Culture jeune

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Cet article fournit diverses informations sur la culture des jeunes.

On désigne généralement par jeune l'individu découvrant ou amorçant la vie adulte. La tranche d'âge, elle, peut être largement débattue. On différencie la culture jeune de la culture en général car elle a pour caractéristique de s'opposer plus ou moins explicitement à la culture de la génération précédente, dans ses représentations (art, sport, politique...) et dans son idéologie.

Cependant, le terme de culture jeune peut être largement critiqué car beaucoup trop général, les diversités socio-culturelles étant toujours prépondérantes.

Sommaire

Les spécificités de la culture jeune[modifier | modifier le code]

Statistiques sur les pratiques culturelles des jeunes[modifier | modifier le code]

Cette enquête sur les pratiques culturelles jeunes en France a été réalisée par le Ministère de la Culture et de la Communication dans le but d'analyser l'évolution des activités culturelles entre les différentes générations. Il y a eu cinq sondages : un en 1973 ; un en 1981 ; un en 1989 ; un en 1997 et un en 2008. Le sondage dont les chiffres sont repris ci-dessous est le plus récent, c'est-à-dire celui datant de 2008[1].

Le dispositif d'enquête a été identique pour chacune des cinq éditions : sondage auprès d'un échantillon représentatif de la population de la France métropolitaine âgée de 15 ans et plus, échantillon stratifié par régions et catégories d'agglomération, méthode des quotas, interrogation en face à face au domicile de la personne interrogée.

Pour l'enquête de 2008, la taille de l'échantillon était de 5000 personnes.Les résultats de cette enquête sont les suivants :

Ont pratiqué en amateur une activité artistique autre que musicale au cours des 12 derniers mois : 15-24 ans : 42 % 25-39 ans : 25 % 40-59 ans : 18 % Ont fait de la musique ou du chant avec une organisation ou des amis au cours des 12 derniers mois : 15-24 ans : 17 % 25-39 ans : 9 % 40-59 ans : 6 %

Sont inscrits et ont fréquenté une bibliothèque au cours des 12 derniers mois : 15-24 ans : 31 % 25-39 ans : 20 % 40-59 ans : 15 %

Ont lu 20 livres ou plus au cours des 12 derniers mois : 15-24 ans : 16% 25-39 ans : 14% 40-59 ans : 17%

Ont lu au moins un livre au cours des 12 derniers mois : 15-24 ans : 78 % 25-39 ans : 72 % 40-59 ans : 68 %

Lisent un quotidien (payant) tous les jours ou presque : 15-24 ans : 10 % 25-39 ans : 17 % 40-59 ans : 32 %

Écoutent de la musique tous les jours ou presque (hors radio) : 15-24 ans : 70 % 25-39 ans : 49 % 40-59 ans : 25 %

Regardent la télévision 20 h et plus par semaine : 15-24 ans : 27 % 25-39 ans : 36 % 40-59 ans : 40 %

Ont visité un musée ou une exposition temporaire d'art au cours des 12 derniers mois : 15-24ans : 42 % 25-39ans : 38 % 40-59ans : 39 %

Ont assisté à un concert de musique classique au cours des 12 derniers mois : 15-24 ans : 4% 25-39 ans : 6% 40-59 ans : 8%

Ont assisté à un spectacle de danse au cours des 12 derniers mois : 15-24 ans : 14% 25-39 ans : 10% 40-59 ans : 8%

Sont allés au théâtre au cours des 12 derniers mois : 15-24 ans : 28 % 25-39 ans : 17 % 40-59 ans : 18 %

Sont allés au cinéma 12 fois ou plus au cours des 12 derniers mois : 15-24 ans : 29 % 25-39 ans : 14 % 40-59 ans : 11 %

Sont allés au cinéma au moins une fois au cours des 12 derniers mois : 15-24 ans : 88 % 25-39 ans : 68 % 40-59 ans : 55 %

Sortent le soir au moins une fois par semaine : 15-24 ans : 70 % 25-39 ans : 46 % 40-59 ans : 31 %

D'après ces chiffres, on peut conclure que selon l'âge, les activités culturelles sont très différentes : relativement plus de sport pour la catégorie 15-24 ans que pour la catégorie 40-59 ans, beaucoup plus de sorties le soir, moins de télévision, beaucoup d'écoute de musique.

Les pratiques par classe sociale[modifier | modifier le code]

Voici un tableau présentant les différentes pratiques des parents et de leurs enfants de 10 à 14 ans selon leur classe sociale[2].

Type d'activités Parents Enfants
Cadres (en %) Ouvriers (en %) Cadres (en %) Ouvriers (en %)
Ordinateur 46 10 36 23
Activité artistique 14 3 22 22
Musique 91 78 80 76
Lecture 80 61 48 28
Sport 12 10 25 20
Jeux vidéo 3 5 36 33
Télévision 69 92 77 86

On peut constater que les parents cadres et leurs enfants utilisent plus les technologies comme l'ordinateur ou la musique que les ouvriers. Un enfant d'ouvrier regarde plus la télévision qu'un enfant de cadre. On peut aussi voir que les enfants de cadres pratiquent autant les activités artistiques que les enfants d'ouvriers.

Enquête sur les pratiques culturelles des élèves au lycée Condorcet de Saint-Quentin[modifier | modifier le code]

Les chiffres cités proviennent tous d'une enquête publiée par Anne-Sophie Destrumelle : La culture au cœur du projet d'établissement, cahier pédagogiques « Les arts à l'école », no 464, juin 2008, pages 51–52

Cette enquête s'est déroulée de 2006 à 2009 dans le lycée Condoret de Saint-Quentin qui est un établissement important regroupant un lycée professionnel à vocation tertiaire et industrielle de 819 élèves avec un lycée général et technologique de 891 élèves, auxquels s'ajoutent 270 étudiants en BTS[3]. Le projet s'est déroulé entre 2006 et 2009[3]

Les pratiques en lecture : À la question « aime tu lire ? », 58 % des élèves ont répondu "oui". Les genres les plus lus, dans l'ordre, sont les « romans autres que policiers ou d'aventures » puis les magazines puis le genre fantastique et les BD. Pour les élèves de LP, Souad, brûlée vive et Je vous demande le droit de mourir. 50 % des élèves ont lu un livre au cours du dernier mois. Pour les magazines, la fréquence la plus représentée est "Une semaine ou plus" puis "15 jours et un mois". Il y a un attrait particulier pour les « séries » Harry Potter, Eragon...

La musique: 97 % des élèves écoutent de la musique. Les genres les plus écoutés sont le rap puis le r'n'b puis la techno avec 40 %. 20 % écoutent de tous les genres. Pour finir, 16 % des élèves jouent d'un instrument en priorité guitare, flûte, piano.

Le cinéma: Dans le lycée, 92 % des élèves y vont. 34 % des derniers films vus l'ont été dans les 2 dernières semaines et 20 % dans les trois semaines et un mois.

Le rapport à l'art et au spectacle vivant : Musée : 80 % des élèves sont déjà allés au musée. 21 % d'entre eux y sont déjà allés hors du cadre scolaire souvent sur leur lieux de vacances. 20 % d'entre eux aiment voir des œuvres d'art. 45 % jugent le musée comme un endroit intéressant et 29 % trouvent sa ennuyeux. Scène : 73 % des élèves sont déjà allés voir une pièce de théâtre dont 12 % seuls ou en famille. 33 % d'entre eux déclarent « aimer aller au théâtre ", 33 % le trouvent « intéressant » et 22 % le trouvent « plaisant ». Concerts et spectacle de danse : 70 % disent être « déjà y être allés » dont 56 % « seuls ou en famille ». 40 % y sont allés de « une à trois fois » et 13 % « plus de 5 fois ».

Conception de la culture : Pour 54 % des élèves, la culture « aide à comprendre le monde dans lequel on vit », pour 48 et 47 % des élèves la culture est « enrichissante » et « importante ». Ensuite, pour 36 % « ça aide à réfléchir », pour 5 et 3 % « ennuyeuse » et « ne sert à rien ». 16 % du LP déclarent « pas pour moi » contre 7 % du LGT. Pour finir, 4 % du LP, 10 % du LGT et 7 % des BTS disent qu'elle est « difficile d'accès ».

La mode adolescente[modifier | modifier le code]

Mode et intégration des adolescents[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, la mode et les marques sont très importantes pour les jeunes. La mode est le signe qu'ils appartiennent à « une tribu » c'est-à-dire à un groupe social particulier d'après L. Baune, sociologue[4]. Grâce à la mode, les jeunes s'intègrent mieux. Les adolescents modernes ont pour la plupart des baskets, casquettes, jeans et tee-shirts siglés. Pour les jeunes d'aujourd'hui, la mode est un signe d'intégration. Ils ont leurs codes vestimentaires. Ils peuvent être similaires au niveau de leurs groupes mais avoir une identité vis-à-vis du reste du monde. La mode est primordiale pour eux, même si toutes les familles n'ont pas les moyens ou n'acceptent pas de rentrer dans cette logique de la mode. Pour certains jeunes suivre une mode, un style est un moyen de se démarquer vis-à-vis des autres, par exemple pour les gothiques.

D'après Henri Mendras et Michael Forse[5], « les modes se diffusent aujourd'hui à partir des pratiques de la classe moyenne et surtout des jeunes ». Le mécanisme de diffusion de la mode du haut vers le bas de l'échelle sociale est beaucoup moins marqué actuellement.

Les jeunes filles suivent la mode qui est présente partout (magazine, publicité...), tandis que les garçons eux s'habillent selon les marques. Mais la plupart s'habillent selon comment leur idole s'habille. La mode change tout le temps et les jeunes doivent donc se mettre à la page en suivant les magasin ou tout simplement les autres jeunes[6].

Récemment tous les jeunes jugent sur l'apparence des autres et les adolescents doivent donc suivre les normes vestimentaires du moment (la mode) pour ne pas être rejeté. Beaucoup, en choisissant d'imposer leur propre style vestimentaire n'arrive pas à s'intégrer. Pour ne pas être exclus, ils suivent la mode qui signifie pour la plupart reproduire le styles des autres plus populaires dans leur établissement[6].

La référence au sport[modifier | modifier le code]

La référence au sport est très présente dans le monde des jeunes, avec des vêtements inspirés des tendances américaines. Nike et Adidas sont parmi les marques préférées des jeunes. Les marques liées à des sports extrêmes ont aussi du succès (Rip Curl, Billabong, Quiksilver). Le « marketing jeune » est devenu un enjeu important : les entreprises démarchent même les jeunes à la sortie des lycée ; c'est le street marketing. Mais d'après Yan Dacquay, fondateur et président de communication spécialisé dans les 15-25 ans, les jeunes savent se défendre face au marketing : ils se repèrent bien, échangent des informations pour les produits et assument leurs choix.

L'influence des marques[modifier | modifier le code]

Les chaines vestimentaires tournées vers les jeunes[modifier | modifier le code]
Vêtements

De plus en plus, les chaînes de vêtements se développent dans le monde entier y compris en France[7]. Les jeunes sont de plus en plus concernés par la mode et ont des goûts de plus en plus variés. Les jeunes filles dépensent à peu près 800 euros d'habits par an, et vont plus faire les magasins que les adultes. Les commerçants ont donc baisser les prix afin de permettre aux jeunes de se faire plaisir sans se ruiner. Cependant certaines marques comme Abercrombrie pratiquent des prix élevés car elles sont surtout présents dans les capitales. Les nouvelles lolitas comme on les appelle, provoquent depuis 3 ans une révolution dans l'industrie de l'habillement. Zara et H&M ont été les premiers à répondre aux envies de consommation spécifiques de ces clientes. De plus en plus de chaînes leur emboîtent le pas en renouvelant tous les 10 jours leur offre « mode ». Ceci est une révolution pour les jeunes filles. Les vêtements et les accessoires sont des outils qui permettent aux jeunes de se différencier. Nike et Puma sont délaissés par les filles, qui depuis 10 ans se tournent vers Pimkie et d'autres marques similiares qui leur permettent d'adapter leur garde-robe à leurs envies changeantes[8].

Les lolitas[modifier | modifier le code]

Lolitas
Une spécificité pour les jeunes : les « lolitas »[modifier | modifier le code]

Une lolita est une préadolescente qui s'habille de façon sexy (en avance sur son âge)[9]. Mais les lolitas restent des jeunes filles préadolescente qui sont surveillées par leur mère. Les mères sont plus ou moins souples vis-à-vis de la tenue vestimentaire de leur fille selon les milieux. Pour les milieux populaires les mamans sont plus souples avec leur fille alors que dans les milieux plus aisés la jeune fille doit rester distinguée. Dans touts les types de milieux sociaux, les mères soutiennent au maximum leur fille mais gardent un œil sur les matières et les longueurs des habits porté par des filles non adultes [9].

Le rapport à la musique[modifier | modifier le code]

Le point de vue des jeunes[modifier | modifier le code]

La musique a le pouvoir de créer des liens : « à des concerts sur des forums elle permet de rencontrer de nouvelles personnes qui ont les mêmes goûts que nous. » déclare Marine une adolescentes interrogée par le magazine Phosphore[10]. Pour les jeunes, discuter de musique est très courant et répandu[11]: Le sociologue Clément Combes explique que : « Grâce au net, certains fans de musique hyperpointue entrent en contact avec d'autres fans du monde entier. » En effet, les nouvelles technologies permettent aux jeunes de télécharger la musique quand ils le veulent et gratuitement. Avec les téléphones portables, ils peuvent même s'échanger des musiques grâce au bluetooth. Sur Internet, on trouve tous les genres de musique, allant du rap guinéen au rock japonais. La musique n'a plus de frontières : « à travers tous ces styles, les jeunes peuvent mieux comprendre la culture d'autres jeunes et mieux respecter la différence. » note Chantal Dahan, responsable du pôle culture a l'Injep (Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire)[11].

Parmi les jeunes interviewés dans le magazine Phosphore de juin 2009, l'un affirme : « Je suis hyper critique avec ceux qui bouffent les nullités commerciales qu'on passe à la radio. C'est très souvent une source de conflit autour de moi. » Parfois, il vaut même mieux jouer de la musique ensemble plutôt que d'en parler : « Il n'y a pas de forme d'intimité plus grande que celle de deux personnes jouant de la musique. » [12].

Le sociologue Michel Fize affirme que : "La musique fait partie de la culture jeune depuis longtemps. Aujourd'hui, on a l'impression que les enfants naissent avec une partie de leur cerveau formatée pour l'écoute musicale. C'est donc plus que de la culture, la musique fait à présent partie de la nature [13]. Les goûts musicaux se déclarent de plus en plus tôt notamment grâce à Internet, car de plus en plus de titres sont disponibles, de plus en plus rapidement, de moins en moins chers, voire gratuitement.L'abondance de l'offre musicale pousse certains adolescents à collectionner les MP3. Certains en ont même des milliers dans leur ordinateur ou leur baladeur, qu'ils n'ont pas le temps d'écouter. Ce phénomène est expliqué comme une peur pour Michel fize, sociologue au CNRS : « Cela révèle une peur du vide, qu'il n'y ait plus rien au bout des écouteurs. La musique sert à briser les solitudes ; le face-à-face avec soi-même peut être générateur d'angoisse. Cette boulimie peut donc être une manière de se prémunir contre une éventuelle pénurie. » Pour le sociologue au CNRS Hervé Glevarec, la culture du partage entre jeune reste bien ancrée dans la vie des adolescents.

La musique et son influence[modifier | modifier le code]

« Les jeunes se tournent vers la musique qui, selon eux, les décrit le mieux » décode la musico-thérapeute, Gabrielle Fruchard. La musique influence la mode vestimentaire et les goûts musicaux sont influencés par l'éducation mais surtout par les médias. On la retrouve partout : Ipod, télévision, sur la toile, à la radio. Les goûts musicaux permettent de ranger les jeunes dans des cases : Il y a ceux qui préfèrent le rock, d'autres, le rap ou même le raegga ou le jazz[14]. Chaque musique a ses codes. Qu'ils soient vestimentaires ou au niveau des pensées. Les jeunes associent à la musique des notions de détente, d'émotion, d'évasion, de plaisir, de divertissement ou encore de communication, d'identification ou d'indépendance. L'adolescence est une période où les personnes s'identifient rapidement à des sons ou même à des personnages[14]. Les adolescents d'aujourd'hui sont plus plongés dans la musique que ceux des générations précédentes notamment grâce à l'évolution de la technologie comme les radios ou les téléphones portables. La musique influence le comportement des jeunes mais aussi leur style. Les grandes stars sont les modèles de notre époque comme Rihanna. Les guitaristes ou chanteurs représentent des modèles pour les jeunes du monde entier. De nos jours, le rappeur Eminem ou encore Metallica, le groupe de rock très connu vendent des millions de disques. La violence fait partie de l'univers des jeunes, le monde urbain est dur. La musique est donc le miroir de la société[15].

L'importance du sport[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne les jeunes et le sport plus de deux tiers d'entre eux pratiquent une activité sportive en dehors de l'établissement scolaire (69 %), 70 % de filles et 60 % de garçons. Cependant, il existe un écart selon la situation financière des parents.C'est dans les milieux défavorisés que les jeunes font le moins de sport, et plus le milieu social est élevé plus les jeunes en font[16].Aussi quand les parents sont hautement diplômés 83 % des filles contre 52 % des garçons pratiquent le sport. Exemple : les enfants de parents ayant obtenu leur Bac sont 75 % au total à pratiquer du sport. Au contraire, les enfants de parents sans diplômes sont 52 % à pratiquer du sport[17]. Le niveau scolaire est aussi un facteur : en effet, après 15 ans, la pratique sportive varie selon le niveau scolaire. Les lycéens en font plus que les collégiens 81 % contre 76 %[17]. Les collégiens et les lycéens font du sport, c'est un de leurs enseignement obligatoire. . Le revenu mensuel  des parents lui aussi joue sur la pratique ou non de sport chez les jeunes. Exemple : pour un revenu des parents de moins de 1 830 euros par mois, 60 % au total de jeunes pratiquent le sport. Pour un revenu des parents de plus de 2 745 euros par mois, 80 % des jeunes pratiquent le sport[16].

Le rapport aux nouvelles technologies[modifier | modifier le code]

D'après Laure Tabary-Bolka, Docteure en sciences de l'information et de la communication, l'adolescent d'aujourd'hui est baigné dans un univers numérique : téléphones portables, Ipods, jeux vidéo et surtout Internet. Une rupture se crée avec les générations précédentes car celles-ci ont dues s'adapter aux nouvelles technologies alors que l'adolescent « technophile », né dans les années 1990, a grandi avec elles. Les études statistiques menées ces dernières années montrent qu'internet est devenu le média le plus prisé des adolescents, qui lui consacrent maintenant bien plus de temps qu'à la télévision[18].

Tous les adolescents ne sont pas égaux devant les nouvelles technologies numériques : ceux qui n'ont pas accès à Internet se familiarisent plus lentement avec cet outil, alors que ceux qui possèdent une connexion dans leur chambre sont totalement « immergés ». Mais la majorité des adolescents a un accès régulier à Internet[18]. Les plus privilégiés ont acquis l'expérience de nombreux outils en ligne et savent manier de façon experte les blogs, les forums, les plateformes et partage d'images tels YouTube ou Dailymotion[18]. Les réseaux sociaux comme Facebook sont très importants pour les adolescents, ils permettent de se créer un cercle d'amis sur la base de la création d'un profil et de prises de contacts par «invitations». Ils permettent également l'existence de communautés virtuelles[18].

Les jeunes ont le désir de développer une relation intime avec leurs objets communicants. Ils utilisent le plus souvent les consoles de jeux, lecteurs MP3, téléphones portables[19] Le problème des nouvelles technologies aujourd'hui est lié à une fracture d'usage entre d'un côté les adolescents qui bénéficient d'une mise en garde contre les pièges d'Internet de l'autre côté les adultes qui ignorent les nouvelles technologies mais qui peuvent être obligés d'en utiliser et enfin les adolescents de milieux défavorisés qui ne bénéficient pas de mise en garde contre les dangers d'Internet[19].

Le portable[modifier | modifier le code]

Les téléphones portables prennent une place importante dans la culture jeune. Ceux-ci permettent de rester en contact à distance et cette proximité avec leurs amis est importante pour les adolescents. Ils se sont appropriés les mini-messages : les SMS, et en ont fait leur jardin secret. Les SMS prennent quelques libertés avec l'orthographe conventionnelle et séduisent particulièrement les 15-25ans[20]. Avec leur dialecte et leurs rituels, les SMS sont devenus indissociables de la vie quotidienne. C'est un langage codé, un signe de reconnaissance, la preuve que les adolescents font tous partie de la même communauté.

La génération précédente, se laisse à son tour séduire par les SMS. En effet les adultes sont en train d'apprendre les SMS grâce à leurs enfants d'après Carole-Anne Rivière, sociologue, psychologue et psychanalyste. Le développement des communications par SMS pourrait dessiner dans les années à venir, « une nouvelle forme du maintien du lien parents-enfants dans la vie quotidienne ». Ils pourront avoir une fonction de surveillance et d'urgence dans certaines situations de la vie familiale. À ce moment-là, on peut imaginer que les téléphones portables ne seront plus perçus comme une affaire de génération[20].

Les opérateurs ont su exploiter l'usage particulier du téléphone portable qu'ont les adolescents. Les jeunes sont, en effet, des cibles idéales pour les opérateurs car ils ont adapté des forfaits spécialement pour que les jeunes les achètent, par exemple des forfaits avec de la musique ou des cartes mémoires qui peuvent stocker 3 à 9h de musique, les jeux vidéo sur le portable, les chats. Il existe aussi des offres comme des places de concert à gagner, des réductions sur les CD avec NRJ mobile ou des places pour les émissions de la chaîne de M6, gagner des heures pour écouter la chaîne M6 music avec M6 mobile mais aussi SFR qui propose en 2006 la 3G. Les téléchargements sont aussi très fréquents chez les jeunes, donc il y a des offres sur les téléchargements aussi et pour finir, certains prix sont bas comme les cartes rechargeables à partir de 5 €. Les grands opérateurs se sont aussi intéressés à la musique, à un contenu à haute valeur ajoutée, au produit d'appel ce qui pousse les clients à avoir un portable plus sophistiqué et à utiliser des réseaux de haut débit mobile dans lesquels ils ont investi des milliards d'euros. Les sonneries, musiques d'attentes ont rapporté 200 millions d'euros de recette soit 10% du marché français de la musique, en 2004[21].

Internet et les réseaux sociaux[modifier | modifier le code]

Internet permet également aux adolescents de télécharger des musiques ou des films, de regarder des films ou des séries en streaming. La télévision et Internet inspirent les jeunes sur les goûts et leur façon de penser. Les adolescents ont souvent tendance à s'identifier à des stars, des personnages de séries télévisées ou autres célébrités. Les célébrités jouent un rôle important dans la construction de l'adolescent et Internet joue donc un rôle primordial. Grâce au web les adolescents peuvent se procurer des images et des informations sur leurs célébrités préférées. Le cinéma était autrefois la source essentielle du « star system ». Aujourd'hui, les jeunes passent plus de temps sur internet qu'au cinéma[18]. Pour se documenter ou discuter avec d'autres fans il existe des blogs ou des communautés. Ceux-ci permettent de réunir des personnes ayant les mêmes goûts et références. Les nouvelles technologies comme Internet comportent aussi des dangers comme la publication de photos compromettantes sur des réseaux sociaux (Facebook) car lorsque l'on publie des photos, on laisse une trace sur le web[18].

Le rapport à la lecture[modifier | modifier le code]

Les jeunes lisent-ils encore ?[modifier | modifier le code]

D'après l'enquête du sociologue Christian Baudelot[22], on a pu constater que c'est à l'entrée dans l'adolescence que la pratique de la lecture est la plus massivement abandonnée et «  à la sortie du lycée, un élève sur deux ne lit quasiment pas ou plus de livres à titre personnel » En 2005, 45 % des garçons et 21 % des filles entre 15 et 20 ans déclarent ne pas avoir lu un seul livre durant l'année. (Chiffres de l'INSEE)

Une jeune enseignante de lettres travaillant dans un collège de Seine-Saint-Denis témoigne que ses élèves ne lisent jamais. Elle trouve que, mis à part sous la forme de texto ou de « chat » sur Internet, l'écrit ne leur est pas accessible[23].

Avant la révolution numérique, la lecture prenait une place plus importante dans les loisirs des jeunes. En effet, elle leur permettait de s'évader, de rêver, contrairement aux jeunes d'aujourd'hui qui utilisent Internet pour communiquer et se documenter[23].

Quand on les interroge les adolescents n'ont pas le sentiment de manquer de lecture, ils choisissent eux-mêmes leurs lectures, certains lisent plus que d'autres[23].

Ainsi, le phénomène Harry Potter a permis aux jeunes de découvrir un autre type de lecture devenu un lien social. En effet, les lecteurs se passent les livres, lisent les mêmes livres en même temps et peuvent donc en parler. De plus, les films peuvent donner envie de découvrir les livres[23].

L'école ne doit pas être la seule à transmettre la lecture les parents et les grand-parents doivent aussi raconter des histoires et encourager la lecture[23].

La BD connaît un essor très important car elle est facile à lire distrayante par les images et n'a pas de lien avec le travail scolaire[23].

Il est difficile de savoir quels auteurs sont choisis par les jeunes. Deux enquêtes sociologiques (1999 et 2003) montrent que la science-fictions et les romans policiers sont de loin les genres les plus lus[23].

Des différences entre les filles et les garçons[modifier | modifier le code]

D'après Michael Smadja, journaliste au Magazine littéraire, le livre se trouve concurrencé, surtout chez les garçons, par les jeux vidéo et les jeux en lignes. Les filles lisent plus de livres que les garçons. Au collège, la lecture a une connotation féminine. De plus, la lecture est assimilée à l'école primaire dont les collégiens veulent se détacher[23].

L'explosion de la littérature adolescente. Exemple : Twilight[modifier | modifier le code]

Dans l'enquête qu'a fait Michel Abescat, nous pouvons voir que ce roman a eu une grande influence sur les jeunes, particulièrement les jeunes filles. L'acteur principal, surnommé Edward joue le rôle du garçon séducteur ce qui fait effet sur les jeunes lectrices. En effet, les jeunes s'intéressent surtout aux lectures crées pour eux. De plus, un nouveau genre littéraire a émergé, c'est la littérature jeunesse[24].

Le roman jeunesse est perçu par certains comme étant de la sous-littérature alors que l'offre est d'une grande richesse, les textes bien construits et bien écrits et parfois ambitieux.

Le phénomène Twilight a incité les jeunes à écrire sous forme de blog ou à parler de leurs lectures et de leurs films[22].

Twilight c'est quatre livres, un film et 2 700 000 spectateurs et spectatrices. Ce qui attire la plupart des jeunes lectrices est le mélange de sentiments et de fantastique[23].

Les éditeurs ne publiaient que du format de poche, car il craignaient les textes trop épais, et doutaient de la capacité des plus jeunes à lire de « gros livres ». Ils se trompaient, car au contraire plus le roman est en grand format plus cela est confortable et surtout plus valorisant pour les lecteurs de jeunes âges[23].

Les pratiques politiques[modifier | modifier le code]

Introduction[modifier | modifier le code]

Le comportement politique des jeunes a évolué depuis ces trente dernières années. Ils sont conditionnés par l'environnement familial qui donne les premiers repères et les premières grilles de lecture. L'environnement contemporain, c'est-à-dire l'actualité, joue aussi un rôle important dans la construction de l'identité politique des jeunes[25].

L'époque dans laquelle nous vivons, permet aux jeunes de s'informer directement sur la politique, par le biais des médias comme les journaux ou Internet. Néanmoins, le contexte actuel de crise accentue les difficultés à se repérer dans les différents courants politiques qui existent. Par ailleurs, l'élection présidentielle de 2002, marquée par la présence de l'extrême-droite représentée par Jean-Marie Le Pen, a donné la possibilité à la jeunesse de descendre dans la rue et de se mobiliser contre la présence de ce dernier. En hausse depuis ces vingt dernières années la protestation est une tendance importante chez les jeunes, comparée même à une forme de « socialisation politique » qui précède parfois le vote. Que ce soit par les manifestations, la signature de pétition ou encore le boycott, la jeunesse tente de se faire entendre[25].

Un intérêt pour la politique mais une défiance envers ses acteurs[modifier | modifier le code]

Une défiance des jeunes envers le personnel politique reste très marquée : ils sont 84 % à faire peu ou pas confiance du tout aux hommes politiques pour que la société évolue dans le sens qu'ils souhaitent, selon l'enquête 15-35 ans : les individualistes solidaires[26]. Toujours selon la même enquête, cela ne marque en aucun cas un désintérêt pour la politique[27].

Dans la représentation collective, les jeunes sont perçus comme contestataires mais sans vraies convictions. Ceci est un cliché. En effet d'après la journaliste Flore Thomasset, auteure de « Les 15-30 ans : une génération sans carte », ces derniers favorisent des engagements ponctuels et ciblés sur des points concrets et précis, plutôt des actions coup de poing. Par conséquent, il en ressort une grande homogénéité dans les prises de positions sur leurs considérations sur la politique et la citoyenneté. Ces engagements se constituent autour de valeurs constantes. Malgré un certain pessimisme de la part de la jeunesse quant à l'avenir de la société, il se dégage une nouvelle formulation du pacte républicain et une approche renouvelée de la citoyenneté qui se traduit notamment par une nouvelle devise « égalité, respect, solidarité » à la place de « liberté, égalité, fraternité ». La jeunesse a soif de respect, c'est-à-dire le droit de chacun en tant qu'individu à la différence et à la solidarité. Autre traduction de ce désir de changement, ce n'est pas tant le rejet du pouvoir politique qui domine mais le souhait que les instances politiques soient organisés en y associant plus directement le citoyen[27].

Quelques statistiques[modifier | modifier le code]

Bernard Roudet, sociologue à l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep) et auteur de : « Des jeunes davantage impliqués et plus protestataires », remarque que 2 % des 18 – 29 ans se disent « très intéressés » par la politique, durant la période 1999 – 2008. D'autres chiffres nous le montrent, 17 % en discutent fréquemment et 60 % d'entre eux suivent l'actualité politique[28]. À l'inverse, 30 % se déclarent « pas du tout intéressés » et n'en discutent « jamais ». L'auteur, remarque une « radicalisation » chez les jeunes, avec 13 % qui se situent à l'extrême gauche et 4 % à l'extrême droite. En revanche, il note un intérêt pour les formes de participation politique dites « non-conventionnelles ». Par exemple, 2 jeunes sur 3 ont déjà signé une pétition et la moitié a déjà participé à une manifestation. Les pratiques dites « conventionnelles », comme le vote, restent marginalisées et très intermittentes dans cette partie de la population[28].

Des différences selon les classes sociales[modifier | modifier le code]

Un récent sondage de l'institut Viavoice-Animafac (réseau d'associations étudiantes), vient de paraître, demandé par le quotidien Libération, il s'intitule : « Des jeunes abandonnés en rase campagne ». Il a été réalisé deux mois avant l'élection présidentielle de 2012 sur un échantillon de 1008 personnes âgées de 18 à 25 ans. L'enquête montre que la jeunesse est « soucieuse » de l'avenir de la France et de l'Europe mais est « heureuse » même si celle-ci est consciente qu'elle devra affronter une existence plus « difficile » que celle de leurs ainés.

Aux dernières élections cantonales (en mars 2011), 18 % des 18-25 ans qui ont voté, ont voté pour le FN. Il s'agit là d'une tendance marquée chez les jeunes car ils voient dans ce parti une revendication « anti-système »[29].

Un engagement local important[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas d'âge pour agir : les jeunes aussi s'engagent. Même s'ils ne sont pas encore en âge de voter, ils ont la possibilités de s'exprimer et d'agir en politique. Il faut savoir qu'être délégué de classe durant sa scolarité, c'est une forme d'engagement. Mais les adolescents voient plus grand et s'investissent de plus en plus dans des associations, des projets ponctuels et des dispositifs mis en place par les collectivités territoriales. Le premier conseil a été mis en place en 1979 par la municipalité d'une ville d'Alsace. Il existe aujourd'hui plus de 1500 conseils locaux de jeunes en France. Les régions et départements s'ouvrent de plus en plus aux jeunes[30]. De nombreux jeunes, entre 9 et 25 ans, veulent s'engager, agir sur leur lieu de vie et défendre des idées et des valeurs. Pour cela, des conseils municipaux de jeunes sont créés pour leur permettre de trouver des solutions, d'améliorer les choses car ils sont de plus en plus nombreux à vouloir se démarquer de "l'égoïsme ambiant" disent certains d'entre eux. Ces conseils leur permettent de découvrir le fonctionnement des institutions tout en leur apprenant à monter des projets[30]...

Un lien entre héritage et expérimentation[modifier | modifier le code]

Dans les débats actuels revient régulièrement la question sur la dépolitisation des jeunes. Mais des études prouvent le contraire : les jeunes entretiennent avec la politique un lien entre héritage et expérimentation. En effet, ils sont confrontés à un double impératif : s'identifier à leur aînés et innover. L'impression de non-action des jeunes dans la vie politique est due à leur forme d'engagement changeante, tout comme le contexte actuel de l'action politique. La société, d'un point de vue politique, est différente de celle de leurs parents. La mondialisation rend l'utilité de l'action collective moins importante au niveau national. Quant aux partis politique, les repères sont de plus en plus brouillés et les oppositions gauche-droite ne sont plus aussi évidentes. Ainsi, ces évolutions influent sur les comportements électoraux des jeunes[31]. Il est vrai que, de nos jours, les jeunes votent moins que leur aînés et sont quelques fois en retrait du jeu électoral. Lors de la présidentielle et des législatives de 2007, les 18-24 ans ont été 30.9% à voter à tous les tours, 12.3% à s'abstenir systématiquement et 12.9% à s'abstenir à la présidentielle seulement[32]. Mais ils peuvent aussi être des acteurs de premier rang comme lorsqu'ils s'impliquent dans la défense des droits de l'Homme et prennent la tête de mouvement de revendication liés à l'éducation ou à la formation. L'action politique des jeunes n'a donc pas disparu, c'est le contenu de leur engagement qui a changé[31].

Les groupes politique "jeunes"[modifier | modifier le code]

Les principaux syndicats et partis politiques sont ici reflétés à travers des associations jeunes. Antichambre, pour propulser la jeunesse dans la politique ou juste avoir un opinion, ces groupes politiques jouent un rôle majeur dans la politique chez les jeunes.

L'investissement en politique[modifier | modifier le code]

D'après l'enquête d'Anne Muxel, sociologue et directrice de recherche au CNRS, on pointerait les jeunes comme inintéressés par la politique ; 1 % des jeunes adhèrent à un parti politique et 4 % des jeunes travailleurs à un syndicat. Mais chez les adultes l'adhésion n'est que légèrement plus forte ; 1 % dans des partis politiques et 8 % dans les syndicats. L'abstention est aussi un argument récurrent pour démontrer le non dévouement des jeunes à la politique. Et il est vrai que régulièrement, le taux de participation chez les jeunes est moins élevé d'environ dix points par rapport aux autres classes d'âge. On observe une alternance entre participation et retrait, et le fait que les jeunes perçoivent le vote plus comme un droit qu'un devoir joue un rôle dans cette hésitation. Bien que la famille soit un rail majeur dans les créations idéologiques, les jeunes se positionnent plus à gauche que leurs aînés[33].

Des jeunesses différentes[modifier | modifier le code]

Des différences entre milieux sociaux[modifier | modifier le code]

Les pratiques culturelles des jeunes varient beaucoup en fonction du milieu social auquel ils appartiennent. Une étude menée dans un quartier populaire de la ville de Saint-Étienne illustre les pratiques des jeunes de milieu défavorisé. Des entretiens ont été menés avec des professionnels au contact des jeunes (éducateurs, police nationale, commerçants...) et avec quelques groupes de jeunes (de 6 à 20 ans). D'après cette étude, les jeunes des quartiers ont besoin de se retrouver, d'être en groupe. Ils vont régulièrement au centre-ville, tournent en voiture, en scooter ou à pieds. Les jeunes manquent d'activités surtout en soirée ; ils fument, consomment de l'alcool. Ils écoutent de la musique . Les garçons font des sports différents des filles : ils sont plus sportifs et pratiquent du sport comme le football et les filles pratiquent plutôt la natation ou le volley. L'informatique pour les jeunes sert à communiquer et à jouer. Quand ils parlent, ils mélangent l'argot, le français et l'arabe mais ils n'arrivent pas bien à exprimer leurs pensées, leurs souhaits, leurs désirs, de gérer leurs émotions. Du coup ils réagissent mal face à cette difficulté de communiquer et ils se sentent rejetés de la société donc ils s'expriment souvent avec agressivité. Dans les « quartiers » de Saint-Étienne (Saint-Chamond, Layet), l'appartenance musulmane est revendiquée par les jeunes mais souvent symbolique (pas de respect des interdits, peu de pratique). Les jeunes se qualifient eux-mêmes de « jeunes de quartier » à cause des vêtements, des grands immeubles. Les relations avec les parents sont difficiles même s'ils ne peuvent pas s'en passer. Ils se disputent à cause du manque de travail des jeunes ou parce qu'ils sont sans logement après 18ans ou parce qu'ils vivent au-dessus de leurs moyens. Avec la police, les relations sont aussi tendues. En ce qui concerne l'école elle est avant tout perçue positivement, comme un moyen de prendre sa place dans la société mais en cas d'échec, cependant, le rejet de l'institution est total[34].

Les loisirs et les pratiques culturelles des jeunes paraissent semblables. Mais, il existe des inégalités d'accès. S'inscrire à un club d'équitation ou s'offrir un mois de congé au bord de la mer, n'est pas donné à tous les jeunes. Les inégalités d'accès aux loisirs entre les jeunes sont liées à divers éléments : études, milieu familial... D'après une étude de 2000, réalisé par l'Observatoire des inégalités sur les 15-30 ans, 17 % des personnes qui ne sont pas diplômé sont allées au théâtre au moins une fois dans l'année, contre 57 % qui ont un diplôme supérieur au bac[35].

D'après Jean-Charles Lagrée, dans l'article « Y a-t-il une culture jeune ? », il y a moins de distance entre un jeune des classes cultivées et ses parents en termes de pratiques culturelles, qu'entre deux jeunes d'une même génération qui sont d'un milieu social très différent. C'est pour ces derniers que le caractère "jeunes" des pratiques culturelles et des modes de vie s'affiche le plus clairement. Ce caractère jeune se dégage plus nettement sur certains domaines : la musique, les sorties distractives notamment. Enfin, les jeunes éprouvent un moindre intérêt pour les actualités[36].

Des écarts à la norme[modifier | modifier le code]

Par rapport au corps : tatouage, piercing, mutilations[modifier | modifier le code]

Les piercings et tatouages[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, les tatouages et piercings, ont droit de cité. Après avoir échappé aux sous cultures (punk, métal, grunge), cette pratique fait l'objet d'un véritable engouement. Patrick Pélege, docteur en sociologie de l'EHESS (école des hautes études en sciences sociales), explique le succès grandissant de ces marques corporelles : pour la jeune génération, le corps est un objet malléable, remaniable selon les désirs d'appartenance, ou de distinction. Cela met en relief la nécessité de compléter par une démarche personnelle, un corps qui n'arrive pas à incarner une identité[37]. En le modifiant, on modifie son rapport au monde. Les piercings comme les tatouages, sont une forme radicale de mise en valeur de soi, pour échapper à l'indifférence.

Par rapport à la loi : la consommation de drogue, d'alcool[modifier | modifier le code]

Tous les pourcentages ci-après liées à la consommation de drogue et d'alcool sont tirés de la revue écrite par Virginie Baron[38].

Drogue[modifier | modifier le code]

De plus en plus de jeunes (15-27 ans) prennent des drogues car durant l'adolescence, il y a une période privilégiée de quête et d'expérimentations nouvelles propices à l'adoption de comportements à risque. La consommation de drogues appartient à cette panoplie de comportements dont les adolescents sont particulièrement friands. Les drogues remplacent plus ou moins la cigarette. Beaucoup prennent des drogues aux effets courts en temps et peu violents comme le cannabis. Mais ils commencent à prendre des drogues dures comme la cocaïne, GBL, ecstasy, crack... La consommation de cannabis étant la drogue la plus utilisée par les jeunes, 12,3 % des jeunes fumaient régulièrement en 2002. Leur proportion a baissé à 10,8 % en 2005. Les moins de 35 ans sont favorables à 41 % à la dépénalisation du cannabis.

Alcool[modifier | modifier le code]

L'alcool apparaît chez les jeunes comme un moyen de transgression d'accès plus facile et moins marqué socialement que la drogue. Les enquêtes le confirment d'ailleurs clairement : à travers l'alcool, ce que les jeunes recherchent avant tout, c'est de pouvoir aller vers les autres sans (trop) craindre d'être rejetés[39]. Chez les jeunes d'environ 17 ans : 50 % des filles ont déjà bu de l'alcool, 63 % des garçons on déjà bu de l'alccol, 2,3 % des garçons boivent régulièrement[38]. La consommation d'alcool est en augmentation constante chez les jeunes. Mais si elle commence de plus en plus tôt (dès 12 ans !), les cas de réelles dépendances restent très rares. Les études démontrent que l’alcoolisation de l’adolescent est de plus en plus fréquente. Elle se réalise souvent sous forme d’ivresse. Les garçons continuent à davantage s’alcooliser que les filles, mais celles-ci rattrapent leur « retard » à grande vitesse[39]. La consommation régulière d'alcool chez les adultes diminue, mais on assiste à une recrudescence des comportements extrêmes chez les jeunes. Cette recherche de sensations fortes peut avoir de graves conséquences : traumatismes, troubles respiratoires, comas… De plus, ces fréquentes hyperalcoolisations pourraient conduire à des lésions cérébrales. Les lésions seraient dues à la réduction durable de la neurogenèse au niveau de l’hippocampe (pertes de mémoire), jouant un grand rôle dans la mémoire. Ces lésions sur le cerveau sont irréversibles et laisseront des séquelles sur les capacités de mémorisation.

Un exemple particulier : les gothiques[modifier | modifier le code]

Femmes gothiques.

À ne pas confondre avec le mouvement gothique. Les jeunes dits « gothiques », souvent par abus de langage, ont un goût particulier pour les musiques et la mode alternatives, les couleurs sombres, et manifestent en général une attirance pour le côté sombre de la vie (romantisme, cimetières, etc.).

Les sociologues et les pouvoirs publics s'avèrent être dans l'incapacité de déterminer le nombre de jeunes gothiques en France. Malgré les inquiétudes de certains, le risque de manipulation par les mouvements sectaires de type sataniste est extrêmement faible. Parfois, les jeunes gothiques se scarifient et se mettent en danger (envies suicidaires, mutilations, et autres pratiques) mais ces comportements à risque ne sont pas forcément à mettre en lien avec la culture du noir et relèvent davantage d'un mal-être intérieur. Les gothiques ne sont pas violents envers les autres, mais se sentent différents d'eux. Parfois isolés ou solitaires, certains se réfugient sur le net pour permettre de garder une vie sociale, pour connaître des gens ou même pour se connaître entre eux.

D'un point de vue musical, les jeunes gothiques se caractérisent par leur anticonformisme et un goût pour les styles musicaux alternatifs, comme le métal(les goûts sont très variés et vont d'Iron Maiden à Marilyn Manson) le punk, ou le batcave avec Virgin Prunes ou Christian Death qui interprètent entre autres des chansons qui ont fait scandale. Ainsi la revendication d'appartenir au style gothique ne relève pas simplement d'un désir d'opposition au modèle parental ou social, ou à la volonté d'appartenir à un groupe : le développement de goûts personnels différents l'expliquent en grande partie.

Références[modifier | modifier le code]

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  2. enquête Loisirs Culturels des 6-14 ans, 2002, DEPS, Ministère de la culture.
  3. a et b Cahier pédagogique "Les arts à l'école", La culture au cœur du projet d'établissement page 51, introduction
  4. La religion des marques, information sociale, numéro 137, janvier 2007
  5. Le Changement social, Mendras et Forse, d'Armand Colin, 1983
  6. a et b pascal richard ; la mode fille garçon ; Le Monde ; 10 septembre 2003; 18233
  7. Florence Amalou .« les enseignes de l'habillement se disputent les lolitas, Le Monde 18303, 1er décembre 2003 p. 14
  8. Florence Amalou, « les enseignes de l'habillement se diputent les lolitas », Le Monde, 18303, 1er décembre 2003 n°233S p. 14
  9. a et b Philippe Liotard et Sandrine, Jamain -Samson, Aurélia Mardon, « De bien sages lolitas », Sciences humaines, janvier 2012, p 14
  10. La numériphose des pratiques de consommation musicale, le cas des jeunes amateurs, de C. Combes et F. Granjon, paru dans le magazine Phosphore, en juin 2009, à la page 15
  11. a et b La numériphose des pratiques de consommation musicale, le cas des jeunes amateurs, de C. Combes et F. Granjon, paru dans le magazine Phosphore, en juin 2009, à la page 15
  12. La numériphose des pratiques de consommation musicale, le cas des jeunes amateurs, de C. Combes et F. Granjon, paru dans le magazine Phospohore, en juin 2009, à la page 15
  13. http://www.vosquestionsdêparents.fr/dossier/686/adolescents-la-vie-en-musique/page/2
  14. a et b Phosphore, juin 2009, 0249-8138, p 16
  15. http://www.lignesdecritures.org/Les-rapports-des-adolescents-a-la.html
  16. a et b http://www.jeunesse-sports.gouv.fr
  17. a et b http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ip932.pdf
  18. a, b, c, d, e et f Laure Tabary-Bolka ; Culture adolescentes, pratiques numériques, Inter CDI n°220 juillet/août 2009, p 46 à 51
  19. a et b Serge Tisseron, l'adolescent et internet : comprendre pour guider, cahiers pédagogiques, janvier 2011, n°486, page 19-20
  20. a et b Le Monde, 12 août 2002, page 5
  21. Gaëlle Macke et Nathalie Brafman, Le Monde, 18 octobre 2005, page 18.
  22. a et b C. Baudelot, M. Cartier, C. Detrez, Et pourtant ils lisent..., éd. du Seuil, 1999.
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  24. Télérama, n° 3094, du 2 au 8 mai 2009, page 30 à 33
  25. a et b Animafac, 12 mars 2010, consulté le 17/01/2013 : http://www.animafac.net/les-jeunes-et-la-politique-je-t-aime-moi-non-plus/ Les voies de la politisation chez les jeunes
  26. http://www.animafac.net, 12 Mars 2010, consulté le 06/02/2013 : http://www.animafac.net/les-jeunes-et-la-politique-je-t-aime-moi-non-plus/# Les valeurs politiques des jeunes
  27. a et b http://www.animafac.net, 12 mars 2010, consulté le 06/02/2013 : http://www.animafac.net/les-jeunes-et-la-politique-je-t-aime-moi-non-plus/# Les valeurs politiques des jeunes
  28. a et b Julien Bonnet, Jeunes : le retour à la politique, Sciences Humaines, mars 2011, n°224, page14
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  30. a et b « Conseil de jeunes : pas d'âge pour agir » réalisé par Marie Émilie Colle dans Les Clés de l'actualité (Toulouse) paru le 06/06/2007, n°714, p.14-15.
  31. a et b http://www.cnrs.fr/Cnrspresse/n389/html/n389a01.htm
  32. http://www.injep.fr/IMG/pdf/JES8_votedesjeunes.pdf
  33. Auteurs : Anne Muxel Titre : « Les jeunes ont un nouveau rapport au politique » Journal : Sciences humaines, n° 234 02/2012 Article en pages 44-45
  34. http://www.agglo-st-etienne.fr/fileadmin/user_upload/03_pres_de_vous/votre_quotidien/solidarite/Synth-ese_etude_action.pdf
  35. http://www.inegalites.fr/spip.php?article1026
  36. Jean-Charles Lagrée, « Y'a-t-il une culture jeune ? », Notes et études documentaires. La Documentation française, 1989
  37. http://www.express.be/business/fr/hr/les-tatouages-sont-comme-limmobilier-ce-qui-compte-vraiment-cest-la-surface-et-lemplacement-lemplacement-lemplacement/161959.htm
  38. a et b revue écrite par Virginie Baron. Drogue:De vraies risques. Du 2 au 8 avril 2008. Les clés de l'actualité, p. 3 no 750
  39. a et b http://sante-medecine.commentcamarche.net/contents/adolescents/les-ados-et-l-alcool