Cyclone Hollanda

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Hollanda
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Vue satellite du cyclone le 10 février
Vue satellite du cyclone le 10 février

Apparition nuit du 6 au 7 février 1994
Dissipation 15 février 1994

Catégorie maximale Cyclone catégorie 3
Pression minimale 940 hPa
Vent maximal
(soutenu sur 1 min.)
216 km/h

Dommages confirmés Agriculture, télécoms, Adduction publique
Morts confirmés 2
Blessés confirmés

Zones touchées Drapeau de Maurice Maurice
Drapeau de La Réunion La Réunion

Intensité maximale lors du survol de Maurice et de La Réunion
Intensité maximale lors du survol de Maurice et de La Réunion
Échelle de Saffir-Simpson
D T 1 2 3 4 5
Saison cyclonique 1993-1994 dans le sud-ouest de l'océan Indien

Le cyclone Hollanda est un cyclone tropical qui fut actif dans le sud-ouest de l'Océan Indien du 6 au 15 février 1994. Sa trajectoire le fit survoler l'île Maurice le 10 février puis La Réunion.

Le cyclone Hollanda est considéré comme le pire cyclone tropical ayant frappé Maurice depuis 19 ans, malgré des vents n'ayant guère dépassé les 155 km/h. Hollanda y a détruit 450 habitations, mettant à la rue plus de 1 500 habitants et ravagé près de la moitié de la surface des plantations de canne à sucre. Après le passage du cyclone, on chiffre son impact économique à 135 millions de dollars US pour deux victimes. Une semaine après Hollanda, le cyclone Ivy frappait à nouveau l'île.

Les précipitations maximales ont été enregistrées à La Réunion à Grand Coude avec une valeur de 741 mm.

Évolution météorologique[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 6 au 7 février 1994, Météo-France constate pour la troisième fois la naissance d'une dépression tropical circulaire au sud de l'Archipel des Chagos issue d'une perturbation de la ZCIT, les deux précédentes ayant donné naissance aux cyclones Edma et Geralda[1]. Le Joint Typhoon Warning Center (JTWC) estime quant à lui sa naissance un jour avant[2].

Le 8 février, le système dépressionnaire devient une tempête, nommée Hollanda. sa trajectoire s'oriente vers le sud-ouest sous l'influence d'une crête barométrique, puis descend sur le sud en raison d'une creux barométrique. À ce niveau, la tempête change de stade pour devenir un cyclone tropical le 9 février[1]. Son oeil a alors un diamètre de 20 km, et prend le chemin de l'île Maurice.

En poursuivant son intensification, le cyclone frappe les côtes mauriciennes septentrionales le 10 février à 18h UTC au sommet de sa force[1]. Météo-France évalue la vitesse du vent (soutenu sur 10 minutes) à 155 km/h[3]. Des rafales de plus de 230 km/h ont accompagnés les vents[1]. Le JTWC estimait de son côté des piques à 195 km/h (soutenus sur une minute)[2].

En survolant l'île Maurice, l'oeil du cyclone a été perturbé, mais Hollanda a conservé pratiquement toute son intensité lors de son passage au sud-est de l'île de La Réunion, le 11 février. Au delà, la trajectoire s'est orienté vers le pôle sud, et son œil, de plus en plus instable, n'a plus été discernable à partir du 13. Le lendemain, Hollanda était catégorisée en Cyclone extratropical. Après cette date, les restes du phénomène ont pu être observé encore trois jours avant sa dissolution[4].

Impact[modifier | modifier le code]

Sur l'île Maurice[modifier | modifier le code]

Avant l'arrivée du cyclone sur Maurice, la majorité des habitants étaient déjà à l'intérieur de leur logement, puisque la date d'arrivée de Hollanda coïncidait au Nouvel an chinois[5]. EN prévision de son arrivée, l'aéroport, ainsi que la majorité des commerces et banques étaient fermées. Les autorités ont ordonné l'interdiction de la circulation automobile et le confinement. Les prévisionnistes s'attendait alors à un passage de Hollanda légèrement hors des terres[6].

À la dernière minute, le cyclone est devenu terrestre au moment de son intensité maximale, balayant la capitale de rafales de 216 km/h[4]. Les vents les plus importants ont soufflés sur la moitié nord et ouest, en particulier sur la frange littorale. On considère alors qu'il s'agit du cyclone le plus fort depuis Gervaise en 1975[5]. Les pluies torrentielles sont accompagnés les vents. 711 mm ont été mesurés à Mare aux Vacoas[4]. Sur l'ensemble de l'île, Hollanda est responsable de la destruction de 295 maisons, et de graves dommages sur 160 autres, laissant plus de 1 500 sans abris[5]. L'ambassade de Russie a été suffisamment endommagée pour que les bureaux soient transférés ailleurs[7] Les dégats subis par les écoles sont chiffrés à 25 millions de roupies mauriciennes, soit environ 1,3 million de dollars US à l'époque[8]. Certains établissements scolaires ont de de fait été fermé pendant douze jours[9] 30% des arbres sont été couchés, beaucoup de pylones électriques sont été pliés, laissant 60% de la population sans électricité ni téléphone[8]. En outre, l'ensemble des lignes téléphoniques internationales ont été coupées pendant le cyclone[10]. Si les cultures de canne ont été sévèrement touchées[5], l'industrie touristique s'en est globalement bien sortie[11].

Finalement, après le passage de Hollanda, on dénombrait deux morts[5] et 135 millions de dollars US de dégats[12]. La production sucrière a été divisée par deux, et plus encore une semaine après, lorsque le cyclone Ivy ballayait à nouveau l'île[8]. Entre temps, le réseau routier avait en bonne partie été remis en état de fonctionnement. Il a fallu dix jour pour restaurer le système électrique[5].

Autre conséquence de Hollanda, le gouvernement mauricien a ouvert 130 abris anti-cycloniques et débloqué une ide de 5000 roupies pour les personnes ayant perdu leurs logement[5]. Le premier ministre a également demandé une aide financière à l'Europe[13]. Cette aide était destinée pour la remise en état du réseau téléphonique, et électrique, ainsi que la reforestation des zones les plus sinistrées[14].

La baisse de 10% PIB mauricien cette année est grandement imputable à Hollanda[15],[16].

Sur l'île de La Réunion[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Météo-France 1995, p. 48.
  2. a et b (en) « Cyclone Hollanda Best Track », Joint Typhoon Warning Center (consulté le 2 octobre 2011)
  3. (en) « Donnees De Hollanda », Météo-France (consulté le 4 octobre 2011)
  4. a, b et c Météo-France 1995, p. 49.
  5. a, b, c, d, e, f et g (en) United Nations Department of Human Affairs, « Mauritius — Cyclones Hollanda/Ivy Feb 1994 UN DHA Situation Reports 1-5 », ReliefWeb (consulté le 2 octobre 2011)
  6. (en) Staff writer, « Cyclone may hit Mauritius », Agence France-Presse,‎ 1994
  7. (en) « Mauritius: Red is the Russian face », The Indian Ocean Newsletter,‎ 1994
  8. a, b et c (en) « Mauritius: Cyclone slams recovery », Indian Ocean Newsletter,‎ 1994
  9. (en) Béatrice Hope, « La GTU ne souhaite pas un report des examens du CPE », Lexpress.mu,‎ 2009 (lire en ligne)
  10. (en) Jochen Zschau et Andreas N. Küppers, Early warning systems for natural disaster reduction, Nature,‎ 2008 (lire en ligne), p. 152
  11. (en) Colin Legum, Africa contemporary record: annual survey and documents, Volume 24, Africana Pub. Co.,‎ 2000 (lire en ligne), p. 369
  12. (en) Staff Writer, « Tropical Cyclone "Hollanda" Destroys 50 Percent of Mauritius Sugar Crop », GreenPeace Climate Impacts Database (Reuters), GreenPeace Climate Impacts Database,‎ 1994 (lire en ligne)
  13. (en) « Mauritius: Europe's aid will be smaller », The Indian Ocean Newsletter,‎ 1994
  14. (en) « Anerood Jugnauth (Mauritius) », The Indian Ocean Newsletter,‎ 1994
  15. (en) B. J. Ndulu et Stephen A. O'Connell, The Political Economy of Economic Growth in Africa, 1960-2000, Cambridge University Press,‎ 2008 (lire en ligne), p. 378
  16. (en) Economist Intelligence Unit (Great Britain), Country report: Mauritius, Madagascar, Seychelles, The Unit,‎ 1995 (lire en ligne), p. 7

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr+en) Météo-France et Centre des cyclones tropicaux de La Réunion (trad. Service météorologique de Maurice), Saison cyclonique 1993 - 1994, Saint-André, coll. « Saison Cyclonique »,‎ janvier 1995, 107 p. (lire en ligne)