Crise d'Octobre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Crise d'Octobre

Date 5 octobre au 28 décembre 1970
Lieu Drapeau : Québec Québec
Résultat Mort du ministre du Travail Pierre Laporte
Dissolution du Front de libération du Québec
Chronologie
5 octobre 1970 Enlèvement du diplomate britannique James Richard Cross par la cellule Libération du FLQ
8 octobre 1970 Lecture du Manifeste du FLQ à la télévision de Radio-Canada
10 octobre 1970 Enlèvement du ministre du Travail Pierre Laporte par le cellule Chénier du FLQ
12 octobre 1970 Des soldats canadiens sont dépêchés à Ottawa.
16 octobre 1970 Mise en place de la Loi sur les mesures de guerre par le gouvernement du Canada.
457 arrestations
17 octobre 1970 Exécution du ministre Pierre Laporte par la cellule Libération du FLQ
4 décembre 1970 James Richard Cross est libéré.
La cellule Libération du FLQ s'exile pour Cuba.
28 décembre 1970 Arrestation de la cellule Chénier du FLQ par la police.


La crise d'Octobre[note 1] est une série d'événements sociaux et politiques qui ont eu lieu en octobre 1970 au Québec, province du Canada.

Faisant suite à l'enlèvement de l'attaché commercial du Royaume-Uni James Richard Cross par une cellule armée du Front de libération du Québec (FLQ) le 5 octobre 1970[1], la crise d'Octobre fut marquée également par la lecture du Manifeste du FLQ à la télévision de Radio-Canada (8 octobre), par l'enlèvement du ministre provincial du Travail Pierre Laporte par une autre cellule felquiste (10 octobre)[2], par la mise en place de la Loi des mesures de guerre canadiennes (15-16 octobre), par la découverte du corps de Pierre Laporte le 17 octobre 1970 à Saint-Hubert dans le coffre d’une voiture, par la délivrance de James Richard Cross[3] le 3 décembre 1970 et par l'arrestation des meurtriers de Pierre Laporte le 28 décembre 1970.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Situation politique de 1960[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Grande Noirceur et Révolution tranquille.

Dès le début des années 1960, le Québec est en pleine période de changement. Le gouvernement libéral de Jean Lesage prend le pouvoir après 15 ans de gouvernance de l'Union nationale. Le nouveau gouvernement modifie le système de santé et d’éducation, passant aux mains de l'État québécois. Le système de santé devient accessible à tous. L’école devient gratuite et obligatoire jusqu’à 16 ans. René Lévesque, ministre des Ressources hydrauliques et des Travaux publics, nationalise l’électricité et en confie la gestion à Hydro-Québec[4].

Conjoncture sociale et économique[modifier | modifier le code]

Le Québec, vers la fin des années 1960, n'est pas en bonne posture économique. Le taux de chômage atteint des sommets; le taux d'inflation est très élevé. L'économie du Québec est en récession dès 1966. Durant la période de la Grande Noirceur, les Québécois sont souvent victimes du pouvoir des Anglais. Ces derniers occupent toujours les postes les plus importants et contrôlent l’économie québécoise. Les francophones sont résignés à travailler comme ouvrier dans des usines appartenant à des Anglais. Nombreux sont les Québécois qui ne peuvent plus parler leur langue au travail ou qui doivent maîtriser l’anglais pour trouver un emploi. Bien que la position des Québécois ait connu des changements avec l’arrivée de la Révolution tranquille, les Anglais ont toujours une grande partie du monopole économique au Québec. Cette situation choque le peuple québécois qui n’a plus le contrôle de sa propre province. Un bon nombre s’indignent de la place occupée par les Anglais dans leur économie[5]. Des mouvements comme le Front de Libération du Québec font valoir leur opinion sur ce problème et voient la souveraineté du Québec comme une solution. De plus, les gouvernements, provincial et fédéral, déplaisent au FLQ puisque ceux-ci sont contre la séparation du Québec et n’aident pas les francophones dans leur lutte[4]. Ces facteurs entretiennent un mouvement contestataire important qui finit par s'élargir en mécontentement général de la population.

Question nationale[modifier | modifier le code]

Dans la foulée de la Révolution tranquille, quelques Québécois se radicalisent à la suite de certaines situations jugées injustes. Se révoltant contre le clergé catholique et une minorité québécoise principalement anglophone, ils ressentent l'appel au changement et la contestation. Un mouvement nationaliste se crée peu à peu et se rassemble sous l'égide d'un mouvement radical: Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), dirigé par Pierre Bourgault [6]. En 1967 a lieu l’Exposition universelle de Montréal, ce qui permet au monde entier de venir visiter le Québec. Durant cet évènement, Charles de Gaulle, président de la République française, vient visiter le Québec et déclare durant un discours : « Vive le Québec libre! »[4]. Cette phrase a pu paraître banale à plusieurs, mais pour certains, elle déclenche leur désir de séparation. La fête de la Saint-Jean-Baptiste de l’année 1968 est un autre événement marquant qui secoue les Québécois. À la veille des élections fédérales du 25 juin 1968, plusieurs centaines de manifestants se déplacent pour afficher leur indignation à des politiciens, dont Pierre Elliott Trudeau et Jean Drapeau. Au cours de cette journée, aussi surnommée le lundi de la matraque, des arrestations musclées ont lieu, 290 personnes sont arrêtées[7]. Le 14 octobre 1967, René Lévesque démissionne du Parti libéral du Québec à cause de ses convictions, jugées trop nationalistes, pour fonder le Parti québécois l'année suivante, le 12 octobre 1968. Aux élections d'avril 1970, le Parti québécois arrive deuxième au vote populaire, mais à cause du mode de scrutin majoritaire, il ne parvient qu'à récolter 7 sièges à l'assemblée nationale. Le 27 mars 1970 a lieu un évènement hors du commun à Montréal : « La nuit de la poésie ». Durant une nuit entière, des milliers de personnes se donnent rendez-vous au théâtre du Gesù pour prêter l’oreille à des poètes québécois. Gaston Miron, Claude Gauvreau, Raoul Duguay font partie de cette liste d’artistes présents sur la scène cette nuit-là. Les principaux sujets traités par ces poètes sont l’identité québécoise, la langue française ainsi que la souveraineté. Cet évènement, même s’il ne dure qu’une soirée, amène beaucoup de Québécois à cogiter sur l’idée de l’indépendance de la province[8].

Le Front de Libération du Québec[modifier | modifier le code]

Les membres du Front de Libération du Québec font valoir leur point de vue, depuis plusieurs années, à propos du reste du Canada. C’est par l’entremise de bombes et de dynamites lancées sur des bâtiments fédéraux comme des édifices militaires, des banques et même des boîtes aux lettres, que le FLQ démontre sa colère envers les Canadiens anglais. Plusieurs felquistes sont arrêtés et emprisonnés pour les crimes qu’ils ont commis durant ces années[9]. Cela crée donc de l’agitation chez le Front de Libération du Québec puisque beaucoup de membres souhaitent voir leurs camarades sortir de prison. Quelquefois, certains membres du FLQ se retrouvent en Gaspésie avec des pêcheurs et d’autres personnalités connues comme Plume Latraverse, pour partager leur révolte. Ils se rejoignent tous à la « Maison du pêcheur » de Percé et chantent, composent et discutent d’enjeux importants pour le Québec. Ces rencontres alimentent la ferveur des militants qui croient de plus en plus en leur cause et fortifient leur conviction[10].

Le Manifeste du FLQ[modifier | modifier le code]

Le manifeste est envoyé par le Front de Libération du Québec aux médias lorsque les membres de la cellule Libération enlèvent James Richard Cross, le 5 octobre 1970. Il s’agit d’un discours à saveur politique, écrit en 1970 par certains membres influents du FLQ. Ces derniers rédigent le manifeste pour qu’il soit lu à la télévision et à la radio, afin que toute la population québécoise connaisse les revendications du FLQ. Le Manifeste est rédigé alors que le Québec est l’objet de tension et de division entre les fédéralistes et les souverainistes. Il est écrit pour expliquer bien plus que la question nationale, il dénonce aussi l’inégalité entre les Anglais et les Français[11].

Auteurs du Manifeste[modifier | modifier le code]

Le manifeste du FLQ a été écrit principalement par Jacques Lanctôt et André Roy, deux membres du mouvement[12]. Jacques Lanctôt est né en 1945 à Montréal, il est le fils de Gérard Lanctôt[13], un fasciste de droite connu pour ses propos racistes. Durant la Crise d’octobre, M. Lanctôt est chroniqueur pour le journal La Presse[7]. Il est très au fait de la situation au Québec et croit que l’avenir de la province doit passer par une révolution.Jacques Lanctôt est un témoin direct de l’évènement puisqu’il participe activement à l'enlèvement de James Richard Cross.

André Roy, quant à lui, est né en 1943 au Québec. Tout comme Lanctôt, M. Roy espère un avenir meilleur pour le Québec et souhaite son indépendance. Les deux hommes écrivent donc le manifeste du FLQ dans cette optique, tout en ayant en tête l’enlèvement d’une figure politique importante. André Roy n’est pas un témoin direct de la Crise d’octobre puisque, quelques mois avant les évènements, il est emprisonné, car la police est au courant de ses intentions. Jacques Lanctôt ajoute le nom d’André Roy à la liste de prisonniers politiques devant être libérés dans le Manifeste du FLQ (Trait, 1970). Ce document historique est écrit pour les médias dans l’intention qu’ils le lisent sur les ondes. Le 7 octobre 1970, le manifeste est récité à la radio CKAC et le lendemain il est lu sur les ondes de Radio-Canada par Gaétan Montreuil[12].

Octobre 1970[modifier | modifier le code]

Jugeant que la situation politique est dans une impasse, un groupuscule indépendantiste à tendance révolutionnaire[14], le Front de libération du Québec, décide, le 5 octobre 1970, d'enlever le diplomate britannique James Richard Cross. Les services de police, qui s'étaient infiltrés dans le mouvement felquiste, savaient ce que le groupe clandestin planifiait, mais décidèrent de ne pas intervenir[15].

Le 8 octobre 1970, le lecteur de nouvelles Gaétan Montreuil effectue la lecture intégrale du Manifeste du FLQ à la télévision de Radio-Canada. Il précise au début et à la fin de la lecture du manifeste qu'il s'exécute dans un but humanitaire visant à sauver James Cross[16].

À la suite de ces enlèvements, Pierre-Elliott Trudeau contacte le Toronto Star et déclare à l'éditoraliste Peter Newman que les enlèvements font partie d'un complot pour renverser le gouvernement du Québec. Le Toronto Star relaye ses dires, qui créent une commotion dans tout le Canada, sans révéler sa source ni le fait que Trudeau n'avait aucune preuve de cette « insurrection appréhendée »[17] sinon « les informations » qu'il avait amassées « depuis l'âge de trois ans ».

À la demande du Gouvernement du Québec et de l'administration municipale de Montréal, La Loi sur les mesures de guerre est déclarée le 16 octobre, à 4 heures du matin[18].

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 5 octobre 1970 :
    • Les membres de la cellule Libération du FLQ enlèvent le diplomate britannique James Richard Cross[19].
  • 6 octobre 1970 :

Le communiqué no1 émis par le FLQ énumère ses exigences :

  • L’absence de fouilles policières pour retrouver l’otage ;
  • La diffusion du Manifeste du FLQ ;
  • La libération de 23 prisonniers politiques;
  • Un avion pour leur transport vers Cuba ou l'Algérie ;
  • L’imposition d’une « taxe volontaire » de 500,000 $ qui devront être placés à bord de l’avion;
  • Le nom du délateur qui a « vendu » les militants du FLQ arrêtés en juin à Prévost.
  • Le réengagement des " gars de Lapalme ";

Le communiqué donne aussi les noms des 23 prisonniers[20].

Mitchell Sharp, secrétaire d'État aux affaires extérieures du Canada, refuse de céder aux conditions du FLQ pour la libération du diplomate:

« Je suis confiant que ces criminels seront appréhendés et que le diplomate sera relâché. C’est ce à quoi nous nous affairons. » (Mitchell Sharp)
  • 7 octobre 1970 :
    • Lecture du Manifeste du FLQ à la radio de CKAC, arrestation de 27 suspects, le ministre de la Justice du Québec, Jérôme Choquette, affirme qu'il est prêt à discuter avec les ravisseurs[21]
  • 11 octobre 1970 :
    • Pierre Laporte écrit une lettre émouvante à Robert Bourassa pour lui dire qu'il est bien traité et l'implorer de négocier sa libération.
    • L'avocat Robert Lemieux est arrêté et emprisonné sous motif d'entrave au travail des policiers
    • Robert Bourassa laisse entendre qu’il est prêt à négocier avec le FLQ sujet à une entente préalable sur la sécurité des otages[24].
  • Le 12 octobre :
    • À 7h, Pierre Laporte écrit une lettre à sa femme pour lui dire qu'il va bien et qu'il est bien traité.
    • Des soldats canadiens sont dépêchés à Ottawa pour assurer la protection de diverses personnalités politiques et d'édifices fédéraux.
    • Par un communiqué émis tard la veille, Me Robert Lemieux est désigné par le FLQ comme intermédiaire entre le FLQ et les autorités en place.
    • Me Robert Demers est nommé pour négocier au nom du gouvernement[25].
  • Le 14 octobre :
    • Les négociations reprennent entre Robert Demers et Robert Lemieux qui discutent de la sécurité des otages[28].
    • Une rencontre spéciale du Cabinet Fédéral a lieu afin de discuter des mesures à prendre pour mettre fin à la crise.
    • Un groupe de seize personnalités publiques du Québec, présidé par René Lévesque, Président du Parti Québécois, donnent leur « appui le plus pressant à la négociation d’un échange des deux otages contre les prisonniers politiques. » [29]
  • Le 15 octobre 1970
    • Les négociations entre Me Demers et Me Lemieux sont définitivement rompues.

Me Lemieux fait un discours au Centre Paul Sauvé devant des partisans enflammés et lance le slogan du FLQ : « Nous vaincrons ». Le gouvernement du Québec passe à l’action : L’armée est demandée en renfort de la Sureté. En soirée une offre définitive est faite aux ravisseurs accompagnée d’un sauf-conduit avec un délai de six heures pour l’accepter[30].

  • Nuit du 15 au 16 octobre 1970 :
    • La dernière rencontre du Cabinet Fédéral a lieu. Trois ministres soulignent que le « gouvernement n’a pas démontré qu’il existe un danger d’insurrection ». M. Trudeau évoque à maintes reprises les demandes répétées du gouvernement du Québec en faveur de l’imposition de la loi des mesures de guerre. La Presse, 31 janvier 1992[31].
    • À 3h. du matin à l'expiration du délai et devant l'inaction des ravisseurs, le Gouvernement du Québec et l'administration municipale de Montréal demandent l'application de certaines dispositions de la Loi sur les mesures de guerre.
    • À 4h. du matin le gouvernement fédéral accède à la demande du gouvernement du Québec[32].
  • 16 octobre 1970 :
    • La Sûreté du Québec procède à au moins 457 arrestations [33] . Les arrestations visent des individus soupçonnés d’appartenance au FLQ, ou qui ont déjà participé à des manifestations violentes, ou qui sont liés à des mouvements d’extrême gauche[34].
  • 17 octobre 1970 :
    • Un communiqué du gouvernement du Québec énonce les modalités du sauf-conduit et l’intermédiation de Cuba qui a accepté d’agir pour des raisons humanitaires.
    • Le FLQ émet un communiqué disant que le ministre « du chômage et de l’assimilation » Pierre Laporte a été exécuté.
    • Découverte du cadavre du ministre Pierre Laporte peu avant minuit dans le coffre d'une voiture à St Hubert[35].
  • 18 octobre 1970
    • La réprobation du public est générale. Le FLQ vient de perdre la guerre[36].
  • 22 octobre 1970
    • Les médias font écho au rapport d'autopsie qui conclut à la mort par étranglement[37].
  • 5 novembre 1970 :
    • Bernard Lortie, un des ravisseurs de Pierre Laporte, est arrêté à Montréal, à la suite d'une descente de police. Les trois autres, Paul Rose, Jacques Rose et Francis Simard réussissent à s’enfuir[38].
    • Dans une déclaration à la police, Bernard Lortie affirme que Pierre Laporte a été tué dans une échauffourée avec Jacques Rose et Francis Simard[39].
  • Le 6 novembre :
    • Julien Giguère, lieutenant-détective de la Section anti-terroriste (SAT) de la police de Montréal, recrute Carole Devault, qui devient l'agente d'information : matricule SAT 945-171, nom de code « Poupette ».
  • Le 2 décembre 1970 :
    • Jacques Cossette-Trudel et Louise Lanctôt, deux des ravisseurs de James Cross, sont arrêtés après avoir quitté le 10945, rue des Récollets à Montréal-Nord, la police ayant acquis la certitude que James Cross y est séquestré[40].
  • Le 3 décembre 1970 ;
    • Les ravisseurs, de James Cross séquestré au 10945 de la rue des Récollets, nomment Me Bernard Mergler pour négocier avec Me Robert Demers[41].
    • Les ravisseurs acceptent finalement le sauf-conduit pour Cuba qui leur est offert depuis le 16 octobre 1970 en échange de la libération de James Cross[42].
    • Tel qu’il avait été entendu le 15 octobre 1970 avec le ministère des Affaires étrangères du Canada, le consulat de Cuba, pour des motifs humanitaires, agit comme intermédiaire[43].
    • Les ravisseurs, Jacques Lanctôt, Marc Carbonneau, Yves Langlois, Jacques Cossette Trudel et Louise Lanctôt s’envolent vers Cuba[44].
    • James Richard Cross, l’attaché commercial de la Grande-Bretagne, est enfin libéré le 4 décembre à 2 heures du matin[45].
  • Le 28 décembre 1970
    • À 5 heures du matin, les ravisseurs de Pierre Laporte, Paul Rose, Jacques Rose et Francis Simard, sont arrêtés par la police dans une maison de St-Luc, en Montérégie. Le docteur Jacques Ferron[46] a été le négociateur entre la police et les felquistes.
    • La police réussit à trouver les meurtriers de Pierre Laporte. Ils sont arrêtés, subiront leur procès et seront condamnés à de longues peines de prison.
  • La crise d'Octobre est terminée. [47].

Impacts[modifier | modifier le code]

Police politique[modifier | modifier le code]

« Il n'y avait là que des mémérages. »

— René Lévesque[48]

Lors de la crise d'Octobre, le Gouvernement Fédéral du Canada, par le biais de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), espionne illégalement à maintes reprises le mouvement souverainiste du Québec, notamment en s'introduisant par effraction dans les bureaux du Parti québécois et en y volant les listes des membres du parti[49].

À la suite de la crise, le gouvernement de Robert Bourassa a formé le Centre d'analyse et de documentation (CAD) qui a, de 1971 à 1977, fiché environ 6 000 groupes et 30 000 personnes des milieux souverainistes, syndicaux et de la haute fonction publique[48].

Démantelé en 1977 à la suite de l'arrivée au pouvoir du gouvernement de René Lévesque, on a affirmé avoir détruit les archives du CAD. Cependant, en 1992, un rapport datant de 1974 et provenant du directeur du CAD Gilles Néron fait surface et démontre que le Centre entretenait des liens étroits avec tous les corps policiers[48][réf. insuffisante]. D'autres documents, détenus par les archives nationales, sont classés « restriction d'accès maximale »[48].

Conséquence: L'affaire Therrien[50].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Octobre » s'écrit ici avec une majuscule. Voir, par exemple, le Guide de style et de rédaction en français du gouvernement du Manitoba (2011), section Majuscules et minuscules, « Les époques, les événements historiques ou religieux et les régimes politiques ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Radio-Canada.ca, « Un diplomate britannique enlevé », sur archives.radio-canada.ca, Société Radio-Canada,‎ 2009 (consulté le 13 septembre 2009)
  2. LA BELLE PROVINCE, 2000. Vidéo de AD HOC FILMS, un documentaire de Luc Cyr et Carl Leblanc. Montréal, Télé-Québec
  3. L'OTAGE, 2004. Vidéo de AD HOC FILMS, un documentaire de Luc Cyr et Carl Leblanc. Montréal, Télé-Québec.
  4. a, b et c Linteau, Paul-André et al. (1986). Histoire du Québec contemporain : Le Québec depuis 1930, Montréal, Édition du Boréal Express, 725 p.
  5. Dickinson John A. et al (2003). Brève histoire socio-économique du Québec, Québec, Éditions du Septentrion, 412 p.
  6. Jean-François Nadeau, Bourgault, Lux Éditeur, 2007, p. 66, 89-99, 160
  7. a et b Société Radio-Canada (2010). Crise d’octobre : Tout le monde en parlait, http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2010/09/14/003-octobre-TLMEP.shtml (Consulté le 30 novembre 2012).
  8. Société Radio-Canada (s.d.). La nuit de la poésie, http://archives.radio-canada.ca/arts_culture/poesie/clips/6811/ (Consulté le 24 octobre 2012).
  9. Canadian encyclopedia (s.d.). « Crise d’octobre », http://www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/crise-doctobre (Consulté le 25 novembre 2012).
  10. Beauchamp, Mathieu (2012). Plume : D’un plume à l’autre, Première chaîne de Radio-Canada, Montréal, Société Radio-Canada (Consulté le 25 octobre 2012).
  11. William Tetley, Octobre 1070: Dans les coulisses de la crise, Saint-Lambert: Éditions Heritages, 2010, p.65-70
  12. a et b Société Radio-Canada (s.d.). Lecture du manifeste FLQ à la télévision, http://archives.radio-canada.ca/guerres_conflits/terrorisme/clips/322/ (Consulté le 15 novembre 2012).
  13. Jean-François Nadeau, Adrien Arcand Führer canadien, Lux Éditeurs, 2010, p. 293-295
  14. Radio-Canada.ca, « La Crise d'Octobre : Le saviez-vous? », sur archives.radio-canada.ca, Société Radio-Canada,‎ 2009 (consulté le 13 septembre 2009) : « Les felquistes ont été entraînés et organisés par Georges Schoeters, un révolutionnaire belge itinérant dont la source d'inspiration était Che Guevara. Au moins deux des membres du FLQ ont reçu des entraînements de guérilla à l'assignat sélectif de commandos palestiniens. Le FLQ a développé des liens avec différents mouvements révolutionnaires à travers le monde, comme ceux de Cuba, d'Algérie et de la Palestine. »
  15. « Dix ans plus tard, des documents internes révélés par le biais des lois d’accès à l’information démontrèrent que certaines méthodes et tactiques employées par les organisations policières fédérales, provinciales et municipales n’avaient pas grand-chose à envier à celles que l’on attribue plus généralement aux pires régimes dictatoriaux. En octobre 1970, par exemple, la police savait, par le biais d’informateurs infiltrés au sein du mouvement, ce que le FLQ planifiait. Or, au lieu d’intervenir afin de prévenir ces actions, la police décida de laisser aller afin, apprend-on des conclusions du rapport de la Commission Keable, de protéger ces indicateurs » . Marc Alain « Une mesure de la propension des policiers québécois à dénoncer des comportements dérogatoires, éléments de culture policière et cultures organisationnelles », Déviance et Société 1/2004 (Vol. 28), p. 3-31. URL : www.cairn.info/revue-deviance-et-societe-2004-1-page-3.htm. DOI : 10.3917/ds.281.0003.
  16. Front de libération du Québec, « Lecture du manifeste du FLQ à la télévision », sur archives.radio-canada.ca, Société Radio-Canada,‎ 8 octobre 1970 (consulté le 14 septembre 2009)
  17. Les détails de cette affaire seront révélés par l'éditorialiste du Toronto Star, Peter Newman, des décennies plus tard, dans son autobiographie. Voir The October Crisis: a Fresh Take on Trudeau's Act.
  18. Robert Demers, Souvenirs d'Octobre 70, https://sites.google.com/site/criseoctobre70/ [archive]
  19. Louis Fournier, Histoire d’un mouvement clandestin, Québec-Amérique, Montréal, 1982, p. 364, 365 et 286
  20. Fournier, op. cit. p. 293-294. William Tetley, Octobre 1970 : dans les coulisses de la crise, Saint-Lambert : Éditions Héritage, 2010. p. 233 et 321.
  21. Charles Denis, Robert Bourassa - La Passion de la Politique, Fides, Montréal, 2006. p.100 et 101.
  22. a et b Tetley, op. cit. p. 235. Denis op. cit. p. 103
  23. Fournier, op. cit. p. 306
  24. Tetley, op. cit. p. 236. Denis, op. cit. p. 105 à 108.
  25. Fournier, op. cit. p. 316. Tetley, op. cit. p. 237. Denis op. cit. p. 109 et 110.
  26. Denis op. cit. p. 109 et p. 110. Robert Demers, Souvenirs d’Octobre 70, https://sites.google.com/site/criseoctobre70/ chap.1.
  27. Tetley op. cit. p. 326. appendix D.
  28. Fournier, op. cit. p. 325. Denis, op. cit. p. 110. Demers, op. cit. Chapitre 2 - Les négociations. Rencontre du 14 octobre 1970 : La question préalable.
  29. Fournier, op. cit. p. 325
  30. http://www.tou.tv/tout-le-monde-en-parlait/S05E16. Coté, op. cit. p. 305. Demers, op. cit. chap.3 Offre finale aux ravisseurs.
  31. William Tetley., « Libre opinion: La situation était sérieuse le 15 octobre 1970 », Le Devoir,‎ 24 octobre 2003 (lire en ligne)
  32. Duchaïne, Rapport sur les évènements d’octobre 1970, p. 118. Demers, op. cit. chap. 3.
  33. Coté, op. cit. p. 312.
  34. Rapport Duchaîne, op. cit. p. 93-94. Fournier, op. cit. p. 322.
  35. Communiqué daté du 17 octobre 1970 émanant du Conseil exécutif du Gouvernement du Québec. Denis, op. cit. p. 117. Fournier, op. cit. p. 347-348.
  36. Fournier, p. 348, Coté, p. 310, Denis, p. 119.
  37. Tetley op. cit. p. 336, La Presse, 22 octobre 1970.
  38. . Tetley, p. 340. Fournier, p. 357.
  39. . Tetley, p. 179. Duchaîne, p. 131-149.
  40. Fournier, op. cit. p. 364.
  41.   Robert Demers, Souvenirs d’Octobre 70, https://sites.google.com/site/criseoctobre70/ [archive] chap. 5- La délivrance. Coté, op. cit. p. 324.
  42. Denis, op. cit. p. 122. The Montreal Star, entrevue de Bernard Mergler publiée le 7 décembre 1970.
  43. Denis, op. cit. p. 118.
  44. Fournier, op. cit. p. 365.
  45. Fournier, op. cit. p. 365. Robert Demers, Souvenirs d’Octobre 70, https://sites.google.com/site/criseoctobre70/ [archive] L’Épilogue.
  46. Tetley op. cit. p. 265, Nadeau, Bourgault, op. cit p. 83, 84 et 206.
  47. Denis, op. cit. p. 122.
  48. a, b, c et d Antoine Robitaille, « Québec n'a pas tout une salle de jeu », Le Devoir,‎ 8 septembre 2009 (lire en ligne)
  49. Louis Fournier. FLQ : Histoire d’un mouvement clandestin, Outremont : Lanctôt, 1998, p. 492. Texte intégral.
  50. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Index/nouvelles/200106/07/002-THERRIEN.asp

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • William Tetley, Octobre 1970 Dans les coulisses de la crise, Éditions Héritage, Saint-Lambert, 2010.
  • William Tetley, The October Crisis, 1970:an insider's view, McGill University Press, Montréal, 2007.
  • Robert Demers, Souvenirs d'Octobre 70, https://sites.google.com/site/criseoctobre70/ . 2012.
  • Charles Denis, Robert Bourassa-La passion de la politique, Fides, Montreal, 2006.
  • Louis Fournier, F.L.Q. Histoire d'un mouvement clandestin, Québec-Amérique, Montréal, 1982, 509 p. Texte intégral.
  • Robert Côté, Ma guerre contre le FLQ, Trait d'union, Montréal, 2003
  • Ron Haggart et Audrey Golden, Rumours of War, New Press, Toronto, 1971, 311 p. (1re éd.); Lorimer, Toronto, 1979, 320 p. (2e éd.). Adaptation française par Jean-V. Dufresne et al., Octobre 70 - Un an... après, Hurtubise/HMH, Montréal, 1971, 287 p.
  • Marc Laurendeau, Les Québécois violents, 2e éd. revue et augmentée, Boréal, Montréal, 1975, 239 p.
  • Guy Bouthillier and Édouard Cloutier. TRUDEAU’S DARKEST HOUR, War Measures in Time of Peace | October 1970, Baraka Books, Montréal, 2010, 212 p. ISBN 978-1-926824-04-8.
  • Kevin Lee Pinkoski. « The Historiography of the Front De Liberation Du Québec: Frameworks, ‘Identity’ and Future Study ». Constellations 3, nᵒ 2 (mai 9, 2012).
  • MacDonald David "La crise d'octobre1970" Sélection du Reader's Digest mars 1972, Vol. 50,No 297, pp.169-215.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]