Décalcomanie

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La décalcomanie est un procédé de transposition sur une surface, d'une image dessinée sur un support calque en papier ou plastique. L'image est appliquée à l'envers sur la surface choisie puis « décalquée » sur le dos du support avec un objet quelconque, comme la tranche d'une pièce de monnaie.

Formes[modifier | modifier le code]

Connue presque exclusivement du grand public par son aspect ludique, bien que celui-ci soit de moins en moins répandu, le principe de la décalcomanie remonte au XIXe siècle et à des utilisations techniques très diverses.

Décalcomanie de loisirs[modifier | modifier le code]

Celle-ci, la plus connue, est un procédé qui permet d’appliquer une image, généralement de petites dimensions (quelques centimètres) sur n’importe quel support lisse. L’image est imprimée à l’envers, les couleurs de premier plan en premier, sur un papier adéquat. Trempé dans l’eau, le papier se ramollit, on applique l’image sur le support choisi en frottant délicatement, et on retire le papier : l’image apparaît sur le support. La décalcomanie de ce type demandait beaucoup d’attention car l’image pouvait se fragmenter ou se coller imparfaitement sur le support. L' intérêt de la décalcomanie par rapport à un autocollant moderne est qu'il n'y a pas de « fond » : seule la partie « imprimée » se colle sur le support.

Plus tard, l'image était à l’endroit, imprimée sur une très fine pellicule transparente et après détrempage du papier support, on maintenait l'image avec un doigt tandis qu'on retirait le papier support (cette décalcomanie était parfois appelée décalcoglissante), la difficulté étant alors que le film ne se froisse.

Enfin une nouvelle forme correspond au procédé des caractères transfert : l'image apparaît sous le support transparent plastique et se colle au support choisi par frottage. Ce procédé, permettant la personnalisation de tous types d'objets du quotidien, a connu une grande vague de popularité dans les années 1980.

On peut ajouter une quatrième sorte de décalcomanie, il s'agit de la décalcomanie autocollante à sec. Dans ce cas, la décalcomanie est directement autoadhésive. Pour l'appliquer on retire le papier protecteur siliconé et on applique le motif directement sur le support, on améliore l'accrochage en appuyant fermement avec une arête en plastique (style carte de crédit par exemple) ou faire sécher avec un sèche-cheveux.

Vers 1936, le peintre Oscar Dominguez pratique un procédé proche du monotype, qu’il appelle « décalcomanie », bien qu’il n’y ait aucun rapport entre ces deux techniques. D’autres peintres surréalistes utilisent également cette « décalcomanie du désir ».

Décalcomanie historique[modifier | modifier le code]

Cette décalcomanie connue du grand public dérive des applications de la lithographie, puis de la chromolithographie développée tout au long du XIXe siècle, et parvenue à un haut degré de technicité.

Papier report[modifier | modifier le code]

L’invention du papier report est due au graveur français Simon François Ravenet, installé en Angleterre, et qui travaillait pour une fabrique de porcelaine à Chelsea. Il imagine d’imprimer en taille-douce (sur plaque de cuivre) un papier particulier, qui permettait de reporter son dessin sur les pièces de porcelaine.

Alois Senefelder développe au début du XIXe siècle la lithographie qu’il a inventée, et qui est le premier procédé d’impression non basé sur le relief. On dessine ou on écrit sur une pierre calcaire, à l’envers. En cherchant à faciliter cette opération, Senefelder met au point le papier report : un papier spécialement préparé pour que l’on puisse écrire et dessiner normalement, à l’endroit : appliqué ensuite sur la pierre lithographique, l’encre y est reportée, le papier enlevé, et on peut poursuivre les opérations de la même façon que si le dessin avait été fait directement sur la pierre. Ce principe va être repris et amplifié par la chromolithographie, qui est un développement technologique de la lithographie en plusieurs couleurs. L’impression définitive est réalisée sur un papier report : elle est ensuite transférée sur des objets en relief tels que des emballages, des boîtes de conserves, des boîtes de sardines, etc.

En imprimant une image en couleurs sur un support transparent, on peut réaliser des imitations de vitraux, appliquées sur des vitres, et plus tard des décorations de vitrines et des publicités : la vitrauphanie.

Décalcomanie sur porcelaine[modifier | modifier le code]

Le principe du report trouve un intérêt majeur dans les impressions sur porcelaine. Jusque-là le décor des porcelaines était réalisé à la main. C’était un travail de spécialiste qui demandait une grande habileté et beaucoup de temps, même s’il s’agissait de répéter des motifs préétablis, souvent traditionnels. Une fois le décor réalisé, les pièces sont mises au four et les peintures utilisées s’intègrent définitivement au support. On pouvait donc, par le procédé du report, appliquer ce même type de peintures. Les premiers reports, appelés décalques, furent réalisés par le graveur français Simon François Ravenet en Angleterre, perpétués par d’autres, mais restèrent limités à une seule couleur jusqu’à l’apparition de la lithographie. Le motif est soigneusement créé, puis on procède à son impression en autant d’exemplaires que nécessaire. La décalcomanie est placée sur la pièce à décorer, trempée dans un bain d’eau qui décolle le papier support, et on peut procéder à la cuisson. D’abord imprimées en lithographie, les décalcomanies peuvent être imprimées par toutes les techniques actuelles. La décalcomanie permet de décorer n’importe quelle pièce.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

En 1982, la décalcomanie est évoquée dans le morceau à succès de Richard Gotainer intitulé Le Mambo du décalco.

Lien externe[modifier | modifier le code]