Currency school

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La Currency school est une école de pensée économique formée par un groupe d'économistes britanniques dans les années 1810 à la suite de la parution du Bullion report, pendant la période d'inconvertibilité de la livre anglaise entre 1797 et 1819 et à la suite des controverses que cette suspension a provoquées. Elle est illustrée par de grands économistes de l'époque comme David Ricardo, Henry Thornton et Robert Torrens.

Le currency principle[modifier | modifier le code]

L'émission trop importante de billets de banque en réduit la valeur (relativement aux autres biens), et provoque de l'inflation. Cette constatation de base se retrouve dans toutes théories de la monnaie, mais elles divergent sur la référence en fonction de laquelle on détermine la quantité acceptable de monnaie.

Pour les tenants de la currency school, la référence c'est la monnaie métallique, et plus spécifiquement l'or puisque c'est le métal monétaire au Royaume-Uni à l'époque de cette controverse. Donc la Banque d'Angleterre (la banque centrale du royaume) devrait ne mettre en circulation des billets de banque qu'à hauteur de la quantité de métal précieux qu'elle détient. Ainsi la stabilité de la valeur des billets sera garantie conformément au standard d'étalon or.

Controverse[modifier | modifier le code]

La controverse naît de la pratique de la banque d'Angleterre, qui suspend la convertibilité en or de ses billets entre 1797 et 1819, et augmente son émission en se basant sur d'autre biens que l'or, en application de la doctrine des effets réels.

La Currency school s'oppose à la Banking school, qui argumente que la valeur des devises peut être naturellement régulée par le désir des déposants en banque de convertir leur monnaie fiduciaire en or.

Un des éléments de la controverse est (déjà) l'idée que la croissance économique, en augmentant la quantité de biens, provoque une raréfaction relative de l'or (de la monnaie) qui en augmente indûment le prix (déflation), ce qui freinerait la croissance.

Application[modifier | modifier le code]

La Currency school remporte (au moins en théorie) le débat politique et sert de base doctrinale à l'adoption du Bank Charter Act, qui réglemente en trois étapes, 1826, 1833 et 1844, l'émission de billets en fonction de la détention d'or. En pratique cependant des suspensions auront lieu (en 1847, 1857, 1866...).

Le currency principle n'a pas freiné la croissance du XIXe siècle, mais ses détracteurs considèrent que ses (supposés) désavantages ont peut-être été compensés par le formidable accroissement du stock mondial d'or (et d'argent) en circulation à cette époque, avec les nombreuses découvertes de métal précieux dans le cadre des ruées vers l'or (de 1848 en Californie, celle qui a suivi en 1851 en Australie...), mais surtout les formidables progrès de l'extraction dans les mines d'or sud-africaines à partir des années 1890, procurant les heures fastes de l'histoire des mines d'or.

La panique financière de 1857 a montré ses limites.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]