Défibrillateur automatique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le terme défibrillateur automatique regroupe aussi bien le défibrillateur externe que le défibrillateur implantable, mais seul le premier sera traité dans cet article, bien que les fonctionnalités soient assez souvent les mêmes.

Un défibrillateur automatisé externe est un appareil portable, fonctionnant au moyen d'une batterie, dont le rôle est d'analyser l'activité du cœur d'une personne en arrêt cardio-respiratoire. Cette analyse est entièrement automatique, ce qui évite à l'opérateur toute prise de décision. Seuls des chocs externes sont possibles, c'est-à-dire que les électrodes sont placées sur la peau du patient. Si elle détecte un rythme choquable, la machine permet de délivrer un choc électrique, ou défibrillation. Le premier défibrillateur automatique commercial date de 1994.

La défibrillation précoce associée à la réanimation cardio-pulmonaire augmente fortement les chances de survie d'une personne en arrêt cardio-respiratoire qui présente une fibrillation ventriculaire, principale cause de mort subite chez l'adulte.

Afin que ce geste médical puisse être effectué le plus rapidement possible, des appareils simplifiés nommés défibrillateurs entièrement automatiques' (DEA) ou défibrillateurs semi-automatiques (DSA) ont été créés. Ces appareils procèdent automatiquement au diagnostic de la fibrillation ventriculaire, grâce à un logiciel d'analyse de tracé électrocardiographique. Ils sont utilisables par les secouristes et sapeurs-pompiers, mais aussi par le public non formé.

Signalétique obligatoire sur site
Défibrillateur semi-automatique (DSA)

Description[modifier | modifier le code]

Le défibrillateur se compose généralement des éléments suivants :

  • une sacoche de transport ;
  • une paire de ciseaux pour la découpe des vêtements qui pourraient gêner la pose des électrodes ;
  • un rasoir jetable pour retirer les poils sur les personnes à forte pilosité et ainsi obtenir un meilleur contact et une meilleure adhérence entre la peau et l'électrode ;
  • des serviettes jetables pour retirer les poils rasés ou essuyer la victime, dans le cas d'un noyé par exemple ;
  • un ou plusieurs patchs adultes et pédiatriques. Ces électrodes autocollantes sont placées sur la poitrine de la victime et servent à analyser le rythme cardiaque et, si, nécessaire faire passer un choc ;
  • une ou plusieurs batteries. Le défibrillateur prêt à l'emploi contient une batterie déjà en place, mais les services de secours en ont en réserve pour le cas où ils devraient enchaîner plusieurs interventions ;
  • le boitier de défibrillation recevant les batteries. C'est sur lui que l'on branche les électrodes. Il est équipé d'un haut-parleur pour guider l'utilisateur à l'aide de consignes vocales.

Les réglages de l'appareil sont verrouillés, les seules actions possibles sont l'allumer, l'éteindre, et délivrer le choc si l'appareil le demande (dans le cas d'un défibrillateur semi-automatique) .

L'appareil dispose d'une carte à mémoire de type mémoire flash ou une mémoire interne enregistrant les paramètres de fonctionnement : les électrocardiogrammes (l'analyse du rythme cardiaque), les séquences de défibrillation (le nombre de chocs), et pour certains modèles les sons ambiants dont la voix des sauveteurs. Les données peuvent ensuite être récupérées et archivées, elles permettront d'effectuer une analyse a posteriori de la situation, donnant à la fois des informations aux service médicaux sur la démarche thérapeutique à entreprendre et dans le cadre du suivi de la matériovigilance et des dispositions médico-légales.

Sous l'appellation "Défibrillateur Automatisé Externe", on distingue deux types d'appareils :

  • le défibrillateur semi-automatique (DSA) : le sauveteur doit appuyer sur un bouton pour que l'appareil délivre le choc et peut donc s'assurer que personne ne touche la victime avant d'autoriser l'appareil à délivrer le choc électrique. Le risque de blessure pour le secouriste est négligeable, mais la victime ne bénéficierait pas du choc.
  • le défibrillateur entièrement automatique (DEA, à ne pas confondre avec DAE : défibrillateur automatisé externe) : l'appareil décide de délivrer le choc après, pour seule sécurité, des indications vocales demandant de ne plus toucher la victime avant la délivrance du choc. La procédure s'en trouve simplifiée, c'est pourquoi les défibrillateurs mis à disposition du grand public sont généralement des DEA.

Quel que soit le type d'appareil, l'analyse du rythme cardiaque et le diagnostic sont automatiques, par opposition aux défibrillateurs manuels utilisés par les médecins. La machine ne permet de choquer que si l'activité cardiaque de la victime le justifie, car il faut arrêter la réanimation cardio-pulmonaire pour choquer. Si le cœur de la victime ne présente pas un rythme choquable, le défibrillateur n’indique qu'aucun choc n'est indiqué et le sauveteur continue donc la réanimation cardio-pulmonaire, qui donne de meilleures chances de survie à la victime.

Principe[modifier | modifier le code]

C'est en 1956 qu'a lieu la première défibrillation humaine réussie. La défibrillation est le traitement clef de certains types d'arrêt cardiaque rencontrés dans 45 % des cas d'arrêt cardio-circulatoire[1]. De la rapidité de l'utilisation de ce système dépendent les chances de survie et l'importance des séquelles.

Le défibrillateur automatisé ne doit être posé que sur une personne de plus de un an qui ne respire pas. Bien que le défibrillateur agisse sur le cœur, l'arrêt de la respiration est un critère suffisant pour le grand public car la prise du pouls représente une perte de temps pour un résultat peu fiable. Les personnels formés à la prise du pouls peuvent, quant à eux, constater l'arrêt cardio-circulatoire avant de poser l'appareil. En cas de doute, il vaut mieux installer le défibrillateur automatique car, de toutes façons, il ne choquera que si c'est utile.

Le courant électrique doit passer dans le corps à travers le cœur et non pas à l'extérieur, il faut donc :

  • s'assurer que l'on n'est pas dans une 'atmosphère explosive (fuite de gaz, vapeurs d'essence, etc.) ;
  • mettre la victime sur une surface sèche, non métallique ;
  • dénuder le torse de la victime ;
  • sécher rapidement, en cas de besoin, le torse de la victime ;
  • si nécessaire, raser les poils à l'endroit où l'on va poser les électrodes, pour permettre un bon contact ;
  • allumer l'appareil et suivre les consignes qu'il donne : "coller les électrodes auto collantes sur la poitrine nue de la victime" en suivant les dessins (en général une au niveau de la clavicule droite, l'autre sous l'aisselle gauche) et, sur certain appareil, "brancher le câble".

Il faut pratiquer la réanimation cardio-pulmonaire : ventilation artificielle grâce aux compressions thoraciques ou massage cardiaque, le bouche à bouche (ou insufflations) n'étant plus systématiquement recommandé, avant et après la pose du défibrillateur automatisé. Lorsque le défibrillateur automatisé est allumé, l'appareil émet des invites vocales donnant des instructions. Il faut notamment que personne ne touche la victime pendant l'analyse du rythme cardiaque et la délivrance des chocs (la réanimation est provisoirement interrompue).

Arrêt cardiaque par fibrillation ventriculaire[modifier | modifier le code]

L'arrêt cardiaque peut avoir trois mécanismes :

  1. une tachycardie ventriculaire (cœur battant à 200 pulsations par minute, ou plus) ou une fibrillation ventriculaire (battement extrêmement rapide et désordonné à 300 ou 400 pulsations par minute) se traduisant par une inefficacité quasi-totale de la fonction pompe du cœur ;
  2. une asystolie correspondant à une pause prolongée ;
  3. une dissociation électromécanique (DEM), ou activité électrique sans pouls : le cœur conserve une activité électrique rythmique quasi-normale mais n'a plus aucune efficacité mécanique. C'est le cas lors d'hémorragies importantes, de ruptures cardiaques, d'un hématome comprimant le cœur...

La défibrillation n'est efficace que dans le premier cas. Il faut donc diagnostiquer la fibrillation pendant les manœuvres de réanimation cardio-pulmonaire ; ce diagnostic peut être fait par un médecin avec un électrocardiogramme, ou bien par un défibrillateur semi-automatique (DSA) ou un défibrillateur entièrement automatique (DEA).

Conditions de réussite[modifier | modifier le code]

La défibrillation consiste à délivrer un choc électrique bien calibré (puissance, phase) et passant au bon endroit, afin de synchroniser à nouveau les contractions des fibres du myocarde et à permettre au cœur de battre normalement à nouveau ; elle doit se produire avant l'asystolie (L’asystolie est l’absence d’activité des ventricules du cœur. C’est un état du cœur qui peut faire suite à une fibrillation et qui annonce l’arrêt total du cœur[2]).

Le fait de pratiquer la réanimation cardio-pulmonaire (RCP : bouche-à-bouche associé aux compressions thoraciques) permet de faire circuler le sang oxygéné, donc d'alimenter le cerveau et le myocarde en oxygène, et augmente les chance de réussite de la défibrillation : le cœur étant oxygéné, il reste plus longtemps en fibrillation (cela retarde l'asystolie), on a donc plus de chances de récupérer la victime.

Différentes publications récentes[3] ont mis en lumière que la manœuvre du bouche à bouche retarde et complique le massage cardiaque surtout si le sauveteur est seul ; il introduit en outre de l'air supplémentaire dans les voies aériennes et digestives supérieures, ce qui contrarie la circulation sanguine. Cependant, le bouche à bouche reste nécessaire dans de nombreux cas. Dissocier les situations dans lesquelles il est indiqué de celles où il ne l'est pas rendrait la formation à la réanimation plus complexe, alors que la simplicité est un critère essentiel d'efficacité. Il reste donc recommandé dans tous les cas de pratiquer la réanimation classique, en alternant compressions thoraciques et ventilation artificielle.

En général, la victime ne reprend pas connaissance au cours de la réanimation, avec ou sans défibrillation. Il est donc nécessaire de poursuivre ces manœuvres jusqu'à l'arrivée des secours. La poursuite de la réanimation doit se faire par une équipe médicale. Selon les pays, celle-ci va se déplacer jusqu'à la victime (Stay and play, cas de la France) ou les prompts secours vont transporter la victime le plus vite possible vers l'hôpital (Scoop and run, cas des États-Unis).

Le fait que la défibrillation fasse repartir le cœur ne signifie pas que la personne va survivre ; par ailleurs, si elle survit, elle peut garder des séquelles neurologiques irréversibles. Cependant, la réanimation cardio-pulmonaire est la seule technique connue qui donne de bonnes chances de survie à la victime, et l'utilisation d'un défibrillateur augmente ces chances.

Scénario idéal[modifier | modifier le code]

Le scénario idéal d'une réanimation à l'aide d'un défibrillateur automatisé est[4] :

  1. Le sauveteur est présent lorsque la personne s'effondre et reconnaît une situation d'arrêt cardio-circulatoire : la personne ne répond pas, ne respire pas et ne réagit pas aux insufflations ;
  2. Si aucun témoin n'est disponible, il appelle les secours (112 dans l'Union européenne, ou autres numéros suivant sa localisation géographique) immédiatement en spécifiant qu'il est en présence d'une personne en arrêt respiratoire ;
  3. Si un témoin est disponible, le sauveteur le charge d'appeler les secours et, si possible, d'apporter un défibrillateur ;
  4. Le sauveteur pratique la réanimation cardio-pulmonaire ;
  5. Si le témoin rapporte un défibrillateur, ce dernier le met en place pendant que le sauveteur continue la réanimation cardio-pulmonaire ;
  6. Le sauveteur poursuit toujours les manœuvres de réanimation en suivant les consignes données par le défibrillateur en attendant le relais par une équipe de secours ou par un sauveteur plus qualifié ;
  7. une équipe de secouristes arrive et prend le relais, installant un défibrillateur s'il n'y en avait pas déjà un. Dans les deux cas, il est souhaitable que le défibrillateur soit placé dans les 5 minutes suivant l'arrêt cardiaque ;
  8. Une équipe médicale (comme le SMUR en France) ou paramédicale est présente dans les 20 minutes, selon la localisation, pour poursuivre la réanimation.

En milieu proche d'un centre hospitalier, on peut avoir directement l'arrivée d'une équipe médicale munie d'un défibrillateur manuel. Dans un tel cas, on estime avoir environ 20 % de chances de faire repartir le cœur (1 chance sur 5).

Cas des enfants[modifier | modifier le code]

Dans le cas des enfants, l'arrêt cardiaque n'est qu'exceptionnellement dû à une fibrillation ventriculaire (seulement 1 ‰ des interventions au SMUR pédiatrique de l'hôpital Necker-Enfants Malades, Paris[5], environ 20 % des cas d'arrêts cardiaques chez l'enfant hors mort subite du nourrisson, environ 8 % des arrêts cardiaques en incluant la mort subite du nourrisson[6]). Dans la plupart des cas, l'arrêt est consécutif à un manque de dioxygène (hypoxie, ou anoxie : noyade, étouffement, intoxication, apnée spontanée) : en effet, le tissu cardiaque est jeune et sain, il n'y a pas de risque d'infarctus. Donc la défibrillation est inutile et la pose de l'appareil retarde inutilement les manœuvres de réanimation qui elles ont une très grande efficacité : le fait d'apporter du dioxygène aux cellules va pouvoir faire repartir le cœur dans la plupart des cas si ceci est fait suffisamment tôt.

Il existe toutefois de rares cas où le cœur sera en fibrillation ventriculaire, notamment en cas de malformation cardiaque ou si l'arrêt cardiaque est dû à un choc électrique. La procédure d'intervention sur un enfant entre un et huit ans est la suivante[4] :

  • si un témoin est disponible, faire alerter les secours et demander un défibrillateur ;
  • effectuer 5 insufflations (bouche à bouche ou bouche à nez) ;
  • si la respiration n'a pas repris, commencer la réanimation cardio-pulmonaire. Si aucun témoin n'est disponible, le sauveteur arrête la réanimation au bout de cinq cycles de 30 compressions et deux insufflations pour aller alerter les secours, il revient ensuite pour réanimer la victime ;
  • continuer la réanimation jusqu'à l'arrivée des secours ou d'une personne apportant un défibrillateur.

Le défibrillateur sera posé après 5 cycles de RCP (soit environ 2 minutes)[7]. Le cœur est ainsi "préparé" à recevoir le choc électrique, de l’oxygène ayant été distribué à tout l'organisme lors des 5 cycles de RCP.

Si disponible, il faut utiliser des électrodes spécifiques pour enfant, et les poser conformément aux indications du constructeur. Certain modèle de DAE utilisent les électrodes adultes, associées à un embout réducteur de puissance (souvent en forme de nounours), afin de diminuer le choc électrique. À défaut, on utilisera des électrodes « adulte » en faisant attention à ce qu'elles ne se chevauchent pas. Si, en raison de la taille du thorax et des électrodes, on ne peut pas les poser toutes les deux sur la face avant du thorax, alors on en posera une sur la face avant du thorax et une dans le milieu du dos, entre les deux omoplates ; dans ce cas, le sauveteur peut être amené à réaliser les compressions en appuyant directement sur l'électrode antérieure.

Formation et entraînement[modifier | modifier le code]

Entraînement à l'utilisation du défibrillateur semi-automatique et à la réanimation cardio-pulmonaire.

Il existe des appareils de formation, ne délivrant pas de choc réel, et permettant de simuler plusieurs situations : reprise de l'activité cardiaque après un ou plusieurs chocs, pas de reprise de l'activité cardiaque, choc conseillé ou non conseillé, ou encore défaut de fonctionnement.

Ces appareils peuvent s'utiliser sur des mannequins d'entraînement à la réanimation cardio-pulmonaire classiques.

Certains appareils opérationnels peuvent fonctionner en mode formation. Il existe aussi des mannequins d'entraînement spéciaux, encaissant les chocs électriques, pouvant s'utiliser avec des appareils opérationnels.

La formation comprend typiquement une formation (ou un rappel) sur la réanimation cardio-pulmonaire et une formation à l'utilisation de l'appareil avec les consignes de sécurité et est enseignée durant les sessions de formation aux prompts secours.

En France[modifier | modifier le code]

L'utilisation du défibrillateur est comprise dans la formation aux premiers secours du grand public (PSC1), d'une durée de sept heures. Elle est aussi au programme du PSE1, la formation de base des secouristes qualifiés, pompier ou nageur-sauveteur, ainsi que de l'AFGSU, la formation de secourisme du personnel médical.

La formation continue est obligatoire pour les titulaires du PSE1 et recommandée pour les autres.

En Belgique[modifier | modifier le code]

Le BRC (Conseil Belge de réanimation ou Belgian Resuscitation Council) est une association scientifique qui s’occupe de la promotion et de l'amélioration de la réanimation en Belgique. Le BRC se doit d’améliorer la réanimation en Belgique. Le moyen principal est la propagation des cours de réanimation de base chez l’adulte (BLS), de l'utilisation de la Défibrillation Automatisée Externe (DAE) et de réanimation avancée chez l’adulte (ALS et ILS), l’enfant et le bébé (EPLS, EPILS et NLS). Le BRC soutient la base scientifique de ces cours. La Croix-Rouge de Belgique dispense des cours de BLS/AED (8h de formation) suivant les recommandation du BRC. Dans les formations grand public aux premiers secours, l'utilisation du DEA est aussi abordée. Le BEPS (Brevet Européen de Premiers Secours)(5 séances de 3h de formation) intègre une démonstration de l'utilisation du DEA dans la séance de réanimation. Le Brevet de secourisme (18h de formation + révisions et examen) quant à lui forme les secouristes à l'utilisation du DEA. D'autres organismes privés proposent également des formations.

Maintenance du défibrillateur[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

En France l'AFSSAPS préconise une maintenance assurée par l'exploitant[8] qui vérifiera entre autres:

  • L'inventaire et l'identification des défibrillateurs installés.
  • Les personnes chargées d'assurer le suivi de l'appareil.
  • Le bon fonctionnement du voyant d'état de marche.
  • Les dates de péremption des électrodes.
  • L'état extérieur de l'appareil.

À noter: Les défibrillateurs procèdent chaque jour à des auto-tests qui permettent de vérifier leur bon fonctionnement[9].

Applications[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Défibrillateur semi-automatique « de rue » à Monaco.

Depuis le Décret n° 2007-705 du 4 mai 2007 relatif à l'utilisation des défibrillateurs automatisés externes par des personnes non médecins et modifiant le code de la santé publique, « Toute personne, même non médecin, est habilitée à utiliser un défibrillateur automatisé externe répondant aux caractéristiques définies à l'article R. 6311-14 ». (Art. R. 6311-15). L'article R. 6311-14 faisant partie du même décret, spécifiant « Les défibrillateurs automatisés externes, qui sont au sens de la présente section les défibrillateurs externes entièrement automatiques et les défibrillateurs externes semi-automatiques, sont un dispositif médical dont la mise sur le marché est autorisée suivant les dispositions du titre Ier du livre II de la partie V du présent code ».

Depuis le 4 mai 2007, tout citoyen français est donc autorisé à utiliser un défibrillateur automatisé externe, que ce soit un DEA ou un DSA, sans précisions concernant la formation initiale et/ou continue.

En Belgique[modifier | modifier le code]

12 juin 2006. — Loi autorisant l’utilisation des défibrillateurs automatisés « externes » Depuis cette date, chacun est autorisé à utiliser un défibrillateur automatisé externe dans le cadre d’une réanimation aux conditions définies par le Roi.

21 avril 2007. — Arrêté royal fixant les normes de sécurité et les autres normes applicables au défibrillateur externe automatisé utilisé dans le cadre d’une réanimation

Au Grand-Duché de Luxembourg[modifier | modifier le code]

Le Règlement grand-ducal du 19 novembre 2008[10] règle l’utilisation des défibrillateurs externes automatiques. Il dit notamment qu'un défibrillateur de catégorie 1 (un défibrillateur externe automatique ne permettant pas de passer en mode manuel) peut être utilisé par toute personne.

Autres parties du monde[modifier | modifier le code]

Défibrillateur semi-automatique dans une gare au Japon.

Dans certains pays, des DEA sont en « libre service » dans les lieux recevant du public (par exemple les supermarchés, les aéroports) au même titre que les extincteurs.

Aux États-Unis, la législation varie selon les états : ainsi en Virginie, les appareils peuvent être utilisés par n'importe qui, alors que seuls, des personnes habilitées (ayant été formées) peuvent y toucher à New York[11]. Ceci a des conséquences juridiques : seules les personnes habilitées dans ces états peuvent être protégées en cas de problème, ce qui représente un obstacle au déploiement de tels appareils[12].

Comme en France, on en trouve maintenant dans les avions, mais une diffusion plus large est bloquée d'une part par les exigences de formation, que certains jugent disproportionnée par rapport à la simplicité d'utilisation de l'appareil, d'autre part en raison de l'absence d'obligation pour les gérants de lieux recevant du public.

Signalétique[modifier | modifier le code]

Pour trouver facilement un défibrillateur automatique en cas d'urgence, une signalétique facilement reconnaissable est primordiale. Or aujourd'hui encore, des signalétiques différentes indiquent les zones d'implantation des défibrillateurs automatiques (triangle rouge, cœur rouge et blanc ou cœur vert accompagné de la mention "Défibrillateur"...).

Pour uniformiser la signalétique du défibrillateur automatique, l’ILCOR (Comité de Liaison International sur la Réanimation) recommande l’utilisation d’un logo composé d’un cœur blanc sur fond vert, avec un éclair vert et une petite croix blanche sur le côté. Le logo peut être accompagné de la mention « DAE » ou d’un équivalent local[13].

Cette signalétique peut être complétée par une flèche normalisée afin d’indiquer la direction à prendre pour trouver le défibrillateur automatique le plus proche.

En France, l'arrêté du 16 août 2010 fixe les modalités de signalisation des défibrillateurs et les modèles graphiques à respecter. Quatre panneaux sont ainsi définis, l'un indiquant que l'établissement est équipé, les 3 autres permettant de localiser l'appareil. Un guide de choix des appareils et de leur implantation dans les entreprises souhaitant s'équiper est disponible sur le site du Ministère du travail www.travailler-mieux.gouv.fr

Localisation[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs applications pour smartphones et sites Internet permettant d'une part de trouver le défibrillateur le plus proche et d'autre part d'en signaler de nouveaux. En France, parmi les applications mobiles, Arrêt cardiaque pour iPhone[14] ou Android[15] est la plus répandue et celle qui recense le plus grand nombre de défibrillateurs[réf. nécessaire].

Études[modifier | modifier le code]

Pour le patient vu en dehors de l'hôpital et faisant un arrêt cardio-circulatoire, l'intérêt du défibrillateur automatique est largement démontré quant à l'augmentation des chances de survie. En milieu hospitalier, l'utilisation de ce type de matériel (par rapport à un défibrillateur conventionnel) n'a pas bénéficié de la même évaluation.

Le matériel est suffisamment simple pour pouvoir être utilisé par quiconque, même par des enfants, sans formation spécifique[16]. Le défibrillateur automatique (décharge délivrée automatiquement par l'appareil) s'avère être équivalent, en termes de sécurité, au défibrillateur semi-automatique, où la décharge est délivrée manuellement par l'utilisateur qui doit appuyer sur un bouton[17].

La rapidité d'intervention est un élément majeur pour la remise en forme et la survie des victime :

  • si une défibrillation est rapide, 21 % des victimes reprendront une activité cardiaque spontanée, seront hospitalisées et 7 % des victimes survivront ;
  • si la défibrillation est tardive, seules 6 % récupèreront une activité spontanée, seront hospitalisées, mais seulement 2 % survivront.

En France[modifier | modifier le code]

Défibrillateur du Conseil général des Pyrénées-Orientales sur la mairie de Collioure

Selon le Guide national de référence de formation à l'utilisation du DSA[1], en France :

  • 45 % des victimes en arrêt cardio-circulatoire sont en fibrillation ventriculaire lorsque les sapeurs-pompiers arrivent sur les lieux, seules 12 % le sont lorsque le Smur arrive (le délai moyen d'intervention du Smur est plus long, 33 % des victimes passent en asystolie) ;

La Fédération française des secouristes et formateurs policiers (FFSFP) a lancé deux opérations en 2004 :

  1. la formation (AFCPSAM) et l'équipement en DSA des policiers municipaux du Plessis-Trévise ;
  2. la formation du grand public et la mise à disposition de défibrillateurs semi-automatiques dans des lieux publics à Hyères (Var)[18],[19].
  • Montbard, petite ville de Côte-d'Or, après avoir formé plus de 30 % de sa population en partenariat avec la Croix-Rouge française, a obtenu un taux de survie sans séquelle de 16 % après un arrêt cardiaque. Elle est la première {le 18 juillet 2005} ville française à mettre à disposition du public des défibrillateurs entièrement automatiques (22 au total).
  • La ville de Pau a mis à disposition une quinzaine de défibrillateurs semi-automatiques dans des lieux stratégiques du centre ville dès le début 2007. La ville de Saint-Quentin a procédé également dans le courant de l'automne 2007 à l'acquisition de 42 défibrillateurs de ce type pour couvrir l'ensemble de son territoire. La ville de Provins, avec l'aide du Lion's Club s'est dotée [Quand ?] de 7 défibrillateurs.

Par ailleurs, beaucoup d'entreprises s'équipent spontanément de défibrillateurs depuis la publication du décret du autorisant toute personne à utiliser un défibrillateur.

Les machines mises à disposition du public peuvent être entièrement automatiques ou semi-automatiques étant donné que la formation couvre les deux cas.

À Monaco[modifier | modifier le code]

La Principauté de Monaco s'est équipée de défibrillateurs automatisés externes. Il s'agit d'une grande opération menée sous l'impulsion de l'Association de lutte contre la mort subite, du Centre hospitalier Princesse Grace et de la Croix-Rouge monégasque[20]. Vingt huit défibrillateurs automatisés externes ont été placés dans des bornes, réparties dans la ville, permettant ainsi un maillage afin de sauver le plus de vies possible. La Croix-Rouge monégasque forme qui le souhaite à l'utilisation des défibrillateurs. Depuis cela, plusieurs sociétés monégasques se sont aussi pourvues de Défibrillateurs automatisés et plusieurs villes autour de la Principauté souhaitent s'équiper. Depuis cette opération, un grand nombre d'entreprises monégasques et de consortium immobiliers se sont équipés. Aujourd'hui, on recense 87 défibrillateurs automatisés externes.

Au Royaume Uni[modifier | modifier le code]

Afin d'avoir un meilleur temps de réponse sur une urgence cardiaque, la ville de Londres a fait une expérience de trois ans [1] consistant à équiper les véhicules de la police londonienne (CPOL) de DSA. 147 policiers ont été formés, ils ont répondu à 1 103 appels sur 1 232, ce qui a permis de faire descendre le temps de réponse à 9 minutes environ. Seules 25 victimes étaient en état de mort apparente, et sur ces 25 victimes, seules 13 étaient en fibrillation ventriculaire (le DSA n’a autorisé la délivrance du choc que sur ces 13 victimes là). Si l'on ne prend en compte que ces 13 victimes, le temps d'intervention moyen était de 5 minutes, et la durée de mise en œuvre du DSA était en moyenne de 24 secondes, soit un premier choc délivré environ 6 minutes après l'appel.

Dans ces conditions, seules 2 personnes ont survécu, soit 8 % des arrêts cardiaques (2 sur 25) contre 2 à 3 % actuellement, et 15 % des fibrillations ventriculaires (2 sur 13).

Le Royaume-Uni a également implanté 681 DAE dans 110 lieux très fréquentés. Entre avril 2000 et novembre 2002, ils ont été mis en œuvre dans 250 cas, dont 182 arrêts cardiaques réels. Dans 82 % des arrêts cardiaques, la victime était en fibrillation ventriculaire et le DAE a délivré un choc, avec un taux de survie en sortie de l’hôpital de 25 % au lieu de 5 % dans ces endroits (mais il ne s’agit pas d’une étude randomisée en double aveugle)[21],[22].

Aux Pays-Bas[modifier | modifier le code]

La ville d'Amsterdam a également fait une étude similaire[23] : les zones couvertes étaient alternativement

  • zone d'expérimentation : les sapeurs-pompiers et les policiers étaient équipés de DSA (1 063 policiers et 586 sapeurs-pompiers formés), et étaient déclenchés une minute après l'ambulance paramédicale (en raison du temps de transmission des informations) ;
  • zone de contrôle : procédure d'intervention normale, seule une ambulance paramédicalisée était envoyée.

Dans environ 66 % des cas d'arrêt cardiaque survenus devant témoins (469 cas au total), la victime était en fibrillation ventriculaire à l'arrivée du DSA. L'intégration de DSA dans des véhicules de sapeurs-pompiers et de police a permis de raccourcir le temps de réponse de 1 minute 40 secondes (temps entre l'arrêt cardiaque et la délivrance du choc). Le temps de mise en œuvre du DSA était d'environ 2 minutes et demie pour les deux groupes (délais entre l'arrivée et la délivrance du premier choc). Dans les deux groupes, 44 % des patients qui ont reçu le choc en moins de 5 minutes ont survécu, ce qui montre l'intérêt d'une défibrillation précoce.

Cependant, si le taux de reprise d'une activité cardiaque spontanée était meilleur dans le groupe d'expérimentation, le taux de survie après séjour à l'hôpital était quasiment le même. Ceci est essentiellement attribué au faible gain de temps enregistré, notamment en raison du temps de transmission de l'information.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Une étude américaine sur la mise à disposition de DAE dans des centres commerciaux et les lieux d'habitation (avec 1 600 DAE répartis sur 500 sites, 500 sites sans DSA, s'appuyant sur 19 000 volontaires formés à la réanimation cardio-pulmonaire) montre quant à elle que la mise à disposition de DAE dans les lieux publics double les chances de survie, mais que l'implantation dans les lieux d'habitation est peu efficace en raison des délais d'arrivée de l'appareil jusqu'au domicile. L'étude conclut cependant : « La question se résume en fait à savoir si pour sauver une vie en deux ans, le coût de 100 DAE nous semble acceptable… »[24]. Le quasi doublement de la survie après arrêt cardio-circulatoire est démontré par d'autres études[25]

En milieu hospitalier[modifier | modifier le code]

L'utilité du système (par rapport à celui d'un défibrillateur classique où la décision d'administrer un choc électrique n'est pas prise par l'appareil mais par le personnel médical ou paramédical) est moins claire, d'autant que moins d'un arrêt cardiaque sur cinq est secondaire à une fibrillation ventriculaire, trouble rythmique le plus à même de bénéficier de ce système[26]. Il semble que l'apport soit négligeable en cas de recours à un choc et qu'il serait même délétère si l'arrêt ne nécessite pas de choc (asystolie par exemple)[27]. Une des explications avancées serait une durée plus longue, sans massage cardiaque externe, nécessitée par ces systèmes en raison de l'exigence d'un tracé non parasité pour que son logiciel détermine ou non l'indication du choc[28].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [PDF] Guide national de référence - Formation à l'utilisation du défibrillateur semi-automatique, 133 pages, 2,9 Mo, sur le site secourisme.net.
  2. Informations complémentaires sur le défibrillateur
  3. Le quotidien du médecin - avril / mai 2007
  4. a et b [PDF] « Prevention et secours civiques de niveau 1 », sur interieur.gouv.fr (consulté le )
  5. Article urgences pédiatriques sur urgence-pratique.com
  6. (en) Use of Automated External Defibrillators for Children: An Update
  7. Prévention et secours civiques de niveau 1, section 7.3.2 (« Défibrillation et enfant - Utilisation du DAE »), p. 67
  8. Note d'informations de juillet 2010
  9. Maintenance défibrillateur Sur le site ylea.eu
  10. Règlement grand-ducal du 19 novembre 2008 relatif à l’utilisation des défibrillateurs externes automatiques
  11. Reiner JS, Solomon AJ, Katz RJ, Shock and law, Circulation, 2011;124:1391-1394
  12. (en) Why hotels resist having defibrillators, Wall Street Journal, February 25, 2009
  13. defibrillateur-automatique.frLogo défibrillateur automatique : vers une signalétique unique.
  14. Arret Cardiaque sur iTunes Store — "Arrêt Cardiaque pour iOS".
  15. Arret Cardiaque sur Google Play — "Arrêt Cardiaque pour Android".
  16. (en) Gundry JW, Comess KA, DeRook FA, Jorgenson D, Bardy GH, Comparison of naïve sixth-grade children with trained professionals in the use of an automated external defibrillator, Circulation, 1999;100:1703–1707
  17. (en) Hosman TP, Maquoi I, Vogels C et al. Safety of fully automatic external defibrillation by untrained lay rescuers in the presence of a bystander, Resuscitation, 2008;77:216–219
  18. Le quotidien du médecin
  19. Jim.fr
  20. Croix Rouge monégasque
  21. Dupin C., Les défibrillateurs automatiques externes envahissent l’Europe…sans encore convaincre les irréductibles gaulois, Journal international médical,
  22. (en) Whitfield R et coll.: The department of Health National Defibrillator Programme: analysis of downloads from 250 deployments of public access defibrillators. Resucitation n°64, pp 269-277, 2005
  23. (en) + (nl) Use of automated external defibrillator by first responders in out of hospital cardiac arrest: prospective controlled trial
  24. (en) The Public Access Defibrillation Trial Investigators: “Public-Access Defibrillation and Survival after Out-of-Hospital Cardiac Arrest.” N Engl J Med 2004 351:637-646
  25. (en) Weisfeldt ML, Sitlani CM, Ornato JP et Als, ROC Investigators. Survival after application of automatic external defibrillators before arrival of the emergency medical system: evaluation in the resuscitation outcomes consortium population of 21 million, J Am Coll Cardiol, 2010;55(16):1713-1720
  26. (en) Peberdy MA, Kaye W, Ornato JP et Als. Cardiopulmonary resuscitation of adults in the hospital: a report of 14720 cardiac arrests from the National Registry of Cardiopulmonary Resuscitation, Resuscitation, 2003;58:297-308
  27. (en) Chan PS, Krumholz HM, Spertus JA et Als, for the American Heart Association National Registry of Cardiopulmonary Resuscitation Investigators. Automated external defibrillators and survival after in-hospital cardiac arrest, JAMA, 2010;304:2129-2136
  28. (en) Haines DE, Automated external defibrillators and the law of unintended consequences, JAMA, 2010. doi:10.1001/jama.2010.1674

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documents officiels[modifier | modifier le code]

Documents en anglais[modifier | modifier le code]

  • (en) The Public Access Defibrillation Trial Investigators: “Public-Access Defibrillation and Survival after Out-of-Hospital Cardiac Arrest.” N Engl J Med 2004 351:637-646
  • (en) Whitfield R et coll.: The department of Health National Defibrillator Programme: analysis of downloads from 250 deployments of public access defibrillators. Resucitation no 64, p. 269-277, 2005
  • (en) Use of Automated External Defibrillators for Children: An Update — An Advisory Statement From the Pediatric Advanced Life Support Task Force, International Liaison Committee on Resuscitation, R.A. Samson et coll. (ILCOR), Circulation 2003, no 107, p. 3250 [2]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]