Créon (Gironde)

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Créon
Eglise Notre-Dame
Eglise Notre-Dame
Blason de Créon
Blason
Créon (Gironde)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine
Département Gironde
Arrondissement Arrondissement de Bordeaux
Canton Canton de Créon (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Créonnais
Maire
Mandat
Pierre Gachet
2014-2020
Code postal 33670
Code commune 33140
Démographie
Gentilé Créonnais
Population
municipale
4 263 hab. (2011)
Densité 532 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 46′ 31″ N 0° 20′ 49″ O / 44.7752777778, -0.34694444444444° 46′ 31″ Nord 0° 20′ 49″ Ouest / 44.7752777778, -0.346944444444  
Altitude Min. 51 m – Max. 109 m
Superficie 8,02 km2
Localisation

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Liens
Site web mairie-creon.fr

Créon (Creon — sans accent aigu — en gascon) est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Gironde (région Aquitaine).

Ses habitants sont appelés les Créonnais[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Située dans l'aire urbaine de Bordeaux au cœur de l'Entre-deux-Mers, la commune est chef-lieu de canton (28 communes).

Activités traditionnelles : viticulture, commerces et, de plus en plus, tourisme vert (cyclotourisme notamment)

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Aquitaine anglaise[modifier | modifier le code]

Depuis 1152, par le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri Plantagenêt, l’Aquitaine est rattachée à la couronne d’Angleterre. En 1315, la France est gouvernée par le roi Louis X, l’Aquitaine par un duc, qui se trouve être le roi Édouard II d'Angleterre, son propre beau-frère, époux de sa sœur Isabelle. Dans l’Entre-deux-Mers, le roi Edouard II n’est pas contesté mais l’Église est très puissante. Au pied de l’abbaye de La Sauve, une ville construite petit à petit draine tous les commerces. L’abbaye prélève les impôts et taxes sur les habitants qui sont sous sa suzeraineté, les marchands lui versent des droits divers (péages, etc). Tout cet argent contribue à la richesse de l’abbaye. Le duc-roi d’Angleterre ne possède aucune ville dans la forêt de La Sauve, à tel point que son prévôt doit demander l’hospitalité aux moines. Il ne dispose même pas d’une prison, qui est le symbole de justice qu’il possède en Entre-deux-Mers. On a donc les éléments qui peuvent conduire à la création de la bastide de Créon. En entrant dans la bastide, on devient sujet du fondateur qui voit ainsi augmenter son influence politique et sa puissance économique.

La bastide de Créon et le développement de la région[modifier | modifier le code]

En 1312, Amaury III de Craon, sénéchal d’Aquitaine, décide la création d’une bastide au milieu des forêts couvrant la région, au carrefour des voies conduisant de Bordeaux à Sauveterre-de-Guyenne (en passant par La Sauve-Majeure) et de Libourne à Cadillac (en passant par Langoiran). La surface est réduite car il faut empiéter le moins possible sur les territoires des voisins de Cursan, Sadirac, Saint-Genès-de-Lombaud et de La Sauve, mais c’est une véritable ville prête à vivre son dynamisme économique avec son principal atout, le marché hebdomadaire et des foires (six par an). Une vraie ville en campagne créée pour attirer artisans, juristes, paysans... Cette décision suscite de la part de l’abbaye de La Sauve-Majeure une réaction immédiate et de longue durée. Le pouvoir temporel de La Sauve est considérable. Cette intrusion sur son territoire est inconcevable et il va en rester une tension permanente pour les habitants partagés entre le roi et les religieux. La Cour prévôtale s’installe à Créon. De plus, l’influence bénédictine va décliner avec l’installation du marché hebdomadaire du mardi à Créon concurrençant directement celui de La Sauve. Par la suite, on parvient à un arrangement et le marché de Créon est fixé au mercredi. Jusqu’à la Révolution, Créon est le siège de la Grande Prévôté Royale de l’Entre-deux-Mers et possède juridiction sur 48 paroisses environnantes.

Le fondateur de la bastide[modifier | modifier le code]

Amaury III de Craon voit le jour en 1280. Il appartient à la très ancienne famille de Craon, connue depuis le XIe siècle. Depuis un siècle, ils sont, de père en fils, sénéchaux de l’Anjou pour le roi de France. Comme chevalier, Amaury porte les armoiries de sa famille, losangé d’or et de gueules. Sa parenté est illustre : il est cousin issu de germains du roi d’Angleterre Edouard II, ce qui lui vaut de nombreuses faveurs. Son destin est assez insolite. Ainsi, de 1302 à 1304, il participe aux campagnes de Flandres avec Philippe le Bel. Le 5 juin 1308, Edouard II l’appelle auprès de lui à Londres et le 5 juillet 1313, il est nommé sénéchal d’Aquitaine pour le roi d’Angleterre. Il cumule donc les fonctions, représentant le roi de France en Anjou et le roi d’Angleterre en Aquitaine, alors que ces deux rois sont antagonistes. Il va rester sénéchal d’Aquitaine pendant 3 ans. C’est un personnage très important pour son époque. Il est à la fois un diplomate, un homme politique et un juriste. C’est un homme qui voyage beaucoup. En 1314, il est en Aquitaine et c’est à cette période qu’il crée la bastide de Créon. Puis en août 1315, il est à nouveau dans les Flandres. En 1319, il assiste au baptême de Jean le Bon, futur roi de France.

En 1300, il a épousé Isabelle de Sainte-Maure, riche héritière de Touraine, qui lui donne un fils, Maurice VI, Seigneur de Sainte-Maure et de Marcillac. Isabelle meurt en 1310. En 1312, il épouse Béatrix de Roucy. Le contrat de mariage est ratifié par Philippe IV le Bel. De cette union, il a 5 fils et 3 filles. Amaury III de Craon meurt à 53 ans le 26 janvier 1333 et il est enseveli dans la Chapelle des Cordeliers d’Angers, aux côtés de ses deux épouses.

Il est le dernier sénéchal héréditaire de Touraine, Anjou et Maine, ayant vendu la Touraine à Charles IV le Bel en 1323, le Maine et l’Anjou à Philippe VI de Valois en 1331.

Pendant sa vie, il aura vécu dans l’ombre de trois rois d’Angleterre et de six rois de France.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes

Les armes de Créon (Gironde) se blasonnent ainsi :

Coticé d'argent et d'azur de dix pièces à la bordure d'or.


Devise : « exigua quidem sed strenua », petite certes, mais active.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Jean-Marie Darmian, micro en main, en mars 2014
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2014 en cours Pierre Gachet    
1995 2014 Jean-Marie Darmian[2] PS Député suppléant (9e circonscription de la Gironde),
Président comité départemental du tourisme,
Conseiller général de la Gironde
1977 1995 Roger Caumont DVG Président Syndicat intercommunal du collège de 1977 à 2001
1959 1977 Michel Bastiat DVG Conseiller Général
1945 1959 Jean Baspeyras DVD  
1925 1942 Dr Marius Fauche DVD Conseiller général
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 4 263 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
877 843 910 805 913 878 896 923 1 004
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 049 1 069 1 051 1 085 1 158 1 142 1 145 1 131 1 141
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 116 1 043 1 049 978 999 1 012 1 003 1 015 1 026
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 286 1 560 1 842 2 205 2 508 2 856 3 774 3 831 4 246
2011 - - - - - - - -
4 263 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Créon est la première Station Vélo de France dont elle fut le projet pilote national depuis 1999 avec la création du Premier Point Relais Vélo, inauguré le 23 juillet 2003 par Bernard Hinault le long de l’ex-voie de chemin de fer reliant Latresne à Sauveterre-de-Guyenne devenue progressivement la voie verte Roger-Lapébie grâce aux investissements du Conseil général de la Gironde.
    • En promenade pédestre, à vélo, tandem, ou rollers : plus de 50 km de voies à travers les forêts, la campagne verdoyante l'Entre-deux-Mers, et les vignobles Bordelais sont répertoriés au départ de Créon.
    • Rouge, Bleu, Vert, Jaune ! A la façon des pistes de ski chaque circuit vélo « découverte », chaque boucle « nature et patrimoine » est nivelé pour assurer le plaisir de chacun.
  • Depuis le XIVe siècle : un marché authentique avec en pleine saison une centaine de commerçants et de producteurs. Jalousement protégé en son cœur, entouré par ses arcades, le marché de Créon a su garder une authenticité exceptionnelle.

Chaque mercredi matin depuis 1315, arômes et saveurs reprennent leurs droits dans les rues de la bastide.

  • Cinéma Le Max Linder

La bastide[modifier | modifier le code]

La bastide de Créon vue du ciel

La bastide procède d’un plan orthogonal quadrillé, à mailles carrées ou rectangulaires, dans lequel une case vide figure la place. Ce plan est tout à fait caractéristique du système d'implantation des bastides. Dans le cas de Créon, le choix est sans doute celui de la croisée des routes de Bordeaux à Sauveterre et de Libourne à Cadillac. L’un des angles du croisement forme deux des côtés de la future place. Le terrain, piqueté à partir du centre de la future place, délimite des lots, ici des carrés dans leur majorité, coupés par des rues perpendiculaires, entourés d’un chemin de ronde avec palissades, fossés, murs et parfois quatre entrées principales avec probablement des portes. Le périmètre circulaire s’explique du fait du non remplissage des îlots dans les angles.

L’église à nef unique, comme presque toujours dans les bastides, occupe un emplacement proche de la place. A Créon, commencée en 1316, la construction de l’église est terminée en 1320, probablement sur les bases de l’édifice actuel. Mais en raison de nombreux procès avec l’abbaye de La Sauve, ce n’est qu’en 1342 que Créon devient une paroisse autonome. Dans les années qui suivent, on reprend la construction de l’église pour la rendre plus conforme à la stature d’une capitale de l’Entre-deux-Mers. L’édifice va être modifié au cours des siècles au gré des modes, des incendies, de l’Histoire... Jusqu’à la fin du XIXe siècle, le cimetière paroissial est autour de l’église mais des inhumations se font également à l’intérieur de l’église. Jusqu’à la guerre de Cent Ans (1337), Créon reste démunie de fortifications. Pendant cette période, Créon est pillée et incendiée. Les dégâts sont importants. En 1351, afin de remédier à cette insuffisance, Créon obtient de faire un fossé, une palissade et 4 portes en pierre. Jusqu’à leur démolition en 1589, cela semble suffire comme fortification de la ville[5].

Comme dans toutes les bastides, on retrouve :

  • les « carreyras » : il s’agit de rues dans lesquelles deux voitures peuvent se croiser.
  • les « carreyrous » : ces venelles de 1 à 2 mètres de large permettent l’accès aux maisons par l’arrière.
  • les « andronnes » : un vide entre deux maisons de 30 à 60 centimètres qui joue le double rôle de maîtriser la propagation des incendies et de ménager une rigole conduisant les eaux tant pluviales qu’usées vers l’arrière.
  • la place (70 m de côté) est un carré du plan non construit, entouré de maisons qui seront agrémentées d’arcades. Les dimensions sont à peu près partout les mêmes et ne sont pas en rapport avec le nombre d’habitants. La place de Créon est bordée de quatre îlots dont trois carrés de même surface et d’un rectangle. Sur trois côtés, le couvert est la prolongation logique des rues. Autrefois, la jonction des couverts à leurs extrémités rend difficile l’accès à la place, tout le trafic (charrettes, chevaux, piétons) se fait sous le couvert. Plus tard, la circulation devenant plus importante et les moyens de locomotion plus encombrants, on démolit le couvert des maisons de chaque angle (les cornières) et on dévie la voie carrossable sur la place laissant aux piétons le passage sous le couvert.

La maison commune ouvre sur la place, à l’alignement des maisons. Elle peut être à l’étage de la halle qui est située soit au centre, soit sur un des côtés de la place. A Créon, la place carrée est bordée d’arcades sur trois côtés et possède une halle qui disparaît en 1872. La mairie est construite à l’emplacement du siège de la Prévôté.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Amaury III de Craon, né en 1280, Sénéchal d'Aquitaine pour le Roi d'Angleterre, et Sénéchal de l'Anjou pour le Roi de France. Il fondera la Bastide de Créon à laquelle il donnera son nom.
  • Antoine Victor Bertal, né à Créon le 18 janvier 1817. Après avoir fait fortune loin de sa ville natale, il entra dans l'histoire de Créon à la lecture de son testament le 2 janvier 1895. Ce legs extraordinaire permis la construction d'une nouvelle Mairie inaugurée le 2 septembre 1907, la construction d'un musée, mais le plus bel héritage a traversé les générations : la Fête de la Rosière. Les œuvres d'art léguées par Bertal à sa commune natale sont actuellement en dépôt au Musée des Beaux Arts de Libourne.
  • Suzanne Salvet fut la première Rosière de la ville couronnée en 1907. La centième Rosière de Créon, Aurélie Camus fut couronnée en 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nom des habitants des communes françaises sur habitants.fr, consulté le 12 novembre 2011.
  2. Commune de Créon sur le site de l'AMF, Association des Maires de France, consulté le 12 novembre 2011.
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  5. Fortification image

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Liens externes[modifier | modifier le code]