Craquement des articulations

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Son produit par le craquement des articulations des mains.

Le craquement des articulations est la conséquence (volontaire ou involontaire) d'une contrainte articulaire produisant un bruit de craquement ou un claquement. La forme la plus commune de ceci est le craquement délibéré des phalanges des doigts de la main. Il est possible de faire craquer beaucoup d'autres articulations comme celles au niveau des vertèbres cervicales, des hanches, des poignets, coudes, épaules, pieds, genoux, mâchoires, et autour du calcaneum.

Causes[modifier | modifier le code]

IRM en temps réel montrant la formation de la cavité de gaz.

Plusieurs hypothèses expliquent ce craquement : au moment de la séparation des surfaces articulaires, le bruit serait dû à l'étirement rapide des tendons qui font un effet ventouse (comme si l'on décollait deux miroirs), à des brisures d'adhésions intra-articulaires, à l’explosion de micro-bulles d’air contenues dans les articulations[1]. Une étude réalisée en 2015 par des chercheurs de l'université de l'Alberta, basée sur des IRM en temps réel, suggère que le bruit provient probablement de la création d’une sorte de cavité se remplissant de gaz au sein du liquide synovial qui sert de lubrifiant naturel entre deux zones cartilagineuses[2].

Lien avec l'arthrite[modifier | modifier le code]

Le fait de craquer souvent ses articulations (surtout au niveau des doigts) est souvent dit cause d'arthrite prématurée, pour des douleurs alors plus prononcées, mais une étude menée par l'allergologue Donald Unger qui n'a fait craquer que les doigts de sa main gauche pendant plus de 60 ans infirme cette idée reçue[3], ce qui lui a valu de gagner le Prix Ig Nobel 2009 en médecine. Cette étude, bien que menée très rigoureusement, n'a été faite que sur un seul sujet et ne peut donc être généralisée de façon certaine à l'ensemble de la population.

Une autre étude parue en 2011 et faite à partir de 215 radiographies de personnes âgées entre 50 et 89 ans, confirme cette première étude et conclut que ceux qui faisaient fréquemment craquer leurs doigts ne souffraient pas plus d'arthrose que ceux qui ne le faisaient pas ou rarement[4].

Cependant, le fait de craquer ses jointures sur une période prolongée conduit à un gonflement des mains et réduit la force de préhension[5].

Techniques[modifier | modifier le code]

Craquement des articulations du pied.

Pour provoquer le craquement de leurs doigts, la plupart des individus les plient ou les tendent dans des positions inhabituelles, généralement impossibles à atteindre en utilisant les seuls muscles du doigt en question. Toutefois, faire craquer un doigt qui vient d'être sollicité est généralement reconnu comme étant palliatif : par exemple, on peut travailler un doigt en extension, le tirant dans sa longueur en éloignant son extrémité de la paume, le plier vers l'arrière (en flexion), ou le travailler en torsion.

Le claquement de tendons ou de tissu cicatriciel sur une proéminence (comme dans le claquage de hanche ou tendinite du psoas illiaque) peut également générer un bruit de claquement fort[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) A. Unsworth, D. Dowson et V. Wright, « 'Cracking joints'. A bioengineering study of cavitation in the metacarpophalangeal joint », Annals of the Rheumatic Diseases, vol. 30, no 4,‎ , p. 348–358 (PMID 5557778, DOI 10.1136/ard.30.4.348).
  2. (en) Gregory N. Kawchuk, Jerome Fryer, Jacob L. Jaremko, Hongbo Zeng, Lindsay Rowe et Richard Thompson, « Real-Time Visualization of Joint Cavitation », PLoS ONE, vol. 10, no 4,‎ , e0119470 (PMID 25875374, DOI 10.1371/journal.pone.0119470).
  3. (en) Donald L. Unger, « Does Knuckle Cracking Lead to Arthritis of the Fingers? », Arthritis & Rheumatism, vol. 41, no 5,‎ , p. 949-50 (PMID 9588755).
  4. (en) Kevin deWeber, Mariusz Olszewski et Rebecca Ortolano, « Knuckle cracking and hand osteoarthritis », Journal of the American Board of Family Mededecine, vol. 24, no 2,‎ , p. 169–174 (PMID 21383216, DOI 10.3122/jabfm.2011.02.100156).
  5. (en) Jorge Castellanos et David Axelrod, « Effect of habitual knuckle cracking on hand function », Annals of the Rheumatic Diseases, vol. 49, no 5,‎ , p. 308–309 (PMID 2344210, DOI 10.1136/ard.49.5.308).
  6. (en) Marina G. Protopapas et Tyler C. Cymet, « Joint cracking and popping : Understanding noises that accompany articular release », The Journal of the American Osteopathic Association, vol. 102, no 5,‎ , p. 283–7 (PMID 12033758).

Voir aussi[modifier | modifier le code]