Cristal de glace

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Plaquette hexagonale.
Cristaux à six pointes longues
Colonne creuse surmontée de plaquettes
Cristal hexagonal avec extensions en dendrites

Un cristal de glace est la cristallisation de la vapeur d'eau contenue dans l'air sans passer par la phase liquide pour former un hydrométéore. Elle se produit dans les nuages sous le point de congélation ou dans l'air clair à une température inférieure à −20 °C.

En météorologie, les cristaux de glace forment les composantes des nuages de haut niveau et des flocons de neige. Il s'agit également d'une précipitation de surface dans les régions arctiques par temps très froid et ciel dégagé (code Metar : IC). Selon Météo-France et l'organisation météorologique mondiale, il est recommandé d'utiliser poudrin de glace pour nommer ce dernier type de précipitation[1].

Formation[modifier | modifier le code]

Les cristaux de glace ne se formeront spontanément par congélation de la vapeur d'eau que lorsque la température est inférieure à −39 °C et l'air saturé. Si la température est supérieure, il faut un noyau de congélation pour démarrer le processus. Ces noyaux sont des particules ou ions en suspension qui ont des propriétés cristallines très proches de celle de la glace. Ils se retrouvent naturellement en très faible concentration dans l'air, venant des sols, des mers et des poussières volcaniques.

Nuageuse[modifier | modifier le code]

Lorsque les cristaux se forment dans des nuages sous le point de congélation sans être plus bas que −20 °C, ils le font à partir de noyaux de congélation et augmentent graduellement de taille selon l'effet Bergeron en absorbant la vapeur d'eau environnante, et même les gouttes d'eau en surfusion, pour donner de la pluie ou de la neige plus tard dans la vie du nuage.

Cependant, les nuages de haute altitude, les cirrus, sont formés de cristaux de glace et ne donnent pas de précipitations. Comme la température à cette altitude est très basse, les cristaux ne rencontrent que d'autres cristaux et ne peuvent atteindre une masse suffisante pour tomber dans l'air sous-saturé à l'extérieur du nuage sans se sublimer. Cependant, s'ils rencontrent dans un nuage plus chaud avant leur dissipation totale, ils peuvent servir de noyaux de départ pour la formation de précipitations.

D'air clair[modifier | modifier le code]

Les cristaux de glace formé dans l'air clair arctique le font avec ou sans noyau de condensation. Ils tombent au sol ou restent en suspension, formant une précipitation très légère qui réduit cependant fortement la visibilité. Ce phénomène se produit généralement lors d'un apport d'humidité dans un air très sec et stable. Ainsi, si on a une inversion de température avec un mercure sous les −20 °C au sol et plus chaud en altitude, la vapeur d'eau ne peut se diluer et on atteint le point de saturation rapidement. Les quelques noyaux de congélation qui existent dans cet environnement capturent rapidement cette humidité.

Si la température de surface est plus élevée, la vapeur peut rencontrer des gouttelettes surfondues et former du brouillard glacé au lieu de cristaux de glace. Si la concentration de noyau de congélation est très faible, il faudra atteindre des températures plus basses pour voir apparaître les cristaux. Dans les régions très propres comme en Antarctique, ils ne se formeront que vers −25 °C. Sur ce continent où le phénomène est fréquent, on a noté en 1967 dans la région de la station du Plateau que 70 % de la précipitation annuelle de 25 mm, en équivalent eau, était tombée sous forme de cristaux de glace.

Le code Metar pour ces cristaux de glace, ou poudrin de glace, est IC.

Types[modifier | modifier le code]

Dans un nuage[modifier | modifier le code]

Les cristaux de glace qui formeront des flocons de neige prennent différentes formes qui varient en fonction de la température, mais aussi du degré d'humidité[2] :

  • de 0 à -°C : minces plaques hexagonales[3] ;
  • de -4 à -°C : aiguilles ;
  • de -6 à -10 °C : colonnes creuses ;
  • de -10 à -12 °C : cristaux à six pointes longues ;
  • de -12 à -16 °C : dendrites filiformes.

IC[modifier | modifier le code]

Dans le cas de la précipitation arctique, il s'agit de colonnes ou de plaques hexagonales car leur formation est lente due au faible contenu en eau.

Phénomène optique[modifier | modifier le code]

Halos au Pôle Sud (1980), comprenant un parhélie. Les fins cristaux de glace les plus proches responsables du phénomène sont visibles comme de petits points brillants.

Les cristaux de glace contenus dans les nuages ou le IC ont des propriétés de diffraction similaire à tout cristal. La lumière du Soleil ou de la Lune passant à travers ceux-ci est décomposée selon ses composantes et on peut voir des halos. Dans le cas des cirrus, le halo est vu lorsque le nuage est entre l'observateur et la source de lumière. Dans le cas du IC, on peut le voir de la même façon ou par réfraction à 180 degrés, c'est-à-dire avec la source de lumière dans le dos de l'observateur.

Poudrin sur Mars[modifier | modifier le code]

En 2008, la station météorologique canadienne, embarquée sur l'atterrisseur Phoenix, a détecté de la neige dans son étude du climat martien. L'équipe scientifique qui a analysé les résultats explique que la vapeur d'eau est projetée en altitude pendant la journée pour former, dans la basse atmosphère, des nuages de cristaux de glace. Au cours de la nuit, l'eau précipite dans l'atmosphère pour se transformer en neige. On a comparé ce processus à celui de la formation du poudrin de glace observé dans l'Arctique[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) R. Greenler, Rainbows, Halos, and Glories, Milwaukee, Peanut Butter Publishing, 1e éd. (ISBN 978-0-89716-926-4, OCLC 42727201, LCCN 00265409), p. 195 — Référence pour les effets optiques des cristaux de glace en air clair, incluant des photos prises en Antarctique
  • Kenneth Libbrecht, La formation des cristaux de neige, Pour la Science,‎ février 2007, p. 32-39
  • (en) U. Radok, R.C. Lile et J.A. Businger (éditeur), Meteorological Studies at Plateau Station, Antarctica, vol. 25, American Geophysical Union (ISBN 0-87590-125-5), « A year of snow accumulation at Plateau Station », p. 17-26
  • (en) Kenneth Libbrecht, Ken Libbrecht's Field Guide to Snowflakes, Voyageur Press
  • (en) W. Schwerdtfeger et S. Orvig (éditeur), Climates of the Polar Regions, vol. 14, Elsevier,‎ 1970 (ISBN 0-444-40828-2), « The climate of the Antarctic », p. 253-355
  • Manuel des observations météorologiques de surface (MANOBS), Service météorologique du Canada, 7e éd.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Organisation météorologique mondiale, « Poudrin de glace », Comprendre la météo, Météo-France,‎ 2009 (consulté le 2009-08-14)
  2. Philippe Beaucage, « Considération sur la nature des cristaux de neige », Rapport de stage -- Été/Automne 2001, Université de Montréal (consulté le 16 novembre 2013)
  3. Organisation météorologique mondiale, « Plaque » (consulté le 16 novembre 2013)
  4. (fr) Adrien, « Phoenix: des indices sur le cycle de l'eau sur Mars », Techno-Science,‎ 6 Juillet 2009 (consulté le 2009-08-14)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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