Cuisine basque

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Gâteau basque ou pastiza

La cuisine du Pays basque est reconnue en France et en Espagne pour sa qualité et son raffinement.

Avec une agriculture traditionnelle faite de petites exploitations, un climat et une géographie exceptionnels, le Pays basque dispose d’un large éventail de produits du terroir (fromages, agneau, piments, vins, jambon, poissons, gâteaux, etc) Cependant, des influences gasconnes et béarnaises se font sentir du côté de la France tandis qu'au sud on retrouve des influences espagnoles avec l'huile d'olive, la tomate et les poivrons, ainsi que l'utilisation de la plancha.

Pintxos[modifier | modifier le code]

Toutes les fêtes et rassemblements populaires sont prétextes à des concours de cuisine, entre quartiers, villages, villes, sociétés gastronomiques ou entre amis. C’est ainsi que les pintxos (véritables plats traditionnels en miniatures) se sont développés. Dans les bars de Saint-Sébastien (Donostia) comme dans tout le Pays basque on rivalise d’ingéniosité pour créer les meilleurs pintxos et gagner les différents concours.

Les produits de la mer[modifier | modifier le code]

Grâce à sa pêche traditionnelle on trouve sur les marchés du Pays basque une très grande variété de produits de la mer (anchois, dorades, louvines, crabes, araignées de mer…).

La cuisine basque utilise des produits de la mer comme le thon rouge frit généralement servi avec une piperade (une compote de tomates, de piments et d'oignons). La morue est cuisinée à la Biscaye avec des tomates et des poivrons.

D'autres spécialités à base de poissons sont cuisinées dans le Pays basque : le merlu koxkera, la daurade d'Oiartzun, le ttoro (soupe de poissons, spécialité de Saint-Jean-de-Luz), les « chipirons » (sorte d'encornets cuisinés avec leur encre ou simplement à la plancha, spécialité de Saint-Jean-de-Luz) et le txanguro qui est un crabe farci.

Les viandes[modifier | modifier le code]

Le porc et l'agneau sont les viandes les plus consommées du Pays basque. Dans le Pays basque du sud, l'agneau est servi avec de la piperade et à Espelette on cuisine l'axoa qui est un ragoût d'agneau et de veau avec du piment.

La viande de porc provient du cochon-pie qui a été élevé en semi-liberté et nourri de glands.

Le poulet est consommé à la basquaise, c'est-à-dire avec de la piperade.

Le jambon dit « de Bayonne » est contrairement aux idées reçues et à son nom, un jambon béarnais, fabriqué à partir de porcs des vallées d'Ossau et d'Aspe. Ce jambon était historiquement salé à Salies-de-Béarn puis exporté via l'Adour depuis le port de Bayonne, d'où l'appellation abusive jambon de Bayonne qui perdure aujourd'hui. Aujourd'hui d'ailleurs, l'essentiel du jambon de Bayonne est fabriqué dans le Béarn. Le salage est fait à Salies de Béarn. On frotte le sel sept fois en quinze jours puis on le met à sécher, suspendu entre sept et douze mois. Pour savoir s’il est prêt on le pique avec une pointe en os. Les cochons vivent en liberté et sont nourris de glands, châtaignes, racines, maïs[réf. nécessaire]. Le jambon de Bayonne a obtenu la reconnaissance de l’Indication géographique protégée ; l’IGP garantit que la jambon est pendant dans le bassin de l’Adour. Le porc, et en particulier le pie noir, n'a été introduit dans le Pays basque que dans les années 1960 pour faire face à une grave crise agricole. Le foehn, vent sec de cette région, permet lors du séchage de faire pénétrer le sel à l'intérieur du jambon. En outre, l'appartenance de Bayonne au Pays basque plutôt qu'à la Gascogne reste discutée.

Enfin, moins connus, les « chichons », sorte de rillons et la ventrèche (xingar ou « chingarre »), poitrine séchée et pimentée sont aussi des spécialités locales.

Les plats et produits typiques[modifier | modifier le code]

  • pimiento morrón.
  • pimiento del piquillo : petit poivron rouge triangulaire qu'on fait cuire au four et que l'on conserve. Pour sa forme et sa taille, il est idéal à farcir.
  • tripota: Boudin basque garni en surabondance d’oignons.
  • gaztanbera : lait de brebis caillé, parfois accompagné de miel ou de fruits secs.
  • pantxeta : boudin de veau
  • xistorra : charcuterie très fine et longue, agrémentée avec du pimiento morrón, qui se mange en friture ou en barbecue.
  • tripotxa : petit boudin principalement réalisé avec du mouton. Il est parfois associé avec du veau.
  • ttoro : soupe de poissons avec des morceaux : merlu, langoustines, moules, ail et oignons. À la base, le ttoro était une soupe que préparaient les marins pêcheurs basques à bord de leurs bateaux, lors de la pêche à la morue.
  • « chipirons » à la luzienne : petits encornets avec oignons, tomates, poivrons et riz à part.
  • txangurro : araignée de mer farcie d’oignons, poireaux et carottes.
  • merlu koxkera : merlu avec des asperges, petits pois, moules, palourdes et œufs durs.
  • thon kaskarote : thon avec des tomates, poivrons, oignons et piments.
  • marmitako : thon en petits morceaux, piments, tomates, ail, oignons et pommes de terre en dés.
  • zikiro : agneau découpé en quartiers, grillé avec des haricots blancs, du vinaigre, de l’ail et des piments.
  • axoa : ragoût de veau aux piments.
  • gâteau basque : de la confiture de cerise ou de la crème pâtissière. L’histoire raconte qu’il serait originaire de Cambo-les-Bains[réf. nécessaire] et qu’il date de la 1er moitié du XIXe siècle. Une pâtissière émérite, Marianne Irigoyen, vendait ses bixkotxak aux baigneurs venus profiter de la douceur de Cambo.
  • kanouga : caramel tendre à la chantilly parfumé au café, chocolat aux noisettes.
  • muxu : confiserie à base d'amandes.
  • gaztanbera ou mamia : lait de brebis caillé présenté dans un petit pot, généralement consommé en dessert avec du miel.
  • pettanmamia : pommes coupées en quartiers, cuites avec du caillé et de la confiture de cerises noires.
  • taloa : galette de farine de mais, ressemble à une fajita.
  • touron : importé des Pays catalans. Barre opaque artisanale aux fruits secs qui se coupe en morceaux et se mange à Noël. Selon le type, il s'agit d'amandes ou noisettes, entières ou pilées, avec du miel et parfois un blanc d'œuf. Sans colorants ni conservateurs.
  • chocolat : introduit en Europe par les Espagnols après la conquête de l'Amérique. En Espagne il se consommait comme boisson, comme en Amérique, mais on a ajouté du sucre. Aujourd'hui encore on boit du chocolat (pas du cacao) chaud mélangé dans un peu de lait. Il arrive à Bayonne au XVIIe siècle, importé par les Juifs portugais pourchassés par l’Inquisition[1],[2].
  • xingar : sorte de ventrèche.
  • Ardi-Gasna ou Ardi gazta : fromage à pâte mi-dure au lait cru entier de brebis, souvent accompagné de confiture de cerises noires.

Les fromages[modifier | modifier le code]

Le fromage basque est un fromage de brebis frais au lait cru. Trois appellations contrôlées distinguent les fromages basques : l'ossau-iraty, le roncal et l'idiazabal.

Le fromage de brebis ardi-gasna se fabrique, traditionnellement, dans l’etxola (borde). Le lait de brebis est filtré avec un drap puis est versé dans un chaudron à 30 °C. On y ajoute de la présure. Après la coagulation du lait on obtient le caillé que l’on brise avec un fouet en houx. On met à réchauffer. On façonne une masse plus ou moins homogène. On place cette masse sur un plateau de bois avec un moule. On presse la masse pour enlever le petit-lait restant. On desserre le moule et on place le fromage dans une pièce fraîche (gasnategia) pendant 4 à 5 mois. Pendant 3 semaines, il est retourné et salé.

Les vins et alcools[modifier | modifier le code]

  • Vins

Quatre appellations d'origine existent dans le pays basque :

    • l'A.O.C. irouléguy au Pays basque nord (autour de la ville bas-navarraise d'Irouléguy). Les moines de Roncevaux, vers le XIIIe siècle, possédaient leur propre vignoble. Au XVIIe siècle, conséquence du traité des Pyrénées, une frontière vint séparer cette partie de la Navarre du monastère lui-même et les moines durent quitter leurs vignes. Les familles locales s’empressèrent de les reprendre et s’attachèrent à développer cette production dans la vallée des Aldudes. Il reçoit l'A.O.C. en 1954, couvrant 183 ha pour une production de 4 000 hectolitres. Les vignes en terrasse appartiennent aux paysans locaux.
    • la Denominación de Origen (D.O.) (Getariako Txakolina), vins blancs produits autour de Getaria, dans la province du Guipuscoa
    • la Denominación de Origen Calificada Rioja (D.O.C.), produite également dans la province d'Alava (Rioja Alavesa) et en Navarre
    • la D.O. Navarra, vins rouges, blancs et rosés produits au sud de la Navarre
  • Liqueur
    • patxaran : liqueur de prunelles sauvages à base d’anis, de couleur rouge carmin-violet.
    • izarra: 1835 : Joseph Gratteau inventa cette liqueur à base d’Armagnac et d’une vingtaine de plantes des Pyrénées & d’Orient.

Couleur jaune : prédominance d’amandes amères titrant 40°.

Couleur verte : prédominance de menthe poivrée titrant 48°.

  • Cidre
    • Le sydre fut introduit en Normandie depuis la Biscaye, au VIe siècle, par des navigateurs dieppois. Ce sont en effet les marins du Pays basque, où l'on fabriquait le cidre (sagarnoa ou sagardoa en basque, littéralement vin de pomme) depuis l'antiquité, qui le firent découvrir aux marins normands[http://foodgood.me] Dès 1189 apparaît dans le Labourd le premier règlement écrit sur les pommeraies, suivi par d'autres documents, ordonnances et décrets royaux de Navarre (principale province basque) sur les pommiers et le cidre.
Cidre basque

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Chocolat de Bayonne », Je découvre la France SARL (consulté le 2 janvier 2008)
  2. « Bayonne et le chocolat », Ville de Bayonne (consulté le 2 janvier 2008)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stéphanie Béraud-Sudreau, Le carnet de cuisine du Pays basque, Bordeaux, Éditions Sud Ouest, 2007, 96 pages (ISBN 978-2-87901-770-9)