Déchoucage

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Le déchoucage (déchoukaj en créole haïtien) est un terme haïtien réapparu à la fin du régime dictatorial des présidents Duvalier père et fils et qui vient du français "dessouchage", c'est-à-dire extraire la souche après l'abattage d'un arbre. Le déchoucage consiste, à Haïti, à détruire jusqu'à leur fondation les maisons appartenant aux notables ou bourreaux liés aux différents despotes.

Historique[modifier | modifier le code]

Le terme déchoucage est apparu la première fois au tout début du XXesiècle. Il ne s'agissait pas encore d'une action conduite contre un despote mais contre un démocrate qui dut s'enfuir en France. En effet en 1902, ce mot fut employé par ceux qui mirent à sac la maison de l'intellectuel et anthropologue haïtien Anténor Firmin.

En 1915, la foule, qui venait de lyncher le général Oscar Étienne qui avait été responsable d'un massacre, s'en prit à sa demeure et la déchouqua méthodiquement en la détruisant complètement jusqu'à sa base.

Actualisation[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970 et 1980, les déchoucages reprennent contre les biens des serviteurs zélés des pouvoirs en place. À la mort de François Duvalier et surtout lors de chute de son fils Jean-Claude, les "déchouqueurs" s'en prirent aux propriétés des Tontons macoutes, cette milice armée qui fit régner la terreur sous le régime dictatorial de ces derniers.

Dans les années 1990, la population déchouqua contre les partisans des régimes militaires successifs.

Les déchoucages se déroulèrent également après l'exil du président Jean Bertrand Aristide en 2004, notamment contre les bandes armées des Chimères qui firent régner la terreur à Port-au-Prince sous le régime de celui-ci.

Ainsi à chaque changement de gouvernement, le déchoucage est le résultat d'une explosion populaire contre les responsables politiques, administratifs, militaires et même religieux.

Ne pouvant se venger directement sur les personnes, le peuple s'en prend aux biens et aux propriétés des notabilités corrompues et mafieuses ainsi qu'à leurs sbires et hommes de main.

Liens externes[modifier | modifier le code]