Déiotaros

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Déiotaros
Titre
Roi de Cappadoce
6340 av. J.-C.
Prédécesseur /
Successeur Castor
Roi d'Arménie Mineure
6347 av. J.-C.
Prédécesseur Ariobarzane Ier de Cappadoce
Successeur Ariobarzane III de Cappadoce
4442 av. J.-C.
Prédécesseur Ariobarzane III de Cappadoce
Successeur Castor
Biographie
Date de naissance vers 105 av. J.-C.
Date de décès vers 42 av. J.-C.
Père Sinorix
Conjoint Stratonice
Enfant(s) Déiotaros et trois filles

Déiotaros, latinisé en Déjotarus, Deiotaros I Philoromaios (Δηιόταρος Φιλορώμαιος) soit Deiotaros l'ami des Romains, né vers 105 av. J.-C. et mort vers 42 av. J.-C., fut tétrarque puis roi des Galates.

Il fut honoré par le Sénat romain du titre d'allié et ami du peuple de Rome. Bien qu'il ait choisi à chaque étape des querelles romaines le camp du perdant (Pompée contre César, Brutus contre Octave et Antoine), il réussit à maintenir la puissance de la communauté galate en Orient.

Prise de pouvoir[modifier | modifier le code]

Son nom en celtique signifie « Divin Taureau »[1] et dériverait d’un composé galate *deiuo-taruos[2]. Le « Divin Taureau » était un dieu galate. Cependant, l'origine de cette déité obscure étant difficilement discernable dans la culture celte, il est possible que ce soit un dieu local adopté par les Galates.

Déiotaros était le tétrarque des Celtes Tolistobogiens implantés en Galatie[3], et il fut considéré comme l'un des plus capables des rois galates, dirigeant les trois tribus depuis sa forteresse de Blucium. Fils du tétrarque Sinorix, il fut l’un des rares rescapés du massacre de ses pairs organisé par le roi Mithridate VI du Pont.

Allié des Romains, roi des Galates[modifier | modifier le code]

La Galatie et les autres royaumes d'Asie mineure au Ier siècle av. J.-C.

Après avoir renversé, avec le soutien de Rome, le satrape Eumachios imposé par le roi du Pont, il sert fidèlement les Romains de Lucullus et de Pompée dans toutes les guerres d'Asie et particulièrement contre Mithridate VI Eupator du Pont. En récompense de ses services, le Sénat romain le fait « allié et ami du peuple Romain » et ses territoires sont considérablement accrus, allant des bouches de l'Halys à l'Arménie Mineure. Pompée lui attribue le titre royal et lui concède finalement le royaume d'Arménie Mineure[4].

Déiotaros subit les moqueries du proconsul de Syrie, Crassus, car le roi, bien que déjà « fort vieux », ambitionnait de construire une nouvelle ville. Le Galate répondit au Romain qu'à 60 ans, il était bien vieux lui-aussi pour aller faire la guerre aux Parthes[5].

Lorsqu'en 49 av. J.-C., la Guerre civile éclate entre César et Pompée, Déiotaros embrassa le parti de ce dernier et lui fournit un corps de cavalerie. Après sa victoire, César, en représailles, lui ôte l'Arménie Mineure et une partie de ses anciens États ; il lui conserve cependant le titre de roi[6]. À cette époque, Déiotaros fournit à César des secours considérables en troupes et en argent lors de sa campagne-éclair contre Pharnace II du Pont. Il le reçoit également dans son palais et lui offre de nombreux présents. En récompense de son aide, Déiotaros recouvre l'Arménie Mineure qui avait été remise par Jules César à Ariobarzane III de Cappadoce.

Quelque temps plus tard, Castor, le propre petit-fils de Déiotaros (Déiotaros avait fait égorger sa fille et son gendre Tarcondarios), engagea Philippe, médecin du roi, à accuser son maître d'avoir voulu faire assassiner César lorsqu'il l'avait reçu dans son palais. Cicéron, qui était lié depuis longtemps à Déiotaros, assura sa défense. La cause fut plaidée à Rome, en 45 av. J.-C., dans la maison même de César, et Cicéron prononça son célèbre plaidoyer Pro rege Deiotaro.

Après la mort de César, au cours de l'affrontement entre les triumvirs et les Républicains, Déiotaros s’allia à Brutus[7] mais il meurt peu après la bataille de Philippes[8]. Diophane de Nicée, qui était un auteur grec du Ier siècle av. J.-C., natif de Bithynie, avait dédié son traité sur l'agriculture, Georgica, à Deiotaros.

Postérité et succession[modifier | modifier le code]

Théodore Reinach propose la postérité suivante pour Déiotaros[9].

Le roi Déiotaros avait une épouse légitime, Stratonice[10], qui était stérile. Il prit comme concubine une captive grecque, Électra, qui lui donna plusieurs enfants élevés par son épouse. Un seul fils survécu :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Venceslas Kruta, Les Celtes, histoire et dictionnaire, p. 571.
  2. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, p. 142.
  3. Strabon, Géographie, livre XII, chapitre V.
  4. Eutrope, livre VI, chapitre 11.
  5. Plutarque, Vie de Marcus Crassus, chapitre XXXII.
  6. Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique, Édition Annales de l’Est, Nancy, 1967, tome II, p. 451.
  7. Dion Cassius, Histoire romaine, livre XLVII, chapitre 24.
  8. Dion Cassius, livre XLVII, chapitre 48.
  9. Théodore Reinach, « Un descendant de Déjotarus », dans Revue celtique, Paris, 1901, tome XXII, p. 1-8.
  10. Peut-être une petite-fille en ligne féminine d'Attale II, portant le même nom que sa grand-mère putative Stratonice de Cappadoce selon une hypothèse de Théodore Reinach.
  11. Maurice Sartre, Le Haut-Empire romain. Les provinces de Méditerranée orientale d'Auguste aux Sévères, p. 15 & 25.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources antiques[modifier | modifier le code]

  • Cicéron, Philípiques, ii. 37 ; Ad fam., viii. 10, ix. 12, xv. I, 2, 4 ; Ad Att., xiv. 1 ; De div., i. 15, ii. 36, 37 ; De harusp. resp., 13, et surtout Pro rege Deiotaro.
  • Appien, Bell. Mithrid., 75, 114 ; Bellum Alexandrinum, 34-41, 65-77.
  • Dion Cassius, xli. 63, xlii. 45, xlvii. 24, 48, xlviii. 33.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Venceslas Kruta, Les Celtes, histoire et dictionnaire, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 2000 (ISBN 2-7028-6261-6).
  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique, Édition Annales de l’Est, Nancy, 1967, tome II, p. 421, 433, 448, 451, 461.
  • Maurice Sartre, Le Haut-Empire romain. Les provinces de Méditerranée orientale d'Auguste aux Sévères, Éditions du Seuil Points H 220, Paris, 1997 (ISBN 2020281538).
  • (de) Cicéron, Rede für König Deiotarus., traduction de Hans-Joachim Glücklich, Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen, 1988 (ISBN 3525716133).
  • (de) Hans-Joachim Glücklich, Ciceros Rede für König Deiotarus. Interpretation und Unterrichtsvorschläge., Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen, 1988 (ISBN 3-525-25643-4).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]