Croix de guerre 1914-1918

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Croix de guerre 1914-1918
Photo Croix de guerre recto.jpg
Croix de guerre avec 4 citations (appartenant au Col. Brébant), avec une palme de bronze, une étoile de vermeil, une étoile d'argent et une étoile de bronze.
Décerné(e) par France France
Type Médaille à catégorie unique en port de poitrine avec 4 possibilités de croix et deux de palmes sur le ruban
Éligibilité Militaires ou assimilés
Décerné(e) pour Conduite exceptionnelle au cours de la Première Guerre mondiale
Statistiques
Création 2 avril 1915
Ordre de préséance
Médaille supérieure Ordre national du mérite
Médaille inférieure Croix de guerre 1939-1945
Croix de Guerre 1914-1918 ribbon.svg
Ruban de la Croix de Guerre 1914-1918

La Croix de guerre 1914-1918 est une décoration militaire attribuée pour récompenser l'octroi d'une citation par le commandement militaire pour conduite exceptionnelle au cours de la Première Guerre mondiale.

Sommaire

[modifier] Création

Durant la Première Guerre mondiale, le besoin de créer une récompense pour les combattants s'est fait sentir très rapidement. Il existait bien la « citation à l'ordre du jour », mais ce n'était qu'un témoignage écrit, dans les communiqués, les états de service et le livret militaire. Cette décoration administrative devait laisser place à un signe distinctif clair et visible, qui permettait au chef de décorer les plus vaillants de ses soldats sur les lieux même des combats.

En mars 1914, avant le début de la guerre, le député Tournade avait déjà déposé une proposition de loi afin d'instituer, pour les combattants, une médaille dite de la valeur militaire. Mais ce projet avait alors été repoussé par la commission de la Guerre.

À la fin de l'année 1914, le général Boëlle, commandant alors le IVe Corps, tente de convaincre l'administration de la nécessité de la création d'une telle décoration. Il réussira à convaincre un député, l'écrivain Maurice Barrès, député de Paris et chantre du patriotisme, de proposer un projet de médaille pour décorer les soldats, après un exploit particulier.

Le 23 décembre 1914, le député Georges Bonnefous dépose un projet de loi, signé par 66 députés visant à créer une médaille dite de la Valeur militaire. Le député Émile Driant, qui siège alors au parlement entre deux séjours au front, se fait tout naturellement le porte-parole d'un projet qu'il avait déjà ébauché, alors qu'il était aide de camp du ministre de la Guerre, le général Boulanger.

Le 18 janvier 1915, Émile Driant présente et soutient devant l'assemblée nationale, le rapport de la commission de l'armée. Il désigne alors cette décoration par « Croix de guerre ». Après d'âpres discussions au sein des deux chambres, la loi portant création de la Croix de guerre est votée le 2 avril 1915 et promulguée le 8 du même mois.

[modifier] Insigne

Ruban de la Croix de guerre 1914-1918
Croix de Guerre

Médaille : C'est au sculpteur Paul-Albert Bartholomé qu'est dû le modèle définitif :

« La Croix de guerre instituée par la loi du 8 avril 1915 est en bronze florentin du modèle de 37mm, à quatre branches, deux épées croisées. Le centre représente à l'avers une tête de République au bonnet phrygien ornée d'une couronne de lauriers avec en exergue « République française ». Il porte au revers l'inscription 1914-1915 » (Art. 1er du décret du 23 avril 1915)

Cette inscription sera par la suite modifiée et la Croix de guerre portera successivement les suivantes : 1914-1916, 1914-1917, 1914-1918.

Ruban : vert avec liseré rouge à chaque bord et comptant cinq branches rouges verticales de 1,5 mm. Origine du ruban : Le ruban de la Croix de guerre de 1914-1918 est celui de la médaille de Sainte-Hélène[1]. Napoléon III récompensait, grâce à elle, les vétérans de l'armée du Premier Empire.

Le décret d'application du 23 avril 1915 fixe les distinctions entre les différents niveaux des citations :

  • Étoiles
    • Citation à l'ordre du régiment : bronze
    • Citation à l'ordre de la brigade : bronze
    • Citation à l'ordre de la division : argent
    • Citation à l'ordre du corps d'armée : vermeil
  • Palme
    • Citation à l'ordre de l'armée : bronze
    • 5 citations à l'ordre de l'armée : argent

[modifier] Décorés

Le nombre de titulaires de la Croix de guerre 1914-1918 n'est connu de personne. Les renseignements du ministère de la guerre estiment à 2 055 000 citations attribuées aux combattants des armées françaises et alliées, à plus de 600 unités de l'armée de terre, à une trentaine de bâtiments de la marine, à plus de soixante dix escadrilles d'aviation, à 2 951 villes et communes ainsi qu'à des civils au 1er mars 1920. Ce chiffre ne tient pas compte des citations à titre posthume et des Croix de guerre accompagnant d'office la Légion d'honneur et la Médaille militaire. En effet ces deux dernières médailles sont toujours attribuées avec une citation à l'ordre de l'armée, qui donne droit à la Croix de guerre avec palme.

La Croix de guerre 1914-1918 la plus « chargée » est celle de l’As des As français René Fonck avec 28 palmes et une étoile.

Les décorés ne sont pas seulement des militaires. Des aumôniers, des ambulanciers(ères) ont également reçu cette décoration. En 1916, un pigeon voyageur nommé Vaillant est même décoré d'une citation.

La Croix de guerre a été parfois décernée à titre collectif, à des communes (2 952 communes sont décorées de la Croix de guerre 1914-1918 entre 1917 et 1926), des régiments, des navires (le Bouvet par exemple) ou des organismes (Préfecture de police de Paris, barreau de Paris, universités, grandes écoles, etc.).

Les membres des unités militaires décorées au moins à deux reprises de la Croix de guerre peuvent arborer une fourragère. Cette fourragère est portée à titre collectif pour tous les personnels qui appartiennent à l'unité. Elle peut être portée à titre individuel si le membre de l'unité participé aux évènements qui ont conféré la fourragère à l'unité. Les couleurs et la disposition de cette fourragère changent selon le nombre de citations obtenues.

Les anciens combattants de la guerre de 1914 à 1918, titulaires d'une fourragère à titre personnel ont pris accoutumance d'adapter cette dernière en modèle réduit fixé à la barrette d'attache de la Croix de guerre. (Les textes officiels inexistants).

Cette fourragère (modèle réduit) doit pouvoir répondre à une attestation délivrée par le chef de Corps. Voir la photo ci-dessous.



[modifier] Cérémonial de réception

L'attribution de la croix de guerre ne s'accompagne d'aucun cérémonial obligatoire. La remise à l'intéressé d'un extrait de l'ordre le citant suffit à établir ses droits au port de cette distinction.

  • La procédure officiel:
  • Premièrement un acte officiel écrit sur la demande du chef de corps du régiment auquel appartiennent l'officier, le sous-officier et soldat concernant son acte de bravoure donnant droit à une citation puis à l'attribution d'une médaille (Croix de la Légion d'honneur, Médaille Militaire, Croix de guerre, Croix de la valeur militaire etc...)
  • Deuxièmement la demande doit passer devant une commission chargée de l'octroi des récompenses. cette commission présidée par un officier supérieur épaulé par d'autres officiers.
  • Troisièmement la demande sera envoyé sur rapport au ministre de la guerre (maintenant au ministre de la défense) qui lui donnera son avis.
  • Quatrièmement un extrait de l'arrêté sera publié pour prendre rang à compter du 6 juillet 1918 sur le journal officiel.
  • Cinquièmement l'intéressé peut porter sa décoration.

Si la croix est remise au cours d'une prise d'armes, le récipiendaire vient se ranger dix pas en avant du drapeau. Le commandant des troupes commande le "Garde-à-vous". L'autorité chargée de la remise fait ouvrir le ban et prononce après avoir indiqué le grade, le nom et le prénom du récipiendaire, la formule suivante :

« Au nom du ministre de la Défense, nous vous décernons la Croix de la Légion d'honneur au grade de chevalier ainsi que la croix de guerre 1914-1918 avec palme pour les motifs suivants. Commandant de compagnie de haute valeur. Perpétuellement en contact avec l’ennemi pendant huit jours de bataille, a réussi à plusieurs reprises dans des conditions difficiles, à rompre le combat, sans laisser un homme, même blessé, aux mains de l’ennemi, s’est distingué plus récemment par son entrain à la tête de sa compagnie qui a fait une centaine de prisonniers. Une blessure deux citations » Après la remise, ladite autorité fait fermer le ban. Le récipiendaire rejoint les rangs. A savoir que pour toutes autres décorations le cérémonial est le même. Voir la citation ci-dessous.


[modifier] Notes et références

  1. (fr) Médaille de Sainte-Hélène

[modifier] Bibliographie

  • La marque du courage, collectif, Éditions LBM, Paris, 2005

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes