Défense de la poste centrale polonaise de Dantzig

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Défense de la poste centrale polonaise de Dantzig
L'attaque allemande le 1er septembre 1939.
L'attaque allemande le 1er septembre 1939.
Informations générales
Date 1er septembre 1939
Lieu Ville libre de Dantzig
Issue Victoire allemande
Belligérants
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand Flag of Poland.svg Pologne
Commandants
Drapeau de l'Allemagne Willi Bethke
Drapeau de l'Allemagne Johannes Schaffer
Drapeau de la Pologne Konrad Guderski
Drapeau de la Pologne Alfons Flisykowski
Forces en présence
Plus de 200 SS, SA et paramilitaires
3 automitrailleuses ADGZ
55 miliciens (postiers et civils)
Pertes
10 tués
25 blessés
1 ADGZ
6 tués
14 blessés
38 exécutés en captivité
Seconde Guerre mondiale
Batailles
Campagne de Pologne :

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Coordonnées 54° 21′ 18″ N 18° 39′ 25″ E / 54.355, 18.65694444 ()54° 21′ 18″ Nord 18° 39′ 25″ Est / 54.355, 18.65694444 ()  

Géolocalisation sur la carte : Pologne

(Voir situation sur carte : Pologne)
 Différences entre dessin et blasonnement : Défense de la poste centrale polonaise de Dantzig.

La défense du bâtiment de la poste polonaise de Dantzig est l'une des premières batailles de l’invasion allemande de la Pologne lors de la Seconde Guerre mondiale.

Le 1er septembre 1939, les miliciens polonais défendirent le bâtiment pendant près de 15 heures contre les assauts menés par les troupes SS de la ville, des formations de SA et la police de la ville. Tous les miliciens, exceptés quatre d’entre d’eux qui purent fuir, furent condamnés par une cour martiale allemande le 5 octobre 1939 puis exécutés.

Avant-propos[modifier | modifier le code]

Inauguration de la poste en 1925

La poste polonaise de la ville libre de Dantzig fut créée en 1920 par le traité de Versailles. Ses locaux avaient le statut de propriété extraterritoriale polonaise. La poste polonaise comprenait plusieurs bâtiments. En 1930, le bâtiment Gdansk 1 situé Hevelius Platz dans la vieille ville devint la poste centrale, munie d’une ligne téléphonique directe avec la Pologne. En 1939, elle employait près de 100 personnes. Quelques employés appartenaient à une organisation d’autodéfense, et plusieurs d’entre eux adhéraient à la Zwiazek Strzelecki (association de tir). Selon le témoignage d’Edmond Charaszkiewicz, la poste polonaise était un maillon important des services secrets polonais. Comme la tension entre la Pologne et l’Allemagne grandissait, le haut commandement polonais détacha le sous-lieutenant Konrad Guderski à Gdansk. Avec, entre autres, l’aide d’Alfonse Flisykowski, il aida à l’organisation du personnel de sécurité et les prépara à d’éventuelles hostilités. En plus de l’entraînement des hommes, il prépara la défense du bâtiment : arrachage d’arbres et fortification de l’entrée. Mi-août, dix employés supplémentaires, pour la plupart officiers de réserve, furent envoyés à Gdansk en provenance des bureaux de poste de Gdynia et Bydgoszcz.

Le 1er septembre, il y avait 57 personnes dans le bâtiment : Konrad Guderski, 42 employés locaux, 10 employés des poste de Gdynia et Bydgoszcz, et le concierge, sa femme et leur fille de 10 ans, Erwina. Ils étaient armés de différentes armes à feu dont des mitraillettes légères et des grenades à main. Le plan de défense polonais avait assigné aux défenseurs de résister 6 heures aux allemands, le temps d’attendre le soutien de l’Armia Pomorze (l’armée poméranienne, l’une des armées constitutive de l’armée polonaise). Le plan d’attaque allemand, décidé en juillet 1939, était de prendre en tenaille le bâtiment en attaquant depuis deux directions. Une attaque de diversion attaquerait l’entrée pendant que le gros des troupes attaquerait par le côté à travers les murs du bâtiment mitoyen.

La bataille[modifier | modifier le code]

À h 0, les Allemands coupèrent le téléphone et l’électricité. À h 15, alors que le navire de guerre allemand Schleswig-Holstein commençait à bombarder l’avant-poste de l’armée polonaise à Westerplatte, les forces allemandes commencèrent leur assaut sur le bâtiment de la poste. Les unités allemandes de SS, SA ou de la police allemande étaient soutenues par 3 véhicules lourds blindés. L’attaque était commandée par le colonel de la police allemande Willi Bethke. La première attaque allemande sur le devant du bâtiment fut repoussée bien que les Allemands réussirent à entrer brièvement dans le bâtiment. La seconde attaque, latérale, fut aussi repoussée. Le commandant de la défense polonaise, Konrad Guderski, mourut durant cette attaque par le souffle de sa propre grenade qui empêcha les Allemands de passer à travers le mur.

À 11 h 00, les unités allemandes reçurent le soutien d’éléments de la Wehrmacht munies de 2 canons de 75 mm. Mais une nouvelle attaque soutenue par ces pièces d’artillerie fut elle aussi repoussée. À 15 h 00, les Allemands annoncèrent un cessez-le-feu de 2 heures et demandèrent la reddition des Polonais, ce qu’ils refusèrent. Dans le même temps, les Allemands reçurent le renfort d’une pièce d’artillerie de 105 mm et d’une unité de sapeurs qui perça les murs et prépara une charge explosive de 600 kg. À 17 h 00, la bombe explosa, faisant s’effondrer une partie du mur. Les Allemands, couverts par trois pièces d’artillerie, attaquèrent de nouveau, s’emparant de la majeure partie du bâtiment, à l’exception des sous sols.

À 18 h 00, les Allemands amenèrent de l’essence et des lance-flammes qu’ils utilisèrent pour mettre le feu aux sous-sols. Après la mort de 3 défenseurs, brûlés vifs, le reste des Polonais décidèrent de se rendre. Les deux premières personnes à quitter le bâtiment, le directeur le docteur Jan Michon, arborant un drapeau blanc et le commandant Joseph Wasik furent tués par les Allemands, le docteur Michon aurait été tué au lance-flammes. Le reste des Polonais fut autorisé à se rendre et quittèrent le bâtiment. Six personnes réussirent à s’enfuir du bâtiment, deux d’entre elles furent capturées quelques jours plus tard. En tout, six Polonais furent tués pendant les combats.

Suite de l’attaque[modifier | modifier le code]

Seize prisonniers blessés furent envoyés à l’hôpital de la Gestapo, où six moururent (dont la jeune fille Erwina). Les 28 autres furent emprisonnés tout d’abord dans les locaux de la police puis furent envoyés à la Victoriaschule, où ils furent interrogés et torturés. Tous les prisonniers passèrent devant une cour martiale : d’abord les 28 prisonniers de la Victoriaschule le 8 septembre, puis les 10 qui sortirent de l’hôpital le 30 septembre. Ils ne bénéficièrent de l’aide d’aucun avocat. Ils furent tous condamnés à mort, selon la loi pénale militaire spéciale allemande de 1938. La condamnation fut demandée par le procureur Hans Giesecke, elle fut rendue par le juge Kurt Bode et signé par le général Walther von Brauchitsch, le tout en quelques heures.

Le 5 octobre, les prisonniers sont exécutés, majoritairement par un peloton d’exécution dirigé par le SS-Sturmbannführer Max Pauly, qui dirige plus tard le camp de concentration de Neuengamme. Après la guerre, Giesecke et Bode ne furent pas jugés responsables pour cet épisode. Ils continuèrent leur carrière d’avocat. En 1995, la cour de Lübeck invalida le jugement de 1939 et réhabilita les postiers, prétextant notamment le fait que la décision était contraire à la convention de La Haye.

Postérité[modifier | modifier le code]

Cet épisode de l'Histoire est notamment connu pour avoir été évoqué, à travers le personnage de Jan Bronski, dans le roman Le Tambour de Günter Grass et dans l'adaptation cinématographique de Volker Schlöndorff.

Notes et références[modifier | modifier le code]