Culture d'Afanasievo

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Étendue approximative de la culture d'Afanasievo, en vert. La culture d'Andronovo est en orange.
Culture d'Afanasievo, au nord du Tarim, au IIe millénaire avant l'ère chrétienne. L'ancêtre possible des Tokhariens du Tarim.

La culture d'Afanasievo (ou d'Afanasevo, voire Afanacyevo ou encore Afanasyevo) est une culture de Sibérie méridionale, et est datée de 3300/3200-2600/2400 avant l'ère commune[1]. D'un point de vue archéologique, elle exprime une culture matérielle de l'âge du cuivre[2].

La culture d'Afanasievo est surtout connue par des fouilles réalisées dans la région de Minoussinsk, au sud du Kraï de Krasnoïarsk, en Sibérie méridionale, mais elle est également décelée à l'ouest de la Mongolie, au nord du Xinjiang, à l'Est et au centre du Kazakhstan, avec des connexions ou des extensions au Tadjikistan et dans la région de la mer d'Aral, voire bien plus loin à l'Est du Xinjiang et au delà, en Chine de l'Ouest, par la culture de Qijia[3]

L'économie semble avoir été le pastoralisme semi-nomade, avec l'élevage de bovins, de moutons, de chèvres et de chevaux, complété par la chasse au gibier sauvage.

La culture d'Afanasievo est surtout connue à travers ses inhumations, où le défunt est enterré dans des enceintes coniques ou rectangulaires, souvent en position couchée, qui rappellent les sépultures de la Culture Yamna (au Nord-Est de la mer Noire). Au-delà des sites d'inhumation, on dispose également des traces d'un certain nombre de colonies de peuplement. Les objets en métal (cuivre puis bronze), ainsi que la présence de véhicules à roues sont documentés.

Les sépultures ont une ressemblance remarquable avec celles beaucoup plus occidentales de la culture Yamna, de la culture de Sredny Stog, de la culture des catacombes et de la culture de Poltavka, qui sont toutes considérées comme indo-européennes, et successeurs de la culture des kourganes, elle-même considérée par Marija Gimbutas et ses partisans comme la matrice des peuples-indo-européens.

Le caractère tout à la fois ancien, indo-européen et oriental de cette culture en font un bon candidat au titre d'ancêtre des populations tokhariennes (ou Arśi-Kuči). Ces populations parlaient deux langues indo-européennes apparentées dans le bassin du Tarim (ouest de la Chine), encore utilisées vers la fin du Ie millénaire de notre ère.
Ces populations semblaient descendre du « peuple des momies du Tarim », qui vivait déjà dans le Tarim depuis le début du IIe millénaire avant notre ère. Bernard Sergent écrit ainsi qu'il y a « quelque consistance [dans] l'idée, défendue par James Mallory, que les Arśi-Kuči sont issus de la culture sibérienne d'Afanasievo, et se sont installés dans la région du Tarim bien avant que ne commence l'expansion vers l'Asie, en provenance des mêmes régions européennes, des locuteurs des langues indo-iraniennes[4]».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dates précédentes tirées de The Archaeologia of China (Cambridge Wolrd Archaeology, 2012), p. 299.
  2. Puis du début de l'âge du bronze,... si une référence sur cette proposition peut être trouvée
  3. Li Liu and Xingcan Chen, p. 327. In : (en) Liu Li et Chen Xingcan, The Archaeology of China : From the Late Paleolithic to the Early Bronze Age, New York, Cambridge University Press,‎ 2012, 482 p. (ISBN 9780521644327)
  4. « Les Sères sont les soi-disant "Tokhariens", c'est-à-dire les authentiques Arśi-Kuči », Bernard Sergent, Dialogues d'histoire ancienne, 1998, Volume 24, Numéro 24-1, pp. 7-40. Article consultable sur Persée.