Déclaration d'indépendance de l'État d'Israël

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Lecture de la Déclaration d'indépendance par David Ben Gourion, sous le portrait de Theodor Herzl
Déclaration d'indépendance de l'État d'Israël
Image illustrative de l'article Déclaration d'indépendance de l'État d'Israël
La Déclaration d'indépendance de l'État d'Israël

Lieu Tel Aviv (mandat britannique de Palestine)
But Déclarer un État juif

La déclaration d'indépendance de l'État d'Israël a eu lieu le 14 mai 1948, dernier jour du mandat britannique sur la Palestine. C'est l'annonce officielle de la naissance d'un État juif en Terre d'Israël.

Elle fut prononcée par David Ben Gourion, président de l'Agence juive qui devint le premier Premier ministre du pays.

La déclaration fait suite au Plan de partage de la Palestine voté à l'ONU le 29 novembre 1947. La déclaration d'indépendance d'Israël est l'aboutissement du projet sioniste 50 ans après sa lancée.

Importance juridique, nationale et religieuse[modifier | modifier le code]

En l'absence de constitution ou de traité intégrant Israël à une union d'états, cette déclaration est actuellement au sommet de la hiérarchie des normes israéliennes.

L'événement est célébré chaque année par la fête nationale israélienne Yom Ha'atzmaout (hébreu: יום העצמאות, c'est-à-dire journée de l'Indépendance) le 5 Iyar selon le calendrier hébraïque. Il est aussi célébré dans de nombreuses communautés juives, en France au moins depuis 1963[1].

Déroulement[modifier | modifier le code]

À l'approche de la fin du mandat britannique, le Conseil général sioniste établit un Conseil national de 37 membres représentant tous les partis et factions de la carte politique qui, sous la houlette de Ben Gourion, se mit à agir en tant que parlement provisoire. Le 12 mai, au terme d'une séance-marathon de 11 heures, le Conseil national décide que l'indépendance serait proclamée deux jours plus tard. La décision de proclamer l'indépendance le vendredi 14 mai à 16 heures, huit heures avant le terme officiel du mandat britannique et pour ne pas profaner le chabbat est prise à l'unanimité[2].

La texte subit de nombreuses refontes :


Le texte final est ensuite revu largement par Ben Gourion puis est discuté lors de la dernière réunion du Conseil national, le vendredi 14 mai en début d'après-midi. Ben Gourion décide que le nom du futur état sera Israël (et non Sion ou Judée ou Terre des Hébreux (Ever)). Il est aussi décidé que la cérémonie de proclamation de l'État se déroulerait dans la galerie principale du Musée de Tel-Aviv[2].

Signataires[modifier | modifier le code]

La foule devant le musée de Tel-Aviv lors de la déclaration d'indépendance

La cérémonie de signature, qui se réduit principalement à la lecture du texte par David Ben Gourion et sa signature, ne dure que 32 minutes et suscite des manifestations de joie dans les rues de Tel-Aviv[2].

Chaim Weizmann, malgré son rôle majeur dans la Déclaration Balfour de 1917 et la fondation d'Israël, ne figure pas parmi les signataires de le Déclaration d'indépendance. Bloqué à New-York le 14 mai, il ne pouvait être présent pour la signature. Sa demande de la signer a posteriori lui sera refusée par David Ben Gourion, ce qui blessa Weizmann[3],[2].

Analyse[modifier | modifier le code]

Pour Alain Dieckhoff, si le régime politique d'Israël n'est pas défini dans cette Déclaration, son caractère juif y est affirmé et « les grands principes constitutifs d'un état de droit y figurent bien explicitement : "justice et paix", "liberté de conscience, de culte, d'éducation et de culture, une citoyenneté égale et complète et surtout "une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous les citoyens sans distinction de croyance, de race et de sexe". »[4]

Le même Alain Dieckhoff explique aussi que cette déclaration est l'aboutissement d'un compromis entre les différentes composantes du mouvement sioniste[5]. Ainsi, l'appellation « État d'Israël » évite de parler de « République d'Israël » que refusaient les sionistes religieux. La création de cet État est justifiée par le lien insécable entre le peuple juif et sa terre, par le volontarisme des pionniers qui ont ressuscité la langue hébraïque, construit des villes et des villages, par la Shoah, par les principes du droit international (déclaration Balfour et plan de partage de la Palestine voté par l'ONU) et par le principe de l'autodétermination. Enfin toujours selon Alain Dieckhoff, le Rocher d'Israël évoqué en conclusion est compris comme le peuple juif par les agnostiques et comme Dieu par les religieux[5].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Haïm Korsia, Etre Juif et Français: Jacob Kaplan, le rabbin de la République,‎ 2006 (lire en ligne)
  2. a, b, c, d, e, f, g et h « Annales de la déclaration d'Indépendance de l'État d'Israël », sur Ministère des affaires étrangères israélien,‎ 31 août 1999
  3. [1]
  4. Alain Dieckhoff, L'État d'Israël, Fayard,‎ 2008 (lire en ligne)
  5. a et b Israël, le retour du judaïsme, par Alain Dieckhoff, article dans 14e forum Le Monde, Editions Complexes,‎ 25-27 mars 2003 (lire en ligne), p. 101