Cuscuta

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La cuscute (Cuscuta) est un genre de 100 à 170 espèces de plantes parasites. Anciennement, les cuscutes étaient considérées comme le seul genre de la famille des Cuscutaceae, mais les recherches de l'Angiosperm Phylogeny Group ont montré que l'on pouvait les classer parmi les Convolvulacées. On trouve le genre dans toutes les régions tempérées à tropicales du globe, avec un maximum de diversité dans les régions subtropicales et tropicales. On compte beaucoup moins d'espèces en climat tempéré (avec par exemple 4 espèces indigènes d'Europe du nord).

Description[modifier | modifier le code]

Les cuscutes sont des plantes jaunes, orange ou rouges, rarement vertes. Elles sont reconnaissables à leur tiges fines, filamenteuses, apparemment sans feuilles, celles-ci étant réduites à de minuscules écailles. Elles ont très peu de chlorophylle ; certaines espèces comme Cuscuta reflexa sont capables d'effectuer un peu de photosynthèse, alors que d'autres comme Cuscuta europaea sont entièrement dépendantes de l'hôte pour la nutrition[1].

Les fleurs de cuscute ont des couleurs variant du rose au blanc, en passant par le jaune. Certaines éclosent en début d'été, d'autres plus tard, selon les espèces. Les graines sont petites et produites en grande quantité. Elles ont un tégument dur, et peuvent survivre dans le sol 5 à 10 ans, voire plus.

Les graines germent à la surface du sol ou un peu en dessous. La germination peut avoir lieu sans hôte, mais la plantule doit atteindre une plante verte avant 5 à 10 jours après la germination pour survivre. Avant d'atteindre une plante hôte, la plantule vit sur les réserves de la graine, comme les autres plantes. Les cotylédons, bien que présents, sont à l'état vestigial[2].

Parasitisme[modifier | modifier le code]

Un acacia couvert de cuscute au Pakistan.

Après que la cuscute a atteint une plante hôte, elle s'enroule autour des tiges. Si l'hôte contient des nutriments bénéfiques à la cuscute, celle-ci produit des haustoriums qui s'insèrent dans le système vasculaire de l'hôte. La racine d'origine meurt ensuite. La cuscute peut se développer et parasiter plusieurs plantes. Dans les régions tropicales, la cuscute se développe de façon plus ou moins continue jusqu'au sommet des arbres et arbustes. Dans les régions tempérées, les cuscutes sont des plantes annuelles, avec une végétation relativement restreinte par le développement en une saison.

Les cuscutes parasitent de nombreuses espèces végétales, dont un certain nombre de plantes cultivées, comme la luzerne, le lin, le trèfle, la pomme de terre, le chrysanthème, le dahlia, la bignone, le lierre ou le pétunia.

La gravité des attaques de cuscutes est très variable selon les espèces, selon l'hôte, la durée de l'attaque... En affaiblissant la plante hôte, la cuscute diminue sa capacité de lutte contre les virus ; la cuscute peut aussi participer à la transmission de pathogènes d'une plante à l'autre, si elle est installée sur plusieurs plantes à la fois.

La recherche de l'hôte[modifier | modifier le code]

Il a été démontré[3] que la cuscute détecte des composants chimiques volatils présents dans l'air pour trouver son hôte. La cuscute "sent" les "odeurs" émises par l'hôte potentiel. Ceci n'exclut pas d'autres moyens de détection (comme la lumière...)

Méthodes de lutte[modifier | modifier le code]

De nombreux pays ont une législation interdisant l'importation de graines de cuscute, obligeant d'avoir des semences de cultures non contaminées par les graines de cuscute. Lorsqu'un champ est infecté, il convient de planter des cultures non hôtes pendant plusieurs années consécutives. Un herbicide anti-germinatif peut être utilisé.

Liste d'espèces[modifier | modifier le code]

Selon NCBI (19 juil. 2010)[4] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Machado, M.A. & Zetsche, K. (1990) A structural, functional and molecular analysis of plastids of the holoparasites Cuscuta reflexa and Cuscuta europaea. Planta 181: 91-96.
  2. Macpherson, G.E. (1921) Comparison of development in dodder and morning glory. Botanical Gazette 71: 392-398.
  3. Science (Vol 313; Sept. 29, 2006) ; Runyon, Mescher, and De Moraes, chercheurs à la Penn State University
  4. NCBI, consulté le 19 juil. 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]

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