Crise de l'îlot Persil

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Crise de l'îlot Persil
L'îlot Persil situé à l'extrême gauche, près de Ceuta.
L'îlot Persil situé à l'extrême gauche, près de Ceuta.
Informations générales
Date 11-18 juillet 2002
Lieu îlot Persil
Casus belli Débarquement de troupes marocaines sur l'îlot
Issue Victoire espagnole et retour au status quo ante bellum
Belligérants
Drapeau de l'Espagne Espagne Drapeau du Maroc Maroc
Commandants
Drapeau de l'Espagne José María Aznar
Drapeau de l'Espagne Antonio Moreno Barberá
Drapeau du Maroc Ahmed Midaoui
Forces en présence
48 soldats 6 cadets
Pertes
1 blessé léger 6 cadets capturés (relâchés)
Coordonnées 35° 54′ 50″ N 5° 25′ 08″ O / 35.91388889, -5.4188888935° 54′ 50″ Nord 5° 25′ 08″ Ouest / 35.91388889, -5.41888889  

La crise de l'îlot Persil est un court conflit, impliquant les forces armées mais sans usage des armes, entre l'Espagne et le Maroc qui a eu lieu en juillet 2002, sur l'îlot inhabité de Persil.

Contexte géographique[modifier | modifier le code]

L'îlot Persil (Isla de Perejil en espagnol et Jazirat Laila en arabe Tourah en Amazigh) est une petite île rocheuse entre l'Espagne et le Maroc, situé à 250 mètres des côtes marocaines et à 8 kilomètres de la ville espagnole de Ceuta, qui borde le Maroc à 13,5 kilomètres de l'Espagne continentale.

Occupation marocaine de Persil[modifier | modifier le code]

Les relations entre les deux États ont dégénéré le 11 juillet 2002 lorsqu'un groupe de six soldats marocains a débarqué sur l'île et mis en place un avant-poste[1].

Le Maroc a affirmé que ses troupes étaient là pour mettre en place un avant-poste d'observation qui permettrait de surveiller l'immigration clandestine et de lutter contre le trafic de drogue qui utilise l'île comme une plate-forme logistique[2],[3]. L'Espagne a rejeté la déclaration marocaine et le ministère espagnol des Affaires étrangères a affirmé que les Marocains avaient planté deux drapeaux sur l'île.

Le 12 juillet, l'Espagne envoie des patrouilleurs près de la côte marocaine alors qu'un patrouilleur marocain est aperçu à proximité d'autres îles sous juridiction espagnole[4].

Opération Romeo-Sierra et médiation de la crise[modifier | modifier le code]

Le 18 juillet, à h 21, un conflit éclate lorsque l'Espagne débarque sur l'île (opération Romeo-Sierra). L'attaque a été réalisée par 28 unités de commandos espagnols du Grupos de operaciones especiales déployés par 6 hélicoptères à partir d'Alicante. La marine et l'armée de l'air espagnole ont fourni un appui. Les Marocains n'ont toutefois pas offert la moindre résistance. Dans les quelques heures suivantes, tous les cadets de la marine marocaine ont été faits prisonniers et l'île a été recapturée. La marine espagnole pensait au début qu'il y avait 12 soldats marocains sur l'île, mais finalement seulement six cadets ont été capturés[5] et évacués par hélicoptère vers le siège de la Guardia Civil à Ceuta, où ils ont été reconduits jusqu'à la frontière marocaine. Au cours de la même journée, les commandos espagnols sur l'île ont été remplacés par des soldats de la Légion espagnole.

D'une façon générale, le Maroc souligne l'absence de fondement juridique et légal solide à l'appartenance de l'îlot à l'Espagne[6]. Il a été soutenu durant cette crise par tous les pays membres de la Ligue arabe à l'exception de l'Algérie, tandis que l'Espagne fut soutenue par l'intégralité des pays de l'Union européenne à l'exception du Portugal et de la France.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les troupes de la Légion espagnole restent sur l'île après la fin de l'opération. Les États-Unis tentent une médiation de la situation et parviennent finalement à rétablir le status quo ante bellum. Toutes les troupes espagnoles ont été retirées et l'île reste inoccupée mais revendiquée toutefois par les deux camps. BBC News a par ailleurs interviewé des citoyens espagnols à Madrid après le conflit : la plupart des personnes ont soutenu l'opération. Gaspar Llamazares, homme politique de l'opposition du parti Gauche unie, a déclaré que l'Espagne ne devait pas tomber dans ce piège de provocation, de sorte qu'elle ne ruine pas son image en Afrique du Nord[7].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « L'Ilot Leïla, Le choc des photos », TelQuel Magazine (consulté le 21 février 2012)
  2. (es) « Consiguen el pase de 10 toneladas de droga almacenadas en isla Perejil », El Faro de Ceuta journal (consulté le 21 février 2012)
  3. (es) http://www.elperiodico.com/default.asp?idpublicacio_PK=46&idioma=CAS&idnoticia_PK=579679&idseccio_PK=1021 El Periodico.com
  4. (en) « Spain Sends Gunboats To Moroccan Coast », Sky News (consulté le 21 février 2012)
  5. (es) « España desalojará la isla Perejil si Marruecos se compromete a no ocuparla », El Pais (consulté le 21 février 2012)
  6. CF., par exemple : « Entretien de S. M. le [r]oi Mohammed VI [avec] "El Pais" », dans MAP, « S. M. le [r]oi à El Pais : L’objectif des auditions publiques est de "réconcilier le Maroc avec son passé" », Instance équité et réconciliation,‎ 17 janvier 2005 — Traduction dont l'auteur est inconnu d'une interview issue de :(es) Jesús Cebario et Ignacio Cembrero, « Se ha restablecido el respeto mutuo entre España y Marruecos » [« Le respect mutuel a été restauré entre l'Espagne et le Maroc »], El País, Madrid,‎ 16 janvier 2005 (lire en ligne).
    « On est même allé jusqu’à dire en Espagne que le Maroc avait envahi un territoire espagnol. La rétrocession au Maroc des provinces du Nord a commencé en 1956 et a duré jusqu’en 1959. Les Espagnols s’étaient alors retirés y compris de l’îlot. Tourah ne faisait pas partie du contentieux historique sur Sebta et Melillia.
    Au cours des années 60, il y avait même des forces marocaines installées à Tourah et Franco n’avait jamais réagi. Aznar serait-il plus franquiste que Franco ? »
  7. (es) « PNV e IU critican la operación, mientras los demás grupos muestran su apoyo », Periodico ABC (consulté le 21 février 2012)

Lien externe[modifier | modifier le code]