Crise financière chypriote de 2012-2013

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La crise financière chypriote de 2012-2013 est une crise économique qui a touché le secteur financier de Chypre après les défauts de paiements partiels sur la dette publique grecque en 2011 et 2012, parallèlement à un taux de déficit élevé de l'État, qui a vu sa notation financière chuter.

Prémisse[modifier | modifier le code]

En janvier 2012, Chypre reçoit un prêt de 2,5 milliards d'euros de la part de la Russie pour l'aider à financer son déficit et pour re-financer sa dette à long terme.

Le 13 mars 2012, Moody's déclasse la note financière de Chypre, le 25 juin 2012, c'est le tour de Fitch. Le même jour Chypre demande l'intervention du mécanisme européen de stabilité et du fonds européen de stabilité financière en sa faveur. Dès le 25 juillet, la Troïka et Chypre discutent d'un possible plan de sauvetage, après l'analyse pendant ce dernier mois de la situation financière de Chypre.

Le 30 novembre, en accord avec la Troïka (FMI, BCE, Union européenne), Chypre annonce des mesures d'austérité : coupes dans les salaires des services publics, dans les allocations, augmentation de la TVA, des taxes sur le tabac, l'alcool, l'essence, les jeux de loterie, l'immobilier, ainsi que l'augmentation des cotisations pour la sécurité sociale.

Plan de sauvetage[modifier | modifier le code]

Dans la nuit de vendredi 15 à samedi 16 mars 2013, les pays de la zone euro ont élaboré un plan de sauvetage du secteur financier de l'île qui a besoin de 17 milliards d'euros. Le plan prévoit une aide de 10 milliards d'euros (55 % du PIB de l'île) venant de la zone euro et, une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires de 6,75 % jusqu'à 100 000 euros et 9,9 % au-delà devant rapporter 5,8 milliards d'euros[1] Ce plan a été refusé par le parlement et des discussions sont en cours.

Le 22 mars, le parlement chypriote accepte la restructuration de la deuxième banque du pays Laiki Bank, à travers la création d'une bad bank.

Le 25 mars, un second plan est proposé par la Troïka et Chypre. Ce plan comprend la garantie des dépôts de moins de 100 000 euros, la Laiki Bank est condamnée, ses dépôts de moins de 100 000 euros et les actifs de bonnes qualités sont transférés dans la Bank of Cyprus, le reste des dépôts et des crédits sont intégrés pour assurer le financement des décotes des actifs de la banque, touchant les revenus possibles de la liquidation de celle-ci. Les dépôts de plus de 100 000 euros de la Bank of Cyprus sont transformé en action de Bank of Cyprus pour 37,5 % de ces dépôts[2], 22,5 % supplémentaires seront immobilisés[3]. Le plan vise a lever 4,2 milliards d'euros, en retour des 10 milliards d'euros de prêt accordé à Chypre. Il ne nécessite pas d'accord supplémentaire de la part du parlement. Le ministre des finances chypriote a aussi déclaré que les dépôts supérieurs à 100 000 euros de la Laiki Bank pourraient être taxés à hauteur de 80%[4]. Ce plan est mis en cause parce qu’il a permis à certains gros comptes d'oligarques russes de fuir les banques chypriotes en difficultés après sa mise en place [5].

En juillet 2013, le taux de conversion des dépôts supérieurs à 100 000 de la Bank of Cyprus en actions de celle-ci, passe de 37,5 % à 47,5 %[6]. 10 % des dépôts gelés ont été libérés en avril[6]. Il est prévu que 12 % de dépôts gelés supplémentaires soient libérés[6].

Le 28 février 2014, l'ensemble des ministres chypriotes démissionnent pour protester notamment contre les privatisations demandé par ses prêteurs[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Anne Bauer, "La zone euro veut sauver Chypre avec la participation des déposants bancaires" Les Échos du 18/03/2013
  2. Bank of Cyprus confirme une taxe sur les gros déposants, Les Échos, 30 mars 2012
  3. Chypre : les gros dépôts pourraient être plus ponctionnés que prévu Le Monde, 30 mars 2013
  4. http://fr.ria.ru/world/20130327/197912558.html
  5. Denis Dupré, "Le sauvetage des banques chypriotes a épargné les mafias, mais pas les contribuables" Le Monde, 15 avril 2013
  6. a, b et c Chypre : les déposants trinquent plus que prévu, La Tribune, 30 juillet 2013
  7. Crise politique à Chypre, au bord de la faillite, Alexia Kefalas, Le Figaro, 28 février 2014