Débat sur l'énergie nucléaire

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Le débat sur l'énergie nucléaire est un des sujets du débat politique. Les politiques énergétiques sont différentes d'un pays à l'autre, la majorité des pays n'ont jamais produit d'électricité issue de l'utilisation de l'énergie nucléaire, d'autres ont programmé une sortie du nucléaire civil, ou bien ont décidé un moratoire pour la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, ou même acté une interdiction d'exploitation ou d'importation d'électricité d'origine nucléaire dans leur législation. D'autres enfin, principalement des pays émergents ont lancé un ou plusieurs projet(s) de centrales nucléaires, et des travaux de réalisation sont en cours.

La politique du nucléaire civil, au sein d’une réflexion à long terme, sur le mix énergétique global, s’appuie sur l'arbitrage entre les risques, les impacts sanitaires, environnementaux, les implications socio-économiques, les coûts, ainsi que les avantages et inconvénients associés à la production électro-nucléaire.

Sommaire

Introduction[modifier | modifier le code]

Les thématiques du débat[modifier | modifier le code]

Le débat sur l'énergie nucléaire porte sur plusieurs questions distinctes, qui impliquent essentiellement :

D’autres thématiques existent :

Les participants au débat[modifier | modifier le code]

Industriels du secteur[modifier | modifier le code]

Des industriels du secteur (Areva, Électricité de France, Toshiba-Westinghouse Electric, Mitsubishi Heavy Industries, etc.) exercent des actions de lobbying sur les pouvoirs publics visant à promouvoir l’énergie nucléaire (construction de nouveaux réacteurs, attribution de budgets de recherche…) comme de publicité à destination de l'opinion publique.

Organisations non gouvernementales nationales et internationales[modifier | modifier le code]

Des organisations non gouvernementale nationales et internationales opposées à l’utilisation de l’énergie nucléaire (Greenpeace, Les Amis de la Terre, Réseau Sortir du nucléaire, WWF, etc.) exposent à l'opinion publique leurs conceptions quant aux risques nucléaires et au caractère non nécessaire de l'énergie nucléaire, afin de la mobiliser pour peser sur les États de sorte qu'ils restreignent son utilisation (fin de l’exploitation des centrales nucléaires en service ou de faire annuler les projets de nouveaux réacteurs nucléaires, en vue de la sortie du nucléaire civil).

Une minorité d'écologistes sont favorables à l'utilisation de l'énergie nucléaire. Ainsi l'Association des Écologistes Pour le Nucléaire[1] s'efforce de faire connaître les avantages écologiques de l'énergie nucléaire dans un esprit de respect de l'environnement.

D'autres ONG et associations apprécient le nucléaire civil, par exemple la Société nucléaire européenne[2] qui se donne pour objectif de promouvoir et de contribuer à l'avancement de la science et du génie liés à une utilisation pacifique de l'énergie nucléaire.

États[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

En France, il s'agit surtout :

États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, il s'agit de la Commission de régulation nucléaire (Nuclear Regulatory Commission ou NRC) qui est l'agence indépendante du gouvernement des États-Unis, fondée par la loi de réorganisation de l'énergie (Energy Reorganization Act) en 1974 et ouverte en 1975.

Japon[modifier | modifier le code]

Au Japon, il s'agit actuellement de la nouvelle Autorité de réglementation du nucléaire créée le 19 septembre 2012 à la suite de l'accident nucléaire de Fukushima

Organisations, agences et institutions internationales[modifier | modifier le code]

Des organisations internationales telles l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ou l’Agence pour l'énergie nucléaire (AEN) ont pour objectif officiel de promouvoir les usages pacifiques de l’énergie nucléaire (à travers des actions d’information, de communication, etc.) et limiter ses usages militaires (contrôle du respect du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), et d’organiser la coopération (normalisation des règles de sûreté nucléaire, recherche et développement conjointe, etc.) entre les différents pays. L'eurodéputée Rebecca Harms (Alliance 90/Les Verts) a accusé l'AIEA de partialité et critique notamment, parmi d'autres personnalités ou organisations, son contrôle de la communication de l'Organisation mondiale de la santé (OMS)[5], se déclarant en faveur d'une indépendance de cette dernière par souci de la neutralité de l'expertise sur le sujet de la santé[6].

Associations locales[modifier | modifier le code]

Des associations locales dites NIMBY (Not in my backyard, « Pas dans mon jardin »), constituées par des riverains des centrales nucléaires pour défendre leur environnement local (par exemple Stop Golfech dans le Tarn-et-Garonne, le Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin, Médiane en Provence, Virage énergie Nord-Pas de Calais, etc.) se soucient des conséquences de la pollution radioactive sur l'agriculture et la santé.

Autres[modifier | modifier le code]

D’autres acteurs, favorables ou non à l'énergie nucléaire, participent au débat : de nombreuses associations nationales ou locales, des organisme de recherche, des experts, des citoyens, des syndicats et partis politiques, etc.

Les risques liés au nucléaire[modifier | modifier le code]

Introduction[modifier | modifier le code]

L’appréciation des risques liés à l’industrie nucléaire, en particulier de ce qui conduirait à un accident nucléaire grave, constitue un thème central du débat. Comme l'écrivent Jean-Claude Debeir, Jean-Paul Deléage et Daniel Hémery dans leur ouvrage d'histoire de l'énergie « l'aléatoire industriel […] ne naît pas avec l'électronucléaire, mais avec lui, il atteint à l'excessif et à l'incalculable[7] ».

Le risque d’accident nucléaire grave ou d’un autre problème impliquant l’industrie nucléaire (détournement à des fins militaires notamment) est universellement reconnu et le débat porte d’une part sur l’évaluation de sa probabilité et, d'autre part, sur la gravité des conséquences. L’évaluation combinée de ces deux facteurs offre à une perception globale du risque. Ces débats tournent donc autour de la formulation du principe de précaution et de la prévention des risques.

En France le principe de précaution, inscrit dans la Charte de l'environnement (2004), a valeur constitutionnelle.

Jean-Claude Debeir, Jean-Paul Deléage et Daniel Hémery écrivent dans leur ouvrage : « le nucléaire déplace les risques, avec lui ce sont les cycles écologiques qui peuvent se trouver contaminés sans que l'on puisse agir sur cette contamination. Même si la probabilité de l'accident est très réduite, le nucléaire introduit dans l'histoire humaine la notion de risque majeur. Ce n'est plus seulement une population statistique définissable qui est concernée mais, potentiellement, l'espèce elle-même[8] ». C'est également le sentiment de Jacques Ellul qui soutient que « la question de la possibilité [du risque technologique majeur] éclipse celle de sa probabilité[9] ». Pour ces auteurs, le principe de précaution exige donc la prévention des risques liés au nucléaire en raison de la possibilité, même faible, d'une catastrophe.

Cette perception globale, suivant qu’elle amènera à considérer le risque comme acceptable ou non, constitue une ligne de démarcation majeure entre partisans et opposants à l'énergie nucléaire.

Étude sur la perception des risques en France[modifier | modifier le code]

En France, la perception des experts s’oppose nettement à celle de l'opinion publique sur l’importance des risques nucléaires. Les retombées radioactives de la catastrophe de Tchernobyl présentent un risque « élevé » voire « très élevé » pour 54 % du grand public contre 18 % des experts interrogés, les déchets radioactifs entrainent un risque élevé pour 57 % du grand public et 25 % des experts et les centrales nucléaires sont dangereuses pour 47 % du grand public et 19 % des experts[10].

Les silences, les mensonges, la culture du secret des organismes officiels dans le cadre de la catastrophe de Tchernobyl (« Le nuage s'est arrêté aux frontières de la France »..) on joué un rôle considérable dans la résistance psychologique du public français face à l'industrie nucléaire[11].

Risque d’accident grave[modifier | modifier le code]

Prise en compte du risque d’accident par l’industrie nucléaire[modifier | modifier le code]

L'industrie nucléaire, des scientifiques et des chercheurs du domaine font valoir qu'une culture de la sûreté nucléaire s'est développée, et que la conception d'une centrale nucléaire intègre une « analyse de sûreté » visant à réduire à la fois la probabilité de survenance d’un accident nucléaire et ses conséquences potentielles, grâce à deux logiques d’analyse :

  • Une analyse probabiliste, utilisée au niveau international, cherche à calculer une probabilité de survenance pour chaque problème potentiel, puis cherche à prendre des mesures pour minimiser cette probabilité (on parlera de « sécurité active »).
  • Une analyse déterministe, (méthode d'analyse critiquée par le bureau d’études suisse « Résonance » d'être la base de la méthode française) adaptée aux évènements réfractaires à un calcul de probabilité (comme le risque terroriste ou sismique[12] consiste - à partir du principe que le problème survient - à chercher à en réduire les conséquences (par exemple en créant des enceintes de confinement). On parle alors de « sécurité passive ».

Les opposants au nucléaire estiment que cette prise en compte des risques par les industriels est insuffisante. Selon eux, des contraintes de rentabilité peuvent conduire à l'aléa moral, ou pousser les industriels ou l’État à sous-évaluer certains risques, ou à ne pas prendre toutes les mesures de sécurité préventive nécessaires. Par ailleurs, des documents confidentiels révélés par le Réseau Sortir du Nucléaire et issus de la communication interne d'Areva montrent que les centrales nucléaires françaises ne sont pas adaptées pour résister à un risque terroriste. Plusieurs centrales sont jugées par ailleurs comme étant exposées à des risques sismiques ou d'inondation non négligeables et non pris en compte[13]. Des économistes[14] font valoir que si des provisions comptables existent pour les déchets et le démantèlement, sans garanties qu'elles soient suffisantes, aucune provision pour risques et charges ne concerne le risque d'accident majeur. Seul le système Assuratome[15] ou des dispositifs nationaux ad hoc peuvent répondre à une crise majeure, et outre que les assureurs ne couvrent pas le risque d'accident majeur audelà d'un certain plafond, les fonds disponibles dans le cadre d'Assuratome ne peuvent couvrir les coûts d'un accident majeur (type Tchernobyl ou Fukushima ; par exemple, le Japon ne disposait en 2010 en Capacités Responsabilité civile et dommages selon Assuratome que de 728 Millions d'euros (ce qui est plus que la France qui disposait 522 millions d'Euros), alors que le 23 mars à 15h 50, selon l'agence Jiji Press ce sont 2 000 milliards de yens (soit 17,4 milliards d'euros) que les banques japonaises devraient prêter à l'opérateur TEPCO pour l'aider à financer la réparation des centrales endommagées et le démantèlement du site de la Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi[16].

Selon l'IRSN un accident nucléaire grave survenant en France, dont les rejets seraient contrôlés et limités aux seuls abords d'une centrale française, coûterait 120 milliards d'euros (environ 6 % du PIB annuel) et un accident majeur similaire à celui survenu en mars 2011 au Japon de l'ordre de 430 milliards d'euros. Selon cet institut les probabilités que de tels accidents se produisent en France sont très faibles (le plus grave, intervenu à la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) en 1980, a été classé au niveau 4 de l'échelle INES), l'étude de ces scénarios servent surtout à bien dimensionner la prévention par rapport aux risques réels[17].

Probabilité d’occurrence d’un accident nucléaire[modifier | modifier le code]

Un accident nucléaire peut avoir de nombreuses causes : internes (rupture de tuyauterie, perte d'un système de refroidissement ou de l'alimentation électrique, etc.) ou externes (séisme, guerre, terrorisme, etc.) l'exploitant est, et reste, le principal responsable en cas d'accident, hormis en cas de guerre ou d'attentat (qui relèvent des autorités de Défense). Des réseaux de recherche se construisent dans le monde pour étudier le risque d'accident grave et les moyens de le réduire, dont en Europe avec le programme SARNET (Severe Accident Research NETwork of excellence), cofinancé par la Commission européenne, créé en mars 2004. Il regroupe des organismes représentant environ deux cents chercheurs travaillant sur les accidents graves de réacteurs[18].

Pour un réacteur nucléaire à eau pressurisée (REP) tels ceux exploités en Europe de l’Ouest, le risque de fusion du cœur est estimé à 5.10-5 (soit 1/20 000) par réacteur et par an[19]. Les centrales équipées de réacteurs de type REP intègrent des enceintes de confinement en béton dans le but d’empêcher les matériaux radioactifs de se répandre dans l’environnement en cas de fusion du cœur. C’est ce qui s’est passé à la centrale nucléaire de Three Mile Island (voir ci-dessous). Une étude du MIT[20] estime que la probabilité de rupture de l’enceinte de confinement en cas de fusion du cœur est de 10 %.

Les anti-nucléaires contestent les conclusions de ces études, en arguant de la partialité des organismes les ayant financés. Ils affirment que les risques réels sont bien supérieurs et citent diverses défaillances qui, d’après eux, contredisent les études officielles (notamment l’inondation de la centrale nucléaire du Blayais en décembre 1999, ou, plus récemment, les conséquences d’un tremblement de terre sur la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa en juillet 2007, la mauvaise communication sur la fuite de la centrale nucléaire de Krško en juin 2008). D’autre part, ils rappellent qu’il existe toujours dans le monde (mais pas en France) des centrales en activité dont les réacteurs ne disposent pas d’une enceinte de confinement (c’est le cas des réacteurs de type RBMK comme ceux de la centrale nucléaire de Tchernobyl).

Typologie et conséquences d’un accident nucléaire grave[modifier | modifier le code]

Au-delà de la probabilité de survenance d’un accident nucléaire grave, le débat porte aussi sur ses conséquences. Elles peuvent être humaines, économiques, sociales, sanitaires, géopolitiques, écologiques. Elles sont potentiellement considérables, voire catastrophiques[21]. Les accident graves ou « majeurs » sont qualifiés - pour les cas extrêmes - de "Big Ones" par Cummins et ses collègues en 2002[22] ou de « Super-cat » (super-catastrophe) par Erwan Michel-Kerjan (Université de Pennsylvanie) et Nathalie de Marcellis-Warin (École Polytechnique de Montreal and Cirano, Canada)[23]. Ils sont dans ces derniers cas non-assurables[24],[25] ou nécessiteraient de puissants partenariats public-privés (PPP) assurantiels[23].

Un accident majeur pourrait aussi résulter d'un enchainement de petites erreurs ou de circonstances défavorables ou aggravantes. pour cette raison, en France, l'inspecteur général de la sûreté nucléaire rappelait en 2005 que « même si, en regard d’autres industries, nos activités nucléaires sont sûres et les marges importantes, nous devons faire preuve d’une vigilance encore plus forte qu’ailleurs en raison des risques potentiels »[26].

Trois types principaux d'accident grave sont possibles sur les centrales nucléaires :

  • Le feu de sodium, dans les réacteur à neutrons rapides (rares) refroidies au sodium liquide (ex : Superphénix en France, fermé ou le réacteur Monju de la Centrale nucléaire de Tsuruga au Japon).
  • les accidents de refroidissement (de réacteur ou de piscine). Ils sont à cinétique plutôt lente (le combustible fond plusieurs heures après l'arrêt de la réaction nucléaire faute d'un refroidissement suffisant (à la suite d'une panne du système de refroidissement du combustible ou à un manque d'eau par exemple). Le déroulement peut être plus rapide voire assez brutal en cas de vidange accidentelle rapide du réacteur (ou de la piscine de stockage, à la suite d'une rupture d'intégrité des tuyauteries[27] ou cuvelages dans le cas d'un tremblement de terre de très forte intensité par exemple) ;
  • les accidents de réactivité[28], à cinétique plus rapide, où la réaction nucléaire s'emballe et conduit à une production massive d'énergie dans le cœur du réacteur. Cette énergie peut conduire à la fusion du combustible et par suite à une perte de radionucléides toxiques et radioactifs dans le circuit primaire.

Dans les deux derniers cas, en cas de mise à l'air du combustible, un scénario redouté est celui de formation massive d'hydrogène par hydrolyse de l'eau à haute température et sous l'effet des rayonnements α, β et γ (phénomène dit de « radiolyse[29] »), catalysée en condition humide par des réactions chimiques entre le métal des gaines du combustible et l'eau)[29]. Par la suite, l'enceinte du réacteur peut être endommagée par une explosion d'hydrogène, ou à cause d'une explosion vapeur due à l'interaction entre le combustible fondu et l'eau.

Sur les réacteurs les plus récents le danger de voir un accident de réactivité conduire à une explosion du réacteur (comme à Tchernobyl), est maintenant jugé improbable ; ces réacteurs intégrant des mesures actives et passives de sécurité, des avaries techniques ne suffiraient plus à conduire à ce type d'accident, il faudrait cumuler un non-respect complet des procédures de conduite et la désactivation de nombreuses sécurités.
Reste le risque de fusion du cœur avec rupture de l'enceinte de confinement (que l'origine de la fusion soit un accident de refroidissement ou un accident de réactivité). La probabilité d'un tel accident est jugée faible, mais ses conséquence sont potentiellement graves :

  • Risque important d'exposition, tout particulièrement de contamination interne, des populations avoisinantes (inhalation ou ingestion de produits contaminés) ;
  • Contamination durable de l'environnement et, en particulier, de l'eau, et des sols et des cultures vivrières et élevages ou gibiers.

L'ampleur géographique de ces conséquences, qui dépend fortement des conditions météorologiques, d'effets de cumul de plusieurs accidents, des contre-mesures mises en œuvres ou encore de l'éloignement des centres d'habitation, fait largement débat entre les acteurs du nucléaire et leurs opposants :

  • les acteurs de l'industrie nucléaire considèrent généralement que la zone significativement impactée par un accident de ce type serait probablement de l'ordre de quelques dizaines de kilomètres de rayon ;
  • les anti-nucléaires vont jusqu'à considérer que certains accidents majeurs pourraient rendre inhabitables des zones géographiques de la taille d’un pays, et que les risques de dispersion puis de reconcentration par la chaine alimentaire de radionucléides sont importants.

Synthèse des opinions les plus tranchées en matière d’analyse du risque d’accident grave[modifier | modifier le code]

L'argument principal des pro-nucléaires en matière de risque majeur est que l’industrie nucléaire intègre des normes de sécurité[30] assez sévères pour rendre la probabilité de survenance d’un accident grave suffisamment faible pour que le risque soit acceptable. De plus, les progrès technologiques futurs devraient permettre de réduire encore plus le risque à l’avenir. Ils estiment que parmi tous les risques existants (dont les catastrophes naturelles), le nucléaire est un risque plutôt mineur ou acceptable.

Les opposants au nucléaire font valoir qu'il s'agit d'un risque de trop pris par l'homme alors que selon eux des alternatives techniques existent. Ils estiment que la question des déchets nucléaires n'est pas réglée et pose des risques inacceptables pour les générations futures et l'environnement, et que le risque zéro d'accident majeur n'existe pas dans ce domaine. Pour eux, si la probabilité d'accident majeur semble relativement faible, elle est quasiment certaine sur une période suffisamment longue, avec - quand l'accident survient - des conséquences potentielles d'une ampleur telle qu’elles deviennent inacceptables. Or, dans le domaine du risque majeur, « pour apprécier la gravité d’un risque, c’est la gravité potentielle des conséquences de l’accident qui doit être la référence et non pas le taux d’occurrence probable car un risque à probabilité d'occurrence faible peut être de grande ampleur par ses conséquences »[31].
Ils font aussi remarquer que le risque nucléaire majeur ne peut être couvert par le système existant d'assurance spécialisée (Assuratome, groupement d'assureurs et réassureurs créé en 1957 pour former un fonds mondial commun de coréassurance pour le domaine du nucléaire civil et pacifique.

Du point de vue comptable et prospectif de la gestion du risque, un principe de base de la comptabilité générale est - par prudence économique- qu'une entité ne doit pas transférer sur le futur les incertitudes présentes susceptibles de grever son patrimoine et son résultat économique[32]. Or, l'information relative au risque nucléaire dans la comptabilité industrielle et dans celle des États (nucléarisés ou non) présente des failles car « tout risque dont la probabilité de survenance est trop incertaine n'apparaît pas dans les traitements comptables »[14] et aucun des trois modes existant de traitement comptable du risque ne sont adaptés au risque majeur : Ni la provision[33] (telle qu'actuellement conçue), ni le « passif éventuel[34] » ni-même l'assurance et le système réassuranciel partagé ne sont capables de prendre en compte toutes les dimensions des risques faibles de lourdes pertes (ou risques extrêmes, qui ne sont d'ailleurs pas couverts par les assurances)[14], notamment en raison des incertitudes quant à l'expression du risque dans l'espace et le temps[14], des plafonds de couverture et clauses d'exemptions prévus par les assurances, et de l'importance géographique et potentiellement transgénérationnelle des dommages. La provision et un système assurantiel solidaire (Assuratome) sont les solutions actuellement retenues, mais qui se sont déjà avérées insuffisantes dans le cas de Tchernoybl entre 1986 et 2011 (Cf. par exemple les difficultés à financer les sarcophages 1 et 2) puis de Fukushima en 2011).

Les accidents nucléaires au cœur du débat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des accidents nucléaires.

Un accident nucléaire se produit lorsqu'au moins un de ces trois domaines n'est pas maîtrisé :

  • maîtrise de la réactivité : Tokai Mura, Tchernobyl
  • maîtrise du confinement : Tchernobyl, Fukushima
  • maîtrise du refroidissement : Three Mile Island, Fukushima

Les accidents les plus fréquemment mis en avant sont :

  • la catastrophe de Tchernobyl en 1986, qui illustre les conséquences d’un accident majeur. Les opposants à l’énergie nucléaire mettent notamment en avant le fait que le vieillissement des installations conduit à une augmentation du risque d’accident grave. Les concepteurs et exploitants de réacteurs nucléaires pointent quant à eux la conception des RBMK (notamment réacteur non-stable et absence d'enceinte de confinement) qui est largement différente de celle des réacteurs occidentaux en service à l'époque REP, REB et CANDU. L'ampleur de cette catastrophe est liée au défaut de formation des opérateurs et intervenants: manque de culture de sûreté, non-respect des procédures d'exploitation et des règles élémentaires de sûreté, moyens d'intervention et organisation de crise[36]

On avance souvent que c'est la présence d'une enceinte de confinement à TMI qui a fait toute la différence en ce qui concerne les conséquences sanitaires de ces accidents. Il s'agit toutefois d'accidents très différents tant par leurs causes, leurs conséquences sur l'environnement ou par la manière dont ils ont été gérés :

  • à TMI et à Fukushima les cœurs ont fondu, faute d'eau de refroidissement, après arrêt de la réaction nucléaire (maîtrise du refroidissement) ;
  • de plus à Fukushima,
- sachant qu'historiquement les tsunamis de cette ampleur sur la côte pacifique du Japon ne sont pas rares (voir article wikipedia sur les tsunamis), la protection de la centrale contre de tels tsunamis était sous-estimée[37],[38] (maîtrise du refroidissement),
- afin de maintenir l'intégrité globale des caissons de confinement insuffisamment résistants[39], les dépressurisations volontaires de ces caissons ont eu pour conséquences des rejets conséquents (maîtrise du confinement) et les explosions des superstructures des bâtiments réacteurs dues à l'hydrogène rejeté sous les toits dans un espace confiné.
- ensuite les refroidissements des cœurs en circuit ouvert ont entraîné d'autres rejets importants d'eau radioactive en mer (maîtrise du confinement).
  • à Tchernobyl un emballement de la réaction nucléaire d'un réacteur instable, consécutif à un essai non maitrisé par manque de culture sûreté[40], a conduit à une explosion (maîtrise de la réactivité et du confinement). Il n'est d'ailleurs pas certain qu'une enceinte de confinement autour du réacteur de Tchernobyl aurait pu résister à la puissance de l'explosion.

Une autre possibilité d'accident est liée au transport du combustible nucléaire neuf ou usagé. Il se fait par camion ou train et le simple risque d'un accident de la route ne peut (ou ne doit) pas être négligé.

Risques liés à l’impact des installations nucléaires en fonctionnement normal[modifier | modifier le code]

Risques liés aux rejets radioactifs des installations nucléaires[modifier | modifier le code]

Les centrales nucléaires et plus généralement la plupart des installations nucléaires, réalisent en fonctionnement normal des rejets radioactifs atmosphériques et liquides dans l'environnement. Ces rejets entrainent donc une exposition radiologique de la population. En France, ils font à ce tire l'objet :

  • d'un processus d'autorisation auprès de l'ASN, au cours duquel l'impact de ces rejets sur la population est évalué ;
  • d'une comptabilisation permanente par les exploitants (avec des contrôles ponctuels réalisés par l'IRSN).

On[Qui ?] estime qu'en France l'exposition moyenne due aux installations nucléaires est de 0,01 mSv[réf. nécessaire], pour une exposition totale d'environ 3 mSv en moyenne (exposition naturelle, médicale et artificielle).

Risques liés à l’extraction du minerai[modifier | modifier le code]

Les mines d’uranium françaises sont toutes fermées aujourd’hui. 55 millions de tonnes des résidus d’exploitation, considérés non dangereux, ont été laissés sur place[réf. nécessaire]. De faible activité, leur important volume induirait pourtant des risques : dégagement de radon, dissémination de radium emporté par l’eau de pluie pouvant polluer des rivières et se concentrer dans les végétaux [citation nécessaire]. La CRIIRAD dénonce la contamination des eaux potables et la dispersion de ferrailles contaminées par les mines exploitées, dans plusieurs régions françaises[43], et au Niger, d’où provient une partie de l’uranium utilisé en France[44].

Risque de légionellose[modifier | modifier le code]

D’après un rapport de l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire et du travail)[réf. nécessaire] les riverains de quinze centrales nucléaires françaises seraient menacés de légionellose dans un rayon de 20 km autour de celles-ci. Des niveaux importants auraient été ponctuellement observés, dans l’eau des tours de refroidissement, mais EDF ayant droit à des taux 500 à 5 000 fois plus importants que les autres industries[réf. nécessaire], aucune mesure n’a été prise. Dans les autres pays européens, les normes sont les mêmes pour les centrales nucléaires et les autres industries[45].

Risques liés au refroidissement des centrales[modifier | modifier le code]

Pour assurer leur refroidissement, les installations nucléaires (comme les centrales thermiques à flamme) prélèvent puis rejettent de l’eau dans les rivières ou la mer. La chaleur affecte l’écosystème des rivières et des milieux marins. La réglementation française régissant le fonctionnement des centrales impose des limites aux rejets d’eau chaude et aux rejets chimiques. Selon le Réseau Sortir du nucléaire, lors de la canicule 2003, six centrales françaises ont rencontré des problèmes pour se conformer aux limites de température, et le réseau a pu répertorier trente journées où les rejets sont sortis de la limite règlementaire, malgré les dérogations exceptionnelles accordées cette année-là par l’Autorité de sûreté nucléaire (ces dépassements d'autorisation sont des "anomalies" de niveau 1 sur l'échelle INES, et sont en France publiés sur le site de l'ASN). Les antinucléaires critiquent vivement ces décisions, le Réseau Sortir du Nucléaire accuse EDF de « sacrifier l’environnement au profit de la production nucléaire[46] ».

Les canicules de 2003 et de 2006 ont suscité des problèmes pour les centrales nucléaires dus au débit insuffisant des rivières lors de l’étiage : certains réacteurs ont dû fonctionner à bas régime, d’autres être arrêtés, l’eau manquant dans les rivières ou étant trop chaude (le faible débit des rivières ne permettant pas une dilution des rejets suffisante). Les rejets d’autres centrales ont dépassé les limites habituelles des règles environnementales et nécessité une dérogation aux normes accordée par l’ASN[47]. Lors de la canicule de 2003, EDF a tenté, sans succès, de refroidir un bâtiment réacteur de Fessenheim en l’arrosant[48].

Risques liés à la prolifération nucléaire et au terrorisme[modifier | modifier le code]

Risques de détournement du nucléaire civil au profit d’un armement nucléaire[modifier | modifier le code]

Une des missions de l'AIEA, depuis 1965[49], est de « repérer le détournement des matières fissiles et garantir l'application du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires »[50]. L'AIEA et son directeur ont à ce titre reçu en 2005 le Prix Nobel de la paix pour « l’AIEA sont récompensés « pour leurs efforts, visant à empêcher que l’énergie nucléaire soit utilisée à des fins militaires » »[51]. Les accords de garanties de l'AIEA visent explicitement non seulement les « matières fissiles » mais aussi toutes les « matières nucléaires » (définies comme « toute matière brute ou tout produit fissile spécial[52] tels qu'ils sont définis à l'article XX du Statut de l'AIEA ». Les accords de garanties généralisées contiennent des possibilités dérogatoires reconnaissant aux États le droit d'affecter des matières nucléaires à des « applications militaires non interdites » basées sur les propriétés fissiles de ces matières[53]. Certains États ont demandée la levée des garanties afférentes à l'uranium naturel ou appauvri utilisé pour la production de céramiques[54] ou émaux, par exemple, ou comme catalyseur en pétrochimie, de même que les garanties concernant l'uranium appauvri utilisé comme ballast dans les aéronefs[54] ou coques ou quilles les bateaux[54] et, sur un plan militaire, dans certains projectiles perforants anti-blindages[54].
L'AIEA distingue ; 1) les matières nucléaires « directement utilisables » pour fabriquer des armes et autres dispositifs explosifs nucléaires sans retraitement ni enrichissement supplémentaire ; ce sont plutonium, excepté celui qui contient 80 % ou plus de plutonium 238, l'uranium contenant 20 % ou plus d'uranium 235, ainsi que l'uranium 233[54]. 2) les matières « utilisables indirectement » qui nécessitent d'être irradiées ou enrichies pour être utilisables dans une arme nucléaire[54]. 3) les « matières nucléaires séparées directement utilisables » qui sont des matières nucléaires d'emploi direct ayant été séparées des produits de fission, ce qui leur permet d'être utilisée pour faire des armes avec traitement bien plus léger et rapide que si ces matières étaient encore mélangées à des produits de fission hautement radioactifs[54].

  • Bien que les réacteurs civils utilisent de l’uranium faiblement enrichi à moins de 5 % en 235U, les installations de production du combustible (notamment d’enrichissement de l'uranium) pourraient en effet, avec des développements spécifiques être utilisées pour fabriquer de l’uranium propre à un usage militaire (>90 % en 235U). L'AIEA précise que « plus de 80 % des travaux de séparation nécessaires pour produire de l'uranium contenant l'isotope 235 en concentration égale ou supérieure à 90 % servent à passer du niveau observé à l'état naturel (0,71 % d'uranium 235) à un enrichissement d'environ 4 %. La taille de l'installation haut de gamme nécessaire pour atteindre des niveaux élevés en partant de 4 % est beaucoup plus petite que s'il fallait partir de l'uranium naturel »[54].
  • le plutonium produit dans les réacteurs électrogènes pourrait être utilisé dans la fabrication d’une bombe après traitement du combustible irradié. Cependant, la composition isotopique du plutonium contenu dans le combustible irradié n’est pas compatible avec une utilisation militaire et demande des traitements supplémentaires.

Le développement des explosifs atomiques a historiquement précédé le développement de l’industrie nucléaire civile. Il qui n’est donc pas absolument nécessaire à un programme militaire.

Certains pays hautement industrialisés disposent de programme civils avancés et pourraient produire des ogives nucléaires en quelques mois [réf. nécessaire] ; c’est le cas notamment de l’Afrique du Sud ou du Japon. Ces pays s'inscrivent dans le système des accords garanties de l'AIEA[55], tous fondés sur le document INFCIRC/153, « « Structure et contenu des accords à conclure entre l'Agence et les États dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires »[56] ». C'est-à-dire qu'ils se livrent volontairement à la surveillance de l'AIEA, selon 3 types possibles d'accord de garanties, plus ou moins exigeant par les engagements souscrits par les États, par la portée des activités et en matière d'obligations de vérification de la part des inspecteurs de l'AIEA[54]. Un protocole additionnel à l'accord (aux accords) est possible entre un État (des États) et l'Agence internationale de l'énergie atomique relatif(s) à l'application des garanties[57].

Bombe radiologique[modifier | modifier le code]

Des matières radioactives pourraient être détournées et utilisées avec des explosifs classiques pour fabriquer une bombe radiologique. En 1996, une capsule de césium associée à de la dynamite est retrouvée dans un parc de Moscou sur les indications de rebelles islamiques de la république séparatiste de Tchétchénie[58],[59]. Le risque de détournement de matières radioactives concerne le cycle du combustible nucléaire mais également les autres stocks civils comme les hôpitaux, où des produits radioactifs sont utilisés à des fins de diagnostic ou de traitement, notamment en médecine nucléaire et en cancérologie (curiethérapie). Par ailleurs, des stocks de matière fissibles se déplacent sur le territoire français en camion ou en train[60]. Il y a donc un risque de vol de matières fissiles non négligeable.

Attaques contre des sites nucléaires[modifier | modifier le code]

Des centrales nucléaires ou autres installations nucléaires de bases pourraient faire l’objet d’attaques terroristes, ce qui pose des problèmes. L’enceinte de confinement des réacteurs nucléaires occidentaux actuels n’est pas conçue pour résister à l’impact d’un avion commercial gros porteur.

Une polémique oppose le Réseau Sortir du nucléaire aux entreprises nucléaires EDF et Areva, ainsi qu’aux autorités françaises, à propos du projet de nouveau réacteur nucléaire EPR. Selon l’organisation antinucléaire, un document « confidentiel défense » issu d’EDF reconnait la vulnérabilité de l’EPR face à un crash suicide. Selon Areva et le gouvernement français, l’EPR « a été adapté à la chute éventuelle d’un avion de ligne »[61].

Risques pour la démocratie[modifier | modifier le code]

En 1968, des critiques de l’industrie nucléaire mettent en avant des risques supposés pour la démocratie[62]. Ces organisations soutiennent que la gestion du combustible et des déchets, ainsi que la surveillance des centrales, notamment dans le but de réduire les risques terroristes, nécessiterait des forces de police incompatibles avec les libertés démocratiques.

En France, depuis 1973 existe une instance dédiée à l’information du public : le Conseil supérieur de la sûreté et de l’information nucléaires (CSSIN), remplacé en 2008 par le Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN)[63]. Cet organisme consultatif regroupe des représentants élus du peuple (parlementaires), des experts, des représentants de l’industrie nucléaire et de l'administration ainsi que des représentants d’organisations syndicales et d’associations de protection de l’environnement[64].

Le nucléaire civil français est une émanation directe des structures du nucléaire militaire, par l'intermédiaire du CEA, dont l'un des administrateurs à l'époque de la création de la filière EDF, Pierre Guillaumat, affirmait en 1986 : « il n'y a pas eu de bifurcation entre le civil et le militaire »[65]. La création et le développement de l'industrie civile nucléaire n'ont fait l'objet d'aucune discussion devant le pouvoir législatif et encore moins d'une consultation populaire[66].

La sûreté nucléaire[modifier | modifier le code]

La sûreté nucléaire recouvre la prévention des accidents et la limitation de leurs conséquences. D’une manière plus générale, c’est l’ensemble des dispositions prises à tous les stades de la conception, de la construction, du fonctionnement et de l’arrêt définitif pour assurer la protection des travailleurs, de la population et de l’environnement contre les effets des rayonnements ionisants. Certaines notions sont soit communes aux installations industrielles à risque, comme la notion de culture de sûreté, soit liées à des caractéristiques particulières du fonctionnement d’un réacteur nucléaire.

La sûreté du réacteur est obtenue si l’on maîtrise parfaitement trois fonctions de sûreté : le contrôle de la réaction en chaîne, le refroidissement du combustible et le confinement de la radioactivité.

À l’inverse, toute défaillance concernant l’une de ces trois fonctions de sûreté peut se traduire par un incident ou par un accident aux conséquences plus ou moins graves. La recherche de la meilleure sûreté possible lors de la conception d’une centrale nucléaire a conduit à mettre au point des méthodes d’analyse qui guident les concepteurs dans leurs choix et font appel à un vocabulaire très spécifique : on doit étudier des conditions de fonctionnement bien définies, qui vont du fonctionnement normal aux incidents et aux accidents peu fréquents ou limitatifs ou encore des agressions externes qu’elle doit pouvoir supporter, telles qu’un tremblement de terre, une inondation ou une chute d’avion. Dans le travail d’analyse, on cherche à éviter les défauts de mode commun, on applique le principe du critère de défaillance unique, ou encore, pour faciliter la conduite de l’installation en situation accidentelle très dégradée, on développe l’approche par états, pour ne prendre que quelques exemples de la terminologie employée dans ce domaine. De plus, le concept de défense en profondeur, dont la mise en œuvre s'est généralisée, est pour beaucoup dans les progrès enregistrés depuis plusieurs décennies sur le plan de la sûreté nucléaire.

Principes fondamentaux[modifier | modifier le code]

La sûreté nucléaire couvre l’ensemble des dispositions techniques et d’organisation prises à tous les stades de la conception, de la construction, du fonctionnement et de l’arrêt d’installations nucléaires pour en assurer un fonctionnement normal, prévenir les accidents et en éliminer les conséquences pour la santé et l’environnement. Dans le domaine nucléaire, la sûreté a toujours été une préoccupation essentielle du monde scientifique et des industriels. Le nucléaire et l’aviation sont des exemples uniques de la technologie du monde occidental où la sûreté a joué un rôle prépondérant depuis le début de leur développement. Les progrès technologiques, la qualification et la formation du personnel, les mesures de gestion des accidents et une efficacité règlementaire renforcée ont permis de réduire les risques et les probabilités d’accidents nucléaires.

Défense en profondeur[modifier | modifier le code]

Dans son principe, la défense en profondeur consiste à prévoir la mitigation d'un risque, même faible, lorsque les conséquences sont inacceptables.
Dans l'industrie nucléaire, la défense en profondeur prévoit notamment l'application du "critère de défaillance unique". Ce critère impose que lors d'une étude d'un scénario accidentelle, le concepteur doit systématiquement tenir compte de la défaillance du principal organe ou moyen qui aurait pu y faire face. C'est pour cela que tout dispositif de sécurité est au moins doublé, voire plus. Lors de ses études le concepteur doit notamment faire la chasse à tous les "modes communs" envisageables (avoir deux diesels générateurs de secours, mais de même technologie, donc pouvant avoir des défauts de construction commun par exemple). Le tremblement de terre étant par définition un "mode commun" en termes de conséquence sur la centrale (il s'applique systématiquement à toute la centrale), sa prise en compte est particulièrement sensible.
La défense en profondeur prévoit notamment la présence de re-combinateur d'hydrogène dans le bâtiment réacteur, ou plus récemment sur les EPR, la mise en place d'un "récupérateur de corium".

Plusieurs barrières[modifier | modifier le code]

Maîtrise des fonctions de sûreté[modifier | modifier le code]

Le contrôle de la réaction en chaîne[modifier | modifier le code]

Le refroidissement du combustible[modifier | modifier le code]

Cela signifie évacuer efficacement la chaleur qui se dégage du combustible.

Le confinement de la réactivité[modifier | modifier le code]

Cela consiste à empêcher la dispersion de produits radioactifs : produits d’activation et produits de fission. L'activité est très faible comparée à celle des produits de fission concentrés dans les crayons combustibles. Il s'agit donc avant tout de se prémunir d'une dispersion accidentelle de ces produits de fission : c’est l’objectif de base de la sûreté. Pour cela, la méthode consiste à surveiller très étroitement les trois enveloppes successives qu’on appelle les trois barrières : la gaine du combustible, le circuit primaire et l’enceinte de confinement.

L’analyse de sûreté[modifier | modifier le code]

L’analyse de sûreté a pour objectif de confirmer que les bases de conception des éléments importants pour la sûreté sont adéquates.

Réglementation et acteurs[modifier | modifier le code]

Au niveau de l’exploitant[modifier | modifier le code]

C’est l’exploitant qui est responsable de la sûreté de son installation car lui seul est à même de poser les gestes concrets qui influencent directement la sûreté. La sûreté est dès lors une priorité absolue pour les exploitants; en effet, une exploitation sûre garantit non seulement la protection du personnel, de la population et de l’environnement mais aussi le bon fonctionnement des installations à long terme.

Les autorités de sûreté et les organismes agréés[modifier | modifier le code]

Ce sont généralement des organismes administratifs indépendants rattachés à un ministère du pays considéré, dont l’objectif est de veiller à ce que la population et l’environnement soient protégés d’une manière efficace contre le danger des rayonnements ionisants.
Exemples d'autorités de sûreté nucléaire de différents pays : l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) pour la Belgique, la Commission Canadienne de Sûreté Nucléaire (CCSN) pour le Canada, l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) pour la France, l'Inspection Fédérale de la Sécurité Nucléaire (IFSN) pour la Suisse, etc.

Au niveau international[modifier | modifier le code]

Les différents acteurs du nucléaire se regroupent au sein d'instances internationales comme l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA/IAEA), l’Agence pour l'énergie nucléaire (AEN), l'Association nucléaire mondiale (ANM/WNA), l'Association mondiale des exploitants nucléaires (WANO). Les autorités de sûreté nucléaire ont par ailleurs des groupements spécifiques : l'Association des autorités de sûreté nucléaire des pays d’Europe de l’Ouest (WENRA), le Groupement européen des autorités de sûreté nucléaire (ENSREG) et l'Association internationale des autorités de sûreté nucléaire (INRA).

Les ressources fissibles[modifier | modifier le code]

Évaluation des ressources[modifier | modifier le code]

D’après l’OCDE-AEN (livre rouge), les ressources minières en uranium répertoriées aujourd’hui dépassent un total de 17 millions de tonnes. Soit 300 ans de consommation actuelle, à des conditions d’accès toutefois très différentes. Les réserves de minerai à coût d’exploitation inférieur à 40 $ le kilogramme sont suffisantes pour 30 ans (60 ans pour moins de 80 $ le kg). Enfin, la généralisation de la technologie des réacteurs à neutrons rapides (moins consommateur d’uranium) permettrait de multiplier la durée de vie prévisionnelle des réserves par un facteur 50 (soit de 60 ans à 3 000 ans de consommation au rythme actuel). (sources???)

Toujours d’après l’OCDE-AEN, l’exploitation des ressources non conventionnelles (phosphates, eau de mer) permettrait de multiplier les réserves par 100.

En 2003, l’extraction minière de l’uranium couvre environ la moitié des besoins de l’industrie. La fourniture d’uranium est en effet assurée pour une autre moitié par des sources secondaires : stocks d’uranium militaire surnuméraires par rapport aux besoins (États-Unis et Fédération de Russie), uranium et plutonium de retraitement[67].

D’autre part, l’apparition du concept de « développement durable » dans le débat sur l’écologie et le réchauffement climatique amène à s’interroger sur la place de la filière nucléaire. L’énergie nucléaire, bien que non émettrice de CO2, est non renouvelable, mais l’évaluation de la durée prévisionnelle de consommation des ressources est sujette à débat car elle dépend des techniques mises en œuvre (par exemple la surgénération) mais aussi du niveau de la demande, qui pourrait changer de manière importante selon que la filière nucléaire se développe ou, au contraire, décline.

Approvisionnement et indépendance énergétique[modifier | modifier le code]

Provenance des approvisionnements[modifier | modifier le code]

L’approvisionnement en uranium provient de zones géographiques diversifiées (Canada, Afrique, Australie, Asie), politiquement plus stables que certains pays exportateurs de pétrole, comme ceux du Moyen-Orient. Selon le ministère français de l’Économie, cette stabilité constitue une garantie quant à la sécurité d’approvisionnement. Des réserves d’uranium supplémentaires existent en France; elles ne sont pas exploitées aujourd’hui parce que non rentables dans les conditions actuelles du marché de l’uranium naturel.[réf. nécessaire]

Les six premiers pays producteurs sont : le Canada (30 % du total), l’Australie (21 %), le Niger (8 %), la Namibie (7,5 %), l’Ouzbékistan (6 %) et la Russie (6 %).

Stocks de combustible[modifier | modifier le code]

La très haute densité énergétique des combustibles fissibles permet d’en stocker de grandes quantités et évite donc les problèmes de flux tendus présents dans l’approvisionnement en pétrole et en gaz naturel. Ainsi, même en cas d’instabilité ou de crise politique dans les pays exportateurs de combustible fissible, le stockage permet d’éviter une pénurie pendant une, voire plusieurs années.

Selon un document de Swissnuclear, la sécurité de l’approvisionnement en combustible est élevée, puisque « chaque centrale nucléaire peut faire de manière simple de grandes réserves, correspondant à plusieurs années de production[68] » ; par ailleurs, selon le CEA, le combustible reste plusieurs années dans le cœur des réacteurs[69]. Le cycle du combustible nucléaire de son extraction à sa vitrification en déchet ultime est d'une quinzaine d'années. Un assemblage combustible étant brulé dans un réacteur pendant une période allant de 3 à 4 ans.

Indépendance énergétique[modifier | modifier le code]

Le taux d’indépendance énergétique est le rapport entre la production nationale d’énergies primaires (charbon, pétrole, gaz naturel, nucléaire, hydraulique, énergies renouvelables) et les disponibilités totales en énergies primaires, une année donnée. Ce taux peut se calculer pour chacun des grands types d’énergies ou globalement toutes énergies confondues. Un taux supérieur à 100 % (cas de l’électricité en France) traduit un excédent de la production nationale par rapport à la demande intérieure et donc un solde exportateur[70].

Selon les ressources des différents pays utilisant du combustible nucléaire, les matières fissiles sont domestiques (ressources minières propres, produits du traitement du combustible usé, emploi civil des matières militaires) ou importées.

Électricité

En France, bien que la totalité de l'uranium minier soit importée, l'électricité d'origine nucléaire est considérée comme une ressources indigène car environ 95 % de la valeur ajoutée est produite sur le territoire. Le coût du minerai ne représente ainsi qu'environ 5 % du coût total de la filière. Par comparaison, le gaz représente 70 % à 90 % du coût de l'électricité d'une centrale à gaz et le charbon 35 % à 45 % du coût de l'électricité d'une centrale au charbon[71]. Cette définition conduit donc à l'indépendance de la France pour la production d'électricité, ce qui n'empêche pas que la France soit importatrice nette à certaines périodes.

Total des énergies

L'énergie nucléaire fournit essentiellement de l'électricité, à défaut des autres emplois (chaleur, transport…). De ce fait, l'énergie nucléaire ne participe à l'indépendance énergétique globale d'un pays qu'à hauteur de la part de l'électricité dans l'énergie. Par exemple, pour la France, l'énergie nucléaire fournit 78,46 % de la production d’électricité en 2005, soit 42 % de la production d’énergie primaire. Or, actuellement, l’électricité ne représente que 23 % de l’énergie finale consommée en France (36,4 millions de tonnes d’équivalent pétrole, tep, sur 160,6 millions en 2005) et l’énergie nucléaire, seulement 17,78 %, selon les statistiques de la Direction générale de l’énergie et des matières premières de l’Observatoire de l’énergie (28,55 millions de tep sur 160,6 millions en 2005)[72]. L’Agence internationale de l’énergie a évalué la part du nucléaire dans la production d’énergie primaire à 41,6 % pour l’année 2004[73]. De fait, la facture énergétique française (hors coût du nucléaire) a augmenté de 24 % en 2004, de 35 % en 2005 et de 19 % en 2006, soit un doublement en 3 ans[74].

Les déchets radioactifs[modifier | modifier le code]

Schéma simplifié des flux de matières radioactives de la production électronucléaire

Problématique des déchets radioactifs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Déchet radioactif.

Les déchets radioactifs sont issus majoritairement de l’industrie électronucléaire. Comme les autres déchets industriels, les déchets radioactifs se caractérisent par un degré et une durée de nocivité. Parmi l’ensemble des déchets de la filière, la gestion des déchets à vie longue (de l’ordre du million d’années de durée de nocivité) fait particulièrement débat. Les principales interrogations portent sur la quantité de ces déchets, la possibilité technique et économique de les gérer sur le très long terme et les fondements éthiques sous-jacents à une réflexion affectant plusieurs générations. Concernant la controverse sur les quantité de déchets, Aréva annonce 96 % de recyclage du combustible. D'autre source disent que ces 96 % sont envoyés pour recyclage à l'étranger, principalement à Tomsk 7, en Russie. Seulement 15 à 20 % sont retournés en France pour la fabrication d’un nouveau combustible. Les 80-85 % restants étant stockés sur le site de Tomsk 7, dans des containers en surface.

Définitions des déchets radioactifs[modifier | modifier le code]

Définition qualitative[modifier | modifier le code]

Un déchet radioactif est une matière radioactive classifiée comme déchet. Cette classification repose sur des définitions légales. La prise en compte d’autres définitions conduit à évaluer différemment la quantité de déchets radioactifs. Par ailleurs, le mode de gestion du déchet a une influence sur la présentation des inventaires.

Selon Saida Enegstrom (SKB, Suède), « la définition des déchets nucléaires est tout autant scientifique que sociale et politique[75] ».

Les résidus miniers sont des matières faiblement radioactives issues de l’extraction d’uranium, de thorium mais aussi d’autres minerais contenant une faible proportion de radioéléments. Ces résidus sont réintégrés à l’environnement sur site, en comblant les excavations par exemple. Ce sont des déchets au sens où ils n’ont pas d’emploi subséquent. En revanche, leur catégorisation en tant que déchet radioactif dépend de leur activité résiduelle qui diffère selon le traitement subi par le minerai et le taux d’extraction des matières radioactives.

Les rejets radioactifs des centrales nucléaires ou des installations du cycle du combustible sont soumis à autorisation. Ces déchets sont gérés par dilution au sein de masses de fluide importantes : atmosphère pour les rejets gazeux, océan pour les rejets liquides. Ces matières n’étant pas accumulées mais évacuées au fur et à mesure de leur production, elles n’apparaissent pas dans les inventaires de déchets à gérer.

Les déchets de moyenne activité et à vie longue (MA-VL) sont des déchets d’activation. Ils ne comportent pas ou très peu de matières fissiles, de transuraniens ou de produits de fission. La notion de déchets de haute activité et à vie longue (HA-VL) est plus controversée. La définition légale en France renvoie à des matières radioactives qui n’ont pas d’emploi subséquent, qui ne sont pas valorisables. Ainsi, selon les pays et la stratégie de cycle mise en œuvre (traitement ou stockage direct), le combustible irradié fait ou non parti de l’inventaire des déchets HA-VL.

En France, le scénario privilégié en 2006 par EDF est le traitement de l’ensemble des matières valorisables, à court terme sous la forme de MOX et d’URE, à plus long terme dans des réacteurs nucléaires avancés soumis à R&D. Dans ce cadre, l’Andra produit l’inventaire des déchets à fin 2004.

Volume de déchets radioactifs à fin 2004 en m3 équivalent conditionné (France)[76]
Type de déchet Volume
HA 1 851
MA-VL 45 518
FA-VL 47 124
FMA-VC 793 726 (dont 695 048 stockés)
TFA 144 498 (dont 16 644 stockés)
Sans catégorie 589
Total 1 033 306 (dont 711 692 stockés)

D’autres scénarios sont cependant envisagés (par exemple par les opposants à l’énergie nucléaire). Dans ces scénarios alternatifs, l’application de la définition de déchet comme matière n’ayant pas d’emploi subséquent conduit à considérer d’autres matières radioactives comme déchet.

  • Le premier scénario envisagé est un traitement partiel des combustibles irradiés, voire l’arrêt du traitement. Dans ce cadre, tout ou partie des stocks de combustible irradié devient de facto un déchet.
  • L’autre principal scénario alternatif est « l’arrêt du nucléaire ». Ce scénario admet des variantes selon les activités arrêtées : nucléaire militaire (armement et propulsion), production électro-nucléaire, médecine nucléaire. Par ailleurs, d’autres activités non nucléaires produisent également des déchets radioactifs. Dans ce cadre, tout ou partie des stocks de matières radioactives valorisables devient de facto un déchet.

En France, l’inventaire de l’Andra évalue ces stocks (à fin 2004).

Volume de matières radioactives valorisables à fin 2004 (France)[76]
Type de matière Volume
Stock d’uranium appauvri issu des usines d’enrichissement 240 000 t
En-cours d’hexafluorure d’uranium dans les usines d’enrichissement 3 100 t
Combustible en utilisation dans les centrales EDF (tous types), en tonnes de métal lourd 4 955 t
Combustibles usés à l’oxyde d’uranium EDF en attente de traitement, en tonnes de métal lourd 10 700 t
Uranium de traitement enrichi (URE) 200 t
Mixtes Uranium - Plutonium (MOX) 700 t
Uranium de traitement (part française EDF, AREVA, CEA) 18 000 t
Combustible du réacteur Superphénix (part française) 75 t
Combustible du réacteur EL4 de Brennilis (propriété CEA et EDF) 49 t
Plutonium non irradié, d’origine électronucléaire ou recherche (part française) 48,8 t
Combustibles de recherche du CEA civil 63 t
Combustibles de la Défense 35 t
Thorium (stocks du CEA et de RHODIA) 33 300 t
Matières en suspension (stock de RHODIA) 19 585 t

Les matières utilisées pour la fabrication des armes ou au titre de stocks stratégiques sont couvertes par le secret-défense. Elles ne sont donc pas recensées dans l’inventaire français réalisé par l’Andra.

Le débat sur ces questions de définition des déchets radioactifs renvoie ainsi au débat plus général de l’avenir de la production électro-nucléaire, tant en termes de maintien de l’option nucléaire qu’en termes de choix de stratégie en cas de maintien de l’option nucléaire.

Quantité de déchets[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs comptabilités des déchets radioactifs. Il y a les déchets produits à ce jour, les déchets engagés ainsi que les déchets prévisibles. Les prévisions de volumes de déchets reposent alors sur la définition de différents scénarios (durée de vie des réacteurs, taux de combustion, pertes au cours du traitement…) que les différents acteurs du débat utilisent selon leurs propres modalités.

Par ailleurs, un point particulier est souvent mis en avant au cours du débat : il s’agit de la prise en compte du conditionnement des déchets dans les volumes indiqués. On peut ainsi distinguer plusieurs volumes : le déchet en lui-même, le colis de déchet avec sa matrice, le colis de déchet conditionné et jusqu’au colis de stockage (dans ce cadre) qui comprend éventuellement un sur-conteneur. Ces différentes définitions alimentent une certaine confusion dans le débat où chacun des acteurs emploie la définition qu’il estime la plus pertinente.

Gestion des déchets[modifier | modifier le code]

Les déchets de faible et moyenne activité ou à vie courte sont principalement stockés dans des centres de surface (ou en subsurface). Les débats portent essentiellement sur la sûreté de ces centres à court et long terme, sur la possibilité de contamination radioactive issue des déchets stockés.

Concernant les déchets à vie longue, les principales problématiques débattues reposent sur les modalités de gestion des déchets, la sûreté à long terme des différents modes de gestion et le financement.

Les différentes modalités de gestion de long terme identifiées en 2006 comprennent :

  • le stockage des déchets dans un milieu qui retarde le relâchement des radio-nucléides sur une échelle de temps compatible avec leur décroissance radioactive (sur le fond océanique tel que pratiqué par le passé ou en couche géologique profonde tel qu’envisagé en 2006),
  • l’entreposage des déchets en un milieu accessible à la surveillance, avec des possibilités de reprise des colis,
  • la transmutation des déchets afin de réduire leur durée ou leur degré de nocivité,
  • l’arrêt de la production des déchets par abandon des filières nucléaires militaires, électrogènes ou médicales.

En 2006, plusieurs pays ont décidé de la construction d’un centre de stockage en couche géologique profonde, tandis que d’autres poursuivent leurs études sur le sujet. Cette modalité de gestion amène à des oppositions locales, ainsi qu’à une opposition générale.

L'opposition locale est initiée par le syndrome « pas dans mon jardin » (Not In My Back Yard)[77],[78]. Cette tendance est notamment illustrée par les résultats d'un sondage réalisé par Ifop pour Les Verts en septembre 2005 : « L’opposition massive à une telle initiative (la présence d’un centre d’enfouissement des déchets nucléaires dans leur commune ou dans une commune proche) traduit la forte prégnance du précepte « not in my backyard » qui traverse l’ensemble des catégories de la population[79] ». Dans une seconde phase, cette opposition rejoint une opposition plus large. Au niveau politique, l’ensemble des bénéficiaires du centre de stockage (le pays par exemple) assure une redistribution préférentielle vers le lieu du stockage : ce sont les politiques d’accompagnement (économique, enseignement, scientifique). Ces politiques d’accompagnement sont parfois qualifiées de corruptives par les opposants au stockage géologique.

La structuration des oppositions locales en réseaux rejoint l’opposition générale (notamment des organisations anti-nucléaires nationales ou internationales) au sein d’une opposition de principe. À ce niveau, le débat s’appuie principalement sur la confrontation d’avis d’experts. C’est essentiellement un débat technique concernant les hypothèses et méthodologies de modélisation en lien avec les connaissances scientifiques, ainsi que l’évaluation du coût du stockage et son financement. Ce débat est ensuite instrumentalisé à destination de l’opinion publique, avec l’utilisation d’une vulgarisation des argumentations et une symbolique importante :

  • « À titre d’illustration, les colis de déchets correspondant à 40 ans de production des centrales actuelles pourront être entreposés dans […] l’équivalent d’un seul terrain de football »[80]
  • « Les manifestants sont arrivés sur le site derrière un canon napoléonien plus symbolique que dangereux. Car les militants sont pacifistes et aiment les symboles. Pour preuve, ces tombes construites sur le rond-point. [...] Un enterrement à grand renfort de sonnerie aux morts et de minutes de silence. [...] Des logos nucléaires peints à la chaux sur le bitume devant laisser une trace de leur mécontentement. »[81]

Enfin, il existe une distinction, parfois floue parfois marquée, entre les opposants au stockage géologique qui soutiennent de façon générale l’utilisation de l’énergie nucléaire (avec un mode de gestion des déchets à vie longue différent) et les opposants à l’énergie nucléaire qui s’opposent au principe du stockage géologique en tant que part du cycle du combustible nucléaire.

Aspects économiques de la gestion des déchets[modifier | modifier le code]

Deux principaux thèmes font débat au sein de la problématique économique liée à la gestion des déchets : l’évaluation du coût de la gestion des déchets (et sa prise en compte dans le coût de l’électricité nucléaire) et le financement pérenne de ce coût. Par ailleurs, les termes du débat sont relativement différents selon les catégories de déchet impliquées. En France, le financement de la gestion des déchets à vie longue devrait être supervisé par une commission créée à la suite de la loi du 28 juin 2006.

Autres thématiques du débat[modifier | modifier le code]

Impact de l’énergie nucléaire sur les émissions de gaz à effet de serre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : énergie et effet de serre.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont identifiées de manière assez consensuelle comme causes d’un réchauffement climatique global.

La production électro-nucléaire émet, selon un rapport[82] de l’Agence pour l’énergie nucléaire de l’OCDE, très peu de GES par rapport à la production d’énergie fossile, et en moyenne un peu moins que les énergies renouvelables :

  • Dans le monde, l’utilisation de centrales nucléaires permet d’abaisser de plus de 8 % les émissions de GES du secteur énergétique (17 % pour la seule électricité), par rapport à l’utilisation de centrales thermiques à flamme[82].
  • Pour les seuls pays de l’OCDE, l’économie réalisée représente près de 1,2 gigatonne (milliard de tonnes) de CO2 ou environ 10 % des émissions totales de CO2 imputables à la consommation d’énergie (les objectifs du protocole de Kyoto sont une réduction de 0,7 gigatonnes entre 1990 et 2008-2012)[82].

Ainsi, le développement de l'énergie nucléaire permettrait de participer à la réduction des émissions de GES. Selon un calcul théorique, remplacer toute la production actuelle d'énergie d'origine fossile par une production nucléaire dans les zones où cela serait raisonnablement envisageable permettrait une économie annuelle de 6,2 gigatonnes CO2 environ, soit 25 % à 30 % des émissions humaines de CO2 fossile[83] (la stabilisation du climat requiert, au niveau mondial, une réduction de l'ordre de 50 % des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050[84]).

Cependant, cela représenterait un développement considérable de la filière, y compris dans de nombreux pays ne disposant pas aujourd'hui de centrales nucléaires. Le nucléaire ne peut donc être qu'un élément de la réponse au changement climatique, mais non la réponse unique.

Voici quelques opinions de personnalités concernant l'impact du nucléaire sur le réchauffement climatique :

  • Patrick Moore considère cette source d’énergie comme la seule solution réaliste au problème du réchauffement climatique[85].
  • C’est également l’opinion du scientifique James Lovelock, inventeur des théories Gaïa[86].
  • L'astrophysicien Hubert Reeves suggère, au contraire, de délaisser le nucléaire pour les énergies renouvelables[87].
  • Jean-Marc Jancovici, bien que par ailleurs défenseur du nucléaire, juge que c'est seulement avec une très forte maîtrise de la consommation énergétique que le nucléaire est un des éléments de réponse appropriés au changement climatique[88] en tout cas plus que certaines énergies renouvelables comme l'éolien[89] ou l'énergie marine[90].
  • Stephen Tindale, secrétaire général jusqu’en 2005 de Greenpeace Grande-Bretagne, a changé d’opinion à la suite de nouvelles découvertes scientifiques montrant à quel point le changement climatique provient de l’utilisation d’agents énergétiques fossiles tels que le pétrole, le gaz et le charbon[91].

Une étude de l'American Chemical Society publiée en mars 2013 estime à "1,84 million, le nombre de vies humaines sauvées par l'énergie nucléaire, et à 64 gigatonnes (Gt), la réduction des rejets en équivalent CO2 (gaz à effet de serre), du seul fait que la pollution associée aux énergies fossiles a été évitée". De plus en se basant sur une projection des conséquences de Fukushima sur l'utilisation de l'énergie nucléaire, la même source indique "qu'au milieu de ce siècle c'est 0,42 à 7,04 millions de vies qui pourraient être sauvées et 80 à 240 Gt de rejets en équivalent CO2 qui pourraient être évités (en fonction de l'énergie de remplacement). En revanche, l'expansion à grande échelle de l'utilisation du gaz naturel n'atténuerait pas le problème du changement climatique et causerait beaucoup plus de décès que l'expansion de l'énergie nucléaire"[92].

Coût du nucléaire[modifier | modifier le code]

Coût de l'électricité selon les sources (nucléaire, charbon ou gaz) et selon différentes études. Pour des précisions, cf Cost of electricity by source.

Pour déterminer si le nucléaire est aujourd'hui bon marché il faudrait connaître tous les coûts liés tels que les montants investis au titre de la recherche et du traitement des déchets nucléaires, ainsi que les subventions de l'État visant à l'exportation de notre électricité, le coût du démantèlement nucléaire[93].

En France, entre 1946 et 1992, le nucléaire a bénéficié de plus de 90 % du financement de la recherche énergétique, selon le Réseau Sortir du nucléaire citant l'OCDE et l'ADEME[94][réf. nécessaire]. Depuis 1973, entre 350 et 400 milliards ont ainsi été investis[réf. nécessaire].

C'est à nuancer car le CEA, principal concerné, n'a jamais exclusivement travaillé dans le domaine de l'électro-nucléaire car poursuit divers types et domaines de recherche (fondamentale, médicale, militaire…). Par ailleurs il obtient une part de son budget de fonctionnement annuel par ses propres recettes (35 % en 2006)[8], notamment obtenues grâce à des brevets détenus.

Selon un ancien directeur de l'ADEME les investissements portant sur les énergies renouvelables pourraient en pâtir[95].

Selon un rapport de sénateurs du 18 juillet 2012, la facture moyenne d'électricité pour les ménages français devrait augmenter de 50 %, d'ici à 2020. Il en ressort que les coûts de l'électricité nucléaire française sont largement sous-évalués : en prenant en compte les travaux de maintenance post-Fukushima, le mégawattheure est porté à 54,2 euros (le prix actuel étant fixé à 42 euros). Si l'on y ajoute le coût du démantèlement, celui des assurances en cas de catastrophe et les frais de recherche, on arriverait à 75 euros le mégawattheure[96].

Accident nucléaire et assurance[modifier | modifier le code]

La spécificité des risques nucléaires (faible probabilité de survenance d'un sinistre mais extrême gravité possible) a conduit à placer celui-ci dans un cadre spécifique, visé par diverses conventions internationales ou lois nationales. Ainsi en Europe, les conventions de Vienne, Paris ou Bruxelles, et aux États-Unis le Price-Anderson Nuclear Industries Indemnity Act, ont bâti un système juridique spécifique au nucléaire. Les principales conséquences de ces conventions sont[97] :

  • Reconnaissance de la responsabilité objective (c'est-à-dire la responsabilité même en absence de faute) d'un intervenant unique, l'exploitant nucléaire.
  • Cette responsabilité est limitée dans les montants et la durée.
  • Au-delà de ces limites, ce sont les États ou des groupements d'États qui prennent le relais, mais pour des montants là aussi plafonnés. Les limitations de responsabilité sont différentes d'un pays à l'autre.

Dans beaucoup de pays, les entreprises nucléaires sont responsables des causes d'accidents sans aucune limite, c'est le cas par exemple du Japon.
Les niveaux de responsabilité varient aussi beaucoup d'un pays à l'autre en Europe. Elle est ainsi de 600 M€ environ en Suisse pour un parc de 3 centrales nucléaires et de 100 M€ pour un parc de 54 réacteurs[98].

Face à ces spécificités, les organisations anti-nucléaires pointent parfois l'insuffisance des montants garantis. Ces organisations soulignent également que le principe d'intervention des États dans le mode d'indemnisation fausse le coût réel de production de l'énergie nucléaire par rapport à une industrie classique qui aurait dû supporter l'intégralité de ses coûts d'assurance[99].

La différence entre les niveaux de couverture des exploitants de centrales et les évaluations de risque et dégâts potentiels peuvent, de l'avis de certains opposants, être assimilés à un défaut ou une exonération d'assurance et constituer un élément discriminatoire entre les différents sources d'énergies[100].

La police d'assurance de l'exploitant des centrales japonaises exclurait les dégâts liés à des tremblements de terre ou Tsunami[101].

Centralisation de la production[modifier | modifier le code]

La production d’énergie nucléaire est un système centralisé, ce qui d'après les opposants au nucléaire, poserait divers problèmes :

  • cette centralisation implique le transport de l’électricité par des dizaines de milliers de kilomètres de lignes THT[102] (Très haute tension) qui sont elles-mêmes vulnérables et qui sont dénoncées comme nuisant aux paysages. Il existe 254 000 pylônes de taille comprise entre 25 et 100 mètres de hauteur.
  • les opposants au nucléaire estiment que ce système est extrêmement vulnérable face aux évènements climatiques comme ce fut le cas lors de la tempête de décembre 1999[103].

Cependant, la taille des sites de production des autres filières énergétiques est du même ordre de grandeur. On trouve en effet couramment des centrales au charbon de 1 200[104] à 2 000 MW[105], des centrales au gaz de 800 MW[106], et enfin des fermes éoliennes de 1 000 MW[107].
En 2007, les centrales les plus importantes au monde, construites ou en projet, comprenaient Witbank (5400 MW, charbon[108]), Waigaqiao (4 800 MW, charbon), Niederauszem, (3 800 MW, charbon)[109].

Systèmes nucléaires futurs[modifier | modifier le code]

Deux axes majeurs visent à l'amélioration la performance du nucléaire.

Le premier concerne l'évolution des réacteurs actuels basés sur la fission, voir la classification des différentes générations de ce type de réacteurs et notamment des recherches sur la transmutation, devant permettre la construction de réacteurs dits « à neutrons rapides » ou « surgénérateurs ». Le principal avantage réside dans la diminution importante de la consommation d'uranium 235 remplacé partiellement par la consommation du plutonium produit dans les réacteurs REP et d'uranium 238, ce qui apporte un allongement considérable de la durée prévisionnelle d'exploitation des réserves d'uranium naturel. Le Japon a ouvert son premier surgénérateur commercial, fonctionnant au plutonium, en 1994[110], alors que la France a fermé le réacteur Superphénix par arrêté ministériel du 30 décembre 1998. La transmutation, bien que constituant une évolution technologique importante, n'apporte néanmoins aucune révolution sur les principes mis en œuvre pour la production d'énergie, les réacteurs à neutrons rapides s'appuyant toujours sur la fission nucléaire. L'intérêt aurait cependant été d'étudier la "consommation" des déchets (produits de fission) produits par les réacteurs REP.

L'autre axe qui est lui toujours dans le domaine de la recherche fondamentale, envisage un changement plus radical puisqu'il concerne le passage de la fission à la fusion nucléaire : au lieu de « casser » des atomes lourds en atomes plus légers, la fusion doit permettre de fusionner des atomes légers (de l'hydrogène) pour créer des atomes plus lourds (essentiellement de l'hélium), libérant au passage une énergie considérable, 3 à 4 fois plus importante que l'énergie libérée par la fission. La fusion est le mécanisme de production d'énergie utilisée par le soleil, ou au sein des bombes H. Les principaux avantages de la fusion résident dans un niveau de production d'énergie beaucoup plus élevé, mais aussi par le fait que le combustible (les atomes d'hydrogène) se trouve de manière abondante sur Terre (dans l'eau notamment).

Enfin, les pro-nucléaires avancent que la fusion devrait permettre de réduire considérablement les déchets dangereux en produisant essentiellement de l'hélium. Ce à quoi les opposants au nucléaire répondent que la fusion devrait également produire d'autres particules radioactives. Quoi qu'il en soit, la fusion nucléaire est encore très loin d'être une solution industrialisable (voir projet ITER). Les difficultés rencontrées sont principalement liées au fait que le processus de fusion, pour être initié et maintenu, nécessite des températures extrêmement élevées (de l'ordre de plusieurs dizaines de millions de degrés Celsius), ainsi que des dispositifs de confinement (notamment magnétiques) très élaborés.

Le nucléaire dans la politique énergétique de quelques pays[modifier | modifier le code]

Certains pays se sont détournés des centrales nucléaires, comme l’Allemagne, en 2001, qui a lancé un plan de fermeture de toutes les centrales nucléaires censé aboutir au plus tard en 2021.

La position « médiane » est celle du moratoire sur la construction de nouvelles centrales nucléaires. C’était par exemple le cas de la Suisse où plusieurs initiatives populaires visant à la fermeture pure et simple des centrales ont été successivement repoussées par la population. Récemment, par votation populaire, le moratoire n’a pas été prolongé.

Enfin, l’industrie nucléaire subit une reprise dans certains pays. Ainsi les États-Unis envisagent depuis 2006 de reprendre la construction de centrale, espérant sur une réduction de leur dépendance énergétique à l’égard du Moyen-Orient.

Durant l'année 2011 sept nouveaux réacteurs démarrèrent tandis que dix-neuf furent arrêtés[111].

Pays renonçant à la production d’énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

Plusieurs pays, majoritairement européens, ont abandonné la production d’énergie d'origine nucléaire depuis 1987, à la suite de la catastrophe de Tchernobyl. L’Australie, l’Autriche, le Danemark, la Grèce, l’Irlande et la Norvège, qui ne disposaient pas alors de centrales, proscrirent tout nouveau projet de construction. La Pologne a même arrêté la construction d’une centrale.

La Belgique, les Pays-Bas, l’Espagne et la Suède ont décidé de ne pas construire de nouvelle centrale, mais continuent d’exploiter les centrales existantes. L’Allemagne va encore plus loin en fermant volontairement des centrales avant leur date théorique de fin d’activité, dans le cadre d’un plan de « sortie du nucléaire » qui doit s’achever vers 2018 s’il n’est pas remis en cause entre temps.

Allemagne[modifier | modifier le code]

En 2000, le gouvernement allemand constitué du SPD et d’Alliance '90 / les Verts' a officiellement annoncé son intention d’arrêter l’exploitation de l’énergie nucléaire. Jürgen Trittin (parti écologiste), ministre de l’environnement, de la protection de la nature et de la sécurité nucléaire a conclu un accord avec les compagnies productrices d’énergie en vue de l’arrêt progressif des 19 centrales nucléaires allemandes avant 2020. En considérant qu’une centrale a une durée de vie de 32 ans, l’accord prévoit précisément combien d’énergie chaque centrale produira avant sa fermeture.

Les centrales de Stade et d’Obrigheim ont été arrêtées le 14 novembre 2003 et le 11 mai 2005 - le début du démantèlement est programmé pour 2007.

Les militants anti-nucléaires critiquent l’accord car considèrent qu’il s’agit d’une garantie d’utilisation planifiée des centrales plutôt que d’un réel arrêt du programme. Ils avancent que l’échéance est trop lointaine et critiquent le fait que le décret ne concerne pas l’utilisation du nucléaire à des fins scientifiques (comme dans le centre de München II) ni l’enrichissement de l’uranium (l’échéance de l’usine d’enrichissement de l’uranium de Gronau a été repoussée). De plus, la production de combustible nucléaire recyclé resta autorisée jusqu’à l’été 2005.

Le gouvernement allemand a décidé que les compagnies de productions d’énergie seraient dédommagées et aucune décision n’a été prise quant au stockage final des déchets nucléaires. Les opposants au nucléaire ont déclaré qu’une imposition plus importante et une politique adaptée auraient rendu possible un arrêt plus rapide[réf. nécessaire]. La décision de fermeture progressive des centrales nucléaires a toutefois abouti, moyennant des concessions sur des thèmes tels que la protection de la population lors du transport des déchets nucléaires à travers l’Allemagne, et malgré le désaccord du ministre de l’environnement sur ce point.

Cependant, les arguments pour l’arrêt progressif de l’énergie nucléaire ont encore été discutés en raison des prix croissants des combustibles fossiles. Pendant les élections fédérales de 2002, le candidat chancelier Edmund Stoiber de la CDU/CSU a promis d’annuler, s’il était élu, l’arrêt progressif. En 2005, Angela Merkel (CDU) avait annoncé qu’elle renégocierait une échéance avec les compagnies de production d’énergie.

Le programme des énergies renouvelables prévoit une taxe de financement. Le gouvernement, déclarant la protection du climat comme un objectif principal, a le projet de réduire de 25 % les rejets de CO2 dans l’atmosphère entre 1990 et 2005. En 1998, l’utilisation de l’énergie renouvelable était de l’ordre de 284 PJ (pétajoules, 284 mille milliards de joules, 79 milliards de kWh), ce qui correspond à 5 % de la demande totale d’énergie. Le gouvernement veut atteindre les 10 % en 2010.

Les opposants à ce programme d’arrêt du nucléaire prévoient une crise de l’énergie par l’absence de sources alternatives. Ils prévoient que seul le charbon pourrait pallier cette crise au prix d’énormes émissions de CO2, ou qu’il faudra importer des centrales nucléaires françaises ou de centrales à gaz russes. De plus, des coupures de courant seraient à prévoir lors des pics de forte demande et ce, dès 2012[112] malgré la baisse de consommation envisagée.

Australie[modifier | modifier le code]

L'Australie n'envisage pas de construire de centrale nucléaire. Pourtant, l'Australie possède parmi les plus grandes réserves d'uranium au monde. La presque totalité de l’uranium produit sur le sol australien, soit plus de 11 000 tonnes de yellowcake, est exportée principalement vers les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et la France. Cependant, elle ne vend pas d'uranium aux pays qui n'ont pas signé le traité de non prolifération[113].

Autriche[modifier | modifier le code]

Le 9 juillet 1997 le parlement autrichien adopta à l’unanimité le maintien de la politique nationale anti-nucléaire. En Autriche, la production d’électricité d’origine nucléaire est anticonstitutionnelle, néanmoins 6 % de la consommation provient du nucléaire grâce à l’importation[114].

Belgique[modifier | modifier le code]

La politique d’arrêt du nucléaire a été annoncée en juillet 1999 par la coalition au pouvoir à cette époque, formée par les partis libéraux, socialistes et écologistes. Cette coalition promulgue la Loi de sortie du nucléaire le 31 janvier 2003[115]. Cette loi prévoit la fermeture, si une alternative viable est possible, de chacun des sept réacteurs après 40 ans d'exploitation commerciale et interdit de construire de nouveaux réacteurs. Ces fermetures s'échelonneront entre 2015 et 2025. Toutefois, les discussions autour de l'énergie nucléaire ont été relancées à partir de 2006 et le 1er octobre 2009, Paul Magnette, ministre de l'Énergie, a proposé la prolongation de 10 ans les trois premières centrales nucléaires à la suite de la publication du rapport GEMIX du comité d'experts chargé de définir le futur mix énergétique[116].

Irlande[modifier | modifier le code]

En Irlande une centrale nucléaire a été proposée en 1968. Elle aurait dû être construite pendant les années 1970 à Carnsore Point dans le County Wexford. Le programme, qui prévoyait aussi 4 autres réacteurs, a été abandonné après une forte opposition des associations de protection de l’environnement. L’Irlande n’a donc jamais utilisé d’énergie nucléaire.

Italie[modifier | modifier le code]

L’Italie a choisi par voie référendaire en 1986, à la suite de la catastrophe de Tchernobyl, d’arrêter définitivement ses quatre réacteurs nucléaires, le dernier réacteur a été fermé en 1990. Cependant, l'Italie importe une grande partie de son électricité des pays voisins, dont la France et la Suisse, ce qui a rendu possible le gigantesque black-out qui l'a touchée le 28 septembre 2003[117],[118].
Le 10 juillet 2009, le Sénat italien a approuvé une loi qui met fin à l'embargo sur l'énergie nucléaire en vigueur depuis 1987. Le gouvernement de Silvio Berlusconi a ensuite décidé en 2010 de relancer le programme nucléaire italien. Le français EDF et l'italien Enel s’étaient en particulier alliés en 2009 pour construire quatre réacteurs EPR (mise en service prévue en 2018/2019). Les événements du Japon ont conduit le gouvernement italien à décréter un moratoire d’un an sur cette relance, avant que M. Berlusconi n'envisage de l'allonger à deux ans[119],[120].Dans un deuxième temps, le 19 avril, le Parlement italien inclut un amendement au décret-loi 34 dans la perspective de voter contre tout retour au nucléaire sur la péninsule, sans attendre le référendum prévu en juin sur la question[121].
Les résultats du référendum, maintenu les 12 et 13 juin 2011, sont sans appel : les Italiens ont choisi massivement (à environ 95 %, avec 56 % de participation) de renoncer définitivement au nucléaire, en disant non à la loi de juillet 2009 qui visait à réintroduire le nucléaire dans la politique énergétique[122].

Pays avec un moratoire sur la construction de nouvelles centrales[modifier | modifier le code]

Espagne[modifier | modifier le code]

En Espagne un moratoire a été adopté par le gouvernement socialiste de Felipe González en 1983 [réf. nécessaire]. Le parti socialiste de Zapatero, réélu en 2008, a annoncé dans son programme électoral la sortie progressive du nucléaire civil, les centrales arrivant à fin de terme devant être fermées dans la mesure où l'approvisionnement énergétique du pays demeurait garanti. Il devait se prononcer en juin 2009 sur la fermeture effective de la centrale de Garona, prévue pour 2011[123]. La centrale de Cabrera a été fermée en avril 2006.

Pays ayant eu un moratoire sur la construction de nouvelles centrales[modifier | modifier le code]

Suède[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Programme nucléaire de la Suède.

Un référendum a suivi en 1980 l'accident nucléaire de Three Mile Island survenu aux États-Unis en 1979. Il a été jugé partial car les trois réponses possibles conduisaient toutes plus ou moins à l’arrêt du nucléaire civil [réf. nécessaire]. Le parlement a fixé la date limite d’exploitation des centrales existantes à 2010. Après l’accident nucléaire de 1986 en Ukraine, la question de la sécurité nucléaire a été de nouveau discutée et l’arrêt des deux réacteurs de Barseback décidé, l’un en juillet 1998, l’autre avant juillet 2001. Le gouvernement suivant a essayé de relancer le programme nucléaire mais, à la suite de protestations, y a renoncé et décidé de repousser l’échéance à 2010. À Barseback, le premier réacteur a été fermé le 30 novembre 1999 et le second le 1er juin 2005.

L’arrêt de l’exploitation de la filière nucléaire a été très controversé en Suède où certains redoutaient qu’elle perde ainsi de sa compétitivité au niveau international. La production d’énergie des centrales nucléaires restantes a augmenté de manière considérable[réf. nécessaire] pour compenser l’abandon des réacteurs de Barseback. En 1998, le gouvernement a décidé de ne pas construire d’autres barrages hydroélectriques afin de préserver les ressources d’eau nationales [réf. nécessaire]. Malgré des recherches d’autres sources d’énergie, certains pensent peu probable que la Suède puisse stopper ses centrales nucléaires avant 2010 voire, d’après certaines études, 2050.[réf. nécessaire]

En mars 2005, un sondage d’opinion a montré que 83 % de la population était favorable à l’utilisation et au développement de l’utilisation de l’énergie nucléaire[réf. nécessaire]. Un autre sondage des voisins de Barseback a révélé que 94 % d’entre eux souhaitaient y rester[réf. nécessaire]. Des rapports ont révélé des fuites de césium faiblement et moyennement radioactif dans un centre de stockage de déchets, sans guère affecter l’opinion publique[réf. nécessaire].

En janvier 2007, Areva a remporté deux contrats portant sur la modernisation de la tranche 2 de la centrale d'Oskarshamn et l'extension de la durée de vie de la tranche 4 de la centrale de Ringhals[124].

En février 2009, le gouvernement de centre-droit, dirigé par le premier ministre conservateur Fredrik Reinfeldt, décida de lever le moratoire. Les dix réacteurs encore en activité assurent plus de 50 % de la production d'électricité du pays[125],[126].

Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse de nombreux référendums sur ce sujet commencèrent dès 1979 par une initiative populaire de « citoyens pour la sécurité nucléaire », qui a été rejetée. En 1984, un vote pour « un futur sans nouvelle centrale nucléaire » a été rejeté à 55 %.

Le 23 septembre 1990 deux référendums concernaient l’énergie nucléaire. L’initiative « arrêter la construction de nouvelles centrales nucléaires » qui proposait un moratoire à propos de la construction de nouvelles centrales nucléaires a été adoptée à 54,5 %. L’initiative d’un arrêt progressif des centrales nucléaires existantes a été rejetée à 53 %. En 2000, une « taxe verte » proposée pour le développement de l’énergie solaire a été rejetée à 67 %. Le 18 mai 2003 deux référendums : « Sortir du nucléaire - Pour un tournant dans le domaine de l’énergie et pour la désaffectation progressive des centrales nucléaires (Sortir du nucléaire) » proposant l’arrêt progressif de l’exploitation de la filière nucléaire, et « Moratoire-plus - Pour la prolongation du moratoire dans la construction de centrales nucléaires et la limitation du risque nucléaire (Moratoire-plus) » proposant l’extension du moratoire déjà adopté, ont tous deux été rejetés. Les résultats furent : « Sortir du nucléaire » 66,3 % non, et « Moratoire-plus » 58,4 % non.

Le programme « Sortir du nucléaire » proposait l’arrêt progressif de toutes les centrales nucléaires avant 2033 ; le programme « Moratoire-plus », quant à lui, proposait la prolongation du moratoire de 10 ans, ainsi que l’arrêt des réacteurs existants après 40 ans de fonctionnement. Le rejet du référendum « Moratoire-plus » a surpris, les sondages prévoyaient qu’il emporterait l’adhésion.

En 2005, la Suisse exploitait cinq réacteurs nucléaires (Beznau 1 et 2, Gösgen, Leibstadt, et Mühleberg) produisant près de 40 % de son électricité. Le reste provient de barrages hydroélectriques. Ces barrages hydroélectriques sont régulièrement réalimentés par pompage, la nuit, afin de profiter de l'énergie électrique des pays frontaliers comme la France par le biais de l'énergie nucléaire.

En février 2007, le Conseil Fédéral a clarifié la situation en maintenant l'option nucléaire, jugée «nécessaire[127] ».

Le 15 novembre 2010, l’Inspection Fédérale de la Sécurité Nucléaire (IFSN) a déclaré «adéquats» les trois sites proposés (Mühleberg (BE), Beznau (AG) et Gösgen (SO)) pour la construction de trois nouvelles centrales nucléaires en Suisse, le type de réacteur reste à choisir coréen, russe ou autre.

Pays construisant ou envisageant de construire de nouvelles centrales[modifier | modifier le code]

En janvier 2013, on compte 68 réacteurs nucléaires en construction dans le monde[128].

Algérie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Programme nucléaire de l'Algérie.

L'Algérie possède deux réacteurs de recherche, l'un de 1, l'autre de 15 MW ; elle envisage d'acquérir la technologie du nucléaire civil. Plusieurs accords pour l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques ont été signés.

Arabie saoudite[modifier | modifier le code]

L'Arabie saoudite envisage de construire 16 réacteurs nucléaires d'ici à 2030 (17 gigawatts) pour un coût total d'environ 100 milliards de dollars, avec une 1re centrale opérationnelle en 2020 et la construction des autres centrales s'échelonnant sur 9 à 11 ans[129].

Argentine[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de Nestor Kirchner a pris la décision, en 2007, de relancer l'énergie nucléaire en Argentine. En 2008, la présidente Cristina Kirchner a passé un accord de coopération nucléaire avec le Brésil, en 2008, qui comprend un volet d'enrichissement d'uranium et, éventuellement, un volet militaire. Un réacteur est en construction.

Angola[modifier | modifier le code]

L'Angola, qui possède des réserves d'uranium, envisage en 2007 de se doter de nucléaire civil[130].

Brésil[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Programme nucléaire du Brésil.

Le Brésil, qui possède d’importantes réserves de minerai d’uranium, envisage de terminer le réacteur Angra3, dont le chantier est arrêté depuis 1985 sur le site d’Angra dos Reis (près de Rio de Janeiro). Ce pays envisage par ailleurs un enrichissement de l'uranium domestique. Le président Lula a signé un accord de coopération nucléaire avec l'Argentine en 2008, qui comprend éventuellement un volet militaire.

Bulgarie[modifier | modifier le code]

Deux réacteurs VVER de 1000 MW chacun étaient en projet à Belene[131]. Le 28 mars 2012, le Premier ministre Boïko Borissov a annoncé que la Bulgarie renonçait au projet de centrale nucléaire à Béléné.

Conseil de Coopération du Golfe (CCG)[modifier | modifier le code]

Les pays arabes du golfe Persique prévoient d'aborder en 2009 la création de leur propre nucléaire civil[132]. Le CCG regroupe l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar, Bahreïn et le Sultanat d'Oman.

Chili[modifier | modifier le code]

La présidente chilienne, Michelle Bachelet, a annoncé étudier la viabilité de la construction d'une centrale nucléaire, dans les dix ou quinze prochaines années, comme nouvelle source d'énergie au Chili[133].

Chine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Programme nucléaire de la Chine.

La Chine doit faire face à une très forte augmentation de la demande en énergie, 23 centrales sont actuellement en construction et elle envisage la construction de 36 tranches nucléaires de 1 000 MW dans les 15 ans à venir. Cela portera à 4 % contre 2,1 % actuellement la part du nucléaire dans la consommation chinoise d’électricité. Pékin a passé des contrats de plusieurs milliards de dollars, portant sur des réacteurs de troisième génération, avec Areva d'un côté, et Westinghouse de l'autre. 16 réacteurs sont actuellement en construction, pour 11 en fonctionnement.

Corée du Sud[modifier | modifier le code]

La Corée du Sud possède 20 réacteurs en fonctionnement et 6 sont en construction.

Égypte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Programme nucléaire de l'Égypte.

Depuis les années 1960, l'Égypte a développé le centre de recherche nucléaire d'Anshas près du Caire.

En octobre 2007, le président Moubarak a annoncé la relance du programme nucléaire et un projet de construction de 5 centrales nucléaires civiles d'ici 2027.

Le 25 août 2010, il a confirmé que l'Égypte allait construire sa 1re centrale nucléaire civile à Al-Dabaa (à l'ouest d’Alexandrie). D'une puissance de 1000 MW, son coût est évalué à 4 milliards de dollars (avec une importante part locale)[134]. Elle devrait entrer en fonction en 2019, mais l'appel d'offre mondial initialement prévu fin 2010 n'est pas encore lancé[135]. Ce projet a suscité une forte opposition locale depuis sa naissance, et une vague de violence en janvier 2012[136].

Émirats arabes unis[modifier | modifier le code]

Fin 2009, les Émirats arabes unis ont attribué la construction de leur centrale nucléaire au Coréen Kepco[137]. Cette construction a débuté le 18 juillet 2012[138].

États-Unis[modifier | modifier le code]

Les États-Unis envisagent de relancer la construction de réacteurs, stoppée après l’accident de Three Mile Island (1979). Le programme nucléaire 2010 coordonne les efforts visant à construire de nouvelles centrales nucléaires et le programme de l’énergie laisse une grande place aux industries pétrolières et nucléaires.

Finlande[modifier | modifier le code]

La Finlande est en train de construire un EPR pour les besoins des industriels électro-intensifs (papetiers notamment)[139].

La construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires (type de réacteur non encore choisi) dont un sur le site de Loviisa, a été décidée par le Parlement finlandais (mise en service prévue vers 2020)[140].

France[modifier | modifier le code]

En France, le baromètre d’opinion sur l’énergie réalisé par le CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) pour le compte de l’Observatoire de l’énergie[141] vise à examiner régulièrement l'évolution des opinions sur les thématiques liées à l'énergie. Il prend la forme d'une enquête auprès d'un échantillon représentatif de 2005 personnes âgées de 18 ans et plus, sélectionnées selon la méthode des quotas. Les principaux résultats obtenus en janvier 2006 sont[142] :

  • « Le choix du nucléaire au service de l'électricité reste soutenu par une majorité relative de Français mais l'engouement des années 2003-2005 se restreint.
  • La production et le stockage des déchets radioactifs est l'inconvénient majeur du nucléaire et redevient central.
  • Une large majorité de Français souhaitent la poursuite de l'exportation d'électricité produite à partir du nucléaire, y compris chez ceux qui critiquent l'utilisation du nucléaire.
  • Les craintes sur les augmentations de prix concernent toutes les énergies sauf l'électricité. »

L'Eurobaromètre (sondage de grande ampleur réalisé par la Commission européenne) de janvier 2006 montre que, pour réduire la dépendance énergétique, seuls 8 % des Français souhaitent des investissements dans le nucléaire (pour l'ensemble de l'Union européenne, le chiffre est de 12 %)[143].

Selon un sondage réalisé en juillet 2006 par BVA pour le compte de « Agir pour l'environnement » auprès de 1 000 personnes, 81 % des personnes interrogées pensent que le nucléaire est une technologie à risque et 31 % pensent que face aux enjeux énergétiques, il faut développer l’énergie nucléaire, (50 % en ce qui concerne les cadres supérieurs et 20 % chez les autres employés)[144].

EDF (121 GWatt Monde, 100 GWatt en France) produit 78 % de son électricité grâce à 58 réacteurs nucléaires (12 % énergie renouvelable).

La loi publiée au JO du 14 juillet 2005 impose (17 articles) 10 % d’énergie renouvelable à horizon 2010, multipliée par la définition des zones de développement de l’éolien (ZDE) remplaçant le thermique classique, et impose aussi le maintien du nucléaire en 2020 par l’EPR (European Pressurized Reactor) avec un réacteur à Flamanville prévu pour 2012 et un second réacteur à Penly à horizon 2017.

En août 2005, le groupe français Suez (27 GWatt Europe, 5 GWatt en France) acheta Electrabel Belgique (compagnie d’électricité), qui fait fonctionner certains réacteurs.

Un rapport sur la possibilité de traitement des déchets radioactifs a été commandé par le gouvernement français : il s’agit de la loi Bataille du 30 décembre 1991. Ce rapport a été rendu en 2006 et a donné lieu à la loi du 28 juin 2006 qui organise la poursuite de la recherche pour la gestion des déchets HAVL.

En juin 2011, un sondage Ifop indique que 77 % des Français souhaitent une sortie du nucléaire rapide ou progressive (arrêt des réacteurs nucléaires) sur les 25 à 30 années à venir[145].

Inde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Programme nucléaire de l'Inde.

En 2006, 3 % de l’électricité (soit 0,6 % de l’énergie) de l’Inde était d’origine nucléaire. La politique actuelle vise à porter ce taux à 25 % (soit 5 % de l’énergie) pour 2050. Le 18 décembre, l’Inde et les États-Unis ont signé un accord pour un partenariat sur la technologie nucléaire.
L’Inde construit actuellement 7 nouvelles centrales nucléaires (20 autres sont en exploitation)[146].

Indonésie[modifier | modifier le code]

Le gouvernement a annoncé en 2006 son intention de démarrer la construction de son premier réacteur en 2010, pour fonctionnement en 2017, et espère disposer de 4 000 MWe en 2025[147].

Iran[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Programme nucléaire de l'Iran.

L'Iran a fait connaître son intention extrêmement controversée de se doter d'énergie nucléaire[148]. Après des années de retard, le réacteur nucléaire de Bouchehr a été connecté pour la 1re fois au réseau électrique iranien début septembre 2011. Il devrait atteindre sa pleine puissance et sa mise en service commerciale début 2012, après avoir fonctionné à régime partiel (400 MW en septembre 2011) afin d’effectuer les essais de mise en service, puis être mis à l’arrêt pour subir une inspection générale[149].

Japon[modifier | modifier le code]

À ce jour, le Japon compte 50 réacteurs opérationnels et 3 en construction[150].
Le Japon possédait 54 réacteurs opérationnels avant la catastrophe de Fukushima dont les réacteurs 1 à 4 ont depuis été officiellement déclassés. Un peu plus d'un an après cette catastrophe, tous les réacteurs du pays avaient été arrêtés[151]. Le mouvement antinucléaire au Japon s'est amplifié lorsque le gouvernement Japonais a voulu redémarrer les premiers réacteurs. En octobre 2012, 48 réacteurs étaient à l'arrêt et deux en fonctionnement.

Libye[modifier | modifier le code]

Pendant le règne de M Kadhafi, la Libye avait fait savoir son intérêt pour la mise en place de nucléaire civil, et cherchait un partenaire[152]. Depuis le renversement du régime, ce programme n'est plus à l'ordre du jour.

Maroc[modifier | modifier le code]

À la suite d'un accord passé en juillet 2010, il se pourrait que le Maroc démarre, vers 2022-24, sa première centrale nucléaire mais l'appel d'offre, annoncé pour 2012, n'a pas eu lieu ; de plus, une mise en cause de l'option nucléaire et les suites de l'événement de Fukushima ont engendré un débat et le premier collectif anti-nucléaire d'Afrique du Nord: Maroc Solaire, Maroc sans nucléaire[153].

Namibie[modifier | modifier le code]

La Namibie a annoncé son intérêt pour le nucléaire civil, avec le soutien de la Russie[154].

Nigeria[modifier | modifier le code]

Le Nigeria a annoncé en novembre 2006 qu'il souhaite se doter de 40 000 MWe d'ici à 2015, dont une part importante devait être nucléaire [155]. Fin 2012, aucun chantier de réacteur n'avait été lancé et le programme nucléaire du Nigéria restait virtuel.

Pakistan[modifier | modifier le code]

Le Pakistan possède trois réacteurs opérationnels et deux autres sont en construction[156],[157].

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

En 1994, le parlement néerlandais a décidé de ne plus utiliser l’énergie nucléaire après un débat sur le traitement du combustible usé et le stockage des déchets nucléaires. Le réacteur de Dodewaard fut arrêté en 1997. Le parlement décida alors d’arrêter le réacteur de Borssele fin 2003, mais cette décision fut repoussée à 2013 puis annulée en 2005. Des recherches d’exploitation du nucléaire furent lancées. Le changement de politique a été précédé par la publication du rapport de l’Alliance Démocratique Chrétienne sur l’énergie soutenable. Les autres partis cédèrent. Les Pays-Bas ont mis en service un entreposage de longue durée pour les déchets à vie longue.

Pologne[modifier | modifier le code]

La Pologne envisage de se doter de deux centrales nucléaires de 3 000 mégawatts chacune d'ici à 2024[158], [159].

Roumanie[modifier | modifier le code]

La Roumanie a inauguré, en octobre 2007, le second réacteur nucléaire du pays dans la centrale de Cernavoda, 10 ans après le lancement du premier. En 2014, la Roumanie prévoit de produire 2/3 de son électricité à partir de l'eau. L'énergie nucléaire devrait contribuer à 17 ou 18 % de la production électrique du pays. Le second réacteur de Cernavoda a été construit par Atomic Energy of Canada Ltd, et le groupe Ansaldo - Italie. 2 autres réacteurs devraient suivre[160].

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Le 10 janvier 2008, le gouvernement britannique a annoncé la relance du Programme nucléaire du Royaume-Uni, en donnant son autorisation pour le lancement de la construction de nouvelles centrales[161]; la part de production d'électricité d'origine nucléaire devant également augmenter[162].
Cependant, après l'accident nucléaire de Fukushima, les allemands EON et RWE se sont retirés de leur joint venture « Horizon Nuclear Power » mise en place pour le développement de centrales nucléaires sur les sites d'Oldbury et de Wylfa. En novembre 2012, Hitachi a racheté cette joint-venture avec l'ojectif affiché de construire quatre à six centrales nucléaires[163]. À ce jour, EDF Energy est aussi présente sur ce créneau avec un projet de construction de quatre réacteurs EPR : deux sur le site nucléaire d'Hinkley Point et deux autres sur le site nucléaire de Sizewell, mais sa décision d'investissement est actuellement reportée fin 2013, faute d'un accord financier avec le gouvernement britannique[164].
Le programme nucléaire britannique semble actuellement au point mort et les britanniques se tournent vers d'autres sources d'énergie[165],[166].

Russie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Programme nucléaire de la Russie.

La Russie prévoit d’augmenter le nombre de réacteurs en opération. Les vieux réacteurs seront conservés et remis en état, y compris les réacteurs de grande puissance à tubes de force (RBMK) similaires aux réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl.
La Russie possède trente trois réacteurs opérationnels, onze sont en construction[167].

Slovaquie[modifier | modifier le code]

La Slovaquie envisage de réutiliser le site de son ancien réacteur V1, arrêté fin décembre 2006, à Bohunice, pour y construire une nouvelle centrale ; de plus, Enel va achever d'ici 2012 la construction du troisième et du quatrième réacteur sur le site de Mochovce. Il serait aussi prévu d'augmenter la puissance des réacteurs 1 et 2 de la centrale de Mochovce de 880 à 940 MW. Enfin, il est également envisagé de construire une nouvelle centrale sur le site de Kecerovce, à l'est de la Slovaquie[168].

Slovénie[modifier | modifier le code]

La décision sur le prolongement de la durée de vie de l'unique centrale nucléaire de Krsko devrait être prise en 2013 après une inspection majeure de l'état de la centrale[169].

République tchéque[modifier | modifier le code]

Le ministère tchèque de l'Environnement a annoncé le 18 janvier 2013 avoir donné son feu vert au projet de construction de deux nouvelles tranches nucléaires sur le site de Temelin [170],[171].

Thaïlande[modifier | modifier le code]

La compagnie nationale d'électricité en Thaïlande (EGAT) a annoncé en juin 2007 son intention d'investir six milliards de dollars pour construire d'ici 2020 la première centrale nucléaire civile du royaume[172].

Turquie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Programme nucléaire de la Turquie.

Le parlement de Turquie a approuvé une loi autorisant la construction de réacteurs nucléaires sur son sol[173]. La Turquie possède deux réacteurs de recherche, l'un de 5 MW et l'autre de 250 kW[174]. Elle envisage de construire 3 centrales nucléaires d'ici 5 ans [175].

Ukraine[modifier | modifier le code]

L'Ukraine possède 15 réacteurs opérationnels et deux sont en construction.

Yémen[modifier | modifier le code]

Le Yémen envisage de se doter d'énergie nucléaire[176].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Le nucléaire
Les alternatives
Les organismes

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.ecolo.org/base/basefr.htm
  2. http://www.euronuclear.org/
  3. [1]
  4. [2]
  5. Accord entre l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique et l’Organisation Mondiale de la Santé
  6. Anniversaire de Tchernobyl : une arme dans la guerre du lobbying sur le nucléaire, EurActiv, 26 avril 2006
  7. Jean-Claude Debeir, Jean-Paul Deléage et Daniel Hémery, Les servitudes de la puissance, Flammarion, coll. nouvelle bibliothèque scientifique, 1986, p. 282
  8. Jean-Claude Debeir, Jean-Paul Deléage et Daniel Hémery, Les servitudes de la puissance, Flammarion, coll. nouvelle bibliothèque scientifique, 1986, p. 284
  9. Jacques Ellul, Le Bluff technologique (1988), éd. Hachette, coll. Pluriel, 2004, p. 199
  10. Synthèse du rapport Perplex - Site de l’IRSN [PDF]
  11. Hubert Reeves ave Frédéric Lenoir. Mal de Terre. Sciences, Points. Seuil, 2003, 2005
  12. IRSN, « Appréciation du risque sismique pour la centrale nucléaire de Fessenheim : l'IRSN rend publique son analyse du rapport du bureau d'études RESONANCE », sur http://www.irsn.fr/,‎ 5 novembre 2008 (consulté le 6 juillet 2011) p. 11
  13. plusieurs associations parlent de la centrale de Fessenheim qui est aussi une des plus vieilles de France
  14. a, b, c et d Emmanuelle Plot & Olivier Vidal, La traduction comptable des risques extrêmes, Revue Française de Comptabilité (2009) 52-55, PDF, 21 pages
  15. Présentation grand-public d’Assuratome, en 16 pages, PDF
  16. LCI : Tepco sous perfusion des banques.
  17. [http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/07/un-accident-nucleaire-du-type-de-fukushima-couterait-a-la-france-430-milliards-d-euros_1828154_3244.html Article du Monde
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  25. Stone, James. 1973. “A Theory of Capacity and the Insurance of Catastrophe Risks: Part I and Part II.” Journal of Risk and Insurance. Vol. 40. Pp. 231-243. (Part I.) Vol. 40. Pp. 339-355. (Part II.).
  26. Wiroth P. (2006). Rapport de l'inspecteur général d'EDF pour la sûreté nucléaire. Inspection Générale de la Sûreté Nucléaire
  27. Kei Kobayashi, Aseismic evaluation for aging degradation of nuclear power plant components ; Nuclear Engineering and Design Volume 214, Issues 1-2, May 2002, Pages 57-71 doi:10.1016/S0029-5493(02)00015-8 (Résumé, en anglais)
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  29. a et b Radiolytic Water Splitting : Demonstration at the Pm3-a Reactor 2005-11-01
  30. Codes et normes de l'industrie nucléaire française - Autorité de sûreté nucléaire
  31. Moulin J. (2003). Le risque, le salarié et l’entreprise : contribution syndicale à la prévention des risques industriels et technologiques majeurs. Février 2002, 366p (Lien vers l'ouvrage)
  32. Bernard Colasse, Comptabilité Générale PCG, 1999, article 120-3 (lien vers l'ouvrage)
  33. Colasse en 2001 définit « les provisions pour risques et charges » comme « des prélèvements sur les bénéfices destinés à couvrir des risques et charges nettement précisés quant à leur objet, que des événements survenus ou en cours rendent probables ». « Si l'événement est certain, et que son échéance et son montant sont fixés de façon précise, alors l’entité enregistre une dette et non une provision » ajoutent des chercheurs comme E. Plot & O. Vidal, (La traduction comptable des risques extrêmes, PDF, 21 pages)
  34. Un passif éventuel est « soit une obligation potentielle de l'entité à l'égard d'un tiers résultant d'événements dont l'existence ne sera confirmée que par la survenance, ou non, d'un ou plusieurs événements futurs incertains qui ne sont pas totalement sous le contrôle de l'entité ; soit une obligation de l'entité à l'égard d'un tiers dont il n'est pas probable ou certain qu'elle provoquera une sortie de ressources sans contrepartie au moins équivalente attendue de celui-ci ". » (Source : Comité de la réglementation comptable (CRC) ; Règlement n° 2000-06 du 7 décembre 2000 Relatif aux passifs, du CRC, qui reprend l'essentiel de la norme IAS 37, ; voir art 212-3 et 212-4 page 2/9 de la version Word)
  35. Samuel Walker, Three Mile Island: A Nuclear Crisis in Historical Perspective (Berkeley: University of California Press, 2004), p. 231
  36. Les leçons de Tchernobyl - dossier IRSN
  37. Le risque de tsunami a été sous-estimé - rapport AIEA
  38. Fukushima : l'AIEA tire les leçons de la catastrophe pour améliorer la sûreté nucléaire - Service d'info des Nations Unies
  39. Le danger nucléaire à Fukushima connu depuis 1972
  40. "… In summary The Chernobyl accident was the product of a lack of "safety culture"…"
  41. Tokaï-Mura, le point sur l'accident de septembre 1999 - dossier IRSN
  42. Tokaimura Criticality Accident - dossier World Nuclear Association
  43. Reportage France 3, Pièces à Conviction n°72, Uranium, le scandale de la France contaminée.
  44. Voir notamment "Sarko en Afrique" de Antoine Glaser et Stephen Smith, et aussi les diverses condamnations de Sortir du Nucléaire à ce sujet, Areva est actuellement en procès au Niger pur n'avoir pas assuré la sécurité des salariés et des riverains. Lire aussi sur la politique néocoloniale de la France au Niger pour se procurer l'uranium "L'Afrique répond à Sarkozy, contre le discours de Dakar" Makhily Gassama (dir.) et "Petit précis de remise à niveau sur l'histoire africaine à l’usage du président Sarkozy " Adame Ba Konaré (dir.)
  45. source : Que choisir, n° 440 de septembre 2006
  46. Canicule 2006 : les sueurs froides du nucléaire - Réseau Sortir du Nucléaire
  47. Impact de la sécheresse sur le fonctionnement des centrales nucléaires : l’ASN rappelle le dispositif mis en place - Note d’info ASN du 18 mai 2011
  48. Coup de chaud sur les centrales - Nouvel Observateur du 25/05/2011
  49. INFCIRC/66/Rev.2 : Le Système de garanties de l'Agence (créé en 1965, provisoirement étendu en 1966 puis 1968). Document consultable sur le site Internet de l'AIEA
  50. []Définition de l'AIEA dans l'ncyclopédie Larousse
  51. Édition N° 2126 du 10/10/2005 Le Nobel de la paix à l’AIEA et à El Baradei, L'Economiste, N° 2126 du 10/10/2005
  52. Les noyaux de nucléides « fissionables » fissionnent quand ils sont frappés par des neutrons rapides à énergie cinétique signiicative. Ceux des nucléides « fissiles » peuvent aussi fissionner quand ils sont frappés par des neutrons lents ou rapides, à faible énergie cinétique, dont par des neutrons n'ayant presque pas d'énergie cinétique. Ces nucléides « fissiles » sont donc tous « fissionables », alors que eule une part des nucléides « fissionables » sont aussi « fissiles ». L'uranium 233, l'uranium 235, le plutonium 239 et le plutonium 241 sont « fissiles » ; Mais l'uranium 238, le plutonium 238, 240 et 242, le neptunium 237, l'américium 241 et 242(m) sont « fissionables » sans être « fissiles ». tous ces produits sont concernés par les accords de l'AIEA (Article XX du Statut de l'AIEA)
  53. Les conditions de ces exemption pour usage de matières nucléaires dans des activités militaires non interdites sont énoncées au paragraphe 14 du document INFCIRC/153
  54. a, b, c, d, e, f, g, h et i Thomas E. SHEA (haut fonctionnaire au Cabinet du Directeur général adjoint du Département des garanties de l'AIEA), Concordance entre les exigences du système des garanties de l'AIEA et celles d'un traité qui interdirait la production des matières fissiles pour la fabrication d'armes et autres dispositifs explosifs nucléaires, UNIDIR, consulté 2011/05/01
  55. Concernant les accords de garanties, voir les rapports annuels de l'AIEA, et le site Internet de l'Agence.
  56. Document consultable sur lel site Internet de l'AIEA.
  57. Modèle : document INFCIRC/540, disponible sur le site de l'AIEA
  58. Rapport du Sénat français sur la prolifération nucléaire
  59. Rapport sur le terrorisme nucléaire au gouvernement canadien
  60. preuve sans même recourir à, la source sortir du nucléaire:1) l'uranium vient du Niger, il faut le déplacer du port à la centrale, les centrales nucléaires sont répartis sur tout le territoire français, donc ca génère des déplacement de matières fissiles. L'usine de retraitement des déchets est à la Hague, donc pour retraiter les déchets, il faut encore déplacer des matières fissiles). L'usine qui fabrique le MOX est en Provence, les réacteurs MOX sont dispersés en France, donc encore des déplacements de matières fissiles, à chaque fois en camion ou en train.
  61. EPR : polémique sur un scénario terroriste - Le Figaro, 15 octobre 2007
  62. articles repris dans Mai 68 : l’héritage impossible 1998, réédition en 2002, Jean-Pierre Le Goff, La Découverte, ISBN 2-7071-3654-9
    • Pour les écologistes, le nucléaire n’est pas seulement dangereux. La décision de son développement n’est pas seulement un « fait accompli technocratique » qui s’est effectué sous la pression d’un « lobby » présent au sein de l’appareil d’État. Il entraîne un type de surveillance du personnel et des populations incompatibles avec les libertés démocratiques.
    • Le journaliste Michel Bosquet dans un article de la revue Le Sauvage « de l’électronucléaire à l’électrofascisme » dénonce un nouveau « despotisme » entraîné par le développement de l’énergie nucléaire. La société nucléaire qui se met en place n’est pas seulement, une « société policière » selon la terminologie de l’époque, elle est dirigée par « une caste de techniciens militarisés », une « chevalerie nucléaire », qui serait soustraite à la loi commune. Comprenant des dizaines de milliers de membres, cette caste « contrôlera et régira des centaines de milliers de civils », « appareil militaire, elle exercera sa domination au nom des impératifs techniques de la méga machine nucléaire ».
    • Pour Brice Lalonde et Dominique Simonet, animateurs des amis de la Terre, le développement du nucléaire risque d’amener vers le « totalitarisme technocratique ».
  63. Archives du CSSIN - 01 avril 2011 site de l’ASN
  64. en particulier d’associations antinucléaires telles le Forum Plutonium, l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'ouest ou le Groupement des scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire
  65. http://www.dissident-media.org/infonucleaire/ce_nuc_on_cache.html et http://www.moruroa.org/Texte.aspx?t=84
  66. http://www.dissident-media.org/infonucleaire/ce_nuc_on_cache.html
  67. Ressources, production et demande de l’uranium : Un bilan de quarante ans - Rétrospective du Livre rouge  ; Éditions OCDE ; 2007
  68. Documentation forum de l'énergie suisse - page 69 [PDF]
  69. Le cycle du combustible nucléaire - CEA, 2002, page 3 [PDF]
  70. Définition selon l’INSEE
  71. Rapport de l'Agence pour l'énergie nucléaire pages 12 et 13 [PDF]
  72. mars 2007 val.xls [PDF]
  73. (en) Share of Total Primary Energy Supply* in 2005 - IEA [PDF]
  74. Communiqué de presse
  75. Nucléaire : énergie d’avenir ou fausse solution ? - Compte rendu de la rencontre du 6 mai 2003 à Rennes organisée dans le cadre du débat public sur la gestion des déchets radioactifs ; Deuxième table ronde : Quelles solutions pour les déchets nucléaires ? [PDF]
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  78. Article de la Gazette de la société et des techniques [PDF] - La contestation locale est née de la recherche ou de la mise en route de laboratoires géologiques souterrains. Cette contestation a été souvent qualifiée de NIMBY (not in my backyard). Les vignerons du Gard ou les éleveurs de poulets de Bresse illustrent à merveille cette lutte pour la protection de leur image. Alors que de potentiels sites de stockage étaient à l’étude près de leurs terroirs, ils avaient organisés une résistance farouche pour éviter cette intrusion du nucléaire dans leur environnement.
  79. Sondage Ifop - Les Verts • 23 septembre 2005
  80. Dossier d’initialisation du débat sur la gestion des déchets HA-VL / MA-VL
  81. Journal de la Haute-Marne, 31 juillet 2006
  82. a, b et c L’Énergie nucléaire et le protocole de Kyoto ; OCDE/AEN ; NDD ; Paris
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  84. den Elzen Michel, Meinshausen Malte, 2006, Multi-gas emissions pathways for meeting the EU 2°C climate target, in Avoiding dangerous climate change (Edited by Schellnhuber et al.), Cambridge University Press, Cambridge, 2006, http://www.stabilisation2005.com
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  95. « Tous les prétextes ont été bons pour limiter le développement des énergies renouvelables. Et il est clair que le lobby électronucléaire a été et reste extrêmement actif dans ce domaine. Le drame est qu'il est totalement soutenu par l'appareil d'État», [http://www.lemonde.fr/planete/chat/2011/04/05/energies-renouvelables-une-alternative-credible-au-nucleaire-et-aux-energies-fossiles_1503110_3244.html cité par le journal Le Monde
  96. http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/19/la-facture-d-electricite-des-francais-doublera-d-ici-a-2020_1735483_3234.html
  97. L'assurance du risque nucléaire [PDF] et Le risque nucléaire après Tchernobyl [PDF]
  98. L'assurance du risque nucléaire [PDF]
  99. Tribune du Réseau Sortir du nucléaire
  100. Le nucléaire "roule" sans assurance
  101. L'accident nucléaire au Japon est-il assuré ?
  102. Le seul réseau RTE comptait 21 012 km de circuits aériens de 400 kV fin 2006
  103. Le bilan des tempêtes de décembre 1999 - RTE, 5 décembre 2000 [PDF]
  104. (en) The Growing Trend Against Coal-Fired Power Plants
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  112. 2008/03/27 > BE Allemagne 378 > Pénuries d'électricité en Allemagne à craindre dès 2012
  113. L'Australie ne vendra pas d'uranium à l'Inde - AFP, 08/09/2008
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