Crampe
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Dans le vocabulaire courant, la crampe désigne un trouble du système musculo-squelettiques caractérisé par une contracture douloureuse et temporaire.
On peut en distinguer selon le type de muscle touché (muscle lisse, muscle strié) ou encore selon les causes (en 4 catégories : 1°) vraies crampes, 2°) tétanie, 3°) contractures, 4°) crampes dystoniques ; ces 3 dernières catégories étant parfois qualifiées de « crampes secondaire ».
On peut aussi les classer selon les groupes musculaires ou le membre affectés (ex Crampe du mollet, crampe de la plante du pied, des orteils, etc.) ; Les crampes surviennent plus souvent au niveau des fléchisseurs des bras ou des jambes (ex : crampe des gastrocnémiens, des fléchisseurs du pied).
La vraie crampe
Elle est définie comme contracture involontaire, passagère et douloureuse, visible et palpable, de tout ou partie d'un seul muscle ou d'un faisceau de muscles qui agissent souvent ensemble (comme les muscles du mollet ou les muscles qui fléchissent plusieurs doigts adjacents). Elle débute brutalement. Elle est brève (quelques minutes ; au delà on parle de tétanie) ;
Elle entraîne une impotence totale au niveau du groupe musculaire atteint ;
Elle survient au repos, souvent pendant le sommeil, mais parfois également après une contraction volontaire d'un muscle déjà en position de raccourcissement maximal ;
Elle cède le plus souvent spontanément, et/ou progressivement en étirant le muscle considéré.
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Étiologie [modifier]
On distingue souvent :
- Les crampes dites « essentielles » (ou idiopathiques) ; Elles sont plus fréquentes chez le sportif et chez les personnes âgées mais pouvant survenir à tous âges, souvent au repos et la nuit. Elles peuvent être très douloureuses, perturber le sommeil, et parfois se succéder (plusieurs fois par nuit, et/ou plusieurs nuits par semaine). Elles sont sans gravité, mais des douleurs résiduelles peuvent parfois persister ; de quelques heures à une semaine[réf. nécessaire]. Une hyperexcitabilité des nerfs stimulant les muscles pourrait être en cause.
- Les crampes secondaires : Elles peuvent notamment être secondaire à une grossesse ou des règles douloureuses (« crampes menstruelles » pouvant survenir avant et/ou pendant un cycle menstruel féminin); Elles impliquent les fibres des muscles lisses (par opposition aux muscles striées) ont la propriété de se contracter lentement et involontairement, spontanément sous le contrôle du système nerveux autonome parasympathique) ; Une contractions des muscles lisses peut parfois être symptomatique d'une endométriose ou d'autres problèmes de santé, dont la gastroentérite[1] par exemple.
une maladie rénale,
une maladie thyroïdienne,
une hypokaliémie, hypomagnésémie ou une hypocalcémie ;
des varices[2], ou une sclérose en plaques[3].
Des troubles électrolytiques du liquide interstitiel du muscle peuvent causer des crampes et une tétanie musculaire, en particulier en cas d'hypokaliémie et d'hypocalcémie. Une forte ou longue sudation, non compensée par une prise de sel peut en être la cause (La perte de particules osmotiquement actives à l'extérieur des cellules musculaires entraîne une perturbation de l'équilibre osmotique. Quand elle manque de sel, la cellule active sa pompe à calcium en court-circuitant le lumen du muscle et le réticulum sarcoplasmique ; les ions calcium restent anormalement liés à la troponine (complexe de protéines qui sensibilise les cellules musculaires au calcium, en provoquant leur contraction), entretenant la contraction musculaire.
Diagnostic différentiel [modifier]
Il ne faut pas confondre une crampe avec :
- un spasme musculaire persistant induit par un violent traumatisme (ex coup sur les testicules, au plexus solaire, entorse, fracture...) : dans ce cas le spasme pourrait être un mécanisme sélectionné au cours de l'évolution, ayant un rôle de protection de l'organisme ;
- une courbature (douleur résiduelle suivant un effort, ou un travail effectué avec une position inhabituelle du corps) ;
- une dystonie focale d'action ;
- certaines claudications induites par une ischémie ;
- une tétanie (qui peut avoir de nombreuses causes dont empoisonnement ;
- une myotonie ;
- certaines contractures réflexe et non-douloureuses ;
- une raideur centrale.
- un claquage musculaire
Signes et symptômes [modifier]
- Douleur vive et soudaine (apparition en quelques secondes) ;
- Spasme musculaire
Causes [modifier]
La cause réelle de crampes nocturnes est généralement inconnue ;
Certaines crampes semblent initiées par un mouvement d'hyperflexion qui réduit le muscle (ex : bout du pied pointé, en position couchée dans son lit, ce qui raccourcit le muscle du mollet, site le plus fréquent de crampes musculaires). Des variations importantes de température semblent être un facteur de risque contextuel supplémentaire. Plusieurs causes peuvent parfois s'additionner, dont le plus souvent :
- Fatigue musculaire ; chez la personne âgée ou le sportif ou dans d'autres cas, ce type de crampe surgit durant l'activité (ex : course cycliste) ou plus tard, plusieurs heures plus tard éventuellement. La fatigue musculaire induite par une position inconfortable (assise ou couchée pendant une période prolongée) ou l'usage répété d'un muscle dans une position inhabituelle provoquer des crampes.
- Déshydratation
- Apport insuffisant en chlorure de sodium (sel de table)
- Hyperglycémie[réf. nécessaire]
- complication d'une grossesse
Causes des crampes non essentielles [modifier]
- Myopathies, myotonie atrophique ;
- Radiculonévrite, polynévrite, sclérose latérale amyotrophique ;
- Pathologies surrénaliennes, thyroidiennes ou parathyroidiennes ;
- Troubles hydroélectrolytiques, notamment hypokaliémie, insuffisance rénale, alcool ;
- Chaleur excessive, avec déshydratation et au maximum le « coup de chaleur » ;
- Aliments enrichis en phytostérols et/ou phytostanols.
- hyperinsulinémie ; Dès 1965, on a remarqué que certaines crampes spontanée dans les jambes pouvaient être associées à un excès d'insuline diabétogénique[4] L'hypoglycémie et l'hypoglycémie réactive sont associés à l'excès d'insuline (ou à un manque de glucagon). La crampe pourrait dans ces cas signer un manque de glucose dans le sang.
- effet secondaire de médicaments :
Médicaments pouvant causer des crampes (liste non exhaustive) :
- fibrates ;
- statines ;
- certains bêta-bloquants ;
- bétamimétiques ;
- bromocriptine ;
- corticoïdes ;
- diurétiques ;
- laxatifs ;
- nifédipine ;,
- pénicillamine ;,
- strontium ;
- tolcapone.
Une crampe peut être le signe précurseur d'une rhabdomyolyse.
Mécanisme de la crampe [modifier]
Lors de la phase de la relaxation musculaire, la concentration en calcium intracellulaire diminue à la suite de l'action couplée de trois transporteurs :
- le transporteur actif SERCA (ou pompe SERCA), qui est situé sur la membrane du réticulum sarcoplasmique, assure le transport d'ions calcium vers celui-ci. SERCA est responsable de l'évacuation de 60 % du calcium intracellulaire ;
- le transporteur actif PMCA (ou pompe PMCA), qui est situé sur la membrane cellulaire, assure l'explusion du calcium vers le tissu interstitiel. À noter que PMCA ne fixe pas le calcium mais la calmoduline. PMCA est responsable de l'évacuation de 10 % du calcium intracellulaire ;
- le transporteur actif secondaire NCX (antiport Ca2+/3 Na+), qui est situé sur la membrane cellulaire, assure l'évacuation de 30 % du calcium intracellulaire.
Lorsque le gradient sodique (Na+) extracellulaire diminue, (à la suite d'une perte d'eau par sudation ou par hyperhydratation lors d'un entrainement sportif) l'activité de l'échangeur NCX Ca2+/3 Na+ diminue ce qui conduit progressivement à une accumulation de calcium dans la cellule. La concentration calcique intracellulaire jouant un rôle primordial dans la contraction (par le mécanisme de fixation du calcium par la sous-unité TnC de la troponine) résulte en une contraction involontaire prolongée de la cellule musculaire, et par extension, du muscle squelettique concerné.
Lors d'un effort physique, la sueur excrétée a pour fonction de maintenir la température corporelle à 37 °C, cependant la perte d'eau est accompagnée d'une perte en sodium Na+. La crampe d'effort (crampes pendant le sport) est la conséquence d'une surcharge en calcium dans le muscle, engendrée par un manque de sodium circulant dans l'organisme. Lors d'efforts d'endurance, il est ainsi conseillé d'avoir un léger apport en sel afin de minimiser les risques de survenue d'une crampe.
Conséquences [modifier]
En plus d'être douloureuse, les crampes nocturnes quand elles sont fréquentes sont une source de fatigue (sommeil dégradé), de détresse et d'anxiété[5].
Traitements [modifier]
Pour la crampes dues à la chaleur ou à la déshydratation, dans la majorité des cas elles peut être évitée ou neutralisée par un rééquilibrage de l'équilibre osmotique (notamment du sodium), c'est-à-dire une ingestion d'eau salée (1/2 cuillère à café/litre).
Pour les crampes « essentielles » (idiopathiques), c’est-à-dire sans cause décelées et décelables :
- il est de coutume d'étendre le muscle concerné, sur un sol froid de préférence (techniques de refroidissement et d'étirement passif) ; L'étirement du mollet, une certaine pression sur la jambe, le fait de marcher ou se mettre debout, un bain ou une douche chaude peuvent souvent aider à mettre fin à la crampe[6]. En cas de crampe du mollet, tirer le gros orteil doucement en arrière et étirer le muscle pour provoquer un soulagement presque immédiat ;
- il est conseillé de pratiquer des exercices d'étirement pendant la journée (par exemple : se tenir debout face à un mur situé à un mètre et se pencher en avant pour faire reposer les mains au mur sans décoller les talons du sol) ;
- de s'hydrater et de s'échauffer avant les efforts (par exemple : pour les sportifs) ;
- pour les sportifs, il est recommandé de marcher quelques minutes sur le sol à pieds nus afin d'éliminer l'excès d'électricité statique qui pourraient déclencher des crampes[réf. nécessaire] ;
- en cas de crampes nocturnes, il est recommandé de supprimer l'électricité statique du lit avec un petit duvet anti-statique par exemple[réf. nécessaire].
Chez les Thaïs[réf. nécessaire], la réduction des crampes des jambes dues au nerf sciatique est obtenue de manière très efficace et rapide par une double compression (assez douloureuse voire insupportable) sur les deux branches du sciatique au point de passage externe vers l'interne de la fesse juste sur l'os du bassin. La localisation du point est facile à identifier par simple pression du doigt là où cela fait le plus mal sur le haut central de la fesse contre le rebord inférieur du bassin (si ce n'est pas douloureux, le sciatique n'est pas en cause). L'opération de compression peut être faite soi-même en prenant appui sur l'angle d'un meuble et en serrant les dents pour faire une forte compression du point douloureux pendant une dizaine de secondes dans le sens du bas vers le haut comme pour remonter le sciatique, puis en passant au suivant ; en général, c'est symétrique. Si le résultat est probant (absence de crampes pendant une semaine ou plus), l'opération peut être renouvelée dès l'apparition de la première petite crampe du mollet ou du pied. Il est conseillé de masser la partie où il y a eu la crampe, comme le talon ou toute autre partie.
Des médicaments à base de quinine ont obtenu une AMM pour le traitement des crampes, avec une efficacité démontrée[7], mais des effets secondaires possibles, avec une balance bénéfice-risque jugée défavorable pour justifier son utilisation systématique dans l'indication de la crampe essentielle qui est un symptôme bénin bien que douloureux[8].
Effets secondaires [modifier]
Quelques (très) rares effets indésirables sont signalés, atteignant des cas isolés :
- thrombopénies
- anémies hémolytiques
- pancytopénies
- CIVD
- acouphènes
- réactions anaphylactiques
- hypoglycémies
- atteintes hépatiques
Croyances populaires [modifier]
Les moyens suivants n'ont pas d'efficacité démontrée et prouvée : pain de savon de Marseille dans le lit ; aimants permanents, morceau de métal (ou bijoux en or) dans le lit, bouillottes ou vessies de glace, contention élastique, apports vitaminiques, ainsi que les inhibiteurs calciques...
Prévention [modifier]
Les crampes nocturnes peuvent être évitées en prenant régulièrement du magnésium (par exemple en mangeant des bananes).
Les crampes musculaires du sportif peuvent être prévenues par de simples gestes[9] :
- s'échauffer avant de pratiquer l'exercice physique ;
- pratiquer dans des lieux sûrs (surface planes, gymnase...) ;
- bien s'hydrater avant la pratique du sport ;
- être suivi par un professionnel du sport et/ou un médecin ;
Bibliographie [modifier]
- Revue Prescrire, « Les Crampes » p. 852 à 854, no 278, décembre 2006
Notes et références [modifier]
- (en) Singh, Amandeep (July 2010) « Pediatric Emergency Medicine Practice Acute Gastroenteritis — An Update » Emergency Medicine Practice
- (en) J. Bergin, The Vein Book, Hardcover text, Editor Bergin J , 2007.
- (en) WebMD, Muscle Cramps at WebMD
- Roberts, HJ (1965). "Spontaneous Leg Cramps and "restless Legs" Due to Diabetogenic Hyperinsulinism : Observations on 131 Patients". Journal of the American Geriatrics Society 13: 602–38. PMID 14300967 .
- (en) Weiner, Israel H. « Nocturnal Leg Muscle Cramps » JAMA. Consulté 26 Oct. 2011.
- (en) Ray, C. Claiborne (2009-06-09), "Q & A – A Charley Horse in Bed" ; New York Times. Consulté 2009-06-09.
- (en) El-Tawil S, Al Musa T, Valli H et al. « Quinine for muscle cramps » Cochrane Database of Systematic Reviews 2010, Issue 12. Art. no CD005044. (DOI:10.1002/14651858.CD005044.pub2)
- Prescrire, n° 206, mai 2000, p. 372 « Quinine et crampes : une efficacité incertaine mais des risques importants ».
- A. Farhi, « Définition, causes, types et traitements des crampes musculaires », 2009.