Décret présidentiel 9066

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Pancarte présentant les personnes d'ascendance japonaise sommées de se présenter avant leur déplacement.

Le décret présidentiel 9066 est un ordre exécutif de la Seconde Guerre mondiale qui fut promulgué par le président américain Franklin Delano Roosevelt le 19 février 1942. En sa qualité de commandant en chef des pouvoirs de guerre, le décret lui permit d'enfermer certains groupes ethniques dans des camps de concentration par mesure de prévention[1]. L'objectif était ainsi d'empêcher les opérations d'espionnage ou de sabotage sur le territoire américain[2]. Le décret fut avalisé par la Cour suprême dans l'arrêt Korematsu v. United States de 1944[3]

Les Internements durant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Internement des Japonais-américains.

Cet ordre autorisait le Secrétaire à la Guerre des États-Unis ainsi que les forces armées américaines à déclarer certains espaces du territoire américain comme zones militaires "dans lesquelles certaines personnes voire tout le monde pouvaient être exclus"[4]. Cependant, le texte ne faisait allusion à aucune nationalité ou groupe ethnique en particulier. En fin de compte, un tiers du territoire (surtout dans l'Ouest) fut concerné par la mesure qui fut utilisée contre les « descendants d'ennemis étrangers », c'est-à-dire les japonais, les allemands et les italiens.

Après l'Attaque de Pearl Harbor en 1941, qui fit entrer les États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, environ 120 000 Américains d'origine japonaise furent enfermés dans des camps durant la guerre. Parmi les Japonais internés, 62 % étaient des « Nisei », autrement dit des Japonais américains de seconde génération donc nés aux États Unies, et le reste des "Issei" (japonais de première génération c’est-à-dire résidents étrangers). Les pertes subies par les nationalités affectées par cette mesure d'internement durant cette période sont estimées à plusieurs milliards de dollars.

Le Secrétaire à la guerre (Henry L. Stimson) devait aider ces résidants qui ont été exclus dans ces secteurs en mettant à leurs dispositions le transport, la nourriture, l'abri, et tous autres commodités.

Bien que les Américains d'origine japonaise aient été de loin les plus affectés par ces mesures, plusieurs milliers d'Italo-Américains et d'Américains d'origine allemande ont également été soumis à des restrictions semblables, y compris l'internement.

Les oppositions[modifier | modifier le code]

Paradoxalement, l'une des voix qui s’opposait le plus à Washington à l'internement fut le directeur du FBI J. Edgar Hoover. Pendant la Seconde Guerre mondiale, après presque une décennie de domination démocrate à Washington, sous le Président Franklin D. Roosevelt, Hoover était l'un des rares républicains à avoir de l'influence. Son opposition à l'internement peut sembler ironique, si l'on se réfère à sa carrière, durant laquelle il a manifesté une certaine opposition aux libertés civiles. Eleanor Roosevelt a été également opposée au décret présidentiel 9066 et a essayé sans succès de convaincre son mari de ne pas le signer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Retranscription du texte de l'Order exécutif (en) (consulté le 21 juillet 2008)
  2. Retranscription du texte de l'Order exécutif: Whereas the successful prosecution of the war requires every possible protection against espionage and against sabotage. (en) (consulté le 21 juillet 2008)
  3. Daniel Sabbagh, Sécurité et libertés aux États-Unis dans l’après-11 septembre : un état des lieux, Critique internationale n°19 - avril 2003. Sabbagh renvoie à G. Robinson, By Order of the President : FDR and the Internment of Japanese Americans, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 2001.
  4. Retranscription du texte de l'Order exécutif: I hereby authorize and direct the Secretary of War, and the Military Commanders whom he may from time to time designate, whenever he or any designated Commander deems such action necessary or desirable, to prescribe military areas in such places and of such extent as he or the appropriate Military Commander may determine, from which any or all persons may be excluded, and with respect to which, the right of any person to enter, remain in, or leave shall be subject to whatever restrictions the Secretary of War or the appropriate Military Commander may impose in his discretion (en) (consulté le 21 juillet 2008)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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