Crémaillère (accessoire de foyer)

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Crémaillère dans un tableau de Joos Goemare au Musée de la Gourmandise

Une crémaillère est un accessoire de foyer. C'est un dispositif mécanique permettant de suspendre une marmite dans un foyer ou une cheminée.

Étymologie[modifier | modifier le code]

D'abord cramailliere (1445), élargissement de l'ancien français cramail, cremail (XVIe s.), issu du latin populaire cremasculus (cf. frprov. cremâcllo, provençal cremascle), emprunté au grec tardif kremastêr « qui suspend », qui a aussi donné le catalan clemàstecs, clemastres, calabrais, apulien camastra.

Origine et usage primitif[modifier | modifier le code]

Vers le VIe siècle av. J.-C. (période de Hallstatt), au nord des Alpes, les Celtes améliorent le système de cuisson, jusqu'alors constitué par un récipient posé à même le feu ou légèrement surélevé par des pierres, en inventant le trépied en fer où pend une crémaillère constituée d'une chaîne et d'un crochet auquel on suspend un récipient à anneaux ou à anse[1].

Cette chaîne est plus tard remplacée par une tige de fer ou « une bande de fer plat, sur la longueur de laquelle on a pratiqué des dents ou hoches profondes. Cette bande a un bout de chaine à une de ses extrémités, par lequel elle peut être suspendue ; elle est embrassée par une autre bande de fer plat qui se meut sur elle, dont l'extrémité supérieure peut s'arrêter dans chacune de ses dents, et dont l'inférieure est terminée par un crochet. On place cet assemblage dans les cheminées de cuisine ; on fait descendre ou monter le crochet à discrétion, par le moyen des dents ou crans ; on passe un pot à anse ou un chauderon dans le crochet, et ce vaisseau demeure ainsi exposé au-dessus de la flamme. »[2] Le crochet se nomme le crémaillon.

Le système de crans peut être remplacé par des ergots (crémaillère à ergots) ou par une série de trous (crémaillère à échelons). La bande de fer peut être simplement verticale ou former une croix – ce qui permet de suspendre au minimum trois marmites ; elle peut encore être en forme d'arc, de triangle, de cœur.

La crémaillère est suspendue au-dessus du cœur de l'âtre, à une barre horizontale fixée dans la cheminée. Lorsque celle-ci se trouve non pas adossée à un mur mais au centre de la pièce, on peut donc « faire le tour de la crémaillère » (ce qui a donné lieu à des traditions d'accueil des employés, au pays basque par exemple). Elle peut aussi être accrochée à une potence pivotante, fixée sur le côté de la cheminée, ce qui permet d'écarter aisément le récipient du feu. Jusqu'au XIXe siècle, c'est un objet essentiel dans la maison, qui a donné naissance à une coutume sympathique : la pendaison de crémaillière.

La crémaillère, dite de cheminée, permet donc de suspendre, à hauteur variable, une marmite ou une servante au-dessus du foyer pour chauffer de l'eau ou cuire des aliments. On en trouve de nombreux exemples dans les musées et dans les châteaux européens.

Autres usages[modifier | modifier le code]

Article détaillé : crémaillère.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catherine Arminjon et Nicole Blondel, Principes d'analyse scientifique, Objets civils domestiques, vocabulaire, Ministère de la Culture, Paris, 1984
  2. Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, dir. Diderot et d'Alambert, Paris, 1751 à 1772

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