Culture d'Andronovo

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Les cultures indo-iraniennes selon l’Encyclopedia of Indo-European Culture, 1997.

La culture d’Andronovo, au cours du second millénaire avant l'ère commune, s’étend sur un large territoire en Sibérie méridionale, jusqu’au bassin de l’Amou-Daria au sud, et d’est en ouest entre les chaînes de l’Altaï et de l’Oural. Cette culture, est passée par trois périodes différentes : la phase ancienne (XVIIe-XVIe siècle), la phase développée (XVe-XIVe siècle) et la phase récente (XIIIe-IXe siècle).

Des études récentes[modifier | modifier le code]

Comme pour toutes les recherches archéologiques de l'Oural dans l'Ouest de la Sibérie et le Nord du Kazakhstan, la documentation de cette région, fondée sur une recherche active et l'accès aux sites, a été longtemps interrompue depuis la Guerre froide en raison de son classement en zone militaire sous haute protection jusqu'en 1991[1].

Localisation, historique des découvertes, cultures concernées[modifier | modifier le code]

Andronovo est en fait un ensemble de cultures de l'âge du bronze final. La culture de Sintashta (2100-1800), autrefois incluse dans la culture Andronovo, en est maintenant séparée, mais fait partie de son horizon culturel. Les sous ensemble culturels sont aujourd'hui:

  • Alakul (2000–1800 AEC), contemporaine de la culture de Srubnaya
  • Fedorovo (1700–1300 AEC)
  • Alekseyevka (1200–1000 AEC)[2]

Le site éponyme est situé sur le fleuve Ienisseï, en Russie, en 1914 (55° 53′ N 55° 42′ E / 55.883, 55.7 ()) on y a découvert dans des cimetières de kourganes des squelettes en position accroupie. Bien que les tombes centrales aient été pillées on peut se faire une idée des dépôts funéraires qui sont en grande partie des céramiques avec quelques ornements, amulettes en canines d’animaux, bracelets en forme de gouttière… La culture d’Alakul pratique majoritairement l’inhumation, la crémation y est très rare, et pratquée en dehors de l’aire habitée[3]. Le défunt est en position repliée, couché sur le côté gauche et les mains sur le visage. Des sacrifices d’animaux sont possibles, mais comparés aux périodes précédentes les ossements sont disposés différemment et de nature différente.

Le problème principal concernant cette région tient au fait que les groupes humains ont été en relation avec ceux des territoires voisins, tant vers l'Ouest de l'Oural que vers l'Est, jusqu'au Xinjiang. Ceci a conduit les archéologues à se référer à l'Ouest ou à l'Est. Il n'y a pas de chronologie unifiée entre les deux systèmes qui se sont construits pour l'âge du bronze, l'un à l'Ouest, européen (plus précisément Balkanique et Mycénien) et l'autre à l'Est (Chinois), le premier donne des dates plus anciennes que le second. Malgré tout la trame chronologique de la province Circumpontique est bien définie (3300-1900 AEC), et la limite entre le premier âge du bronze et le bronze moyen est aujourd'hui (en 2007) situable entre 2700-2600[4]


Les cultures d'Andronovo ( 2100 - 1500 ) sont aussi associées, au « phénomène Seima-Turbino » ( 2100 - 1800 )[5]. et appartiennent à l'ensemble de la métallurgie eurasienne dont l'origine est située dans l'ensemble métallurgique circumpontique, dont les sites Yamnaya ( 3300 - 1900 )[6]. : bassin qui se déverse sur la mer Noire et la mer Caspienne[7]. Les métaux d'Andronovo contenait en général des alliages d'étain dont la production sur les riches sites content des oxydes de cuivre au centre du Kazakhstan et les dépôts de cassitérite de l'Est du Kazakhstan et de l'Altaï[8].

Les problèmes de chronologie se rencontrent surtout pour les périodes de transition entre le dernier âge du bronze et le premier âge du fer. De nombreuses cultures de ce type ayant été des producteurs et utilisateurs de bronze alors qu'ils correspondent à l'âge du fer.

Description[modifier | modifier le code]

D'anciens agriculteurs sédentaires, qui passent à l'élevage et au nomadisme dans une phase récente[modifier | modifier le code]

Les porteurs de cette culture pratiquaient l’agriculture céréalière (blé et orge) et un élevage sédentaire, qui devint transhumant dans les phases récentes. Le cheval était très répandu, et les tribus d’Andronovo étaient des spécialistes dans son élevage. Ils l’utilisaient notamment pour tracter des chars à deux roues dont on a retrouvé des exemples dans des nécropoles (ils constituent les plus anciens exemplaires de chars retrouvés[9]). La métallurgie était très développée. Les Andronoviens habitaient un territoire riche en minerais divers, qu’ils exportaient, notamment chez les populations proto-urbaines de Turkménie (culture de Namazga) et de Bactriane (Complexe archéologique bactro-margien). Ils pratiquaient beaucoup la métallurgie du bronze. La poterie était assez élaborée aux XVe-XIIIe siècle, autour de deux styles différents, émanant de deux centres artisanaux, Alakul et Fedorovo. Aux phases anciennes, l’habitat était constitué de petits villages fortifiés. Avec le temps, ces fortifications disparurent, l’habitat s’organisa, et les villages devinrent circulaires. Les pasteurs de cette culture furent les premiers à employer la yourte.

Pratiques cultuelles et rites d'inhumation[modifier | modifier le code]

La culture d’Andronovo est surtout connue par ses sépultures. Les morts étaient enterrés dans des nécropoles composées de kourganes (des tumuli), dont la taille varie selon l’importance du mort (jusqu’à 60 m de diamètre pour les plus massifs). La culture d’Alakul pratique surtout l’inhumation alors que celle de Fedorovo privilégie la crémation. La société semble être divisée en plusieurs classes, et était dominée par des guerriers-conducteurs de chars. Un cimetière et des traces de peuplement de l’une des tribus Andronovo ont été découverts en 1984 à Lissakovsk au Kazakhstan.

Les pratiques religieuses sont connues par l’archéologie. On pratiquait beaucoup de sacrifices, au cours de rituels dont l’archéologie a retrouvé la trace. Le feu et l’eau semblent aussi avoir été l’objet d’un culte important. Des sanctuaires des tribus d’Andronovo ont été retrouvés, notamment à Saimaly-Tach et Tamgaly. Ils sont situés dans des régions montagneuses. De nombreux pétroglyphes ont été gravés sur la roche. Ils représentent des scènes de guerre, de chasse, mais aussi des rituels. On y a retrouvé les traces d’un culte du soleil, représenté par anthropomorphisme. Il a été identifié à Mithra, le dieu-soleil des indo-iraniens, particulièrement important pour les peuples des steppes.

Des liens avec des populations plus ou moins éloignées[modifier | modifier le code]

  • La culture d’Andronovo est très probablement [réf. nécessaire] indo-européenne [article à l'état d'ébauche]. Elle présente par de nombreux aspects les traits qu’auront ultérieurement les civilisations iraniennes[10] : importance du cheval, de l’élevage, culte du feu, du soleil [N 1], rituels funéraires associant inhumation et crémation.
Du Néolithique à l'Âge du Bronze en Chine et dans la steppe Eurasienne [11].
  • Cette culture, ainsi que ses voisines, devenues des cultures de pasteurs nomades, sont entrées en contact permanent[N 2] avec les populations de l'Est du Xinjiang (Tianshanbeilu, (2000-1550), zones du Nord ouest, cultures de Qijia (2200-1600) et Siba (1900-1500)[N 3], et dans celles de Zhukaigou (2000-1400) et du Xiajiadian inférieur (2000-1400), en Mongolie-intérieure, zones du Nord de territoires qui font partie de la Chine actuelle. Elles y ont apporté des objets de bronze reconnaissables (des couteaux à boucle sur le manche, des parures) et certains aspects de leur technologie du bronze dans des régions qui en possédaient les minerais. Des artisans locaux ont ainsi appris à fabriquer les premiers objets de bronze trouvés en Chine, en particulier dans la culture de Qijia. Assez rapidement les sites d'Erlitou et ceux de la période d'Erligang montrent que d'autres artisans se sont spécialisés, qu'ils ont appris à réaliser des armes dans des moules en deux parties, puis, dans des réalisations de bronze d'une technologie plus complexe, des objets de prestige liés aux rites que pratique l'élite de l'âge du bronze chinois, en particulier la dynastie Shang.

Références[modifier | modifier le code]

  1. The Urals and Western Siberia, 2014, p. XV
  2. en:Andronovo culture
  3. The Urals and Western Siberia, 2014, p. 134
  4. The Urals and Western Siberia, 2014, p. 14
  5. The Urals and Western Siberia, 2014, p. 15 : Chronology and periodization.
  6. The Urals and Western Siberia, 2014, p. 15
  7. The Urals and Western Siberia, 2014, p. 28-29, développements p. 38-40
  8. The Urals and Western Siberia, 2014, p. 42
  9. Cf. Niccolo Di Cosmo, Cambridge History of Ancient China, Cambridge etc., Cambridge University Press,‎ 1999 (ISBN 0-521-47030-7), « The Northern Frontier in Pre-Imperial China », p. 903, se fonde sur des vestiges de la culture d'Andronovo remontant aux dernières années du IIIe millénaire av. J. Chr.
  10. Cf. par ex. les actes du Colloque international de paléolinguistique d'Helsinki 1999, édités par : Christian Carpelan, Asko Parpola et Petteri Koskikallio, Early Contacts between Uralic and Indo-European. Linguistic and Archaeological considerations, Helsinki, =Suomalais-Ugrilaisen Seura,‎ 2001 (ISBN 952-5150-59-3).
  11. Li Liu and Xingcan Chen 2012, p. 298 et 301.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Peut-être sous sa forme préhellénique, si l'on considère le culte de Mithra comme un culte solaire, et son origine possible dans l'Antiquité Orientale. Le culte de Mithra est documenté dès le IIe millénaire avant l'ère commune: «  Le premier texte connu qui mentionne cette divinité est un traité conclu entre des rois orientaux - dans des régions qui correspondent à l'Asie Mineure et à la Mésopotamie - vers 1380 av. J. -C.  » in archive CNDP, non datée. Mais cette partie mériterait d'être plus documentée avec des références claires et universitaires.
  2. Pour un développement de cette partie : Préhistoire de la Chine : Du Néolithique à l'Âge du Bronze... et du Fer
  3. Cette culture présente une distribution des sites de ses anciens cimetières qui ressemble à celle des cultures des steppes eurasiennes. Celles-ci sont devenues de plus en plus mobiles et pratiquant le pastoralisme, comme les Yamnaya (en) à l'Ouest de la mer Caspienne au cours de cette époque : Anthony, David, The Bronze Age and Early Iron Age Peoples of Eastern Central Asia, the University of Pennsylvania Museum, Philadelphia 1998: 102-3, cité par : Li Liu and Xingcan Chen 2012, p. 333

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]