Cylindre O'Neill

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Une paire de cylindres O'Neill.

Un cylindre O'Neill est un projet d'habitat spatial théorique proposé par le physicien américain Gerard K. O'Neill dans son livre Les Villes de l'espace, permettant l'accomplissement de projets d'exploration spatiale de très longue durée.

Présentation[modifier | modifier le code]

Vue intérieure, montrant l'alternance de tranches « terre » et « fenêtre ».

Gerard O'Neill était professeur à Princeton où il enseignait la physique. Il décida de faire travailler ses étudiants sur le développement de grandes structures dans l'espace. À la surprise de beaucoup, plusieurs propositions utilisant des matériaux communs comme le verre ou l'acier et pouvant fournir de grandes surfaces d'habitation furent trouvées. Le premier résultat de ce travail coopératif fut publié en 1974 dans la revue Physics Today[1].

O'Neill imagine trois types de colonies différentes, baptisés « Island One », « Island Two » et « Island Three » ; son projet de référence, « Island Three » – Île trois en français –, consiste en deux cylindres à rotation inversée, de trois kilomètres de rayon et trente kilomètres de longueur chacun[2]. Chaque cylindre est composé de six tranches d'égale surface qui courent tout le long du cylindre. Trois sont des surfaces de type « fenêtre » (permettant à la lumière solaire d'entrer) et trois autres sont de type « terre »[3]. De plus, un anneau d'agriculture extérieur de quinze kilomètres de rayon tourne à une vitesse différente pour les cultures. L'unité de production est située au centre, derrière l'antenne satellite, pour subir un minimum de gravité afin de favoriser certains procédés industriels. Les colonies seraient stabilisées au niveau des points de Lagrange et subviendraient à leurs besoins grâce à l'énergie solaire[4].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Les cylindres d'O'Neill ont inspiré nombre d'œuvres de science-fiction. Parmi elles, le film Elysium. Aussi la série Rendez-vous avec Rama (1973) d'Arthur C. Clarke met en scène des astronautes qui visitent un énorme vaisseau extra-terrestre en forme de cylindre O'Neill. Ce vaisseau ne contient pas de miroirs ni de fenêtre comme le cylindre O'Neill, mais est constitué de trois bandes lumineuses en lieu et place[5].

Les cylindres O'Neill ont servi de modèle au japonais Yoshiyuki Tomino pour les colonies spatiales dans sa série Mobile Suit Gundam. Dans cette œuvre d'animation, la majorité de l'humanité a émigré dans l'espace et vit à bord de tels cylindres, répartis en sept groupes appelés « Side » autour des cinq points de Lagrange – certains points de Lagrange comportant donc deux Sides – des orbites lunaire et terrestre[6].

La série télévisée de science-fiction Babylon 5 se déroule dans une station spatiale de type O'Neill de huit kilomètres de long[7]. La station Babylon 5 ne contient pas de cylindre contre-rotatif, mais la station précédente, Babylon 4, en contenait un.

La série télévisée de science-fiction Andromeda, dans les épisodes 4x21 et 4x22, présente un équivalent de cylindre O'Neill, nommé "Arcologie", une sorte de paradis terrestre. Il mesure 36 km de long et 8 km de diamètre. Il ne comporte pas de fenêtres ou de parois vitrées mais utilise un faisceau d'énergie en son centre qui parcourt tout la longueur de la structure, servant de source lumineuse. Cette disposition permet à toute la surface interne du cylindre d'être utilisée et habitée. Il est relié à un astéroïde servant de matières premières.

Dans son roman Le Papillon des étoiles, l'écrivain français Bernard Werber imagine un vaisseau en forme de cylindre O'Neill de 32 kilomètres de long, mû par propulsion photonique, dans lequel une partie de l'humanité choisirait d'émigrer vers d'autres mondes, persuadée que la Terre court à sa perte.

Dans le roman Hyperion, Dan Simmons nous décrit l'habitat d'une communauté d'être humains appelée les Extros vivant dans des cylindres O'Neill à l'extérieur de l'espace connu.

Dans la série de jeux vidéo Mass Effect, les développeurs se sont inspirés du principe du cylindre O'Neill pour l'apparence de la Citadelle, sorte d'immense station spatiale devenue le point de rencontre des diverses civilisations évoluées et dont le tore central abrite le gouvernement galactique.

Dans le film Interstellar de Christopher Nolan, sorti en 2014, un cylindre O'Neill gravite autour de Saturne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gerard K. O'Neill, « The Colonization of Space », Physics Today, vol. 27, no 9,‎ septembre 1974, p. 32–40 (ISSN 0031-9228, lire en ligne)
  2. (en) David Darling, The complete book of spaceflight: from Apollo 1 to zero gravity, John Wiley and Sons,‎ 2003 (ISBN 9780471056492, lire en ligne), p. 304-305
  3. O'Neill 1978, p. 89
  4. (en) Ian Ridpath, « Review : The high frontier », New Scientist, vol. 74, no 1055,‎ 9 juin 1977, p. 598 (ISSN 0262-4079, lire en ligne)
  5. (en) David Seed, A companion to science fiction, Wiley-Blackwell,‎ 2005 (ISBN 9781405112185, lire en ligne), p. 198
  6. (en) Lois H. Gresh et Robert Weinberg, The science of Anime : mecha-noids and AI-super-bots, Thunder's Mouth Press,‎ 2005 (ISBN 9781560257684), p. 115-116, 129-134
  7. (en) Lois H. Gresh et Gary Westfahl, The Greenwood encyclopedia of science fiction and fantasy, vol. 3, Greenwood Publishing Group,‎ 2005 (ISBN 9780313329531, lire en ligne), p. 926

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]