Cruscades

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Cruscades
Image illustrative de l'article Cruscades
Blason de Cruscades
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Aude
Arrondissement Narbonne
Canton Lézignan-Corbières
Intercommunalité Communauté de communes de la Région Lézignanaise, Corbières et Minervois
Maire
Mandat
Jean-Claude Morassutti
2014-2020
Code postal 11200
Code commune 11111
Démographie
Gentilé Cruscadèls
Population
municipale
622 hab. (2011)
Densité 64 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 11′ 32″ N 2° 49′ 03″ E / 43.1922, 2.817543° 11′ 32″ Nord 2° 49′ 03″ Est / 43.1922, 2.8175  
Altitude Min. 26 m – Max. 50 m
Superficie 9,65 km2
Localisation

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Cruscades est une commune française, située dans le département de l'Aude en région Languedoc-Roussillon.

Ses habitants sont appelés les Cruscadèls.

Géographie[modifier | modifier le code]

Cruscades est un village viticole de la plaine narbonnaise, traversé par la route qui va de Lézignan-Corbières à l'embranchement de la D 24 et de la N 6113 (non loin du col de la Mède), via Ornaisons. Cruscades est situé à 17 km de Narbonne et à 5 km de Lézignan-Corbières, à 55 km de Carcassonne, la préfecture de l'Aude. Le bourg est situé au milieu d'une vaste plaine, délimitée à l'est et à l'ouest par deux replats. Le village est entouré de verdure (parcs particuliers). L'Orbieu passe à 100 m, au sud, des dernières maisons du village (Cité des Genêts), ce qui permet l'irrigation d'un riche et vaste vignoble. Cependant, en ce début du XXIe siècle, de nombreuses vignes ont été arrachées et le paysage agricole en a été sensiblement modifié.

Cruscades est réputé pour ses vins issus de l'agriculture biologique, plusieurs fois primés (vignoble de Louis Fabre). En mars 2012, un classement officiel des vins bios du Languedoc place et confirme les vins Fabre au "TOP 20" des meilleurs produits dans la catégorie ; c'est la consécration de la cuvée Rouge 2009 "VEREDUS COULON".

L'altitude du village culmine modestement à 36 mètres (hauteur du site de l'ancienne école). Le territoire communal s'étend sur 9,65 km2 (965 ha). Les villes et villages proches de Cruscades sont : Ornaisons à 2,05 km, Luc-sur-Orbieu à 2,83 km, Lézignan-Corbières à 4,57 km, Villedaigne à 4,76 km, Boutenac à 4,98 km (distances calculées à vol d'oiseau).

Cruscades se trouve non loin de l'abbaye cistercienne de Fontfroide et de celle, bénédictine, de Lagrasse. Situé dans la basse vallée de l'Aude, Cruscades est assez proche de la chaîne pyrénéenne et de la Montagne Noire. Le village se situe non loin des forteresses "cathares" juchées sur les hauteurs agrestes de la sauvage Corbière.

Histoire[modifier | modifier le code]

D'après un manuscrit, rédigé par un ancien prêtre et cité par l'abbé Joseph Graves (ce document n'a pas été retrouvé), il était écrit que, "parmi les villages environnants sur les bords de l'Orbieu, Cruscades, seul, se trouve à l'abri des inondations et convient excellemment à la construction de silos, en raison de sa situation légèrement surélevée par rapport au niveau de la rivière, même en période de fortes crues". Or, la terrible inondation du 12-13 novembre 1999 a démenti cette croyance ancestrale puisque, pendant la nuit, les eaux arrivèrent jusqu'à la D 24 en inondant une partie des maisons situées le long des rues de l'Égalité et de la République. Mais il est vrai cependant que, de mémoire de Cruscadèls, on n'avait jamais vu pareille catastrophe, et les plus âgés ne se souvenaient pas avoir entendu parler de pareils événements. (Il faut toutefois noter que le niveau de la crue fut loin d'atteindre l'église.) Entre 2000 et 2008, d'importants travaux de protection contre la montée des eaux ont été entrepris. Un peu plus loin, ledit curé ajoute : "La plaine (de Cruscades) devait être le véritable grenier de la région". En 1927-1928, une sorte de grand puits fut mis au jour près de l'église, du côté du nord-est. De nombreuses hypothèses ont été émises, certaines peu crédibles. Mais il est communément admis que cette grande fosse circulaire devait être une glacière datant du Moyen Âge. C'est d'ailleurs l'opinion de l'abbé Giry in "Les Corbières", 1989 (ISBN 978-295037860-6 et 2-9503786-0-9).

À Cruscades, l'Orbieu a abandonné insensiblement, et par des relais successifs, son ancien lit (côté gauche), et, coulant plus avant dans le territoire de Luc, il a laissé une assez grande quantité de terrain qui, exhaussé par les limons alluviaux, est très fertile (plaine de "Grazas"). Jusqu'au début du XIXe siècle, l'Orbieu se divisait en deux bras en cet endroit (voir carte du diocèse de Narbonne, du XVIIIe siècle). L'eau du bras aujourd'hui mort alimentait un moulin hydraulique construit au XIIe siècle. On le sait grâce à l'Inventaire Rocques, déposé aux Archives de Narbonne. (D'après Georges Sénié).

L'évolution de la graphie de Cruscades d'après des sources écrites[modifier | modifier le code]

Cruscades, sous l'Ancien Régime, est une commune du Diocèse civil et religieux de Narbonne. La paroisse est dédiée à Saint Jean l'Évangéliste ou l'Apôtre. L'archevêque de Narbonne en était le seigneur justicier (basse, moyenne et haute justice). Cruscades faisait partie de la sénéchaussée de Carcassonne et de la Généralité de Montpellier.

Évolution de la graphie du nom de Cruscades (d'après le Dictionnaire Topographique du Département de l'Aude, de l'abbé Sabarthès -1911)-.

  • Aruscadae = Cruscadae, 1107 (H. L., V, pr. 430).
  • Cruscadas, 1156 (Doat, 55, f. 229).
  • Castrum de Cruscadas, 1157 (H. L., V, pr. 618).
  • Crusquadas, 1537 (ADA, C, rech. dioc. Narb.).
  • Cruscades, 1781 (carte dioc. Narb.).
  • Cruscàdos (vulg.)

NB : H.L., Histoire Générale du Languedoc, de DEVIC et Vaissette ; Doat : collection microfilmée aux archives de l'Aude (ADA) et répertoriée aux Archives communales de Narbonne (ACN) ; le Carte du diocèse de Narbonne est consultable au ACN (XVIIIe s.)-.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Cruscades

Son blasonnement est : D'azur, à une roue à huit rais sans jante d'or.

À l'instar d'autres communautés, Cruscades ne possédait pas d'armoiries propres. À l'époque où le roi Louis XIV impose par l'édit de novembre 1696 l'enregistrement des armoiries (aux communautés, corporations, bourgeois, etc.), les habitants de Cruscades adoptent une partie des armoiries du seigneur-archevêque contemporain, Pierre de Bonzi, à savoir la roue d'or déjantée à 8 rayons (ou 7) sur champ d'azur. Dans les "Préambules des Rolles des Contributions" de 1696 pour la communauté de Cruscades (document déposé aux Archives Départementales), on peut lire que les consuls débloquent au titre des dépenses extraordinaires une somme de 29 livres pour l'enregistrement des armoiries. (D'après Georges Sénié)


Origine du nom[modifier | modifier le code]

"Le lieu historique tirerait son origine du mot crusca, lequel, en dialecte ibérique, signifie un creux, un fossé, un silo. Cruscades serait « le bourg des silos »[1]. Mais l'origine est obscure; il faut peut-être chercher dans l'occitan cruscar « broyer»[2]. C'est aussi une énigme toponymique[3] : c'est un nom unique en son genre; on pense cependant à un nom gallo-romain de villa à suffixe anum, pluriel anas (finale atone), appliqué à un sobriquet dérivé de crusculum, latin, petite jambe, par exemple Cruscatus; on connaît comme surnom Crucellio. - gallo-romain (?)." (D'après "Vilatges al Pais", canton de Lézignan-Corbières).

{Note de G.S. : l'hypothèse -qui fut formulée par le Dr Lemoine (voir bulletin de la S.E.S.A.)- selon laquelle Cruscades dériverait d'un nom gallo-romain (avec suffixe-anum) ne nous paraît pas crédible, car nous aurions hérité d'un toponyme avec suffixe -an (comme Fabrezan, Lézignan, Moussan, etc.).}

Parmi les hypothèses curieuses, si l'on admet que la bataille de l'Orbieu, en 793, s'est déroulée près de Cruscades, on retiendra deux interprétations: le village de Cruscades tirerait son nom de deux mots latins: crux (croix) et cadere (tomber). Il désignerait l'endroit où la Croix, signe des combattants chrétiens, est tombée sous les coups du Croissant, signe des combattants sarrasins. Cruscades pourrait venir aussi du mot occitan: Cruc (sommet de la tête) et de la terminaison ada (substantif exprimant le résultat de l'action). Quand on a deux têtes qui se heurtent, on a une crucada. Ces hypothèses ont été développées par l'abbé Joseph Graves (1907-1991).

Georges Sénié pense que l'une des premières appellations du village -Aruscadae- pose problème. L'abbé Sabarthès, dans son Dictionnaire Topographique de l'Aude, écrit qu'il doit s'agir d'une erreur de transcription et qu'il faut lire Cruscadae. Mais rien n'autorise formellement qu'il faille éliminer ladite appellation Aruscadae. On a la preuve, grâce à des découvertes archéologiques réalisées par l'abbé Toustou au début du XXe siècle dans le périmètre de l'église, que l'existence du bourg de Cruscades remonte au moins au début du Haut Moyen Âge (on a trouvé entre autres vestiges un fragment de l'épitaphe d'un nommé Pendaria datant du règne de Reccared Ier, roi des Wisigoths de l'an 586 à l'an 601 (année de sa mort à Tolède). Ce Pendaria devait être un riche propriétaire et Cruscades le siège d'une vaste villa gallo-romaine (à l'instar de celles du Plat de Beyret et de la métairie de Saint-Michel, aujourd'hui Resplandy). Si le toponyme de Cruscades demeure bien une énigme, on ne peut pas éliminer cependant l'hypothèse d'un nom de lieu d'origine wisigothique : c'est pour cette raison que l'on doit conserver la graphie Aruscadae.

Il faut noter ici que, à la fin du mois de mars 2009, un Cruscadèl qui cherchait de la salade sauvage du côté des "Condamines" (pièce de terre située à gauche de la D24, à la sortie du village, en allant vers Ornaisons, juste après la cité de la Bacaune) a trouvé des fragments de céramiques (briques, sigillées, poteries...) qui, lors d'une première expertise, ont été datés comme appartenant à une période s'étendant du Ier siècle au début du Moyen Âge. Ceci remet en cause l'hypothèse qui accréditait l'existence d'un "premier Cruscades", entre le IIe siècle av. J.-C. et le Ve après, sur le site "Plat-de-Beyret/Resplandy" (P. de B./R.) : donc, plus près du Cruscades actuel (à environ 250 mètres à vol d'oiseau de l'église, vers l'est), existait un autre site humanisé (sans doute un domaine agricole) aux origines contemporaines de "P. de B./R.", mais qui a dû subsister, peut-être jusqu'à la moitié du VIIIe siècle.

Mais revenons à la découverte de l'abbé Toustou.

Extrait de « L’Eclair de Montpellier » du 19 avril 1929 (*) « A Cruscades, dans l'Aude, ont été faites, ces derniers temps des découvertes qui intéressent l'archéologie, et peut-être la préhistoire. Au pied d'une muraille fort ancienne, si l'on en juge par l'extrême usure des pierres, se trouve un vaste puits de 12 mètres de circonférence, très-solidement construit et curieusement pavé avec des cailloux de rivière. On a supposé d'abord que c'était une citerne. Il fallut abandonner cette hypothèse lorsqu'on vit que le pavage reposait sur une épaisse couche de sable. Ce ne pouvait être un silo, car le sol est trop humide, ni une prison, le pavage en serait usé. Un archéologue a émis l'idée que ça pouvait représenter une glacière peut-être d'origine gallo-romaine. De nouvelles fouilles ont fait découvrir, autour du puits une voûte de maçonnerie, abritant des squelettes et des vases funéraires brisés, sauf un qui a été recueilli entier. Plus loin, on trouva un autre puits, de dimension moindre, pavé plus grossièrement, plein de squelettes qui s'effritaient au contact de l'air. Chaque squelette était enfermé dans une sorte de cercueil en pierres brutes. Nulle inscription, si ce n'est sur un morceau de marbre trouvé presque à fleur de terre, les deux tiers d'une épitaphe en latin, de l'époque wisigothique. Le pavage du grand puits mérite une mention particulière. On y voit trois rangées de pierres en saillie et des traits gravés au burin. Est-ce des lettres appartenant à un alphabet primitif ? On pourrait le soutenir avec quelque vraisemblance. Est-ce des oghams, des runes, ces caractères mystérieux auxquels certains peuples attribuaient un pouvoir magique ? Ne serait-ce pas le résultat unique de la fantaisie extraordinaire d'un ouvrier ? Les signes sont en trop petit nombre, déclare l'auteur de ces découvertes pour en tirer des déductions solides. Il faut attendre d'autres trouvailles avant de porter un jugement. »

(*) « L’Eclair de Montpellier » est l’ancêtre du « Midi Libre ». A la Libération en 1944, ses dirigeants furent accusés de collaborationnisme. " Midi libre " est publié pour la première fois le 27 août 1944 lors de la Libération de Montpellier.

'MAI 2011' : nous ajoutons la note ci-dessous, qui garde un réel intérêt, dans le cadre de la réflexion sur l'étymologie du toponyme de CRUSCADES. Dans la revue "Folklore" (audois) de 1938, on peut lire un article consacré à certains mots de la langue occitane, en usage dans les pays d'Aude. Le linguistique Louis Alibert, auteur d'un fameux dictionnaire "occitan-français", consacre un chapitre à propos du terme de "cièjos", qui désignaient les anciens silos creusés dans de nombreuses habitations du village de Montréal-de-l'Aude, et le termine par la remarque suivante : "Notons qu'à la place de cièjo, des actes montréalais de la fin du XVIe siècle emploient le mot CROS. Mistral enregistre ce sens : Cros, silo pour enfermer les grains en Albigeois." Cruscades serait alors le village des silos (ceux découverts tout près de l'église paroissiale). On rejoint l'hypothèse Héléna.(Georges Sénié)

Les origines de l'actuel Cruscades[4][modifier | modifier le code]

Le village primitif existait, selon des sources écrites, dès le IXe siècle, sous la forme de quelques maisons construites sur une motte naturelle (toujours visible, là où se dresse aujourd'hui la "Maison Tauja", propriété de la famille Ayraud); il dépendait de la temporalité de l'archevêque de Narbonne, seigneur en toute justice de Cruscades. Ces quelques maisons se protégeaient derrière une solide palissade (la construction des remparts en dur se déroula dès 1196). Il ne reste aujourd'hui aucune trace de la maison dite "seigneuriale", si ce n'est un fragment de fenêtre observable depuis une cour, derrière une maison du vieux village (ancienne maison de Joseph Subias). Cependant, des vestiges archéologiques prouvent que le site actuel du village de Cruscades fut humanisé bien avant le IXe siècle : une épitaphe datant du roi wisigoth Récarède Ier ou Reccared Ier (de 586 à 601) a été retrouvée à Cruscades[5]. Il faut signaler également deux habitats antiques (Ier siècle av. J.-C.-IIIe siècle ap. J.-C.) : lieux-dits du "Pla de Beyret" et de "Resplandy" (autrefois appelé 'métairie de Saint-Michel'). {Note de G.S. : il faut désormais ajouter le site des "Condamines" (voir chapitre précédent).}

Par une charte de 1157, Louis VIII confirme à Bérenger, archevêque de Narbonne, les privilèges et les possessions qu'ils avaient reçus des rois, entre autres le château de Cruscades, « castrum de Cruscadas ».

Un point d'histoire : au cours d'un concile provincial, l'archevêque Bernard Gaucelin excommunia publiquement, comme dévastateur et pilleur d'églises, un certain Nicol, qui, avec sa bande, ravageait le pays depuis le château de Cruscades où il avait établi son quartier général (voir Dom Claude Devic, dom Joseph Vaissette, Histoire générale de Languedoc). Le brigand aragonais avait osé établir un péage à Cruscades sur l'ancienne voie romaine qui menait de Narbonne à Carcassonne. Mais le successeur de Bernard, l'archevêque Bérenger, qui possédait entre autres les châteaux de Capestang et de Cruscades, confia leur administration à l'Aragonais, au grand dam du pape Innocent III qui dressa un réquisitoire, en 1204, contre l'archevêque Bérenger.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Un document des archives de Narbonne signale l'existence des remparts au XIIe siècle. Pendant cette époque troublée par les incursions des troupes étrangères et le passage des brigands, les habitants de la communauté s'engagent à verser à Ramon Filhol, alors châtelain du lieu (il était en fait "bayle" c'est-à-dire représentant du seigneur-archevêque de Narbonne), la somme de 2700 sols melgoriens pour subvenir aux frais « du bastimant des murailhes dudit Cruscades et faictes sous le bon plaisir du seigneur Archevêque». (Cette transcription du texte latin de 1193 date de la moitié du XVIIe siècle ; elle est tirée de l'Inventaire Rocques déposé aux archives communales de la ville de Narbonne.)

On a pu retrouver les vestiges de ces remparts à l'occasion de la pose des canalisations du tout-à-l'égout, en 1959-1960: la pelle mécanique a soulevé les fondations d'un mur, substructions de la vieille enceinte bâties avec de la chaux et des cailloux, selon les techniques médiévales. Parmi les matériaux utilisés pour édifier le village, on note la présence fréquente du très beau grès de Fontfroide (grès turonien à psammites d'un bel orangé), celle de la pierre de Ferrals (tuf du quaternaire), de cailloux roulés (galets).

Pendant la croisade contre les Albigeois, Simon de Montfort, alors duc de Narbonne, occupe le Lézignanais et entre en conflit avec le nouvel archevêque, Arnaud Amaury. Il enlève tous les châteaux du vicomte Amaury de Narbonne, dont il reçoit l'hommage. En 1226, Pierre Amiel nouvel archevêque, reçoit 400 livres en compensation pour les terres dont il a été dépossédé par Simon de Montfort, puis par Amaury de Montfort qui va les céder en 1224 au roi Louis VIII. Ce dernier les rétrocédera à Guy de Monfort, à savoir Sérame, Lengoust, Tourouzelle, Castelnau, Conilhac, Caumont.

Ces seigneuries resteront rattachées à la seigneurie de Lézignan jusqu'à la Révolution. En 1258, une châtellenie est créée par Louis IX à Lézignan, mais n'en feront pas partie les paroisses relevant soit de la vicomté de Narbonne, soit de l'archevêché ou du chapitre de Saint-Just et Saint-Paul, comme Cruscades, Luc, Canet.

Dans la deuxième moitié du XIVe siècle, Cruscades, toujours sous la domination seigneuriale de l'archevêque de Narbonne, figure dans l'inventaire de ses revenus et de ses droits: le château, le moulin, le four, les étangs et les garennes, la moitié du droit de pêche, l'entier droit de chasse. Les étangs se situaient : pour l'un près de la propriété actuelle d'Olivéry ; pour l'autre à proximité du terroir de Lézignan, appelé aujourd'hui : "domaine de l'Étang des Colombes".

GUERRE DE CENT ANS

On sait, par un document isolé faisant partie des archives paroissiales du village d'Ouveillan, que Cruscades fut pillé pendant la Guerre de Cent Ans. Au XVIIe siècle, Me Amadou, recteur de cette communauté, entreprit d'étudier tous les documents dont il pouvait disposer. C'est dans l'une de ces pièces d'archive (datée du 6 août 1368) que Cruscades est évoqué. A ce moment-là, Ouveillan continuait le bâtiment de ses murailles (remparts). On peut y lire : "...Pendant le temps de la construction, il vint beaucoup d'ennemis aux environs de Narbonne qui ravageaient les campagnes et qui massacraient les gens, et surtout ils firent beaucoup de ravages à Canet, à Cruscades et à Truilhas..." (Lire : Mémoires Historiques sur la Cure et les Curés d'Ouveillan, présentés par Gilbert Larguier.)

Cruscades avait construit ses remparts dès 1196. L'attaque des Compagnies de brigands se déroule presque deux cent ans après l'érection des murailles. On peut légitimement se demander si l'on avait régulièrement procédé à l'entretien de l'enceinte. Il faut rappeler que le royaume de France était en plein marasme à cause de la guerre dite "de Cent Ans" dont le prétexte remonte à la mort de Charles IV, fils de Philippe IV le Bel, resté sans héritier : en 1340, Edouard III d'Angleterre, petit-fils de Philippe le Bel, va soudainement réclamer la couronne de France. Le conflit, long et ruineux, se terminera sans qu'aucun traité bilatéral ne fût signé, en 1453 ; les Anglais ne gardèrent que Calais qu'ils ne rendirent seulement qu'en 1558... En 1404, le vicaire épiscopal Jean Corsier entreprit la visite d’une bonne partie des paroisses de l’archevêché de Narbonne. On y note souvent que certains dégâts constatés aux édifices religieux sont le fait de la guerre. (Lire : Droit de Patronage et Pratique Religieuse dans « L’Archevêché de Narbonne au Début du XVe siècle », par Vital CHOMEL.)

Le XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Les "Recherche diocésaines de Narbonne" du début du XVIe siècle (réalisées en 1537 à Cruscades) vont poser les bases d'un nouveau cadastre de la paroisse (territoire communal) en en définissant les limites, en en dressant l'inventaire des maisons et des terres en présence des consuls Arnaud Tourdes et Jordy Ramon (on les fait jurer sur les "quatre saints évangiles" de fournir aux géomètres patentés et arpenteurs désignés sous les termes de «prodomes et destrayres» dans le texte de 1537, tous les renseignements possibles, en toute loyauté). Parfois, à défaut de délimitations naturelles (rivière, collines, etc.), les préposés aux "Recherches" édifiaient de petits tas de pierres en guise de bornes, appelés «senhols» (signaux).

Les terres cultes et incultes représentent 3 739 sesterades, soit environ 850 hectares. Le bourg qui couvre une surface réduite se compose de «la vyllo, gleysos, sementery, hyeros, jardyns» (ville, églises, cimetière, aires de dépiquage, jardins). On note 15 maisons ou «ostals», 6 «patus» (enclos murés) et 6 «cortals» servant de dépendances agricoles. Les terres à céréales, les vignes, les olivaies et les prés s'étendent sur près de 50 % du terroir; le reste des terres est signalé en friche, « terros ermos », vouées, en partie, à la pâture des troupeaux. (Il fallut attendre l'ordonnance royale de 1770 pour que l'on assiste au défrichement de nombreuses parcelles dites "en non valeur" et qui furent le plus souvent complantées en vignes qui donnaient une petite piquette, dont une partie était distillée à Canet.) (Georges Sénié)-.

L'expansion du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le début du XVIIIe siècle fut dramatique pour les populations : l'hiver de 1709 fut sibérien! Le gel, qui dura plusieurs semaines, anéantit la quasi-totalité des oliviers, occasionnant a posteriori la ruine des moulins à huile. Il y eut une forte mortalité. À Cruscades, quatre-cents oliviers périrent.

La construction du pont sur la rivière de l'Orbieu, entre les communes de Cruscades et d'Ornaisons, qui dura de 1745 à 1752, obligea les États de Languedoc à mettre en service une nouvelle route pour relier l'ouvrage à Lézignan. Il fallut aussi se pencher sur l'aménagement des relais de poste qui s'échelonnaient le long de ce grand chemin dit "de Carcassonne à Narbonne".

Jusqu'en 1755, ils se trouvaient installés, dans le Lézignanais, à Villedaigne, Lézignan et Moux ; ces relais appartenaient aux membres de la famille Théron (de Moux) qui s'y succédaient depuis la fin du XVIIe siècle. Pour équilibrer les distances entre les relais, on déplaça celui de Lézignan à Cruscades ; Antoine Théron en confia la charge à l'un de ses postillons, un nommé Laval, qui fut vite en conflit avec le Conseil de la Communauté, à propos de demandes indues : il souhaitait que le Conseil lui fournît un logement et des locaux, ainsi que des champs pour faire pâturer les chevaux du relais. Ledit Laval accepta de faire les travaux nécessaires moyennant l'avance d'une certaine somme par le bourg de Lézignan. Il n'était pas rare que le Conseil eût à faire face à des conflits d'intérêts. Cela occasionnait des frais. On peut citer le cas du Seigneur de Lézignan, le Maréchal de "Bellisle", qui exigeait que Cruscades fît recreuser le ruisseau du Lirou, "rec" qui draînait les eaux pluviales de l'Etang-Fabre, ce que le Conseil refusa d'exécuter. Il y eut aussi le Recteur (prêtre) Foulquier qui mit en demeure la Communauté de faire procéder aux réparations de la maison curiale qui menaçait ruine : on lui trouva un logement chez l'habitant, en attendant une restauration qui traîna près de vingt-cinq longues années... On peut également citer le cas de "l'advocat Octavian Domec" qui s'opposa à la Communauté de Cruscades pour un problème de terres. Cet avocat DOMEC est à l'origine du nom de lieu de "La Domèque". Également on peut évoquer le conflit "Communauté contre Mr de Robert" quant aux dégâts occasionnés à ses propriétés par les troupeaux. Vers 1740, on comptait près de "800 bêtes à laine" sur le seul territoire de Cruscades. De Robert porta l'affaire devant le Parlement de Toulouse et eut gain de cause. Il fut indemnisé sur les deniers de la Communauté. Cela incita les Consuls à prévoir dans les "dépenses ordinaires", une somme de 50 livres pour entretenir un garde-terroir. (Lors d'un grand nettoyage des abords du Monument aux Morts, dans les années 1980, on découvrit d'anciennes stèles et monuments funéraires entassés sous une épaisse couche de terreau, en face du presbytère, côté-Est. Parmi ces vestiges, une pierre portait le nom de "De Robert". On ignore où ont été déposés lesdits monuments.)

Le relais de la Poste aux chevaux s'installa dans une dépendance de l'actuelle maison-Fabre (la vigne située derrière le parc d'agrément de ladite famille Fabre porte toujours le nom de "Poste"). Les Cruscadèls virent ainsi passer de simples voyageurs, mais aussi les équipages de personnalités de la Province, et même, le 4 février 1814, le pape Pie VII, qui s'arrêta une demi-heure à Cruscades, pour le changement d'attelage, où il fut harangué par l'abbé Boyer, curé du lieu. Le village avait été envahi par des dizaines de calèches et autres berlines : toute la bonne société de Narbonne avait tenu à assister à l' "arrêt-buffet" de Sa Sainteté. Nos braves Cruscadèls n'avaient jamais vu ça! Quand l'équipage papal repartit, ce fut un désordre indescriptible : tout ce beau monde voulait être en bonne place pour suivre le Pontife... La construction d'un pont sur l'Orbieu vers 1850 à Villedaigne sonna le glas du relais de poste de Cruscades. Il faut rappeler qu'un relais de poste se trouvait, entre le Ier siècle av. J.-C. et le IIe ap. J.-C., au lieu-dit "le Pla de Beyret", sur l'ancienne voie romaine.(D'après Georges Sénié)

Histoire de fours[6][modifier | modifier le code]

Dans le "Livre Vert" (ainsi appelé à cause de la couleur de sa couverture), rédigé à l'initiative de Mgr Pierre de la Jugie, archevêque de Narbonne (1347-1375), on lit, au chapitre de Cruscades («De Cruscadis») que le seigneur archevêque possède « un four propre avec droit de fournage : à chaque cuisson, il a droit à un pain sur trente pains cuits ». (Au début du XVIIIe s., la redevance fut convertie en une albergue d'une croix d'or d'une valeur de 10 livres.) Il tenait aussi un moulin banal avec droit de mouture (ce moulin fut construit au XIVe siècle sur l'Orbieu qui passait alors, là où se dresse aujourd'hui le vieux château d'eau, au chemin de Luc, vers "Grasas"). Ce moulin fut la propriété, à l'origine, d'une famille de Villedaigne (XIII s.).

Le 8 novembre 1699, Guillaume Bonnafous, fermier du four "banier" (ou banal) de la communauté poursuit en justice Jean Barthes, "bayle" (le "bayle" ou "baille", du latin "bajulus", est le représentant du seigneur-archevêque à Cruscades), qui fait cuire son pain dans un autre four que celui de la communauté, à la métairie de Resplandy (du nom de son propriétaire d'alors, un certain Paul Resplandi, originaire de Narbonne ; on l'appelait aussi "mettérie de saint michel" : voir "compoix" du XVIIe siècle déposé aux Archives Départementales de l'Aude). La justice tranchera dans ce conflit (voir le registre des délibérations de la communauté de 1699, archives communales).

Au XVIIIe siècle, l'archevêque de Narbonne, seigneur de Cruscades, baille (au sens de "bail") à la communauté un "four noble" (bien noble, non sujet à l'allivrement) à cuire le pain, moyennant une albergue (taxe) d'une croix d'or. Comme dans les bourgs voisins, ce four situé «près du portail» sera vendu par l'archevêché, en 1732, à la communauté qui l'affermera. De strictes conditions engagent le fermier: il fournira tout le bois nécessaire au chauffage du four qu'il fera fonctionner chaque jour depuis la saint Jean-Baptiste (24 juin) jusqu'au 15 août, pendant le temps de la récolte. (Durant plusieurs semaines d'été, Cruscades voyait arriver les "estibandiers" ou ouvriers saisonniers chargés des moissons ; ces gens-là faisaient cinq à six repas par jour!) Le reste de l'année, le four fonctionnait les mardis et vendredis. Le fermier prélevait la valeur d'un pain tous les trente enfournés (1 pour 30), mais rien sur les gâteaux, selon un usage immémorial.

Au tout début du XXe siècle, ce vieux four fut démoli pour permettre l'agrandissement d'une rue et la construction d'une place. Vers 1894-95, Jean Labrousse, boulanger, acheta l'ancien four Aragon, construit au cours du XIXe s., et le four communal qui lui faisait concurrence et qu'il fit démolir vers 1923-1924. (D'après Joseph Graves et Georges Sénié).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 2014 Jean-Claude Morassutti   Maire
mars 2001 2008 Roger Dedieu apparenté PS Maire
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 622 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
173 191 284 280 309 287 264 262 218
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
286 351 373 403 460 489 508 517 513
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
503 471 454 450 414 440 436 405 386
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
399 374 341 290 289 324 412 417 538
2011 - - - - - - - -
622 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Commune viticole (Corbières (AOC)), où de nombreux arrachages ont eu lieu dès le début des années 2000. De grosses pièces de terre ont été rachetées à la fin du XXe siècle par une société étrangère. Le vignoble cruscadèl produit un excellent vin de table recherché pour sa belle couleur, son goût et sa bonne tenue. Un jeune propriétaire a adopté la culture biologique avec succès (ses vins ont été plusieurs fois primés). Cruscades est l'un des rares villages des environs à ne pas posséder de cave coopérative viti-vinicole (caves particulières). Principaux producteurs : Louis Fabre (vins bio), GFA Cordonnier-Hortala, Héritiers Ayraud, Château "Etang des Colombes", Domaine d'Olivéry, Loevenbruck Régis ("Château Cruscades", 32 ha en AOC Corbières, racheté en 2011, par la famille Bonfils, déjà propriétaire de nombreux vignobles, pour une superficie totale de près de 1500 ha). D'autres propriétaires portent leur récolte vers les caves coopératives d'Ornaisons et de Lézignan.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église paroissiale, dédiée à saint Jean l'Evangéliste, du XIIIe siècle, est bien conforme au style du pays par son chœur plus étroit que la nef et sa voûte d'ogives. On regrette en voyant les belles pierres de taille du sanctuaire que la nef ait été couverte d'un enduit blanc. (D'après l'abbé Giry, in "Les Corbières" -voir supra).
  • Ancienne chapelle castrale, bâti sur les restes d'une église romane, l'édifice est remarquable par la pureté de son style gothique; l'abside pourrait remonter à la fin du XIIIe siècle. Selon l'abbé Graves, certains détails de la construction devenus visibles après les réparations de 1965 - les clefs de voûte, des linteaux de portes formées de deux pierres juxtaposées, les chapiteaux, le profil des arcs - indiquent une parenté avec la cathédrale Saint-Just de Narbonne. L'élan, la force, l'harmonie de l'ensemble, surtout du chœur, révèlent la remarquable technique d'un maître que l'on retrouve chez ceux qui conçurent et édifièrent Saint-Just. On trouvera aussi des ressemblances avec l'église de Lézignan.
  • Cet édifice inachevé, avec deux chapelles, sans transept*, présente des murailles de forteresse. À plusieurs reprises, des réparations et des modifications furent entreprises, tant au XVIIe s. qu'en 1861. En 1620, on abat la muraille de cers et on déplace la porte d'entrée sous le clocher qu'on surélève.
  • À côté du clocher, une fouille de 1927 a permis de dégager une vaste excavation de 4 m de diamètre et 5 m de profondeur, comblée de sable. La porte y donnant accès ouvrait sur une salle voûtée dont il restait un bel arceau, brisé par l'abbé Toustou quand il aménagea la sacristie actuelle. Antérieure à la construction de l'église, cette cavité existe toujours, difficilement abordable par le presbytère, mais visible et éclairée. On a pensé à un silo pour emmagasiner les grains. L'abbé Giry (1905-2002, ancien conservateur du musée de Nissan-lès-Ensérunes) y voit une glacière, comme en possédaient si souvent les châteaux de la région.
  • À côté du silo, un sarcophage sous voûte protégeait un squelette de 1,80 m et une petite amphore en poterie noire. Le cercueil était constitué de pierres plates Coll. BonnetJL gallo-romaines, selon l'abbé Cabirol, témoin oculaire. Fond du silo découvert par l'abbé Toustou en 1927 dans l'église de Cruscades.

Le village[modifier | modifier le code]

Les travaux d'adduction d'eau potable ont permis de mettre au jour des vestiges du vieux village : des traces d'anciens murs formant le rempart circulaire, des fondations de l'ancien château, des restes de murs et de sols en brique rouge, un four à fondre le fer hors les murs.

Une promenade à travers le village montre qu'il est constitué de deux parties : l'ancien château avec l'église et les vieilles maisons entourées autrefois d'un rempart; le nouveau village qui s'est étendu au nord (XVIIIe s.), après la construction de la nouvelle route royale; à l'ouest, pour installer la mairie et les écoles (1911). On peut voir quelques rares maisons bourgeoises, des linteaux de porte datés [dont un portant l'inscription : "LI(I)ME TA" (erreur du sculpteur), c'est-à-dire : seuil (de la maison) de T(ournal) A], une borne-fontaine en pierre de Ferrals.

Olivéry[modifier | modifier le code]

Le compoix de 1647 mentionne "l'estang d'Olivery", dont le nom se confond avec celui de la Cardaïre (voir ci-dessous). La métairie dite d'Olivery tire son nom de celui de son tenancier, au XVIe siècle, alors que les terres appartenaient à l'abbaye de Fontfroide. Les "Recherches Diocèsaines" de 1537 relève : « uno boryo, estables, cortals, porcigolo et galiniero de mestre Guylhaumes Olyvery ». Cette terre, abandonnée au XVIIIe s., fut vendue aux enchères avant la Révolution.

Note : On a retrouvé en 1891, à Narbonne, un livre de comptes ayant appartenu à un certain Jacme Olivier, marchand de Narbonne au XIVe siècle (Moyen Age). On y précise que ledit marchand possédait des terres, notamment à Canet. Quand on lit ce livre de comptes, rédigé en "provençal" (roman), on constate que le patronyme d'Olivier a subi des transformations, au gré des écritures des scribes. On note : "Olyvier", "Holivarii", "Olivarius", "Holiver", etc. On retrouve cette famille dans les archives notariales canétoises. On peut se poser la question de l'origine toponymique de ce lieudit, nommé aujourd'hui : "Olivéry". Et il est possible que le "Guylhaumes Olyvery" dont il est fait mention en 1537 soit de la lignée du riche marchand Jacme Olivier. (Georges Sénié)-.

Resplandy[modifier | modifier le code]

Cette métairie se trouve mentionnée dans le compoix de 1647 sur le tènement de Saint-Michel, là où l'abbaye de Lagrasse possédait (d'après l'abbé Sabarthès) une église dédiée à ce saint et dénommée « de Parietibus Longis » en 1251. (Dans une étude sur l'abbaye de Lagrasse, Claudine Pailhès, actuellement directrice du Service des archives départementales de l'Ariège, place Saint-Michel aux longs murs du côté de Sallèles-d'Aude : nous pensons qu'il s'agit là d'une petite erreur de localisation. La teneur du testament de Pierre Gason, bourgeois de Lézignan, datant de 1251 et déposé aux archives départementales de l'Aude, a convaincu le très savant abbé Sabarthès de situer Saint-Michel sur le territoire de Cruscades.)

Sur les ruines de cet habitat médiéval, une ferme fut édifiée (on profita des pierres de l'ancienne chapelle) à la fin du XVe siècle. Le nom de Resplandy vient de celui du propriétaire d'alors, ainsi que le signale le compoix de 1647: Antoine Paul de Resplandy y tient « un pigeonier avec polaliere et patu a la meterie de Saint Michel». Rappelons que le lieu de Resplandy fut occupé dès le début de l'ère chrétienne (peut-être avant), et ce, jusqu'au Ve siècle (vestiges y trouvés datés par Mlle Taffanel, chargée de recherche au CNRS, certains du Ier siècle av. J.-C., d'autres de l'Antiquité tardive ou Bas Empire). (Georges Sénié).

Les étangs[modifier | modifier le code]

Avant le XVIe siècle, une zone stagnante (communément nommée de nos jours "Etang des Colombes") se situait aux confins des territoires de Cruscades et de Lézignan. Au XVIIIe s., on parlait de "l'Etang Fabre". On l'appelait aussi "l' Etang Bouyé" (lieu où venaient pâturer des bœufs), ou bien encore "Etang de Villeneuve", du nom d'un ancien propriétaire de Lézignan. Le seigneur de Lézignan et l'archevêque de Narbonne (seigneur de Cruscades), se partageaient les fruits de la pêche, comme il est noté dans "Le Livre Vert" de l'archevêché de Narbonne (XIVe s.). Plus tard, les terres drainées, en grande partie grâce à l'action des archevêques, furent baillée (bail) aux seigneurs de Luc (famille Thézan de Saint Génieys au XVIIe et, au XVIIIe s., à M. de Niquet, descendant du lieutenant de Niquet, délégué par Vauban aux fortifications pour la partie méridionale du royaume, et armoiries de laquelle famille furent adoptées par la ville de Lézignan, au début du XXe s.). Les abords de l'étang étaient très giboyeux. Le braconnage, surtout de nuit, était lourdement puni. Parmi les droits de l'archevêque, en 1360, on note un autre « stagnum de Cruscadis », appelé en 1647, "l'Étang de la Cardaire", asséché à la charnière des XVIIIe s.-XIXe s., qui se situait près du domaine d'Olivéry. C'est à partir de ce moment-là que le Lirou fut détourné vers Canet-d'Aude. Cet étang était également très giboyeux, qui attirait toutes sortes de prédateurs, y compris des loups qui descendaient du "Pech d'Ornaisons". (Au moment de la Révolution, on note que les habitants du domaine d'Olivery, les "hoirs (héritiers) De Lastours" et les ouvriers, étaient équipés de fusils pour parer toute attaque éventuelle).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Bruno Pradal (Rabat 1949-Joigny 1992) : quoique né au Maroc, il est originaire de Cruscades par sa mère Lucette Pous-Gleizes. Acteur de cinéma, il a tourné dans une dizaine de grands films: « Mourir d'aimer » (1970), « La saignée» (1971), « Pas folle la guêpe » (1972). Il est décédé dans un accident de voiture, le 19 mai 1992, près d'Orléans. (http://dictionnaire.sensagent.com/Bruno%20Pradal/fr-fr/).
  • Matthieu Lagrive, né le 7 décembre 1979 à Lisieux, est un pilote de course de motos. Triple Champion du Monde d'Endurance (Suzuki Endurance Racing Team). Marié, 2 enfants, il s'est fixé à Ornaisons après avoir vécu deux ans à Cruscades.

Vie locale[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

Culture et manifestations culturelles[modifier | modifier le code]

  • Fête du village

Sports[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Philippe Héléna
  2. selon Paul Fabre
  3. selon Jacques Lemoine
  4. (d'après Georges Sénié)
  5. (voir 'Archéologie de la Gaule' d'Albert GRENIER)
  6. (d'après l'abbé Joseph Graves)
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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