Crésus

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Crésus, né vers 596 av. J.-C., fils d'Alyatte II, est un roi de Lydie, ayant régné d'environ 561 à environ 547 av. J.-C..

Dernier roi de Lydie, de la lignée des Mermnades, il est célèbre par ses richesses et partagea son règne entre les plaisirs, la guerre et les arts. Il conquit la Pamphylie, la Mysie et la Phrygie jusqu'à l'Halys.

Biographie[modifier | modifier le code]

Crésus est le fils d'Alyatte II et d'une mère carienne. Dès le début de son règne, il dut faire face au parti de son demi-frère Pantaléon (d'une mère ionienne) qui revendiquait lui aussi le pouvoir[1]. Une fois sur le trône, il s'empara des cités grecques de la côte d'Asie mineure (Éphèse, les Ioniens et les Éoliens) et les incorpora dans son Empire[2]. Selon Hérodote, Solon (le législateur athénien) vint lui rendre visite : Crésus lui montra avec orgueil ses trésors, ses palais, croyant éblouir le philosophe et vantant son bonheur ; mais Solon se contenta de lui dire : « N'appelons personne heureux avant sa mort. »[3]

En effet, Crésus ne jouit pas longtemps de son bonheur : selon la légende, un de ses deux fils, Ardys, fut victime d'un accident de chasse, tué par la javeline du Phrygien Adraste[4].

Crésus aurait conclu différentes alliances, avec l'Égypte, Babylone et Sparte pour contrer Cyrus.

La légende prétend qu'avant d'entrer en guerre, il consulta l'oracle de Delphes qui lui prédit qu'en rentrant en guerre, il détruirait un vaste empire. L'oracle n'avait pas dit qu'il s'agissait du sien[5].

Crésus partit en campagne contre Cyrus pour venger son beau-frère Astyage (roi des Mèdes) qui venait d'être déposé par Cyrus (vers 550) et pour agrandir son territoire vers l'Est. Après avoir franchi l'Halys, il fut vaincu en Ptérie par les troupes de Cyrus et se replia sur Sardes[6].

Crésus fut une nouvelle fois battu à la bataille de Thymbrée, puis assiégé dans Sardes. La ville fut prise d'assaut (vers 547), et Crésus fut prisonnier. Selon Hérodote, il fut conduit devant Cyrus, qui fit élever un bûcher pour l'y brûler. Alors, reconnaissant la vérité de ce que Solon lui avait dit, il s'écria : « Solon avait raison ! ». Cette parole, remarquée par Cyrus, lui sauva la vie : dès qu'il eut expliqué au vainqueur ce qui le faisait parler ainsi, Cyrus, frappé de l'instabilité des choses humaines, le fit retirer du bûcher. Il le garda auprès de lui et l'honora même de sa confiance.

Crésus sur le bûcher, amphore à figures rouges, v. 500-490, musée du Louvre (G 197)

Les sables aurifères de la rivière Pactole lui assurèrent une fortune colossale, laquelle lui permit de bâtir sa légende par des offrandes généreuses aux temples grecs. Il fit en particulier reconstruire le temple d'Artémis à Éphèse, l'une des sept merveilles du monde antique. Il fit porter au sanctuaire de Delphes une quantité inimaginable d'offrandes : d'après Hérodote, il offrit trois mille têtes de bétail, des lits recouverts de lames d'or, des coupes d'or, des vêtements teints de pourpre, cent briques en or pur, deux grands bassins pour mélanger l'eau et le vin, en argent et en or, quarante barils d'argent, une statue de sa boulangère également en or, les bijoux de son épouse et enfin un lion tout en or. Ce lion fit longtemps l'admiration des visiteurs à Delphes. Lors d'un incendie, il perdit la moitié de son poids. Le reste encore respectable fut placé dans le Trésor des Lacédémoniens.

Le règne de Crésus termine la dynastie des Mermnades fondée par Gygès en 687 av. J.-C..

Son nom est resté dans le langage courant avec l'expression « riche comme Crésus ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hdt, I, 92
  2. Hdt, I, 26
  3. Hdt, I, 29-34
  4. Hdt, I, 34-45
  5. Hdt, I, 53
  6. Hdt, I, 73-77

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Georges Radet, La Lydie et le monde grec aux temps des Mernades, Paris, Thorin et fils, 1893
  • (en) John Griffiths Pedley, Sardis in the Age of Croesus, Norman, University of Oklahoma Press, 1968
  • (de) Hans Schwabl (de), « Gygès und Kroisos bei Herodot (Zur “epischen” Technik von Ankündingung und Ausführung) », in Wiener Studien, 117 (2004), p. 31-67