Déforestation à Haïti

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Contraste des couvertures végétales au niveau de la frontière entre Haïti et la République dominicaine

La déforestation en Haïti est la destruction progressive de la végétation d'Haïti par les différentes générations, mais aussi par des éléments naturels. Se continuant au XXIe siècle, son ampleur et ses diverses conséquences permettent de parler de « désastre écologique ».

Historique[modifier | modifier le code]

Dès l'époque de la colonisation française, la révolution du café de Saint-Domingue, qui produit la moitié du café mondial et accélère l'histoire de la culture du café, entraîne une course spéculative à l'achat de terres sur les mornes, ce qui acidifie les sols et provoque une érosion.

En 1923, les forêts couvraient près de soixante pour cent du pays ; aujourd'hui, moins de deux pour cent. Jusqu'à récemment, le gouvernement a peu fait pour arrêter la déforestation.

La plupart des Haïtiens dépendent toujours du bois et du charbon de bois comme principale source d'énergie. Des énergies alternatives seraient nécessaires pour sauver les forêts.

En 1954, l'ouragan Hazel tua plus de 1 000 personnes en Haïti, détruisit plusieurs villes et villages ainsi qu'environ 40 % des caféiers et 50 % des cacaoyers.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La déforestation a entraîné l'érosion du sol, ce qui a diminué les rendements agricoles et entraîné des glissements de terrain meurtriers en raison des pluies diluviennes qui ravinent et déferlent faute d'avoir été absorbées ou au moins freinées par la nature environnante.

L'environnement naturel dans les villes est écrasé par la présence de l'homme et souffre du manque d'assainissement. De vastes bidonvilles, en particulier autour de la capitale, Port-au-Prince, sont peuplés de personnes vivant dans la misère et l'insalubrité. La nature recule profondément face à la surpopulation urbaine et péri-urbaine.

Projets[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, le projet Pied-bois (Projè Pyebwa en créole haïtien) avait permis de planter environ 25 millions d'arbres, mais pour chaque arbre planté, beaucoup plus étaient coupés, d'où un échec de ce projet.

En 1999, un plan d'action pour l'environnement, a proposé d'arrêter la déforestation, en développant des sources de carburants alternatives. Jusqu'ici, cependant, l'instabilité politique et le manque de financement ont limité l'impact de cet effort de réforme.

En 2010, après le tremblement de terre d'Haïti de 2010, le Québec s'est associé au projet "Ti gren fe gwo pyebwa" (petites graines font de gros pied-bois (plantation))[1].

Flore menacée[modifier | modifier le code]

Espèces en danger critique d'extinction (CR)[modifier | modifier le code]

Six espèces : Attalea crassispatha, Manilkara gonavensis, Nectandra caudatoacuminata, Nectandra pulchra, Pseudophoenix lediniana et Juniperus gracilior subsp. ekmanii.

Espèces en danger (EN)[modifier | modifier le code]

Six espèces : Copernicia ekmanii, Ekmanianthe longiflora, Guaiacum officinale, Guaiacum sanctum, Juniperus gracilior subsp. gracilor, Pouteria hotteana.

Espèces vulnérables (VU)[modifier | modifier le code]

Dix-sept espèces : Albizia berteriana, Albizia leonardii, Antirhea radiata, Calyptranthes ekmanii, Catalpa brevipes, Cedrela odorata, Cinnamomum parviflorum, Cleyera bolleana, Cleyera vaccinioides, Guarea sphenophylla, Huertea cubensis, Juglans jamaicensis, Manilkara valenzuelana, Mappia racemosa, Picrasma excelsa, Podocarpus aristulatus, et Senna domingensis.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]