Cuisine de rue

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Marchande de socca à Nice au début du XXe siècle

La cuisine de rue est la mise en vente de plats, aliments et boissons - dans la rue ou tout espace public par des marchands ambulants ou au moyen d'aménagements extérieurs de commerces d'alimentation. Dans le même secteur, la cuisine de rue est moins chère que l'offre des restaurants voisins.

La cuisine de rue peut reposer sur les recettes traditionnelles d'une région, mais la plupart du temps les mets se diffusent au-delà de leur région d'origine.

Histoire[modifier | modifier le code]

En France, des marchands vendaient de la nourriture de rue en vantant leurs mérites ; en témoignent les « cris de Paris » mis en musique par Clément Jannequin au XVIe siècle, ou ceux rapportés par Louis Sébastien Mercier dans son Tableau de Paris au XVIIIe siècle[1].

La vente d’oublies et de gaufres dans la rue remonte au Moyen Âge ; celle des châtaignes rôties est encore vivace en période de Noël.

Frites en sachet et baraque à frites.

En Belgique comme dans le nord de la France, les baraques à frites ont tendance à disparaître au XXIe siècle mais la tradition des beignets subsiste dans les ducasses, kermesses et autres foires.

Économie[modifier | modifier le code]

L'importance de la cuisine de rue dans l'économie des pays émergents est souvent sous-évaluée car elle est considérée comme faisant partie du secteur informel. La cuisine de rue engendre pourtant des revenus importants et constitue une source appréciable d'emploi : d'après le Bureau international du travail, dans les années 1980 les vendeurs de rue représentaient 29 % de l'ensemble des travailleurs en Amérique centrale[2].

Selon une étude de 2007 de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture[3] plus de 2,5 milliards d'individus consomment quotidiennement de la cuisine de rue[4].

Bien que les entreprises qui vendent de la cuisine de rue soient généralement petites et familiales, elles sont nombreuses et créatrices d'emplois[5], en particulier pour les femmes[2]. Les raisons de consommer de la cuisine de rue peuvent être diverses : tradition, souci d'économie, rapidité ou encore plaisir du lien social[6].

Hygiène et santé[modifier | modifier le code]

Dans des lignes directrices publiées en 1996, l'Organisation mondiale de la santé détaille les bénéfices de la cuisine de rue pour la préservation du lien social et l'alimentation des populations les plus pauvres. Elle met cependant en garde contre les risques pour la santé et l'environnement[7].

Cuisine de rue à travers le monde[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Monique Chastanet 2009
  2. a et b Winarno & Allain 1991
  3. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture a défini officiellement ce terme de la façon suivante : « the term "street foods" describes a wide range of ready-to-eat foods and beverages sold and sometimes prepared in public places, notably streets » (cf. Winarno & Allain 1991).
  4. Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, « Les écoliers et l'alimentation de rue », 2007.
  5. Karg et al. 2011, p. 346
  6. Andrew F. Smith, The Oxford Companion to American Food and Drink, Oxford University Press, 2007, p. 567
  7. Organisation mondiale de la santé 1996

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie indicative[modifier | modifier le code]

  • (en) Winarno et Allain, « Street foods in developing countries: lessons from Asia », Food, Nutrition and Agriculture, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, no 1,‎ 1991 (lire en ligne)
  • Rambourg, De la cuisine à la gastronomie, histoire de la table française, Louis Audibert,‎ 2005
  • Monique Chastanet, « La cuisine de Tombouctou (Mali), entre Afrique subsaharienne et Maghreb », Horizons maghrébins, CIAM / Presses universitaires de l’Université de Toulouse-II - Le Mirail, no 59,‎ 2009 (lire en ligne)
  • Hanna Karg, Pay Drechsel, Philip Amoah et Regina Jeitler, « Faciliter l’adoption d’interventions de sécurité alimentaire dans le secteur des aliments de rue et dans les champs », dans Pay Drechsel, Christopher A. Scott, Liqa Raschid-Sally, Mark Redwood et Akiça bahri, L’irrigation avec des eaux usées et la santé, Centre de recherches pour le développement international, Presses de l’Université du Québec,‎ 2011 (ISBN 978-2-7605-3160-4, lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]