Culture indonésienne

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Culture indonésienne.

Le nom « Indonésie » a été forgé en 1850 par l’anthropologue britannique James Richardson Logan pour désigner la région insulaire située entre l’Asie continentale et l’Australie, que les Européens considéraient comme un prolongement de l’Inde en raison de l’influence culturelle qu’ils y voyaient[1]. La notion de « nation indonésienne » n’est sans doute pas antérieure aux années 1920, lorsqu'apparaissent des mouvements politiques indigènes dans ce qui étaient alors encore les Indes néerlandaises[2].

Il est donc proposé de parler de culture indonésienne pour ce qui se produit et s'est produit, non seulement dans le contexte de l'actuelle République d'Indonésie, mais aussi à partir des années 1920, en rapport avec l'essor d'une conscience nationale chez des populations culturellement diverses.

L'Indonésie possède en effet une diversité de cultures régionales, par exemple la culture javanaise. Mais il s'agit là de cultures traditionnelles dans lesquelles ne se reconnaissent que les groupes concernés. En outre, lorsque ces cultures s'expriment dans une langue régionale, elles sont tout simplement inaccessibles aux autres Indonésiens.

La littérature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Littérature indonésienne.

Le cinéma[modifier | modifier le code]

Il semble que quelques films aient été tournés en indonésien à l'époque coloniale, mais la tentative de les rassembler s'est révélée peu fructueuse[3].

La production cinématographique indonésienne ne démarrera vraiment qu'avec l'indépendance. Les années 1950 sont une période est propice à la création. Le conflit armé contre les Pays-Bas a pris fin. Des rébellions éclatent dans l'archipel, mais elles n'entraînent pas de violences véritables et durables, hormis l'insurrection du Darul Islam qui, de 1948 à 1962, défiera l'armée gouvernementale et proclamera vouloir établir un État islamique en Indonésie. Plus généralement, l'Indonésie est secouée de nombreuses crises politiques, à l'intérieur comme à l'extérieur. Mais les artistes peuvent s'exprimer.

De cette époque, on retiendra surtout le nom d'Usmar Ismail (1921-1971), qui par ailleurs fonde en 1950 la société de production nationale Perfini, permettant le développement d'un cinéma indonésien indépendant. Parmi ses films, on notera : « Darah dan do'a » (traduit par La longue marche, 1950), « Lewat jam malam » (Couvre-feu, 1954), « Tamu agung » (L'invité d'honneur, 1955) et « Tiga dara » (Trois filles, 1956). Beaucoup de ses films ont pour cadre la période de conflit avec les Pays-Bas (1945-48).

En 1957, sous la pression des factions nationalistes extrémistes, l'Indonésie expulse les Néerlandais, qui possédaient encore les grandes plantations, entreprises et banques, et nationalise leurs actifs. En politique intérieure, Soekarno lance la « démocratie dirigée », beaucoup plus directive que démocratique. Suit une période d'agitation politique où la création artistique est traversée par le clivage entre ceux qui, proche du Parti communiste indonésien (PKI), estime que « la politique doit être aux commandes », et les autres.

La répression qui suit ce qu'on appelle le « Mouvement du 30 septembre » mené par des officiers de gauche en 1965 et fait entre 500 000 et un million de morts, ne pouvait inaugurer une ère sereine pour la création. Des années 1960 et 1970, on retiendra les réalisateurs Teguh Karya, dont les films dressent un portrait coloré et charmant d'une société indonésienne en voie d'urbanisation et de modernisation, avec « Ibunda » (« La mère ») et « Secangkir Kopi Pahit » (« Une tasse de café amer »), et Eros Djarot, dont le « Tjoet Nyak Dien » raconte l'histoire de la veuve d'un chef de guerre qui reprend le combat de son mari contre les Hollandais en Aceh à la fin du XIXe siècle.

Les années 1980 sont celles du début du boom économique indonésien mais aussi d'une violence douce qui persuade les Indonésiens de se contenter de voir leurs conditions de vie s'améliorer. La fin des années 1990 est une période où la création se fait plus courageuse et imaginative. La démission de Soeharto en 1998 libère les esprits. Riri Riza avec « Kuldesak » (Cul-de-sac), Garin Nugroho avec « Daun di atas bantal » (Une feuille sur un oreiller), Nia Dinata avec « Arisan! » (La tontine !) et Rudi Sudjarwo avec « Ada apa dengan cinta? » (Qu'est-ce qui se passe avec Cinta ?) sortent du carcan de conformise bêtifiant où le régime Soeharto avait plongé les Indonésiens.

GIE de Riri Riza a été nommé pour l'Academy Awards 2006 Best Foreign Film category'. Même s'il n'a finalement pas reçu de récompense, il montre que le cinéma indonésien commence à être reconnu à l'étranger. GIE est tiré du journal personnel de Soe Hoek Gie, un étudiant militant connu de l'époque de Soeharto, dont la mort n'a toujours pas été élucidée. GIE ouvrira la nuit de gala du 1st London Indonesian Film Screening 2006.

La peinture[modifier | modifier le code]

Les peintres Mochtar Apin en Henk Ngantung dans les années 1950
  • Affandi est le peintre indonésien le plus connu à l'étranger.
  • Antonio Blanco d'origine espagnole, passa l’essentiel de sa vie à Ubud ou sa maison est transformée en musée consacré à son œuvre.

On peut aussi citer le peintre Salim, qui vit à Paris.

La sculpture[modifier | modifier le code]

Parmi les sculpteurs indonésiens vivants, on peut citer Teguh Ostenrik, né en 1950. Teguh a étudié à Berlin Ouest dans les années 1970, quand cette partie de la ville était encore une enclave dans le territoire de l'ex-République démocratique allemande. Il a ensuite vécu et travaillé à Amsterdam avant de rentrer à Jakarta en 1988. D'une grande variété dans les formes et techniques employées, son œuvre tourne autour des thèmes de la communication entre les hommes et de leurs relations avec la nature et le cosmos.

La musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : musique indonésienne.

Le théâtre[modifier | modifier le code]

Sous Soeharto, le théâtre a été un moyen privilégié d'expression pour critiquer le régime et les travers de la société indonésienne en général, dans les limites consenties par le pouvoir. Cette forme d'expression appartient en effet à la tradition, notamment dans le wayang orang, théâtre traditionnel javanais qui met en scène des récits tirés de la grande épopée indienne du Mahabharata. Dans le wayang orang, il existe des personnages, les punakawan (que l'on traduit habituellement par « clowns »), dont le rôle est, à la fois de créer un intermède comique dans un spectacle plutôt sérieux, et de donner l'occasion de traduire un point de vue et sentiment populaire que l'ordre social traditionnel ne permettait pas d'exprimer. La nouveauté de certaines troupes, dont la plus populaire est le « Teater Koma », a été de traduire cette opinion populaire de façon autonome et moderne.

Mais la création théâtrale en Indonésie a d'autres formes. Elle peut éventuellement tirer parti de la tradition, notamment javanaise et balinaise.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ooi Keat Gin (éd.), Southeast Asia: a historical encyclopedia, from Angkor Wat to East Timor, 2004
  2. R. S. Smith et Theodore M. Smith, “The Political Economy of Regional and Urban Revenue Policy in Indonesia”, Asian Survey, Vol. 11, No. 8 (août 1971)
  3. Site de la Netherlands Indies Film Archive

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) Jill Forshee, Culture and Customs of Indonesia, Greenwood, 2006, 264 p. (ISBN 978-0313333392)
  • Sukanda-Tessier, Viviane, Parlons soundanais - Langue et culture sunda, L'Harmattan, 2007