Culture de la Jamaïque

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Drapeau de la Jamaïque

La culture de la Jamaïque est une combinaison des différentes cultures des peuples ayant habité l'île. Les premiers habitants, les Taïnos, les conquérants espagnols puis les britanniques ont tous fait une contribution dans la formation de la culture jamaïcaine. Mais ce sont les esclaves d'Afrique de l'Ouest qui devinrent la force culturelle dominante en Jamaïque. Après l'abolition de l'esclavage, des immigrants chinois et indiens furent transportés sur l'île en tant qu'engagés, ramenant ainsi leurs idées de l'extrême orient. La langue officielle de la nation est l'anglais, fortement modifié par l'usage par des expressions ou idiomes locaux ainsi que des éléments de l'anglais de l'ère élisabéthaine. La langue locale principale reste le créole jamaïcain.

Natifs de l'île[modifier | modifier le code]

Les premiers habitants des Caraïbes, dont la Jamaïque, furent les Arawaks, parfois appelés les Taïnos. Bien qu'il se pourrait que certains Taïnos aient survécu à l'arrivée des européens, il n'y a pas de communautés s'identifiant en tant que Taïno vivant en Jamaïque, et retrouver des traces de leur culture originelle demande des techniques archéologiques sophistiquées[1]. Malgré cela, des linguistes et anthropologues pensent qu'il pourrait toujours y avoir des éléments de la culture Taïno en Jamaïque, comme dans l'utilisation de certains mots dérivés de mots Taïno.

Religion[modifier | modifier le code]

Le christianisme est le plus grand groupe religieux en Jamaïque. La communion anglicane, parmi d'autres communions, est présente dans toute la nation, et beaucoup de vieilles églises ont été maintenues ou restaurées[2]. De nombreux musiciens jamaïcains ont commencé la musique dans les églises chrétiennes de leur pays. La religion rastafari, mariant des éléments du christianisme à une culture qui, s'est développée en Jamaïque au début des années 1930[3],[4]. Il y a aussi quelques synagogues datant du XVIIe siècle. Des éléments de religions africaines anciennes persistent dans certaines régions, ces pratiques étant souvent décrites comme étant Obeah ou Kumina.

Mouvement rastafari[modifier | modifier le code]

L'un des aspects connus de la culture jamaïcaine est le mouvement rastafari, qui s'est exporté en partie grâce au reggae jamaïcain, qui évolua des rythmes ska. Bob Marley devint l'une des figures du mouvement rastafari et de la Jamaïque suite à son succès commercial en tant que musicien de reggae. Quelques rastafari tirent leurs cheveux et les tressent parfois, ce qui donne un style de coiffure appelé dreadlocks, ou ne mangent que de la nourriture qui est Ital, ou naturelle. Comme dans beaucoup de religions, il y a plusieurs idéologies et pratiques religieuses dans le mouvement rastafari.

Arts visuels[modifier | modifier le code]

Les plus anciens témoignages artistiques en Jamaïque sont des sculptures et des pétroglyphes Taïno. L'héritage espagnol se limite à quelques frises en pierre pour une église inachevée de Sevilla la Nueva[5]. Des recherches récentes suggèrent que ces frises pourraient être un don de sculpteurs Taïno aux conquistadors[6].

Pendant la période esclavagiste, l'héritage culturel africain est totalement prohibé. On suppose que certains éléments artistiques qui ressurgissent après l'émancipation doivent provenir d'une tradition souterraine assez tenace pour résister à la destruction complète[7]. L'art est donc produit en Jamaïque par des artistes européens itinérants qui visitent les plantations et peignent la vie autour d'eux en adoptant un style et un point de vue européens. Ils peignent essentiellement des paysages et des portraits des planteurs et de leur famille. William Hogarth est l'un des rares peintres qui ose évoquer les problèmes liés à l'esclavage[8]. Au XIXe siècle, Joseph Batholomew Kidd (1808-1889) peint Fifty Spectacular Views of Jamaïca et Hakewille, qui visite la Jamaïque en 1820 y peint des aquarelles. De Frederic Edwin Church, peintre de l'Hudson River School et Ralph Albert Blakelock, on conserve de remarquables paysages de la Jamaïque. Selon des recherches récentes, Isaac Mendes Belissario (1795-1849) serait le premier artiste né à la Jamaïque dont la vie est documentée[7] ,[9].

L'art jamaïcain ne se dégage des mouvements européens qu'à partir des années 1920 avec les artistes du courant intuitif, souvent rattaché à l'art naïf et au mouvement rastafari. Les plus notables sont le peintre et sculpteur Kapo, les rastas Albert Artwell et Allan Zion Johnston, Gaston Tabois, Sidney McLaren et Henry Daley. Edna Manley, femme du militant politique Norman Manley et mère du premier ministre Michael Manley, fondatrice du Edna Manley College of Visual and Performing Arts est particulièrement renommée pour ses sculptures. Le potier Cecil Baugh, les peintres Carl Abrahams, Albert Huie, John Dunkley et Barrington Watson doivent aussi être signalés. Certaines de leurs œuvres comme Ghetto Mother, sculpture d'Edna Manley, sont exposées à la National Gallery of Jamaica.

Danse[modifier | modifier le code]

La danse est un élément important de la culture jamaïcaine. Avec l'arrivée du christianisme, des rythmes et mouvements folkloriques s'étaient associés aux célébrations chrétiennes. Plus récemment, les danses s'associe de plus en plus à la musique jamaïcaine, particulièrement le dancehall reggae.

Plus d'une trentaine de danses jamaïcaines distinctes ont été identifiées. D'après la Bibliothèque Nationale de la Jamaïque, les danses traditionnelles jamaïcaines tombaient souvent dans trois catégories: dérivées d'Afrique, dérivées d'Europe, ou dérivées du Créole[10]. Les danses dérivées d'Afrique étaient soit des danses religieuses ou sociales. Les danses religieuses africaines, comme les rituels Kumina, Myal et Pocomania, sont des parties importantes des cérémonies religieuses. Le but est d'amener les danseurs dans le royaume spirituel et d'augmenter leur préparation à la possession. Cette partie de l'héritage africain de la Jamaïque a été grandement préservé par les communautés Marrons. Les danses Etu, Quadrille, et Maypole sont parmi les danses sociales dérivées de l'Afrique[10].

Les danses créoles jamaïcaines intègrent des éléments des cultures européennes et africaines. Des exemples sont les danses Jonkonnu, Bruckin's, Pukkumina, et Dinkie mini. Les danses sociales qui sont dérivées d'Europe sont souvent accompagnées de chansons et de jeux[10].

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mordecai, Martin and Pamela. Culture and Customs of Jamaica. Greenwood Press. 2001.
  • Hill, Errol. The Jamaican Stage, 1655-1900: Profile of a Colonial Theatre. University of Massachusetts Press. 1992.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jamaica National Heritage Trust
  2. Jamaica National Heritage Trust
  3. Dread, The Rastafarians of Jamaica, par Joseph Owens ISBN 0-435-98650-3
  4. Chanting Down Babylon: The Rastafari Reader (anthology of scholarly papers) p. 37.
  5. Sevilla la Nueva était l'une des premières colonies européennes, fondée en 1509 par Juan de Esquivel.
  6. Culture and Customs of Jamaica, p. 175-176, de Martin et Pamela Mordecai, Greenwood Publishing Group, 2001 (ISBN 031330534X).
  7. a et b Mordecai, p. 176.
  8. Frommer's Jamaica, p. 18, volume 978 de Frommer's Complete Guides, de Darwin Porter et Danforth Prince, Éditeur John Wiley & Sons, 2010 (ISBN 0470943467).
  9. blog de la National Gallery of Jamaica
  10. a, b et c The National Library of Jamaica (2003). Dances. Vu le 17 janvier 2007.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]