Crise de 1958 au Liban

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Expédition française en Syrie (1860-1861).
Crise de 1958 au Liban
Nid de  mitrailleuse Browning 1919 du Corps des Marines des États-Unis à Beyrouth, juillet 1958.
Informations générales
Date 15 juillet -
Lieu Liban
Issue Démission du président Camille Chamoun, formation d'un gouvernement de réconciliation dirigé par Rachid Karamé, intensification des tensions religieuses et politiques au Liban
Belligérants
Drapeau du Liban Liban
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Liban Opposition libanaise :
Al-Mourabitoun
Flag of the Lebanese Communist Party.svg Parti communiste libanais
Flag of the Progressive Socialist Party.svg Parti socialiste progressiste
Commandants
Drapeau du Liban Camille Chamoun
Drapeau des États-Unis Dwight David Eisenhower
Drapeau des États-Unis Robert Murphy
Drapeau du Liban Rachid Karamé
Ibrahim Qoleilat
Flag of the Progressive Socialist Party.svg Kamal Joumblatt
Pertes
1 300 à 2 000 morts[1],[2],[3]

La crise de 1958 au Liban est une crise politique libanaise causée par des tensions politiques et religieuses internes au pays. Elle voit l'intervention des forces américaines.

Historique[modifier | modifier le code]

Film d'actualité montrant Eisenhower parlant de la crise à l'Organisation des Nations unies le 14 juillet 1958 et les Marines au Liban.
Colonne de véhicules des Marines, 16 juillet 1958.

Le président Camille Chamoun pro-occidental, refuse de rompre les relations diplomatiques avec le Royaume-Uni et la France alors que ceux-ci attaquent l'Égypte durant la crise de Suez en 1956. La communauté musulmane pousse le gouvernement à une fusion avec la République arabe unie, ce que refuse catégoriquement la communauté maronite chrétienne.

Les crispations se conjuguent pour faire monter la tension.

Attentats à la bombe et assassinats précèdent de vastes manifestations de rue. À partir de juin 1958 éclate une guérilla dans la montagne entre loyalistes et insurgés.

Devant cette agitation et la révolution à la même date en Irak causant la mort du roi pro-occidental, Fayçal II et de son premier ministre, Chamoun obtient le débarquement de 14 000 militaires américains (opération Blue Bat) comprenant 8 509 membres de l'US Army dont un contingent de la 24e division d'infanterie américaine et 5 670 Marines de la 2e division de marine sous la direction du United States European Command qui sécurise le port de Beyrouth et son aéroport international ce qui assure le triomphe de la contre-révolution menée par les Kataëb.

Ces forces quitteront le pays le 28 octobre 1958, elles eurent à subir un tué à cause d'un sniper et trois autres décès accidentels.

Le président des États-Unis Eisenhower, dans le cadre de la Doctrine Eisenhower, désigne un diplomate Robert D. Murphy comme représentant personnel dans cette crise, celui-ci joue un rôle significatif pour inciter Camille Chamoun à quitter le pouvoir et calmer le jeu.

Dès la fin du mandat de Chamoun en septembre, un nouveau président unanimement respecté, le général Fouad Chehab est élu, et l'opposition impose la nomination du chef de l'insurrection, Rachid Karamé, au poste de Premier ministre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) "B&J": Jacob Bercovitch and Richard Jackson, International Conflict : A Chronological Encyclopedia of Conflicts and Their Management 1945-1995 (1997)
  2. (en) Eckhardt, William, in World Military and Social Expenditures 1987-88 (12th ed., 1987) by Ruth Leger Sivard.
  3. (en) Singer, Joel David, The Wages of War. 1816-1965 (1972)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages, études[modifier | modifier le code]

  • Mohammed Agwani, The Lebanese Crisis, 1958: A Documentary Study, 1965.
  • Erika Alin, The United States and the 1958 Lebanon Crisis, American Intervention in the Middle East, 1994.
  • Pierrick el Gammal, Politique intérieure et politique extérieure au Liban de 1958 à 1961 de Camille Chamoun à Fouad Chehab, Sorbonne University (Paris), 1991.
  • Irene Gendzier, Notes from the Minefield: United States Intervention in Lebanon and the Middle East 1945–1958, 1997
  • Agnes Korbani, U.S. Intervention in Lebanon, 1958–1982 : presidential decisionmaking, 1991.
  • Nawaf Salam, L’insurrection de 1958 au Liban, Sorbonne University (Paris), 1979.
  • Jack Schulimson, Marines in Lebanon 1958, Historical Branch, G-3 Division, Headquarters, U. S. Marine Corps, Washington, Department of the Navy, United States Marines Corps, 1966, 60 p.
  • Salim Yaqub, 'Containing Arab Nationalism, The Eisenhower Doctrine and the Middle East, 2003.
  • The Lebanon Operation, U.S. Army Center for Military History, Contingency Operations

Articles[modifier | modifier le code]

  • Fawaz Gerges, The Lebanese Crisis of 1958: The Risks of Inflated Self-Importance, Beirut Review, 1993, pp. 83–113.
  • David Lesch, Prelude to the 1958 American Intervention in Lebanon, Mediterranean Quarterly, vol. 7, n°3, 1996, pp. 87–108.
  • Ritchie Ovendale, Great Britain and the Anglo-American Invasion of Jordan and Lebanon in 1958, The International History Review, vol. XVI, n°2, 1994, pp. 284–304.
  • Edouard de Tinguy, La crise libanaise de 1958 et l'intervention militaire américaine, Revue d'histoire diplomatique, Paris : A. Pédone, n°4, décembre 2007.

Liens externes[modifier | modifier le code]