Couteau suisse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Premier couteau de l'armée suisse, modèle 1890.
Couteau de l'armée suisse, modèle 1951.
Couteau de l'armée suisse, modèle 1961.
Couteau de l'armée suisse, modèle 2008.
Couteau de la Bundeswehr produit par Victorinox.
Un couteau suisse produit par Wenger.
Un couteau suisse produit par Victorinox.
Un couteau suisse déplié.
Couteau suisse de l'armée malaisienne.

Le couteau suisse est un couteau de poche multifonction constitué d'un couteau, associé à de nombreux outils. La lame du couteau et les outils étant pliables dans le manche, le couteau suisse a ainsi un format de poche tout en assurant de multiples fonctions.

Histoire du couteau de l'armée suisse[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1880, l'armée suisse décida d'acheter un nouveau couteau pliant pour ses soldats, qui devait servir entre autres à manger et à démonter le fusil d'ordonnance (Fusil Schmidt-Rubin). Les outils inclus sur ce modèle sont une lame, un ouvre-boîte, un tournevis plat et un poinçon.

En janvier 1891, l'armée suisse déclare ce couteau bon pour le service, sous le nom « Modèle 1890 ». Celui-ci a une poignée en bois de chêne noirci (certains ont ensuite été fabriqués en ébène).

Comme, à cette époque, aucune société suisse n'avait la capacité de production nécessaire, les quinze mille premiers couteaux ont été livrés par le fabricant allemand de couteaux Wester & Co. de Solingen en octobre 1891. Déjà, à la fin de 1891, la compagnie Karl Elsener à Ibach dans le canton de Schwyz, qui deviendra par la suite Victorinox, a pris le relais. De nombreux autres fabricants de couteaux d'Allemagne et de Suisse ont fabriqué ces couteaux et les modèles suivants, y compris la firme créée en 1893 à Delémont sous le nom de Paul Boéchat & Cie, et qui deviendra plus tard Wenger SA.

Depuis son lancement en 1891, le couteau de l'armée suisse a été adapté à plusieurs reprises. Il existe cinq modèles différents, le numéro de modèle correspond à son année d'introduction. Ce sont des modèles des années 1890, 1908, 1951, 1961, et finalement le couteau de soldat 08. Les différents modèles ont également été partiellement révisés et existent donc en différentes versions[1]. Depuis le modèle 1961, les sociétés Victorinox et Wenger sont officiellement les seuls fabricants du couteau suisse.

Jusque dans les années 1990, les couteaux remis aux militaires suisses portent un poinçon avec les lettres KMV (Abréviation de Kriegsmaterialverwaltung, Intendance du matériel de guerre en Français).

En 2005, Wenger a été racheté par son concurrent Victorinox, suite à des difficultés financières depuis 2001, mais a continué comme marque distincte. Selon Victorinox, ce rachat avait pour but d'empêcher une reprise par des investisseurs étrangers, qui aurait pu ternir la réputation du couteau suisse.

Fin 2007, l'armée suisse annonce son intention d'acheter un nouveau modèle de couteau, mieux adapté aux besoins actuels. Suite à une polémique, la demande d'offre étant mondiale[2], c'est finalement Victorinox qui remporte le contrat[3].

Les principales nouveautés du modèle 08 sont :

  • une lame dentelée et plus longue qui peut s'ouvrir d'une seule main ;
  • un mécanisme de blocage de la lame et du décapsuleur/tournevis plat en position ouverte ;
  • un tournevis cruciforme ;
  • une scie ;
  • un revêtement antidérapant sur le manche.

Les fonctionnalités de ce couteau sont en tout point semblables au couteau utilisé dans l'armée allemande (également produit par Victorinox), seul le manche est différent.

Les couteaux militaires ne comportent jamais de tire-bouchon. Notons que celui-ci est, depuis toujours, la seule pièce des couteaux Victorinox qui ne soit pas fabriquée en Suisse : le tire-bouchon vient de France (fabriqué par l'entreprise Bonpertuis[4] près de Thiers).

En 2014, Victorinox annonce la disparition de la marque Wenger. Quelques couteaux Wenger absents de la gamme Victorinox sont conservés mais portent désormais le blason de Victorinox et non la croix Wenger sur leurs plaquettes. Certains outils deviennent d'origine Victorinox (comme l'ouvre-boite) et le marquage de lame est spécifique[5]. L'usine Wenger de Delémont est conservée.

Couteaux pour le marché civil[modifier | modifier le code]

Le couteau militaire était très robuste, mais également assez lourd (144 g). Karl Elsener (en) développa, en 1894, un couteau spécifiquement pour les officiers, plus léger, avec une petite lame supplémentaire, ainsi qu'un tire-bouchon. Les officiers suisses ne reçoivent pas ces couteaux de l'armée, mais beaucoup d'entre-eux s'en procurent dans les coutelleries civiles. Le couteau militaire pouvait également être obtenu sur le marché civil[6].

Le 12 juin 1897, l'industriel Karl Elsener fait protéger son invention : la marque « Couteau d'officier suisse et de sports » est protégée[7].

La popularité mondiale de ce couteau naquit après la Seconde Guerre mondiale, lorsque des soldats américains le découvrirent lors de leur séjour en Europe. Le nom international de Swiss Army Knife est dû à la difficulté de prononciation du nom officiel allemand Schweizer Offiziersmesser par ces soldats.

Ce couteau a également connu de nombreuses améliorations au fil des années[8].

Les modèles grand public sont en majorité de couleur rouge, contrairement aux modèles militaires. Ils arborent un écusson suisse différent selon le constructeur. La grande qualité de la fabrication contribue à la réputation de ces produits. Il existe aussi beaucoup d'imitations bon marché provenant en général de Chine. Leur qualité est généralement décevante ; l'acier utilisé s'oxyde facilement et le système d'articulation des lames prend rapidement du jeu.

Les outils les plus courants sont : le cure-dent, le tournevis plat combiné avec un décapsuleur, la pincette, la paire de ciseaux, l'ouvre-boîtes, le tire-bouchon, le poinçon, etc.

Plus récemment sont apparus des accessoires tels qu'un altimètre, une montre, une lampe de poche, un pointeur laser, un stylo, une clé USB, etc.

Wenger a créé en 2007 un couteau avec tous les outils disponibles, soit 87 outils pour 121 fonctions[9].

Métaphore[modifier | modifier le code]

Le couteau suisse est devenu très populaire, au point que son nom est passé dans le langage commun pour exprimer l'idée de la multifonctionnalité ou du côté ingénieux et pratique d'une chose, voire d'une idée ou de quelqu'un : « C'est un véritable couteau suisse. »[citation nécessaire]

- C'est ainsi que le 17e régiment du génie parachutiste à Montauban (France), élément d'appui génie de la 11e Brigade parachutiste, constituant par ses nombreuses spécialités un outil polyvalent aux personnels multi-compétents, est surnommé le « couteau suisse » de la brigade parachutiste.

- On note que le système de gestion de contenu SPIP est muni d'un plugin Le Couteau Suisse[10].

- On parle aussi de « syndrome du couteau suisse » pour désigner une recherche de polyvalence excessive.

À la télévision[modifier | modifier le code]

Le couteau suisse est associé au héros MacGyver de la série télévisée du même nom : MacGyver, aventurier au grand cœur et débrouillard, résout tous les problèmes grâce à ses talents de bricoleur et à son outil multifonction.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]