Débat sur le pipeline

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Le Débat sur le pipeline fut un débat parlementaire canadien du 8 mai au 6 juin 1956. Le débat entoura le financement du pipeline transcanadien et l'Influence américaine sur l'économie du Canada. La controverse contribua à la défaite électorale de Louis St-Laurent lors des élections de 1957, mettant fin à plusieurs années de contrôle des Libéraux sur le gouvernement canadien et permettant l'entrée en fonction de John Diefenbaker au poste de premier ministre.

Début du scandale[modifier | modifier le code]

Pour répondre aux besoins croissants du Québec et de l'Ontario en gaz naturel provenant de l'Alberta, le ministre du Commerce C. D. Howe décide d'accorder à TransCanada Pipelines, LP, soit une compagnie privée américaine, de construire un pipeline de l'ouest vers l'est. Cependant, la route préconisée par St-Laurent et par Howe était plus longue et plus onéreuse que celle de l'American oil pipeline, qui était plus courte et traversait une partie du territoire américain. Le débat en résultant concernait deux points, soit le fait que le consortium était détenu uniquement par des intérêts américains et donc que le gouvernement devait être prêt à couvrir les dépassements de coûts liés à la route la plus longue et que la construction par des entreprises américaines amène inévitablement le gouvernement à laisser le contrôle du pipeline sous le contrôle américain.

L'Opposition, représentée par le Parti progressiste-conservateur du Canada et le Co-operative Commonwealth Federation, planifia de retarder la réalisation du projet en opérant une obstruction parlementaire. Les Conservateurs étaient contre le fait que les Américains aient un contrôle total sur la construction du pipeline. Le CCF réclamait que le pipeline soit entièrement la propriété du gouvernement, même si à leur avis, la construction du pipeline était à tout point profitable pour la demande en gaz de l'Est du Canada.

Le débat[modifier | modifier le code]

L'opposition apprit que l'accord parlementaire devait être obtenu avant le 6 juin pour que le financement commence comme convenu par le gouvernement libéral le 1er juillet. L'opposition croyait que passée cette date, l'accord échouerait, ce qui permettrait de négocier un nouveau consortium exclusivement canadien ou entreprise de la couronne.

Pour contrer les plans de l'opposition, les Libéraux tentèrent de fermer le fermer le débat en forçant le vote final. Durant les échanges pendant lesquels de nombreux députés libéraux furent traités de chachals, le premier ministre St-Laurent fut observé calmement en train de lire un livre. Deux semaines après le débat, la couverture médiatique permit de montrer au Canadiens les actions anti-démocratiques du gouvernement.

La date-butoir[modifier | modifier le code]

La journée précédent la date-butoir, le Président de la Chambre des communes Louis-René Beaudoin permit à l'opposition de continuer le débat même le jour suivant la date-butoir. Cette décision mit le ministre Howe en furie.

Cependant, le lendemain, Beaudoin annonça que la décision qu'il avait prise la veille était une erreur et causée par une confusion dans les procédures. Il avertit également que tous les évènements suivant 14h15 le jour même seraient ignorés. Il n'en nécessita pas moins pour créer le chaos dans le Parlement, même le chef généralement serein du CCF, Major J. Coldwell brandissait son poing en direction de Beaudoin.

L'Opposition clama aussi que le premier ministre et Howe avait incité Beaudoin à revenir sur sa décision. Ainsi Howe et St-Laurent étaient maintenant libre de garantir les fonds nécessaires le 6 juin. La date-butoir n'était finalement pas le seul moyen de retarder ou d'arrêter les travaux, parce que, malheureusement pour Howe et St-Laurent, une grève des employés des compagnies responsables des travaux retarda les travaux d'au moins un an.

Épilogue[modifier | modifier le code]

Lorsque le débat fut rendu public, le gouvernement libéral chuta de 10 points dans les sondages. Les Progressiste-conservateurs utilisèrent le pipeline pour démontrer à quel point les Libéraux étaient devenus arrogants après 21 années consécutives au pouvoir. Lors des élections de 1957, les Conservateurs remportèrent un gouvernement minoritaire, qui devint majoritaire après les élections de 1958.

Pour ce qui est du Président de la Chambre, la réputation de Beaudoin fut complètement détruite. Une motion de censure fut déposée par le chef conservateur George Drew à son encontre, mais la motion fut défaite en raison de l'opposition majoritaire des Libéraux. Plus tard, un journal publia une lettre écrite par Beaudoin et dans laquelle il critiqua l'hatitude de plusieurs membres de l'opposition durant le débat. Montrant la perte de neutralité nécessaire à sa position, il voulut démissionner de son poste de Président et quitta la politique en 1958.

Références[modifier | modifier le code]