Crise de la dette publique grecque

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La crise de la dette publique grecque est issue de la crainte des créanciers de la Grèce sur sa capacité à rembourser sa dette publique ainsi que de payer les intérêts de cette dette. Elle résulte à la fois de la crise économique mondiale et de facteurs propres au pays : fort endettement (environ 120 % du PIB) en 2010, déficit budgétaire qui dépasse les 13 % du PIB[1]. Cette crise, qui a contribué aux perturbations financières de 2007 à 2011, a été aggravée par le manque de transparence dont a fait preuve le pays, lors de son entrée dans la zone euro, dans la présentation de sa dette notamment par la levée de fonds hors bilan et par le biais d'instruments financiers mis au point par la banque d'investissement Goldman Sachs[2], à la suite d’une sous estimation récurrente des déficits publics[3]. Ce qui fait la spécificité de la crise grecque par rapport aux autres pays de la zone euro, c'est l'ampleur de ses problèmes structurels et notamment sa difficulté à prélever l'impôt. Cela conduit Bruxelles à créer une force opérationnelle de hauts fonctionnaires pour contrôler les réformes de l’État grec dans ces domaines[4]. Par ailleurs dans le cadre de l'ajustement structurel, les tranches de prêts à la Grèce ne furent débloquées qu'après que la Troïka eut estimé que le pays respectait ses engagements.

Cette crise marque de façon plus globale le début de la crise de la dette dans la zone euro. Pour éviter que la crise n'atteigne le Portugal et l'Espagne, les pays de la zone euro et le FMI décident d'aider la Grèce et arrivent le 2 mai 2010 à un accord portant sur des prêts d'un montant de 550 milliards d'euros, conditionnés[5] à la mise en place par la Grèce d'un ajustement structurel. Par ailleurs, la crise grecque pousse les pays à réformer les structures de la zone euro.

Depuis mai 2011, la Grèce a dû à nouveau faire appel aux pays européens et au FMI. La crise connaît une seconde période de tensions. En particulier, elle entraîne de nouveaux débats entre Européens. Le gouvernement français étant prêt à aider à nouveau la Grèce, le gouvernement allemand voulant que les banques et les financiers qui ont prêté sans réellement prendre en compte la situation du pays soient également mis à contribution[6]. Parallèlement, le gouvernement grec est soumis à la pression de la rue[7] et l'ONU avertit, dans un rapport publié le 21 juin, que les politiques de réduction radicale des déficits publics menacent l'emploi, les dépenses sociales et rendent toute croissance économique très incertaine. La solution prônée pour la Grèce serait ainsi contre-productive[8].

Sommaire

Causes économiques de la crise[modifier | modifier le code]

Les dépenses olympiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jeux olympiques d'été de 2004.

Dès 2004, des analystes grecs s'inquiétaient du coût et des emprunts causés par l'organisation des jeux olympiques à Athènes. Ainsi, le journaliste Filippos Syriagos s'alarmait du « cycle infernal qui consiste à recourir, chaque fois, à de nouveaux emprunts, à gaspiller des montagnes d’argent dans des investissements complètement improductifs comme les installations sportives ou sécuritaires »[9].

Le total des dépenses publiques engendrées par les jeux olympiques s'élèvent officiellement à 11 milliards de dollars[10]. D'autres estimations rapportées par le journal Die Zeit portent ce chiffre à plus de 20 milliards d'euros[11]. Les dépenses publiques ont été essentiellement financées par l'emprunt. Les jeux olympiques entraînent des endettements qui courent sur des années, les retours sur investissements ne sont pas à toujours à la hauteur des investissements et si une ville comme Montréal a dû mettre 30 ans pour éponger ses dettes à la suite des jeux de 1976, il est possible que le coût de l'organisation des jeux ait été tout simplement trop élevé pour les capacités d'un pays moins riche et moins peuplé comme la Grèce[12]. Pour l'économiste Jason Manolopoulos, ils se sont avérés « ruineux »[12]. La majeure partie des constructions sportives a été abandonnée et a donc été financée en pure perte[11]. L'entretien d'infrastructures aussi gigantesques se révèle lui aussi très coûteux[13].

La corruption de hauts fonctionnaires et de politiciens par des entreprises grecques et étrangères aurait joué un rôle dans l'explosion des coûts[14],[15]. Il faut également rappeler que le contexte géopolitique, avec les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis d'Amérique, puis ceux de Madrid le 11 mars 2004, a forcé Athènes à gonfler son budget sécurité jusqu'à un montant qui n'avait encore jamais été atteint[16].

Alors que le déficit budgétaire était de 3,7% du PIB, il double pour atteindre 7,5% l'année des jeux olympiques. Les dettes de l'État passent de 182 à 201 milliards d'euros. Ce sont bien les jeux olympiques qui ont surendetté la Grèce et préparé la crise de la dette publique grecque[17],[11].

Crise économique de 2008-2010[modifier | modifier le code]

L'économie de la Grèce était une des plus dynamiques de la zone euro de 2000 à 2007 avec un taux de croissance de 4,2 % grâce notamment à l'apport de capitaux étrangers[18]. Une économie dynamique et une baisse des taux d'intérêts (grâce à son entrée dans la zone euro) permettaient à la Grèce de financer d'importants déficits structurels. Depuis son entrée dans la zone euro, la dette publique a toujours été supérieure à 100 % du PIB[19]. La crise financière de 2007-2010 et la crise économique qui a suivi ont particulièrement touché la Grèce. Ses deux principaux secteurs économiques, le tourisme et le transport maritime, ont été sévèrement affectés et ont vu leur revenu chuter de 15 % en 2009[19].

Le taux de chômage en Grèce s'est élevé à 10,3 % au quatrième trimestre 2009 contre 7,9 % un an plus tôt. Les jeunes entre 15-29 ans ainsi que les femmes sont les plus touchés avec un taux respectif de 20,4 % et 14 %, soit près du double de celui des hommes[20].

Ampleur de la dette publique[modifier | modifier le code]

Dettes souveraines rapportées au PIB à fin 2011

La dette publique s'élevait à 142,5 % du PIB à la fin du premier trimestre 2011 et devrait représenter 158 % du PIB à la fin de 2011.

En volume, la dette hellénique atteint le montant de 350 milliards d'euros à fin 2011[21].

Sous-estimation de la dette[modifier | modifier le code]

Elle intervient à deux stades : une sous-estimation du déficit public et de la dette.

Concernant la sous-estimation du déficit, en 2010, l'économiste Jean Pisani-Ferry écrivait que « depuis dix ans, l'écart moyen entre le déficit budgétaire réel et le chiffre notifié à la Commission européenne a été de 2,2 % du produit intérieur brut (PIB). »[3].

Concernant la dette publique, la Commission européenne a demandé à la Grèce de s'expliquer sur les instruments financiers auxquels elle aurait eu recours pour dissimuler l'ampleur de sa dette[22]. Selon Christoforos Sardelis, qui dirigeait l'Agence de gestion de la dette publique grecque de 1999 à 2004, la Grèce aurait utilisé sur les conseils de Goldman Sachs des contrats de swaps de change pour décaler artificiellement de plusieurs années le paiement des intérêts de sa dette[22],[N 1],[23]. En 2002, Goldman Sachs aurait ainsi permis à la Grèce de lever un milliard de dollars de financements hors bilan[2]. Cette crise a entraîné une baisse de l'euro qui favorise les exportations et la reprise[24], mais aussi pénalise les importations (dont pétrole) et enfin provoque une crise de confiance de la monnaie européenne.

L'économiste Florin Aftalion souligne qu'alors que les dirigeants d'Enron ont été condamnés par la justice à des peines de prison, personne ne semble se soucier de demander des comptes aux dirigeants grecs qui ont présenté des budgets qui ne reflétaient pas la réalité[25].

Pour placer ses obligations de la dette publique, le gouvernement grec compte sur les investisseurs étrangers qui détiendraient 70 % des titres de la dette grecque[26]. Il a été suggéré que le déficit chronique avait des racines historiques et culturelles dont certaines remonteraient à la méfiance envers l'Empire ottoman (dont la Grèce était un sujet), méfiance qui se serait reportée sur les autorités étatiques[27]. L'évasion fiscale est estimée à 20 milliards de dollars par an[28].

Des taux d'intérêt trop bas par rapport à la situation du pays[modifier | modifier le code]

Pendant très longtemps les prêts des banques, faits à des taux ne tenant pas compte des risques propres à la Grèce, n'ont pas envoyé des signaux adaptés au pays. Plusieurs médias ont également mis l'accent sur le fait que l’exposition des banques européennes à la dette grecque était plutôt mal connue, c’est-à-dire "de manière aussi imprécise qu’incertaine" [29].

Problèmes structurels[modifier | modifier le code]

La Grèce est, pour l'ancien Commissaire au marché intérieur et à la concurrence Mario Monti[30], un pays « réfractaire au marché unique et à la concurrence » qui « n'a su combattre les corporatismes et les rentes de situation, dans les secteurs privé et public ». Quoi qu'il en soit, l'inflation a été forte dans le pays et a provoqué une perte de compétitivité qui a conduit à un fort déficit de la balance commerciale. Si l'on prend une base 100 en 1997, les prix à la consommation sont à 119,2 en 2009 en Allemagne et de 146,4 en Grèce[31]. Or l'appartenance à la zone euro ne lui permet pas de regagner en compétitivité en dévaluant et l'oblige à pratiquer une politique de rigueur. Le déficit de la balance courante dépasse en 2008 les 16 % du PIB « autrement dit, les Grecs s'étaient mis à consommer beaucoup plus qu'ils ne produisaient et devaient trouver quasiment 40 milliards d'euros à l'étranger pour financer cette consommation »[32].

Par ailleurs les gouvernements successifs depuis les années soixante-dix et la fin de la dictature n'ont pas cherché à créer un véritable état de droit[33]. L'adhésion du pays à l'Union européenne en 1981 a été voulue par des personnalités politiques dont Valéry Giscard d'Estaing bien que le pays ne fût pas prêt : les impôts n'étaient pas payés, le cadastre inexistant, la « magouille personnelle » était partout, l'administration pléthorique[33]. Le gouvernement grec a ensuite beaucoup fait pour entrer dans l'Euro « mais les réformes n'ont pas été faites »[33] et chaque partie a continué à « défendre son pré carré dans un corporatisme traditionnel » tandis que l'administration représente 7 % du PIB quand la moyenne européenne est de 3 %[33].

Certains considèrent même que la Grèce serait victime de la maladie hollandaise, pour son incapacité à faire profiter le pays des « matières premières » génératrices de devises que sont le tourisme ou l'affretage de navires[34],[35],[36],[37].

La Grèce consacre au budget de sa défense environ 4 % de son PIB depuis des décennies et elle est un des plus gros importateurs d'armes au monde, les forces armées grecques sont surdimensionnées par rapport aux capacités du pays, elles grèvent son budget et donc sa dette depuis la fin de la seconde guerre mondiale[38]. De 2005 à 2008, alors que la crise des « subprimes » incite les marchés financiers à la prudence, l'État grec augmente le volume de ses emprunts auprès des banques de 80 à 160 milliards de dollars et ses dépenses d’armement augmentent d’un tiers : avions de combat américains pour plus de deux milliards de dollars, six frégates de guerre et des hélicoptères de combat pour 2,9 milliards d’euros, et, six sous-marins allemands pour 5 milliards d’euros[39].

Ces éléments permettent de s'interroger sur la soutenabilité de la dette.

Première phase critique et premier plan de sauvetage (printemps 2010)[modifier | modifier le code]

Accord Grèce-UEM-FMI[modifier | modifier le code]

Mesures prises[modifier | modifier le code]

George Papandreou et José Manuel Barroso

Le 23 avril 2010, la Grèce requiert l'aide du FMI et de l'UEM. Après négociation un accord est trouvé le 2 mai 2010. Athènes obtient des crédits de l'Union européenne et du FMI à hauteur de 110 milliards d'euros sur trois ans (80 milliards d'euros prêtés par les pays de la zone euro et 30 milliards par le FMI)[40].

En contrepartie, la Grèce prend une série de mesures dont l'application sera étroitement surveillée[41] par les bailleurs de fonds : le FMI et les pays de la zone euro. Parmi les mesures faisant partie de l'accord, nous pouvons citer :

  • la suppression des 13e et 14e mois dans la fonction publique compensée par une prime annuelle de 1 000 euros pour les fonctionnaires gagnant moins de 3 000 euros[41] et gel des salaires des fonctionnaires pendant trois ans[42]
  • si le treizième mois est maintenu dans le secteur privé, la flexibilité du marché du travail sera renforcée[41]
  • la durée de cotisations retraites sera portée de 37 annuités à 40 annuités en 2015[41]
  • ouverture de professions fermées[43]
  • taxe sur les résidences illégales[43]
  • nouvelle hausse de la TVA qui doit être portée à 23 %[41]

Réactions[modifier | modifier le code]

Réaction des Grecs[modifier | modifier le code]
Manifestations 2010-2011

Le 23 avril, alors qu'Eurostat révise à la hausse le déficit budgétaire du pays, des manifestations ont lieu à travers le pays pour protester contre les mesures d'austérité[44].

Fin avril 2010, pour le quotidien Kathimerini c'est l'ensemble du système politique grec tel qu'il existe depuis 1974 et la chute de la dictature militaire qui est en cause. Pour lui, la classe politique devrait coopérer avec l'Union européenne et le FMI pour « construire des institutions plus fortes, mettre au point des mécanismes de lutte contre l'évasion fiscale et relancer le développement économique sur des bases saines »[45].

Le 5 mai pour protester contre les mesures d'austérité imposées pour eux par le FMI et l'Union européenne les deux principaux syndicats grecs organisent une grève générale[46], la troisième depuis février[47]. À cette occasion, une manifestation dégénère et cause la mort de trois employés d'une banque incendiée par des cocktails Molotov. Malgré tout, pour certains observateurs[47],[48], la participation aux manifestations, a été, eu égard aux standards grecs, assez modeste.

Réaction des marchés[modifier | modifier le code]

Le comportement de spéculation des marchés financiers a été critiqué par les chefs de gouvernements européens, mais aussi le rôle des agences de notation (Standard & Poor's notamment), accusées d'avoir alimenté la spéculation[49]. Certains acteurs économiques sans mettre en question la nécessité qu'il y a à ce que les agences de notation revoient leur méthode et que leur transparence soit mieux assurés, pensent que les politiques cherchent aussi à se défausser de certaines de leurs responsabilités.

Entre le 1er décembre 2009 et le 11 novembre 2011, le taux des obligations grecques à dix ans est passé de 4,84 % à 41,41 %[50]. Cette augmentation s'inscrit-t-elle dans le cadre d'opérations de spéculation sur les dettes souveraines européennes ? En octobre 2011 la dette s'élevait avant décote à 158 % du PIB, alors que dans le même temps le Japon avec un niveau d'endettement de 229 % du PIB avait des taux d'obligations de 1 %[51], et une dette détenue à 92 % au Japon[52]. L'augmentation des taux grecs ne peut donc être uniquement expliquée par un risque accru qui serait lié à un accroissement de la dette du pays mais il faut aussi le lier à des phénomènes spéculatifs et à l'origine étrangère des prêteurs (à 71 %)[53]. Les dégradations des agences de notation, entre mai 2010 et octobre 2011, concomitantes avec une augmentation des taux paraissent difficilement explicables. En effet le risque de défaut de remboursement n'avait en réalité pas augmenté pour les prêteurs : le 3 mai 2010 il y avait eu par exemple une déclaration de soutien de la BCE qui indiquait « accepter les titres grecs, quelle que soit leur notation, en garantie (collatéral) contre des prêts »[54]. De plus la totalité des titres obligataires avaient été couverts par des assurances de type CDS (Credit Default Swap) par leurs possesseurs. Une étude du FMI en mars 2011, met en lumière l'importance des notations des dettes souveraines par les agences dans le déclenchement des augmentations de taux[55]. La Grèce est à ce jour le pays le plus mal noté au monde par les agences de notation américaines[56]. Le solde primaire budgétaire était par ailleurs depuis le deuxième semestre 2009 équivalent à celui de la France en pourcentage du Pib[57],[58]. Dans le rapport d'une commission d'enquête de l'Assemblée nationale, en décembre 2010[59], Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, a déclaré : « il n’est pas exclu que les mouvements aient été amplifiés par des opérations spéculatives utilisant des instruments sophistiqués comme les CDS ou les ventes à découvert. »

Quelques acteurs du marché craignent également un scénario « à l'Argentine ». En 1991, l'Argentine avait lié sa monnaie, le peso argentin, au dollar US pour vaincre son inflation. À partir de 1997, à la suite de la crise asiatique et russe, les primes de risque sur ce pays avaient augmentés rendant le poids du service de sa dette plus lourd alors que, par ailleurs, ses concurrents voyaient leur compétitivité augmenter à la suite de dévaluations. Dans un premier temps en janvier 2000, le pays a dû recourir au FMI tout en refusant de dévaluer. Finalement, le pays avait dû dévaluer et faire défaut sur sa dette[60]. C'est le scénario que Paul Krugman[61] privilégie.

Réaction de politiques[modifier | modifier le code]

Pour Angela Merkel, « ce qui est arrivé en Grèce est complètement inadmissible : que pendant des années on puisse falsifier ses statistiques »[62].

Reactions cinématographiques[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2010, le cinéma grec produisit en moyenne vingt à vingt-cinq films par an[63], avec un budget moyen de 300 000 €[64]. Depuis, les distributeurs parient surtout sur les films américains assurés d'un gros succès commercial comme les Harry Potter ou tentent un partenariat avec un film grec, lourdement promu dans leurs multiplexes car au succès espéré[64]. En 2009-2011, le nombre moyen annuel de spectateurs est estimé à 13 millions, soit un ticket par habitant (quatre fois moins qu'en France) et principalement pour des films hollywoodiens. Un certain nombre de films grecs connurent un succès commercial, au point que leurs producteurs ont annoncé des suites voire des remakes. Ainsi, la comédie de Christos Dimas, Île, fit 350 000 entrées en 2009-2010. Dans une moindre mesure, L'Héritière de Panagiotis Fafoutis ou Tout ira bien de Yannis Xanthopoulos, furent des succès public cette même année. Si les professionnels n'ont pas encore trouvé d'explications à ce retour en grâce du cinéma grec auprès de son public, ils ne s'en félicitent pas moins[65].

Tourné en 2008-2009, 100 % grec reflétait déjà les angoisses d'une population face à un pays qu'elle comprenait de moins en moins. Mère Patrie de Syllas Tzoumerkas (2010) évoque la désintégration d'une famille à cause de la crise économique et sociale ; la musique, mélange de techno et de rebetiko ainsi que les images vidéo quasi-documentaires donnent une immédiateté au film[66].

Un réalisateur a tourné un documentaire (Debtocracy) financé par les fonds de syndicats pour expliquer les éléments qui ont conduit à la dette grecque et plaider pour l'annulation d'une partie de la dette grecque. En 2013, c'est le documentaire Ne vivons plus comme des esclaves de Yannis Youlountas qui est financé et diffusé par les mouvements libertaires et anti-autoritaires pour proposer un autre regard sur la résistance et les créations d'alternatives dans la Grèce frappée par la crise[67].

Autres[modifier | modifier le code]

Selon Franck Biancheri, analyste politique et futurologue, qualifié par les journaux parfois de monsieur apocalypse[68], la Grèce serait « victime d'une guerre menée par les Anglo-Saxons[69] ».

Prêts bilatéraux, Fonds européen de stabilité financière et la décision de la BCE[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 9 au 10 mai 2010, pour faire face à la peur des marchés et éviter que la crise grecque s'étende à l'Espagne, au Portugal voire à l'Italie, l'Union européenne en coopération avec le FMI met en place deux mécanismes:

  • Un plan de soutien à la Grèce composé pour 80 milliards d’euros de prêts bilatéraux (dont 16,8 milliards à la charge de la France[70]) consentis par les États membres et pour 30 milliards d’euros de prêts accordés par le FMI [71].
  • La création d'un fonds de stabilisation de 750 milliards d'euros ; la commission européenne est autorisée à emprunter 60 milliards d'euros, 440 milliards apportés par les États et 250 milliards apportés par le FMI[72].

Durant la journée du dimanche 9 mai 2010, le président Barack Obama soucieux des répercussions sur les autres pays de la crise, téléphone deux fois à Angela Merkel et une fois à Nicolas Sarkozy pour leur faire part que les États-Unis voulaient une « action résolue »[73]. Dès dimanche matin la Fed avait ouvert des lignes de crédit aux banques centrales afin d'éviter qu'elles manquent de dollars[73]. Le 10 mai, la BCE décide de permettre aux banques centrales de la zone d'acheter de la dette publique et de la dette privée sur les marchés secondaires.

Deuxième phase critique et deuxième plan de sauvetage[modifier | modifier le code]

Indignés sur la place Syntagma en mai 2011

Deuxième phase critique printemps 2011[modifier | modifier le code]

Les raisons des tensions[modifier | modifier le code]

En mai, il apparaît que le pays ne pourra pas revenir sur les marchés en 2012 et que de nouveaux financements doivent être trouvés. En effet, malgré ses efforts le pays n'arrive pas à réduire la fraude fiscale et voit sa récession aggravée par l'austérité. Les Européens et le FMI qui redoutent qu'un défaut de la Grèce ne vienne provoquer une nouvelle tourmente financière sont prêts à venir en aide au pays mais, ils lui demandent de nouveaux efforts. Pour aider la Grèce, plusieurs options sont possibles : une restructuration ou un rééchelonnement de la dette, c'est la solution préférée par les pays du Nord, ou un nouveau prêt européen, c'est la solution préférée par le gouvernement français, la BCE et les banques.

Les positions des acteurs[modifier | modifier le code]

Les gouvernements[modifier | modifier le code]

La Finlande, les Pays-Bas et l'Allemagne sont en faveur d'une restructuration de la dette grecque car ils voudraient que ce ne soit pas seulement les contribuables qui prennent in fine les risques. Le 6 juin, le ministre allemand des finances dans un courrier adressé à la Banque centrale européenne, au FMI et aux ministres des finances de la zone euro demande un rééchelonnement de la dette grecque de façon à ce qu'il y ait un « un partage équitable du fardeau entre les contribuables et les investisseurs privés »[74]. Au contraire, Christine Lagarde, ministre des finances de la France est hostile « au principe de restructuration »[75].

Le 17 juin, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy rapprochent leurs points de vue sur la façon de procéder dans le cas grec ce qui apaise les marchés financiers[76]. Fin juin, les banques françaises font une proposition assez bien accueillie en Europe. Elle consiste « à renouveler seulement 70 % de la dette souveraine grecque venant à échéance dont 50 % via des obligations à 30 ans et les 20 pour cent restants par des titres à faible coupon adossés à des créances sur le Fonds de stabilité financière européen »[77]. Le 5 juillet, l'agence Standard & Poor's considère cette solution comme un défaut éventuellement partiel de la Grèce[78].

Pour Guillaume Duval, les gouvernements manqueraient « d'attachement au projet européen » et auraient du mal à faire progresser l'intégration politique qui pourrait permettre de juguler la crise. Pour cet auteur, « si la zone euro venait à éclater, il n'y aurait en tout cas pas grand-chose à en attendre pour les peuples européens »[79].

Les banques[modifier | modifier le code]

La BCE et les banques s'opposent à l'idée de restructuration. En effet, cela voudrait dire que la Grèce ferait défaut et surgit alors le spectre d'une crise de liquidité semblable à celle connue lors de la crise bancaire et financière de l'automne 2008 et du mouvement de panique dont elle aurait été la cause[80],[81]. De plus les Credit default swap auraient été activés dans cette hypothèse. En mai 2010 l'exposition des banques françaises à la dette grecque s'élevait à 57 milliards d'euros, dont 29,5 milliards pour le Crédit agricole[82]. En mai 2010, pour la Banque nationale de Paris, les engagements vis-à-vis de la Grèce (dette publique et secteur privé) représentaient 0,6 % des engagements totaux du groupe, pour un montant total de 8 milliards d'euros.

Les peuples[modifier | modifier le code]

En Grèce une partie du peuple s'oppose à l'austérité qui lui est demandée et manifeste[83].

Les autres peuples européens sont concernés. Car si la Grèce est insolvable et si, dans une perspective fédérale, il est décidé d'allouer des fonds publics à la Grèce ce sont leurs impôts qui seront utilisés. Pour Jean-Marc Vittori, dans les années prochaines, il faudra injecter plus d'argent et « les gouvernements devront tout de même se résoudre à l'annoncer. Sinon le retour de bâton des électeurs sera terrible »[84] En Allemagne, des plaintes devant la Cour constitutionnelle portant sur la constitutionnalité des mécanismes de gestion des crises mis en place dans la zone euro depuis le début de la crise grecque doivent être examinées durant le second semestre 2011[85].

Le vote du parlement et les questions en suspens[modifier | modifier le code]

Le mercredi 29 juin, le parlement vote par 155 voix contre 138 (des députés de la Nouvelle Démocratie conduits par Antonis Samaras qui a refusé également de participer à un gouvernement de coalition) de nouvelles mesures d'austérité conçues de « concert avec la Troïka des bailleurs de fonds » (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI). Ce plan prévoit de réduire la masse salariale des fonctionnaires pour un montant d'au moins 800 millions d'euros en 2011, les dépenses de l'État de 100 millions d'euros, de même, il est prévu une baisse des sommes allouées à la protection sociale, tandis que les rentrées fiscales devraient augmenter de 2,450 milliards d'euros[86]. Ce vote rend possible le versement de sommes prévues dans le premier plan qui étaient liées à des conditionnalités ainsi que l'ouverture des négociations sur un nouveau plan de soutien.

Au-delà de la question de la réalisation de ce plan d'austérité et de la rentrée des impôts, se pose, de façon lancinante, la question de la solvabilité du pays.

  • Pour Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la Banque centrale européenne « La Grèce n'est pas insolvable si elle applique le plan d'assainissement qui comprend en particulier de nombreuses privatisations qui pourront réduire la dette »[87]
  • Pour Martin Wolf, les pays européens cherchent à gagner du temps et à protéger les banques. Il écrit « Permettre à Athènes de retourner sur les marchés grâce à une cure de rigueur est une illusion. Le but, c'est de gagner du temps ». Par ailleurs il souligne qu'« il est beaucoup moins embarrassant de déclarer que l'on aide la Grèce alors qu'on aide ses propres banques »[88]. Pour lui, malgré les efforts du pays, le plan de 2010 « n'a pas réussi à rendre le pays à nouveau solvable »[88].
  • Pour Anton Brender, « en gagnant du temps, on a une chance d'arriver à restructurer, à un moment où la vulnérabilité de l'Espagne aura disparu ». Au contraire, pour Antoine Brunet d'AB marchés, « si la restructuration de la dette grecque avait été réalisée en octobre 2009, le risque systémique aurait sans doute été moins grand qu'aujourd'hui. Et si on attend un an de plus le risque sera plus grand »[89]

Le deuxième plan de soutien à la Grèce[modifier | modifier le code]

Les négociations de la fin juillet 2011[modifier | modifier le code]

Le jeudi 21 juillet, les Européens et le FMI ont adopté les grandes lignes d'un second plan de sauvetage.

  • Au niveau financier, le pays va bénéficier de 109 milliards d'euros de fonds publics : 79 venant du FESF et du FMI et 30 des privatisations. Par ailleurs, le secteur privé doit participer pour 49,7 milliards d'euros. Les taux des prêts du FESF sont ramenés de 4,5 % à 3,5 % et leur durée de remboursement est allongée[90].
  • Au niveau structurel, il est créé une « task force » destinée à soutenir la Grèce dans la mise en œuvre des réformes votées et à essayer de redynamiser la croissance en Grèce en employant au mieux les Fonds européens (aides régionales notamment) non encore utilisés[91].

Accord du 27 octobre 2011[modifier | modifier le code]

Après d'âpres négociations, liées notamment à la volonté exprimée lors d'un vote au Bundestag de la quasi-totalité des partis allemands de limiter les garanties allemandes aux pays en crise et de ne pas « faire payer » uniquement les contribuables, mais également les banques, un accord est trouvé le 27 octobre au matin. Il prévoit :

  • un abandon par les banques privées de 50 % de la dette publique qu'elles détiennent sur la Grèce (la BCE et le FMI ne sont pas concernés). Cet accord a été particulièrement difficile à atteindre du fait de la résistance des banques. Il a fallu que Charles Dallara, directeur de l'Institut de la finance internationale y soit incité par Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde et Herman Van Rompuy[92] ;
  • les banques doivent être recapitalisées pour un montant de 106 milliards d'euros (30 milliards pour la Grèce, 26,1 milliard pour l'Espagne, 14,7 milliards pour l'Italie, 8,8 milliards pour la France et 5,1 milliards pour l'Allemagne)[93]. La recapitalisation sera faite soit par appel à l'épargne, soit par les États, soit, en dernier ressort, par le FESF ;
  • le FESF n'est pas autorisé à devenir une banque mais un effet de levier va être recherché par « un rehaussement de crédit pour de nouvelles émissions par les États membres » et/ou en faisant appel de façon complémentaire à des investisseurs privés ou souverains, en coopération avec le FMI[94].

Le premier ministre Georges Papandréou, face au mécontentement populaire et à ce qu'il perçoit comme des abandons de souveraineté décide de soumettre l'accord à référendum[95]. Il abandonnera l'idée quatre jours plus tard quand, la classe politique grecque prenant conscience que les autres pays envisagent sérieusement la sortie de la Grèce de la zone euro[96], se prononce contre ce projet et envisage un gouvernement d'union nationale[97].

Accord du 21 février 2012[modifier | modifier le code]

Cet accord a pour vocation, pour l'essentiel, de rendre exécutable les accords de juillet et d'octobre. Les négociations ont été difficiles à finaliser et les autres Européens notamment les pays encore notés AAA (Allemagne Pays-Bas, Finlande) ont sérieusement pensé à la sortie de la Grèce de la zone euro[98]. Parmi les sujets de tension il est possible de citer :

  • Le manque de confiance des autres pays envers la volonté des politiques grecs de réellement réaliser les réformes auxquels ils se sont engagés. Les autres pays européens notamment les AAA insistent sur les points où la Grèce n'a pas tenu ses engagements. Par exemple, 30 000 fonctionnaires devaient être transférés à une « structure de réserve » avant fin 2011. Or, ce mouvement n'a touché que 1000 personnes. De même aucune des 10 professions qui devaient être dérégulées ne l'a été, et la « libéralisation des horaires ... d'ouverture des pharmacies a été rejetée par le parlement » [99].
  • La proximité d'élections qui pousse à douter de la fiabilité des négociateurs grecs et à demander à tous les grands partis grecs des engagements écrits [100].
  • Enfin les autres pays voient leur patience mise à rude épreuve par « l'attitude brouillonne et de chantage permanent »[101].

De leur côté les grecs sont confrontés à une baisse de leur niveau de vie et à des problèmes internes.

Les grandes lignes de l'accord sont :

  • le plan d'aide s'élève à 130 milliards pour les créanciers publics (principalement pays de la zone euro et pour un montant non défini encore par le FMI). Mais cette enveloppe à la demande des pays triple AAA pourrait être revue et sa réalisation est fonction de deux critères[102].
    • La finalisation de la restructuration de la dette privée (voir ci-dessous)[102].
    • La mise en place « d'ici à la fin février une liste d’actions préalables : baisse du salaire minimal, réforme du marché du travail etc. »[102].
  • Les créanciers privés acceptent une réduction de 53,5 % de leurs créances pour un montant de 107 milliards d'euro[102]. Les banques françaises devraient être impactées pour un montant de 13 milliards d'euros[103]. Les nouvelles obligations émises dans le cadre de ce programme seront de droit anglais et les litiges entre l'État Grec et les créanciers privés sera arbitré au Luxembourg[104]]
  • La BCE et les autres banques centrales de la zone euro renoncent aux plus-values sur les obligations de la dette grecques qu'elles détiennent.

De leur côté, les grecs doivent mettre en place, sous le contrôle de la troïka (commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) d'un compte destiné aux paiements de la dette abondés par l'assistance internationale et les recettes fiscales[102].

L'accord du 27 novembre 2012[modifier | modifier le code]

À la suite de la campagne électorale et des élections du printemps 2012, la Grèce a pris du retard sur son programme d'autant que la conjoncture économique n'a pas été bonne. Aussi, le pays a été obligé de demander une nouvelle aide. L'accord a été difficile à trouver car le FMI voulait un abaissement de la dette à 120% du PIB en 2020 ce qui aurait exigé que les États européens abandonnent une partie de leurs prêts consentis à la Grèce. Or, cela aurait obligé que pour payer les emprunts contractés pour accorder ces prêts, les autres pays européens sollicitent leurs contribuables ce qu'ils n'avaient pas envie de faire. Aussi pour éviter un défaut de paiement ils ont préféré adopter un objectif de 124 % du PIB en 2012 et pour y arriver, ils ont adopté une « combinaison de mesures : moratoire de dix ans sur les taux d'intérêts des prêts consentis par le fonds de secours, nouveaux délais de remboursement, baisse des taux sur les prêts bilatéraux du premier plan d'aide, ou rachat de dette par la Grèce »[105]. Parallèlement une aide de 34,4 milliards d'euros sera versé en décembre suivi de 12 milliards par tranches l'an prochain. Ces versements sont conditionnés à la poursuite du plan de réformes[105]

Analyses des économistes[modifier | modifier le code]

Discussions des conséquences des plans d'austérité[modifier | modifier le code]

Des plans d'austérité aussi draconiens ont-ils déjà été couronnés de succès ? D'après Les Échos du 3 mai[106], deux pays ont réussi une telle politique : la Suède dans les années 1990 et le Canada entre 1995 et 1998, mais sans que cela affecte de façon critique leurs programmes sociaux. Toutefois, il existe deux différences. D'une part, ces pays s'étaient imposés ces mesures volontairement et donc les avaient acceptées. Des économistes[Qui ?] craignent justement un manque d'une telle volonté politique[réf. nécessaire]. D'autre part, dans le cas de la Suède, ce pays avait vu sa monnaie se déprécier[107] ce qui l'avait aidé. Or la Grèce ne peut pas laisser sa monnaie se déprécier ; par contre, elle peut éventuellement sortir de la zone Euro (sauf que le peuple grec ne veut pas changer de monnaie selon les sondages).

Pour certains, la crise grecque servirait à justifier une politique budgétaire d'austérité[108] imposée au pays en échange de prêts européens et multilatéraux à coûts modérés[109]. Ces opposants à une politique d'austérité soulignent d'une part que l'impact négatif des mesures restrictives annihile les effets positifs des taux d'intérêt réduits et, d'autre part que les troubles sociaux qu'elles engendrent ont un impact négatif sur l'investissement et la croissance de long terme.

Pour André Sapir, professeur à l'université libre de Bruxelles, membre du laboratoire d'idées Bruegel, la crise grecque montre d'une part que le mécanisme de prévention de crise (le pacte de stabilité et de croissance) n'a pas fonctionné et, d'autre part qu'il n' y a pas dans la zone euro un mécanisme de gestion des crises. Concernant le premier point, il se prononce pour une autorité supranationale européenne et concernant le second point pour « un fonds de solidarité (…) alimenté par les seuls États de la zone euro »[110].

D'autres estiment qu'à terme, le retour à l'orthodoxie financière prôné par le gouvernement allemand et la BCE et la politique de rigueur généralisée qui en découle nécessiteront une révision du traité de Lisbonne, car ils pourraient avoir pour conséquence de réduire les prérogatives budgétaires et fiscales des États-membres au-delà des dispositions du traité dans sa forme actuelle[111].

Enfin, certains observateurs accusent quant à eux l'Allemagne de ne pas faire le jeu de la communauté européenne. Les économistes Frédéric Lordon et Bernard Maris suggèrent ainsi qu'un retrait de l'Allemagne de la zone euro serait préférable au retrait de la Grèce proposé par l'Allemagne[112],[113]. Ces points de vue sont en revanche marginaux et souvent émis par des économistes acquis à la cause anticapitaliste.

Sortie de la zone euro et dévaluation[modifier | modifier le code]

Dès 2010, certains économistes ont commencé à avancer que face à l'ampleur de la dette et à l'importance de la charge des intérêts, la seule issue pour le pays serait de sortir de la zone euro et de dévaluer, seule solution, selon ces auteurs, permettant de redonner un souffle à la Grèce et à l'économie de repartir. Les positions allant dans ce sens ont augmenté en 2011 à mesure que les problèmes du pays s'accroissaient.

Wilhelm Hankel, professeur émérite d'économie à l'université de Francfort[114] soutient dans un article du Financial Times que la meilleure solution à la crise de la dette publique eût été une sortie de la zone euro suivie d'une dévaluation. Pour lui, l'austérité ou la sortie de l'euro sont les deux solutions possibles pour faire face à des différences de taux sur les obligations de la dette publique. Pour cet économiste, si la Grèce reste dans la zone euro, alors les taux d'intérêt élevés liés aux déficits budgétaires pèseront sur la demande et freineront l'économie.

Pour Jacques Sapir (mai 2010), il ne fait pas de doute que la Grèce va faire défaut. L'économiste français ne perçoit dans la dévaluation qui suivrait aucune catastrophe, mais un moyen pour le pays de retrouver sa compétitivité eu égard à sa structure économique[115].

Conditions de déclaration d'un défaut de paiement[modifier | modifier le code]

L'International Swaps and Derivatives Association[116] est l'institution composée des représentants d'un certain nombre d'organismes financiers qui est habilitée à déclencher les clauses de défaut de paiement des contrats Credit default swap (Cds) associés aux obligations émises pour le paiement de la dette grecque. Cependant dans un communiqué du 27 octobre 2011, l'association a déclaré : « la proposition de re-échelonnement de la dette n'était pas encore au stade auquel le comité décisionnaire de l'ISDA serait susceptible de déterminer si un événement de crédit a eu lieu »[117].

D'après l'agence de notation Fitch Ratings, le 31 octobre 2011[118] : « l'échange de dette avec décote (50 % désormais) se fait dans des conditions de stress », ce qui doit entraîner la déclaration du défaut de paiement. Charles Dallara, pour sa part, le représentant des banques (directeur de l'Institut de la finance internationale, IIF) lors des négociations qui ont abouti dans la nuit du 26 au 27 octobre à l'accord sur la dette grecque, a déclaré au journal Welt am Sonntag : « Je suis très confiant que plus de 90 % des banques participeront au programme convenu entre les dirigeants de la zone euro et les banques, qui prévoit une réduction de 50 % de la dette nationale grecque détenue par les investisseurs privés. Je ne peux pas parler au nom des autres créanciers des secteurs de l'assurance et des hedge funds. Là, davantage de travail de persuasion reste certainement à faire »[119].

Cependant d'après Hubert de Vauplane, avocat expert en droit financier[120] : « c’est parce que les banques acceptent volontairement une décote de 50 % de créances qu’elles détiennent dans leurs livres sur la Grèce que celle-ci n’est pas juridiquement en défaut », et que les CDS ne sont pas déclenchés. Ce contexte juridique explique donc en partie les termes de l'accord européen du 27 octobre 2011 : renonciation volontaire des banques sur leurs titres obligataires en échange d'une recapitalisation. L'accord laisse donc supposer qu'un montant très important de contrats CDS a été vendu outre-Atlantique et que leur déclenchement n'est pas souhaitable. Ainsi d'après Forbes (magazine) du 15 juillet 2011, se basant sur une estimation de BullionVault, le montant (notionnel) des CDS souscrits pour la dette grecque atteindrait au moins 680 milliards d'euros[121]. Toutefois d’après le DTCC (en) le montant ne serait, en octobre 2011, que de 70 milliards de Dollars[122]. Les évaluations étant difficiles car les contrats étaient en 2011, exclusivement négociés de gré à gré. Un rapport de l'IIF remis aux dirigeants européens le 18 février 2012, mentionne pour sa part qu'un défaut de la Grèce engendrerait un coût de 1000 milliards de dollars pour l'économie mondiale [123]. Cependant le 9 mars 2012, l'Isda décide que les cds souscrits pour la dette grecques sont déclenchés, les clauses d'actions collectives pour éviter ce déclenchement n'ayant pu juridiquement être activées[124].

Conséquences sanitaires[modifier | modifier le code]

Caritas Internationalis, présente en Grèce, a indiqué une forte hausse du chômage dans toutes les catégories sociales, avec notamment l'apparition de « nouvelles catégories de pauvres »[125].

Selon une étude britannique, on constate depuis le début de la crise « des tendances très inquiétantes, un doublement des cas de suicides, une hausse des homicides, une augmentation de 50 % des infections au virus HIV et des gens qui nous disent que leur santé a empiré mais qu'ils ne peuvent plus consulter de médecins même s'ils devraient le faire ». Faute de moyens de subsistance, le recours à la prostitution est également en augmentation[126].

Avec la succession de plans d’austérité pour réduire les déficits plusieurs centaines de milliers de Grecs, en précarité ou au chômage, n'ont plus les moyens de se soigner et les médecins bénévoles sont débordés[127],[128],[129]. En juillet 2013, un projet de loi sur le licenciements de fonctionnaires et l'ouverture des magasins le dimanche était à l'étude par la coalition gouvernementale Nouvelle Démocratie (droite)-Pasok (socialiste) malgré 2 journées de grève générale et la menace d'excommunication des parlementaires favorables à la loi par l'Église grecque[130]. A la même période, le chômage frôlait les 27% et 35% des salariés avaient des arriérés de salaire de plusieurs mois[130].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Ci-dessous un bref résumé des principaux événements marquants de la crise de la dette souveraine grecque[131].

2009[modifier | modifier le code]

  • Octobre : après des élections, un nouveau gouvernement grec est élu. Il est dirigé par le PASOK qui a obtenu 43,92 % des suffrages et 160 des 300 sièges du parlement grec.
  • 5 novembre : les premières estimations du budget font apparaître un déficit de 12,7 % du PIB, le double de ce qui était initialement annoncé.
  • 8 novembre : le projet de budget 2010 vise à ramener le déficit à 8,7 % du PIB. Il prévoit aussi que la dette grecque atteindra 121 % du PIB en 2010 contre 113,4 % en 2009.
  • 8 décembre : Fitch Ratings dégrade sa note financière pour la Grèce de A- à BBB+.
  • 16 décembre : Standard & Poor's abaisse sa note de A- à BBB+.
  • 22 décembre : Moody's abaisse sa note de A1 à A2.

2010[modifier | modifier le code]

Février 2010[modifier | modifier le code]

  • 2 février : le gouvernement étend le gel des salaires publics à ceux qui gagnent moins de 2 000 euros par mois.
  • 24 février : une grève générale d'un jour contre les mesures d'austérité touche le secteur public et les transports
  • 25 février : mission conjointe de l'union européenne et du FMI en Grèce.

Mars 2010[modifier | modifier le code]

  • 5 mars : nouvelles mesures d'austérité destinées à économiser 4,8 milliards d'euros avec notamment une augmentation de la TVA qui passe à 21 %, une réduction de 30 % des primes du secteur public, le gel des pensions, et une augmentation des taxes sur l'essence, le tabac et l'alcool.
  • 11 mars : grève dans les secteurs public et privé.
  • 15 mars : les ministres des finances se mettent d'accord sur un mécanisme d'aide à la Grèce mais restent muets sur les détails.
  • 18 mars : Papandréou déclare que la Grèce ne pourra pas diminuer ses déficits si les taux restent aussi élevés et menace de s'adresser au FMI.
  • 19 mars : José Manuel Barroso presse les pays de la zone euro de mettre au point un train de mesures d'aide à la Grèce.
  • 25 mars : Jean-Claude Trichet déclare que la Banque centrale européenne acceptera comme collatéral des obligations grecques notées BBB- (auparavant, la limite inférieure était A-) jusqu'en 2011.

Avril 2010[modifier | modifier le code]

  • 11 avril : les responsables politiques des pays de la zone euro se mettent d'accord sur un plan d'aide à la Grèce qui repose sur des prêts bilatéraux (durée trois ans, taux d'intérêt environ 5 %) d'un montant de 30 milliards d'euros. Les prêts seront accordés par les pays au prorata de leur participation au capital de la BCE.
  • 13 avril : la BCE apporte son soutien au plan d'aide à la Grèce.
  • 23 avril : la Grèce demande officiellement l'activation du plan d'aide.
  • 27 avril : S&P rétrograde la note des obligations portugaises.
  • 28 avril : S&P dégrade les obligations espagnoles de AAA à AA-

Mai 2010[modifier | modifier le code]

  • 1er mai : manifestation de protestation contre les mesures d'austérité à Athènes.
  • 2 mai : la Grèce annonce son quatrième plan d'austérité.
  • 3 mai : la Banque centrale européenne annonce qu'elle acceptera les obligations de la dette publique grecque comme collatéral quelle que soit sa note[132]
  • 5 mai : troisième grève générale depuis février[47]. À cette occasion, une manifestation dégénère et cause la mort de trois employés d'une banque incendiée par des cocktails Molotov.
  • 7 mai : après plusieurs semaines de débats, le Conseil européen valide le plan d'aide à la Grèce de 110 milliards de prêts sur 3 ans
  • Nuit du 9 au 10 mai 2010 : pour faire face à la peur des marchés et éviter que la crise grecque ne s'étende à l'Espagne, au Portugal voire à l'Italie, l'Union européenne en coopération avec le FMI se dote d'un fonds de stabilisation de 750 milliards d'euros (La commission européenne est autorisée à emprunter 60 milliards d'euros, 440 milliards sont apportés par les États et 250 milliards par le FMI)[72]
  • 10 mai, la BCE décide de permettre aux banques centrales de la zone d'acheter de la dette publique et de la dette privée sur les marchés secondaires.

Juin-juillet 2010[modifier | modifier le code]

  • 14 juin : Moody's dégrade la note de la dette à Ba1. La note est de BB+ pour S&P et BBB- pour Fitch.
  • 8 juillet sixième grève générale de l'année pour protester contre le plan d'austérité[133].

2011[modifier | modifier le code]

  • 15 janvier : la banque centrale d'Irlande fait savoir qu'elle a procédé, depuis septembre, à diverses opérations de refinancement des banques commerciales sans contrepartie, pour environ 50 milliards d'euros. Ces opérations se caractérisent par de la création de monnaie scripturale, avec le consentement officiel de la BCE et en conformité avec les traités européens[134]. Ces mesures exceptionnelles sont liées à une fuite importante des dépôts bancaires irlandais vers l'étranger depuis plusieurs mois.
  • 25 janvier : le Fonds européen de stabilité financière (FESF) effectue ses premières émissions d'obligations avec succès. L'opération a permis de lever près de 5 milliards d'euros, pour plus de 45 milliards proposés par les marchés[135].
  • 23 février 2011. Grève générale en Grèce pour protester contre l'austérité[136].
  • Sommet européen du 12 mars 2011. En échange d'une accélération de son programme de privatisations, la Grèce devrait voir la durée des emprunts octroyés par les pays européens passer de 4,5 ans à 7,5 ans et les taux passer à 4,2 % contre 5,2 % initialement[137]
  • Mai 2011. Lors d'un sommet de six ministres des Finances européens au château de Sennigen au Luxembourg, un nouveau plan de sauvetage aurait été évoqué[138].
  • 13 juin, Standard & Poor's abaisse la note grecque à CCC, estimant que le pays pourrait restructurer sa dette d'une façon qui pourrait être assimilée à un défaut[139].
  • 17 juin, remaniement gouvernemental. Evángelos Venizélos, figure du PASOK et principal opposant interne du Premier ministre, est nommé ministre des Finances et vice-Premier ministre.
  • 19 et 20 octobre, treizième grève générale, de 48 heures. Des heurts entre militants communistes et militants antiautoritaires causent la mort d'un syndicaliste du PAME[140].
  • 27 octobre plan d'aide qui prévoit un abandon par les banques privées de 50 % de la dette publique qu'elles détiennent sur la Grèce en échange d'une recapitalisation pour un montant de 106 milliards d'euros[141].
  • 31 octobre, le Premier ministre Papandréou annonce un référendum sur le nouveau plan d'aide européen d'aide décidé le 27 octobre[95].
  • 4 novembre, le ministre des Finances annonce l'abandon du projet de référendum, Papandréou s'engageant à démissionner après un vote de confiance prévu le soir même au Parlement[142].

2012[modifier | modifier le code]

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants place Syntagma, le 12 février peu avant 18h.
  • En janvier, une action « contre l'austérité et la réforme du marché du travail » rencontre peu d'échos parmi les salariés du secteur privé, mais plusieurs partis anti-austérité semblent se renforcer : SYRIZA, KKE, DIMAR… Parallèlement le pays a besoin de 99 milliards d'euros (environ 30 milliards utilisable pour les négociations avec les créanciers privés, 30 à 40 milliards pour recapitaliser les banques et 29 milliards pour faire face au service de la dette)[143]
  • 12 février : Le parlement grec vote un nouveau plan d'austérité « en préalable au déblocage du deuxième plan de sauvetage du pays »[144] cependant qu'entre 80 000 et 160 000 manifestants[145] protestent dans la violence contre le vote et les mesures préconisées par le FMI et l'Union européenne[146]. Le lendemain (lundi 13 février) on annonce la tenue d'élections législatives anticipées dès avril 2012 alors que le mandat du gouvernement pouvait durer jusqu'à octobre 2013[147]. Pour trois ministres allemands Wolfgang Schäuble, Guido Westerwelle et Philipp Rösler, « les promesses de la Grèce ne nous suffisent plus. Ils doivent, lors d'un nouveau programme, d'abord mettre en œuvre les parties de l'ancien programme et économiser ». Pour Philip Rösler, « le jour J (de sortie de la Grèce de la zone euro) fait de moins en moins peur »[148].
  • 21 février : nouveau plan de sauvetage de 130 milliards d'Euro[149].
  • 6 mai : Des élections législatives anticipées conduisent à un désaveu cinglant des 3 seuls partis à avoir soutenu les divers plans d'austérité PASOK, ND et LAOS. Les deux premiers passent d'un total de 77 % des suffrages exprimés à 32 % (13 + 19). Le dernier n'atteint pas les 3 % nécessaires pour conserver des députés.
  • 16 mai : Aucun gouvernement politique ne parvient à être mis en place, les deux partis ayant accepté les conditionnalités liées aux plans de sauvetage (parfois qualifiés de pro-austérité) ne disposant pas de la majorité absolue. Un gouvernement intérimaire est confié au président du Conseil d'état, dans l'attente de nouvelles élections programmées pour le 17 juin[150].

2013[modifier | modifier le code]

  • En janvier 2013, l'économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, et Daniel Leigh, un autre collaborateur du FMI qui suit à la loupe l'évolution des perspectives de l'économie mondiale publient un texte intitulé « Erreurs de prévisions de croissance et multiplicateurs budgétaires »[151],[152].
    Dans ce rapport, le FMI admet, non pas une erreur de calcul au sens strict, mais une difficile et sans doute mauvaise estimation du « multiplicateur budgétaire ». Les deux économistes du FMI concluent de façon humble, qu'« il n'y a pas un seul multiplicateur en tout temps et pour tous les pays » et que « les multiplicateurs peuvent être plus ou moins élevés au cours du temps et d'une économie à l'autre ». Ensuite, qu'« il semble prudent, pour le moment, lorsque l'on pense à la consolidation budgétaire, de supposer que les multiplicateurs sont plus élevés qu'avant la crise ». Enfin, que leurs résultats « ne signifient pas que la consolidation budgétaire n'est pas souhaitable ».
  • Le 5 juin 2013, le FMI fait son mea culpa par la voix de Christine Lagarde, admettant que le premier plan de sauvetage de la Grèce[153] s'était soldé par des « échecs notables » en raison notamment de désaccords avec ses partenaires européens au sein de la « troïka », « la confiance des marchés n'a pas été rétablie (…) et l'économie a été confrontée à une récession bien plus forte que prévu ». Les projections de dette publique grecque établies par le Fonds ont elles aussi été balayées « dans une très large mesure », reconnaît l'institution[154].
  • Le 11 juin 2013, est annoncé la fermeture de l'ERT (Ellinikí Radiofonía Tileórasi)[N 2].
  • Le 13 juin 2013, plusieurs dizaines de milliers de personnes, 20 000 selon les organisateurs protestent à Athènes devant le siège de l'ERT mais aussi dans d'autres villes contre la fermeture de la radio télévision publique annoncée par le gouvernement[155].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La banque aurait conçu un « véhicule spécial Titlos » permettant selon le Wall Street Journal de « profiter de l'effort de la BCE d'injecter des liquidités dans le secteur bancaire » (De Gasquet 2010).
  2. Cf. Fermeture de la radio télévision publique grecque

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

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  • Jason Manolopoulos, La dette odieuse : Les leçons de la crise grecque, Pearson,‎ 2012 (ISBN 9782744076091)
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Articles[modifier | modifier le code]

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  • « Grèce : plan historique de 100 milliards d'euros », Les Échos,‎ 3 mai 2010
  • Florence Autret, « Soixante-douze heures pour sauver l'Euro », Les Échos,‎ 11 mai 2010 (lire en ligne)
  • Jessica Berthereau, « Des précédents montrent qu'une réduction drastiques des déficits publics est possible », Les Échos,‎ 3 mai 2010 (lire en ligne)
  • Yves Bourdillon, « Athènes s'engage sur un plan d'austérité de 30 milliards d'euros en trois ans », Les Échos,‎ 3 mai 2010 (lire en ligne)
  • Catherine Chatignoux, « La crise a obligé la zone euro à bouleverser les règles du jeu », Les Échos,‎ 11 mai 2010 (lire en ligne)
  • Alexandre Counis, « Bruxelles demande à Athènes des explications sur ses tours de passe-passe comptables », Les Échos,‎ 13 février 2010 (lire en ligne)
  • Isabelle Court, « L'euro faiblit alors que les taux grecs se détendent fortement », Les Échos,‎ 4 mai 2010 (lire en ligne)
  • Pierre de Gasquet, « Goldman Sach reconnaît que ses opérations sur les swaps auraient dû être plus "transparentes" », Les Échos,‎ 24 février 2010 (lire en ligne)
  • Gabriel Grésillon, « Les derniers chiffres du déficit grec affolent les marchés et font chuter l'euro », Les Échos,‎ 23 avril 2010 (lire en ligne)
  • Gabriel Grésillon, « En Grèce, George Papandréou doit répondre à une dégradation du climat social », Les Échos,‎ 6 mai 2010 (lire en ligne)
  • Richard Hiault, « André Sapir "Les mesures d'austérité grecques sont ambitieuses et beaucoup plus réalistes que les précédentes" », Les Échos,‎ 3 mai 2010 (lire en ligne)
  • Guillaume Maujean, « Le plan de secours de 750 milliards d'euros fait flamber les marchés financiers », Les Échos,‎ 11 mai 2010 (lire en ligne)
  • Philippe Ricard et Alain Salles, « À Athènes, les hommes de Bruxelles sont aux manettes », Les Échos,‎ 4 octobre 2011
  • Anne Buaer et PM, « Sauvetage de la Grèce : des positions qui se rapprochent dans la douleur », Les Échos,‎ 15 juin 2011
  • Massimo Prandi, « L’exécutif grec ne cède pas à la rue, qui lui demande de renoncer à l'austérité », Les Échos,‎ 15 juin 2011
  • Renaud Honoré, « Les Européens s'offrent un répit sur le front grec et veulent renforcer leur pare-feu », Les Échos,‎ 22 février 2012 (lire en ligne)
  • Massimo Prandi, « Grèce : la grève ne fait plus recette, la troïka revient », Les Échos,‎ 17 janvier 2012 (lire en ligne)
The Economist[modifier | modifier le code]
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Libération[modifier | modifier le code]
Le Monde[modifier | modifier le code]
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  • Jean-François Jamet, « Crise de la dette : « L'Europe est menacée de déclassement » », Le Monde,‎ 29 avril 2010 (lire en ligne)
  • Arnaud Leparmentier, « Mario Monti : "il faut un marché unique avec plus de concurrence" », Le Monde,‎ 11 mai 2010 (lire en ligne)
  • Lordon Frédéric, « Ce n’est pas la Grèce qu’il faut exclure, c’est l’Allemagne ! », Le Monde diplomatique,‎ 29 mars 2010 (lire en ligne)
  • Anne Michel, « La BCE fait le bonheur des Bourses et des banques », Le Monde,‎ 12 mai 2010 (lire en ligne)
  • Jean Pisani-Ferry, « Gouvernement économique, mode d'emploi », Le Monde,‎ 23 février 2010 (lire en ligne)
  • Jean Pisani-Ferry, « C'est le tour de l'Espagne », Le Monde,‎ 17 mars 2010 (lire en ligne)
  • Antoine Reverchon, « Comment l'Argentine a réduit son endettement », Le Monde,‎ 11 mai 2010
  • Philippe Ricard, « L'Europe répond aux marchés par une riposte massive », Le Monde,‎ 11 mai 2010 (lire en ligne)
  • Catherine Simon, « Déçus par leurs responsables politiques et humiliés par la crise, les Grecs laissent parler leur colère », Le Monde,‎ 28 avril 2010 (lire en ligne)
  • Adrien de Tricorno, « Zone Euro : Changer ou mourir », Le Monde,‎ 11 mai 2010
  • Olivier Truc, « En Suède, la monnaie flottante et la cure d'austérité ont sauvé l'État-providence », Le Monde,‎ 11 mai 2010
  • Marie de Vergès, « La baisse de l'euro, une aubaine pour la reprise », Le Monde,‎ 4 mars 2010 (lire en ligne)
  • Jean-Pierre Vesperini, « La moins mauvaise des solutions serait sans doute la sortie de l'Allemagne », Le Monde,‎ 11 mai 2010
  • « Grèce: l'impulsion de Sarkozy « décisive » selon Copé », Le Monde,‎ 22 juillet 2011 (lire en ligne)
  • Gabriel Colletis, « Erreur de calcul du FMI ? Ou excès des zélateurs de l'austérité ? », Le Monde économie,‎ 28 janvier 2013 (lire en ligne)
  • Marie de Vergès, « Le fonds d'aide européen lance avec succès sa première émission », Le Monde,‎ janvier 2011 (lire en ligne)
  • Arnaud Leparmentier et Philippe Ricard, « Crise de la dette : la zone euro avance à pas mesurés », Le Monde,‎ 14 mars 2011
Le Nouvel Observateur[modifier | modifier le code]
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  • Jean-Gabriel Fredet, « Franck Biancheri : Monsieur Apocalypse », Le Nouvel Observateur,‎ 2 avril 2009 (lire en ligne)
  • Harry Papachristou et Lefteris Papadimas, « Un juge pour gouverner la Grèce jusqu'aux élections du 17 juin », Le Nouvel Observateur,‎ 16 juin 2012 (lire en ligne)
La Tribune[modifier | modifier le code]
  • « La rumeur qui fait peur », La Tribune,‎ 4 mai 2010
  • Florin Aftalion, « Monsieur Papandréou et les spéculateurs », La Tribune,‎ 25 mars 2010
Le Point[modifier | modifier le code]
  • Louisa Gouliamaki, « Scènes de guérilla urbaine en Grèce », Le Point,‎ 13 février 2012 (lire en ligne)
  • Alain Franco, « UE : Grecs, encore un effort! », Le Point,‎ 13 février 2012 (lire en ligne)
  • Louisa Gouliamaki, « Grèce : des élections anticipées en avril », Le Point,‎ 13 février 2012 (lire en ligne)
Le Figaro[modifier | modifier le code]
  • « Grève générale en Grèce », Le Figaro,‎ 23 février 2011 (lire en ligne)
  • « Grèce : un deuxième sauvetage se profile », Le Figaro,‎ 8 mai 2011 (lire en ligne)
  • Guillaume Guichard, « Crise grecque : Athènes prépare un traitement de choc », Le Figaro,‎ 30 avril 2010 (lire en ligne)
Divers[modifier | modifier le code]
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  • Sonia Arnal, « Franck Biancheri: « La Grèce est victime d'une guerre menée par les Anglo-Saxons » », Le Matin,‎ 8 mai 2010 (lire en ligne)
  • « Les Grecs résignés à de nouveaux sacrifices si les efforts sont partagés », Le Parisien,‎ 24 avril 2010 (lire en ligne)
  • Patrick McGroarty, « Crise grecque pas comparable à Portugal,Espagne -min Fin alld », Investir,‎ 28 avril 2010 (lire en ligne)
  • Guillaume Duval, « Comment la zone euro en est-elle arrivée là ? », Alternatives économiques, no 289,‎ mars 2010 (lire en ligne)
  • Émilie Lévêque, « Le Portugal va-t-il sombrer dans la crise grecque ? », L'Expansion,‎ 28 avril 2010 (lire en ligne)
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  • (en) « A euro exit is the only way out for Greece », sur Financial Times,‎ 25 mars 2010 (consulté le 2 mai 2010)
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  • Guillaule Duval, « Grèce : pourquoi l'incendie est reparti », Alternatives économiques, no 304,‎ juillet-août 2011
  • Pierre de Charentenay, « Une Grèce en retard politique », La Croix,‎ 22 juin 2011
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  • « Journal 18h », sur Radio Vaticana,‎ 13 juin 2013 (consulté le 14 juin 2013)
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Think Tank[modifier | modifier le code]

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  • « L'Europe, la crise grecque et nous », Fondapol,‎ 2010 (lire en ligne)

Sites[modifier | modifier le code]

Compléments[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]