[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Freeman, D. & Garety, P.A., Paranoia: The Psychology of Persecutory Delusions, Hove: PsychoIogy Press,‎ 2004 (ISBN 1-84169-522-X), p. 13.
  2. (en) Diagnostic and statistical manual of mental disorders: DSM-IV, Washington, DC, American Psychiatric Association,‎ 2000 (ISBN 0-89042-025-4), p. 299.
  3. (en) Diagnostic and statistical manual of mental disorders: DSM-IV, Washington, DC, American Psychiatric Association,‎ 2000 (ISBN 0-89042-025-4), p. 325.
  4. (en) Sartorius, N. et Jablensky, A., Early manifestations and first-contact incidence of schizophrenia in different cultures, Psychological Medicine,‎ 1986, p. 909–928.
  5. a, b, c, d, e, f et g (en) D. Jeffress, « What Are Persecutory Delusions? », sur WiseGeek,‎ 21 avril 2013 (consulté le 19 juin 2013).
  6. Psykat, « Délire de persécution et posture structurelle de victimisation : un handicap de la responsabilité ? », sur The Huffington Post,‎ 12 mars 2011 (consulté le 19 juin 2013).
  7. a et b « Délire de la persecution », sur Vulgaris-Medical (consulté le 19 juin 2013).
  8. (ru) « Алкогольный параноид (алкогольный бред преследования) » (consulté le 19 juin 2013).
  9. « Le délire paranoïaque, une vraie maladie », sur Doctissimo (consulté le 19 juin 2013).
  10. A.C. Janin, « La persécution dans les dépressions à l’Île de la Réunion : Approche ethnopsychiatrique et conséquences nosographiques. » (consulté le 19 juin 2013).
  11. Manschreck, T. C. et Petri, M., The paranoid syndrome, Lancet,‎ 1978, p. 251–253.
  12. (en) Wessely, S., Buchanan, A. et Reed, A., et al, « Acting on delusions. I: prevalence », British Journal of Psychiatry,‎ 1993, p. 69–76.
  13. a et b Huret Marie, « Il n'existe pas de remède miracle », sur L'Express,‎ 20 août 1998 (consulté le 8 juillet 2014).
  14. (en) Garety, Philippa A.; Freeman, Daniel B.; Bentall, Richard P., Persecutory delusions: assessment, theory, and treatment, Oxford [Oxfordshire], Oxford University Press,‎ 2008, 313 p. (ISBN 0-19-920631-7).