Cyclisme au mont Ventoux

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Mont Ventoux
Image illustrative de l'article Cyclisme au mont Ventoux
Route versant nord menant au sommet.
Altitude 1 910 m
Massif Massif des Baronnies
Coordonnées 44° 10′ 30″ N 5° 16′ 50″ E / 44.175, 5.2806 ()44° 10′ 30″ Nord 5° 16′ 50″ Est / 44.175, 5.2806 ()
Pays Drapeau de la France France
Vallée Vallée de l'Ouvèze
(nord)
Vallée de l'Auzon
(sud)
Ascension depuis Malaucène Bédoin
Déclivité moy. 7,5 % 7,5 %
Déclivité max. 12 % 10,7 %
Kilométrage 21 km 21,6 km
Accès D 974 D 974

Géolocalisation sur la carte : Vaucluse

(Voir situation sur carte : Vaucluse)
Cyclisme au mont Ventoux

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Cyclisme au mont Ventoux

Le cyclisme au mont Ventoux est pratiqué couramment, notamment dans le cadre du Tour de France. L'ascension du mont Ventoux est réputée comme étant parmi les plus dures de France. La position géographique rend cette montée particulièrement pénible en raison de la chaleur (région PACA) et du vent mistral notamment (qui souffle à plus de 90 km/h 2 jours sur 3 sur le sommet, le record est de 320 km/h en 1967 vent du sud), en plus du profil raide.

L'apparence du mont est particulière isolé avec cette forêt d'abord puis, un sommet dénudé plein de rocaille qui donne l'impression de neige éternelle, côté sud notamment.

Le mont Ventoux doit sa légende aux courses cyclistes qui s'y sont déroulées : Tour de France, Paris Nice et Dauphiné Libéré pour les plus connues. 15 ascensions du mont Ventoux dont 9 arrivées d'étapes dans le Tour de France (2 fois contre-la-montre).


Itinéraires[modifier | modifier le code]

Ascension sud[modifier | modifier le code]

La route passant par Bédoin est la plus empruntée par le Tour de France et la plus emblématique des ascensions. À partir de la sortie du village, ce sont 21,5 km et 1 610 m de dénivelé avec une pente moyenne de 7,45 %. L'ascension débute en pente douce à travers les vignes et les vergers pendant 6 km et la seule difficulté de cette première partie est une pente proche de 6 % au niveau du hameau de Sainte-Colombe. Mais lorsque l'on passe l'épingle du Saint-Estève (541 m), virage autrefois relevé sur le côté montant et bas sur le côté descendant[1] au km 6[2], la rupture est nette, il faut mettre un braquet plus petit car on entre dans la forêt avec 9,4 km à 9,3 % de moyenne avant de parvenir au Chalet Reynard. Entre le départ de la piste VTT à gauche et le Pavillon de Roland[3], les pourcentages oscillent entre 10 et 10,5 %. Au km 10 environ, on arrive au virage du bois[4], la seule véritable épingle entre le virage du Saint-Estève et le Chalet Reynard car sinon l'ascension dans la forêt est faite de lignes droites ponctuées de légères courbes. C'est aussi le seul endroit dans la forêt où on peut voir le sommet car sinon les hêtres et les conifères bouchent la vue. Au km 13 environ, on compte un dernier passage plus pentu dans la forêt : un passage avec des barrières métalisées sur le côté de la route après avoir dépassé la route forestière de Perrache. À ce niveau, on passe d'une forêt de feuillus à un bois de pins à crochets. Toutefois, dans des pourcentages aussi difficiles et avec aussi peu de répit[5] dans le tronçon de la forêt, on peine parfois à distinguer des passages plus durs que les autres. Le dernier kilomètre avant le Chalet Reynard est un peu plus « doux ». Au chalet Reynard[6] (1 417 m), on rejoint les cyclistes ayant démarré de Sault. À partir de ce chalet, il reste près de 6,2 km avec des cailloux à perte de vue. Les pourcentages sont moindres par rapport à la forêt mais on est parfois exposé au vent et l'oxygène se raréfie pour ceux qui ne sont pas habitués à la montagne.

Les 4 km kilomètres qui suivent sont respectivement de 6,3, 7,1, 7,2, 7,5 % avant un redressement pour les deux derniers kilomètres. La difficulté est progressive avec de larges courbes. Au km 17 environ, on passe devant la fontaine de la Grave et au km 20 environ devant la stèle dédiée à Tom Simpson, cycliste britannique décédé le 13 juillet 1967 sur le Tour de France d'un collapsus cardiaque. La stèle d'un coureur amateur, Pierre Kraemer[7], mort en 1983 un peu plus loin rajoute au caractère tragique de cette ascension. C'est aussi à l'approche de la stèle Tom Simpson que le final devient nettement plus difficile, surtout au passage du col des Tempêtes un peu plus loin, un des passages les plus durs du Ventoux tous versants confondus. Il faut enfin passer un ultime virage en moulinant avant de parvenir au sommet. Il faut noter que si la plate-forme sommitale est à 1 910 m d'altitude, l'arrivée devant les boutiques, au point le plus haut de la route, se situe légèrement en-dessous, à environ 1 900 m d'altitude.

Ascension nord[modifier | modifier le code]

Le deuxième itinéraire possible est celui-qui passe par Malaucène avec près de 21 km et 1 535 m de dénivelé avec une pente moyenne de 7,3 %. La différence par rapport à Bédoin est l'irrégularité et les pourcentages de pente maximum. L'ascension par Bédoin est beaucoup plus régulière dans la difficulté mais l'ascension par Malaucène comprend des passages à 12 %. Après avoir passé la source du Groseau au second kilomètre, la difficulté se corse avec successivement des kilomètres à 7 % puis 9,3 % et 9,7 %. Mais un répit de 5 kilomètres suit avec des pentes moyennes de 4 % à 7,4 % avec pour seule véritable difficulté un passage à 12 % au niveau de la Tête de l'Émine. Mais lorsque l'on arrive au belvédère au km 10 environ, la pente se durcit car sur les 3,5 km kilomètres qui suivent, la moyenne de la pente est approximativement de 10 % avec de surcroît des pentes rectilignes et des portions à 12 %. La ligne droite avec des poteaux jaunes et noirs sur le côté de la route au km 11 est particulièrement difficile, avant d'arriver au virage de la citerne. Mais après ces 4 kilomètres durs, on rencontre un nouveau répit de 1,5 km avec 5,7 % et 3,2 % pour arriver jusqu'au mont Serein et au chalet Liotard (1 432 m) au kilomètre 15. On rentre à nouveau dans la forêt. Suivent 300 mètres de plat avant une rupture brutale de pente : 9,5 % avant d'arriver à la barrière qui barre la route l'hiver et la fin de la piste VTT à droite. À partir de là on rencontre un nouveau kilomètre de répit à 6,5 % mais il faut songer que les 1 500 m d'altitude ont été dépassés et que le manque d'oxygène peut se faire sentir dans le coup de pédale pour les non habitués. Dans les trois derniers kilomètres, on sort de la forêt pour rentrer dans la partie sommitale avec les cailloux. C'est assez dur, avec des moyennes successives de 7,6 % puis 9,3 % et 7,6 %. Les derniers 500 mètres à partir du radar militaire en boule à droite sont un peu plus faciles.

Ascension est[modifier | modifier le code]

L'ascension par Sault est la plus facile, mais aussi la plus longue, avec 26 km, 1 147 m de dénivelé positif depuis Sault (et 1 220 m après une petite descente[8] d'environ un kilomètre au départ) et une moyenne de 4,7 %. Elle est agréable car on y compte des champs de lavande au pied, puis des tables de pique-nique, des panneaux explicatifs sur la faune locale (sanglier, cerf, mouflon…) et un belvédère. Elle est facile : pendant presque 20 kilomètres jusqu'au Chalet Reynard, la pente ne dépasse pas 7 %. Ensuite, les 6 derniers kilomètres sont un peu plus durs. C'est une ascension à conseiller pour les débutants qui n'ont jamais grimpé de grand col. On démarre par une descente au premier kilomètre. Ensuite, on a une pente comprise souvent entre 4 et 6 % pendant presque 7 km. On roule à côté de champs de lavande d'abord puis on rentre dans la forêt. La pente est au maximum de 7 % au km 7 avant d'arriver jusqu'à la chapelle du Ventouret au km 8. C'est la partie la plus dure des 20 premiers kilomètres. Après, jusqu'au belvédère au kilomètre 14, c'est encore un peu plus facile. Et les 6 derniers kilomètres avant le Chalet Reynard sont encore plus roulants, oscillant entre 0 et 4 %. On passe devant la citerne au kilomètre 16. Les 2,5 kilomètres avant le Chalet Reynard sont presque tout plats. Arrivé au chalet Reynard, on rejoint ceux partis de Bédoin et on sort de la forêt pour entrer dans les 6,2 derniers kilomètres entièrement avec paysage « lunaire », rochers et cailloux jusqu'au sommet. Les 4 kilomètres qui suivent sont respectivement de 6,3 %, 7,1 %, 7,2 % et 7,5 %. C'est un peu plus dur sachant que c'est exposé au vent, et que le manque d'oxygène peut se faire ressentir pour ceux qui n'y sont pas habitués. On passe devant la fontaine de la Grave. Et les deux derniers kilomètres sont un peu plus corsés : 8,9 % au niveau de la stèle Tom Simpson et 9,5 % environ dans le dernier kilomètre à partir du col des Tempêtes. Au sommet, par temps clair, il faut aller aux deux tables d'orientation pour voir le Comtat Venaissin et la Provence au Sud et les Alpes côté Nord.

Routes forestières[modifier | modifier le code]

Ces ascensions ne sont accessibles qu’aux vététistes. Le départ pour accéder à la principale route forestière se fait de Bédoin et a environ 8 km en commun avec la route du versant sud. Il faut tourner à gauche pour prendre la piste DFCI environ cinq cent mètres avant le Pavillon de Roland. La route est bitumée et roulante jusqu’au Massif des Cèdres. Entre le poste météo (985 m) et le carrefour à 1 423 m d’altitude, la route bitumée laisse souvent place à un chemin caillouteux et des pourcentages globalement plus difficiles. Au carrefour à 1 423 m d’altitude, il faut prendre la piste tout droit, celle de gauche menant à Bédoin par une autre piste et celle de droite vers le Chalet Reynard. Il reste 3 km avant la fin de la piste VTT pour rejoindre la barrière qui ferme la route versant nord menant au sommet l’hiver. Hormis les premiers hectomètres, ce dernier tronçon de piste VTT est très roulant. Arrivé à la barrière, il ne reste plus qu’à effectuer les cinq ultimes kilomètres de la D974 versant nord.

Une autre ascension par route forestière est également possible par le versant nord depuis Brantes, jusqu'à la station du Mont-Serein, ou l'on peut continuer jusqu'au sommet par des sentiers ou par la route principale.

Cyclisme professionnel[modifier | modifier le code]

Le Tour de France[modifier | modifier le code]

Le Tour de France propose régulièrement l'ascension de ce sommet, célèbre pour la raideur de sa montée tout autant que par la chaleur qu'il y fait en juillet. Il fut gravi 15 fois, dont 9 ascensions furent des arrivées au sommet. L'ascension est classée Hors catégorie par le Tour de France depuis 1987 (cette catégorie n'ayant été instaurée qu'en 1979).

Ascension Année Étape Départ Arrivée Distance Versant Catégorie Premier au sommet Vainqueur d'étape
1 1951 17e Montpellier Avignon 224 km Nord 1re Drapeau : France Lucien Lazaridès Drapeau : France Louison Bobet
2 1952 14e Aix-en-Provence Avignon 178 km Sud 1re Drapeau : France Jean Robic
3 1955 11e Marseille Avignon 198 km Sud 1re Drapeau : France Louison Bobet
4 1958 18e Bédoin Mont Ventoux 22 km (CLM) Sud 1re Drapeau : Luxembourg Charly Gaul
5 1965 14e Montpellier Mont Ventoux 173 km Sud 1re Drapeau : France Raymond Poulidor
6 1967 13e Marseille Carpentras 211,5 km Sud 1re Drapeau : Espagne Julio Jiménez Drapeau : Pays-Bas Jan Janssen
7 1970 14e Gap Mont Ventoux 170 km Sud 1re Drapeau : Belgique Eddy Merckx
8 1972 11e Carnon-Plage Mont Ventoux 207 km Nord 1re Drapeau : France Bernard Thévenet
9 1974 12e Savines-le-Lac Orange 231 km Est 1re Drapeau : Espagne Gonzalo Aja Drapeau : Belgique Joseph Spruyt
10 1987 18e Carpentras Mont Ventoux 36,5 km (CLM) Sud Hors Cat. Drapeau : France Jean-François Bernard
11 1994 15e Montpellier Carpentras 231 km Sud Hors Cat. Drapeau : Italie Eros Poli
12 2000 12e Carpentras Mont Ventoux 149 km Sud Hors Cat. Drapeau : Italie Marco Pantani
13 2002 14e Lodève Mont Ventoux 220 km Sud Hors Cat. Drapeau : France Richard Virenque
14 2009 20e Montélimar Mont Ventoux 167 km Sud Hors Cat. Drapeau : Espagne Juan Manuel Gárate
15 2013 15e Givors Mont Ventoux 242,5 km Sud Hors Cat. Drapeau : Royaume-Uni Christopher Froome

Le peloton franchit pour la première fois le Ventoux le 22 juillet 1951 au cours de l'étape Montpellier-Avignon (224 km)[9] par Malaucène. c'est Lucien Lazaridès qui devient le premier coureur de l'histoire à le franchir. L'étape est gagnée par Louison Bobet.

L'année suivante, le 9 juillet 1952 étape Aix-en-Provence-Avignon (178 km) c'est la première ascension par le versant sud. C'est Jean Robic qui après avoir rejoint Raphaël Géminiani passe seul au sommet avec 2 min 36 s d'avance, et maintient son avance pour gagner l'étape.

L'étape du 18 juillet 1955, Marseille-Avignon (198 km) se déroule sous la canicule, de nombreux coureurs sont victimes de défaillance (Jean Malléjac est même victime d'une insolation[10]). Ferdi Kübler ayant trop présumé de ses forces dans l'ascension chute deux fois dans la descente. Raphaël Géminiani, au moment où Ferdi Kübler attaquait au virage du Saint-Estève, lui avait pourtant dit « Attention Ferdi, le Ventoux n'est pas un col comme les autres », ce en quoi Ferdi Kübler lui avait répondu en souriant « Ferdi non plus, pas un coureur comme les autres ». Louison Bobet réédite son exploit de 1951 et gagne l'étape à Avignon après être passé en tête au sommet du Ventoux.

Le dimanche 13 juillet 1958, cette étape Bédoin-mont Ventoux (21,6 km) est une première. Charly Gaul surnommé l'Ange de la montagne, remporte en 1 h 02 min 09 s, soit à plus de 20 km/h, la première étape contre la montre en montagne du Tour de France. Seul l'Aigle de Tolède Federico Bahamontes second à 31 s, arrive à rivaliser avec Charly Gaul, les autres étant à plus de trois minutes.

Après sept ans d'absence, le Tour revient au Ventoux le 6 juillet 1965. Pour la première fois, une étape en ligne se termine au sommet : Montpellier-mont Ventoux (173 km). Après avoir été accompagnés par un jeune coureur italien de 23 ans (professionnel depuis peu) Felice Gimondi, deux coureurs font l'ascension en tête : Raymond Poulidor et Julio Jiménez qui arrivent dans cet ordre avec un écart de 6 s. Felice Gimondi termine 4e et quelques jours plus tard gagnera le Tour de France pour sa première participation, devant Raymond Poulidor.

Lors de l'édition de 1967, étape Marseille-Carpentras (211 km), le Britannique Tom Simpson meurt, victime du dopage, le 13 juillet, alors qu'il faisait l'ascension du mont Ventoux par une chaleur étouffante (35 °C). Déjà en 1955, le coureur français Jean Malléjac y avait subi une grave insolation. Eddy Merckx lui-même eut un malaise lors de sa victoire au sommet[9]. L'étape a été gagnée au sprint par Jan Janssen après que Julio Jiménez fut passé en tête au Ventoux.

Vendredi 10 juillet 1970 étape Gap-mont Ventoux (170 km). On remarque au départ Eddy Merckx portant un crêpe noir sur son maillot en hommage à Vicente Giacotto, manager de l'équipe Faema décédé la veille. Eddy Merckx lâche ses compagnons d'échappée Cyrille Guimard, Bernard Labourdette, Jean-Pierre Danguillaume et Giancarlo Polidori pour gravir pour la première fois le Ventoux. Mais à 3 km du sommet il faiblit, son avance diminue, mais à force de courage il garde moins d'une minute d'avance sur ses compatriotes Martin Van Den Bossche et Lucien Van Impe. Il est victime d'un malaise à l'arrivée et sera transporté dans l'ambulance et mis sous oxygène ; il gagnera ensuite ce Tour 1970.

Pour la seconde fois de son histoire le Tour aborde le Ventoux par sa face nord, mais avec une arrivée au sommet : étape Carnon-Plage-mont Ventoux (207 km) le 13 juillet 1972. Dès les premières pentes Luis Ocaña, Eddy Merckx et Raymond Poulidor s'échappent, mais à la hauteur de la combe de la Loubatière le trio voit surgir Bernard Thévenet, qui les rejoint et les lâche. Il gagne avec plus de trois minutes d'avance.

Le 10 juillet 1974, pour la première fois (et la seule à ce jour), le Tour de France aborde le Ventoux par son versant Est, par la route reliant Sault au Chalet Reynard, à l'occasion de l'étape Savines-le-lac-Orange (231 km). C'est Gonzalo Aja qui passe en tête au Ventoux devant Raymond Poulidor et Raymond Delisle. Le sprint à Orange est remporté par Joseph Spruyt, équipier d'Eddy Merckx.

Après dix ans d'absence, le Tour revient au Ventoux pour un contre la montre le dimanche 19 juillet 1987 : Carpentras-mont Ventoux (36,5 km). C'est Jean-François Bernard en h 19 min 44 s qui l'emporte devant le grand favori, le colombien Lucho Herrera (h 21 min 23 s). Il s'empare également du maillot jaune. Mais, à Paris, c'est Stephen Roche qui gagnera le Tour de France.

Le 18 juillet 1994, lors de l'étape Montpellier-Carpentras (231 km), c'est l'Italien Eros Poli qui réalise un véritable exploit. Après 60 km de course, il part seul et, au pied du Ventoux (lui qui n'est pas grimpeur — 1,94 m, 85 kg), possède 20 minutes d'avance. Au sommet il a encore 5 minutes d'avance sur Marco Pantani et réussit à garder 3 minutes sur la ligne. Il gagne après 171 km d'échappée solitaire. C'est la dernière fois dans le Tour de France qu'une étape franchissant le mont n'arrive pas au sommet.

Le 13 juillet 2000, lors de l'étape Carpentras-mont Ventoux (149 km), devant 300 000 spectateurs, ce qui constitue un record pour le moment, on assiste à une montée royale du duo des deux derniers vainqueurs du Tour — Marco Pantani et Lance Armstrong. Armstrong moins fatigué paraît devoir gagner l'étape mais au dernier virage, il se rasseoit et laisse l'étape à Marco Pantani. Quelques jours plus tard, Armstrong gagnera son second Tour de France.

Le dimanche 21 juillet 2002, étape Lodève-mont Ventoux (220 km) à suspense, car après 200 km d'échappée collective Richard Virenque garde quelques minutes d'avance pour l'emporter devant Alexandre Botcharov et Lance Armstrong (avec un temps d'ascension finale de 59"00 minutes à partir de Bédoin) qui consolidait son maillot jaune et son avance sur Joseba Beloki (qui avait attaqué la première fois Armstrong avant le chalet Reynard).

Encore une nouveauté le 25 juillet 2009, avec l'arrivée de l'avant-dernière étape du Tour de France 2009, Montélimar-mont Ventoux (160 km). C'est Juan Manuel Gárate qui l'emporte en devançant sur le final l'Allemand Tony Martin, son compagnon d'échappée, faisant de lui le premier Espagnol à passer la ligne d'arrivée en tête au sommet.

Le Tour de France revient au mont Ventoux pour la 100e édition, le 14 juillet 2013 lors de la 15e étape, Givors-mont Ventoux[11], l'étape la plus longue du parcours avec 242 km. Jamais une étape menant au sommet du mont Chauve n'a été aussi longue et, si le Tour s'est arrêté par quatre fois un 13 juillet sur le mont, c'est la première fois que le Ventoux est gravi le jour de la fête nationale française. Par ailleurs, aucune étape n'a été aussi longue depuis le Tour de France 2000, qui avait trois étapes au-delà des 240 km. Plaçant une attaque en position assise à 7 km du sommet, le Britannique Christopher Froome, porteur du maillot jaune, l'emporte sur la ligne d'arrivée en s'imposant en solitaire devant le Colombien Nairo Quintana, avec une ascension finale en 59 minutes[12].

Critérium du Dauphiné libéré[modifier | modifier le code]

Le sommet du mont Ventoux au-dessus des nuages, fait rare.

L'ascension la plus rapide a été faite le 10 juin 2004, lors du contre-la-montre de la quatrième étape du Critérium du Dauphiné libéré entre Bédoin et le mont Ventoux :

  1. Iban Mayo en 55 min 51 s
  2. Tyler Hamilton en 56 min 26 s
  3. Óscar Sevilla en 56 min 54 s

Le mont Ventoux est régulièrement grimpé sur cette course en fin d'étape. En 1996, Richard Virenque devança Laurent Jalabert au sommet. En 1998, José María Jiménez s'imposa devant deux de ses coéquipiers de l'équipe Banesto[13]. En 1999, l'Américain Jonathan Vaughters fut le plus rapide dans le contre-la-montre partant de Bédoin. En 2000, c'est encore un Américain qui gagnait, Tyler Hamilton, mais cette fois-ci sur une étape en ligne. Le Russe Denis Menchov y a établi un doublé en 2002 et en 2006, devançant Christophe Moreau de très peu lors de sa seconde victoire. En 2005, la victoire revint à Alexandre Vinokourov. En 2007, c'est Christophe Moreau qui remporta la victoire au sommet, de même que la victoire finale du critérium. Enfin, en 2009, le Polonais Sylwester Szmyd s'impose juste devant Alejandro Valverde, qui lui offrit la victoire. Valverde avait attaqué à 10 kilomètres du sommet et pris le maillot jaune à Cadel Evans.

Paris-Nice[modifier | modifier le code]

En 1975, Eddy Merckx gagna l'étape du Ventoux sur Paris-Nice[14].

En 1984, le 11 mars, le local Éric Caritoux remportait l'étape du matin entre Orange et le mont Ventoux (64 km). En 1986, le 6 mars, Eric Van Lancker gagnait l'étape du matin entre le Rouret et le Chalet Reynard (118 km). En 1987, Seán Kelly s'imposait devant Stephen Roche entre Saint-Étienne et le Chalet Reynard (244 km).

Puis, la station du Mont Serein, sur le versant nord, a reçu une arrivée d'étape du Paris-Nice 2008. La victoire fut emportée par Cadel Evans devant le Néerlandais Robert Gesink qui ravit le maillot jaune à Sylvain Chavanel.

Statistique du mont Ventoux[modifier | modifier le code]

Les 50 meilleurs temps de montée du mont Ventoux[15] :

  1. 2004 : 55:51 Iban Mayo 23,10 km/h
  2. 2004 : 56:26 Tyler Hamilton 22,86 km/h
  3. 1999 : 56:50 Jonathan Vaughters 22,70 km/h
  4. 2004 : 56:54 Oscar Sevilla 22,67 km/h
  5. 1999 : 57:33 Alexander Vinokourov 22,42 km/h
  6. 1994 : 57:34 Marco Pantani 22,41 km/h
  7. 1999 : 57:34 Wladimir Belli 22,41 km/h
  8. 2004 : 57:39 Juan Miguel Mercado 22,38 km/h
  9. 1999 : 57:42 Joseba Beloki 22,36 km/h
  10. 2004 : 57:49 Lance Armstrong 22,31 km/h
  11. 1999 : 57:52 Lance Armstrong 22,29 km/h
  12. 2004 : 58:14 Inigo Landaluze 22,15 km/h
  13. 1999 : 58:15 Kevin Livingston 22,15 km/h
  14. 1999 : 58:31 David Moncoutie 22,05 km/h
  15. 2004 : 58:35 José Enrique Gutierrez 22,02 km/h
  16. 2009 : 58:45 Andy Schleck 21,96 km/h
  17. 2009 : 58:45 Alberto Contador 21,96 km/h
  18. 2009 : 58:48 Lance Armstrong 21,94 km/h
  19. 2009 : 58:50 Fränk Schleck 21,93 km/h
  20. 1999 : 58:51 Unai Osa 21,92 km/h
  21. 2009 : 58:53 Roman Kreuziger 21,91 km/h
  22. 2002 : 59:00 Lance Armstrong 21,86 km/h
  23. 2013 : 59:00 Chris Froome 21,86 km/h
  24. 1994 : 59:02 Richard Virenque 21,85 km/h
  25. 1994 : 59:02 Armand De Las Cuevas 21,85 km/h
  26. 1994 : 59:02 Luc Leblanc 21,85 km/h
  27. 1994 : 59:02 Miguel Indurain 21,85 km/h
  28. 1994 : 59:02 Roberto Conti 21,85 km/h
  29. 2009 : 59:03 Franco Pellizotti 21,85 km/h
  30. 2000 : 59:05 Marco Pantani 21,83 km/h
  31. 2000 : 59:05 Lance Armstrong 21,83 km/h
  32. 2009 : 59:05 Vincenzo Nibali 21,83 km/h
  33. 1994 : 59:07 Pascal Lino 21,82 km/h
  34. 1999 : 59:08 Tyler Hamilton 21,82 km/h
  35. 1999 : 59:08 Roberto Laiseka 21,82 km/h
  36. 2009 : 59:10 Bradley Wiggins 21,80 km/h
  37. 2004 : 59:12 Levi Leipheimer 21,79 km/h
  38. 2004 : 59:24 Michael Rasmussen 21,72 km/h
  39. 2004 : 59:27 Stéphane Goubert 21,70 km/h
  40. 2013 : 59:29 Nairo Quintana 21,69 km/h
  41. 2000 : 59:30 Joseba Beloki 21,68 km/h
  42. 2000 : 59:34 Jan Ullrich 21,66 km/h
  43. 1999 : 59:35 Txema Del Olmo 21,65 km/h
  44. 1999 : 59:43 Kurt van de Wouwer 21,60 km/h
  45. 2009 : 59:46 Jurgen Van Den Broeck 21,58 km/h
  46. 2004 : 59:47 Oscar Pereiro 21,58 km/h
  47. 2006 : 59:47 Denis Menchov 21,58 km/h
  48. 2006 : 59:47 Christophe Moreau 21,58 km/h
  49. 2009 : 59:49 Andreas Klöden 21,57 km/h
  50. 2004 : 59:50 David Moncoutie 21,56 km/h

Les chronos réalisé en 1999 et 2004 sont des CLM.

Cyclisme amateur[modifier | modifier le code]

Performances sur le Ventoux[modifier | modifier le code]

La route versant sud, vue du sommet.

Le 16 mai 2006, Jean-Pascal Roux a battu le record d'ascension en vingt-quatre heures par le seul côté de Bédoin, le plus noble mais aussi le plus difficile. Il a réussi la passe inédite de onze ascensions en vingt-quatre heures[16] . Son record a été égalé quelques mois plus tard par Stéphane Rubio, autre coureur local, le 23 septembre 2006[17].

Les 31 juillet et 1er août 2005, Jean-Michel Robert, un ancien coureur de catégorie Elite, a réalisé en un peu plus de 22 heures, neuf ascensions consécutives par Bédoin.

Cyclistes amateurs venant de grimper le Ventoux par Bédoin, vers 1905.

Le 28 juin 2004, Dominique Briand a réalisé, à la suite de Jean Pascal Roux, dix montées du géant de Provence en 22 h 42 min lors des Master Séries 2004, avec à son actif 3 montées par Bédoin, 3 par Malaucène et 4 par Sault.

Le 29 mai 2004[18], Jean-Pascal Roux, kinésithérapeute résidant à Bédoin, grimpeur de 1,88 mètre pour 76 kilos, a réalisé dix ascensions du mont Ventoux en 24 heures : 4 par Bédoin, 3 par Malaucène et 3 par Sault. Il s'empare du record du monde qui était jusqu'alors de 7 montées en 24 heures.

Le 16 mai 2007, Lode De Paepe, ingénieur belge, a réussi quatre ascensions du Mont Ventoux en 24 heures, sur un unicycle[19].

Masterseries[modifier | modifier le code]

Le Masterseries est un défi organisé chaque année fin juin ou début juillet, qui propose d'escalader le Ventoux un minimum de 5 fois Master, 3 ou 4 fois Expert, 1 ou 2 fois Challenger durant les 24 heures, avec ou sans assistance personnelle.

Les résultats :

  • 2009 : 9 ascensions par Bédoin pour Mark Haycraft. 7 autres participants réussiront 8 ascensions par Bédoin. Le record féminin est établi par Isabelle Esclangon avec 8 montées par Bédoin.
  • 2008 : 5 ascensions par Bédoin pour Pascal Bride et Joachim Mendler (épreuve sur 12 heures seulement).
  • 2007 : 9 ascensions pour Jacky Deconihout.
  • 2006 : 10 ascensions pour Stéphane Rubio. Les records de Jean-Pascal Roux et de Stéphane Rubio à 11 ascensions ont été réalisés indépendamment des Masterseries.
  • 2005 : 8 ascensions pour Paul Moog et Jacky Deconihout.

(Jean-Michel Robert a réalisé 6 ascensions par Bédoin).

  • 2004 : 10 ascensions pour Jean-Pascal Roux et Dominique Briand.
  • 2003 : 7 ascensions pour Hervé Morel et Dominic Rose[18].

Cyclosport[modifier | modifier le code]

Chaque année au début du mois de juin se déroule la Ventoux-Beaumes de Venise, une cyclosportive qui débute dans le village de Beaumes-de-Venise avant d'attaquer l'ascension du Ventoux généralement par le versant sud puis de revenir à Beaumes-de-Venise avec des parcours de 170 km, 102 km ou 75 km.

Au début du mois de septembre se déroule une autre cyclosportive, les Routes du Ventoux, débutant à Villes-sur-Auzon avant d'attaquer le Ventoux par le versant nord et retourner à Villes-sur-Auzon par les Gorges de la Nesque avec au choix des parcours de 151 ou 101 km.

Galeries[modifier | modifier le code]

D974 versant sud[modifier | modifier le code]

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D974 versant nord[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. BOUVET Philippe, BRUNEL Philippe, L’Équipe, cols mythiques du Tour de France, mars 2005, Article « Le Mont Ventoux, un inquiétant mont Chauve », p. 176
  2. « Le mont Ventoux. Le défi des grimpeurs », article paru dans le magazine Le Cycle no 340, juin 2005, p. 58
  3. « Le mont Ventoux. Col et sommet de légende de tous les cyclos », article de Serge Jaulin et Christine Grouiller paru dans CycloSport Magazine no 3, janvier/février 2005, p. 79
  4. MONDON Bernard, Les grandes heures du Tour de France au Ventoux, juillet 2003, Article « 1965 : Poulidor exact au rendez-vous… », p. 38
  5. « Mont Ventoux. Le géant de Provence », article paru dans le magazine Le Cycle hors-série n°506H, juillet 2005, p. 72
  6. « Le Mont Ventoux. Le défi des grimpeurs », article paru dans le magazine Le Cycle no 340, juin 2005, p. 59
  7. Bernard Schneider - Plus d’un demi-siècle de cyclotourisme
  8. « Mont Ventoux. Le géant de Provence », article paru dans le magazine Le Cycle hors-série n°506H, juillet 2005, p. 73
  9. a et b "Mont Ventoux. Le géant de Provence", article paru dans le magazine Le Cycle hors-série n°506H, juillet 2005, p. 71
  10. BOUVET Philippe, BRUNEL Philippe, L’Équipe, cols mythiques du Tour de France, mars 2005, Article « Le Mont Ventoux, un inquiétant mont Chauve », p. 173
  11. étape du Tour de France 2013
  12. Subiendo como una moto: Froome, high speed ascent up the Ventoux!
  13. Cyclisme - Critérium du Dauphine 1998 : résultats
  14. Les grands vainqueurs
  15. Statistique
  16. Vélo 101, site vélo
  17. Duel au sommet
  18. a et b "Jean Pascal Roux, le titan du Ventoux", article de Serge Jaulin, paru dans Cyclosport Magazine no 1, août/septembre 2004, p. 72
  19. (en) « 4x Mont Ventoux on unicycle », sur www.youtube.com

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carte IGN 3140ET Mont Ventoux , carte topographique à l'échelle 1/25000 éditée en 1999, mise à jour touristique de 1998
  • Le Mont Ventoux. Col et sommet de légende de tous les cyclos, article de Serge Jaulin et Christine Grouiller paru dans CycloSport magazine no 3, janvier/février 2005, p. 78-79
  • Le Mont Ventoux. Le défi des grimpeurs, article paru dans le magazine Le Cycle no 340, juin 2005, p. 56-60
  • Mont Ventoux. Le géant de Provence, article paru dans le magazine Le Cycle hors-série n°506H, juillet 2005, p. 70-73
  • Daniel Friebe et Pete Golding, Sommets mythiques : Cyclisme, les 50 cols incontournables d'Europe, GEO,‎ 2012, 224 p. (ISBN 978-2-8104-0296-0), p. 100-105

Lien externe[modifier | modifier le code]