Couronne de l'Avent

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Couronne de l'Avent

La Couronne de l’Avent est une tradition chrétienne symbolisant l’Avent.

Histoire[modifier | modifier le code]

La couronne de l’Avent a été inventée par le pasteur luthérien Johann Heinrich Wichern (1808-1884). Éducateur et théologien de Hambourg, il fonde la Mission intérieure d’Allemagne. Cette institution recueillait des enfants très pauvres dans le Rauhe Haus près de Hambourg, une vieille ferme et il s’occupait d’eux. Comme, pendant le temps de l'Avent, ils lui demandaient toujours quand Noël allait enfin arriver, il fabriqua en 1839 une couronne de bois, avec vingt petits cierges rouges et quatre grands cierges blancs. Chaque matin, un petit cierge de plus était allumé et, à chaque dimanche d’Avent, un grand cierge. La coutume actuelle n’a retenu que les grands cierges.

Depuis 1860, l’année où est née officiellement la couronne de l'Avent, on utilise des branches de sapin ; depuis le début du XXe siècle, elle est devenue en Allemagne une des traditions de Noël. En Alsace, elle apparaît entre les deux guerres mondiales, introduite par des mouvements de jeunesse protestants[1]. En Autriche, la coutume ne s’est introduite qu’après 1945.

Bibliothèque d'État de Trèves, Hs. 171/1626 (Registrum Gregorii de Trèves, vers 983).

Cet usage allemand a été repris dans de nombreux pays. Dans les églises de rite orthodoxe se trouvent çà et là des couronnes avec six cierges, conformément à une durée plus longue de l'Avent[2]. D'ailleurs, on ne peut pas exclure au contraire la possibilité de l'origine de l'Église d'Orient. En effet, c'était exactement le pape saint Grégoire Ier († 604) qui avait importé l'Avent en Occident. Dans un dessin achevé ver 983 et conservé à la bibliothèque d'État de Trèves, une couronne de l'Avent est évidente au-dessus du saint pape dictant soit un commentaire théologique, soit l'introït de l'Avent, Ad te levavi.

Symbolique[modifier | modifier le code]

La couronne[modifier | modifier le code]

Il existe des interprétations différentes quant à la symbolique de la couronne de l'Avent. On pense volontiers au monde et aux quatre points cardinaux. Le cercle symbolise également l'éternité donnée à la vie par la résurrection, par lui-même le vert symbolise la vie, et les cierges la lumière qui vient et éclairera le monde dans la nuit de Noël.

Les bougies[modifier | modifier le code]

Comme pour la couronne, il existe plusieurs interprétations quant au sens des bougies.

La plus courante est que chacune des bougies représente l'une des étapes du salut du monde[3] :

  • le pardon, avec Adam et Eve.
  • la foi, avec Abraham.
  • la joie, avec David.
  • la paix et la justice, avec les prophètes.

Une autre possibilité est qu'il y a la paix et les trois vertus théologales.

Habitudes catholiques[modifier | modifier le code]

Une couronne de l'Avent avec les bougies violettes et rose

Selon le rite catholique, on bénit la couronne de l'Avent. Traditionnellement, on allume la couronne de l'Avent dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Allumer au deuxième dimanche le cierge qui fait face au premier est considéré comme une erreur. Dans la tradition catholique, trois bougies sont de couleur violette tandis qu'une est rose ; ce qui correspond aux couleurs liturgiques des dimanches où elles sont allumées. Parfois une bougie blanche est ajoutée au milieu de la couronne. Celle-ci est allumée le jour de Noël. Ces coutumes de couleurs s'expliquent d'une part avec le miracle de Noël. La naissance de Jésus-Christ n'est autre qu'une conception de la divinité, symbolisée par le bleu, dans l'humanité, à savoir le rouge[4]. D'autre part, une autre explication théologique souligne que ces quatre semaines sont une période de la pénitence ou l'attente sans lumière, et non pour la morosité en dépit des ornements violets. Donc, on attend la lumière, indiquée du blanc[5].

Traditions[modifier | modifier le code]

La couronne de l'Avent, ou plus strictement les quatre bougies, représentent les quatre semaines avant Noël.

On allume les bougies les quatre dimanches avant Noël. La première bougie est allumée le premier dimanche de l'Avent (Avent et avant sont deux mots de différentes étymologies).

Traditionnellement, les quatre bougies sont rouges et massives. Le premier dimanche, on allume une seule bougie ; le deuxième dimanche, l'ancienne bougie et une nouvelle (donc deux), le troisième dimanche, les deux anciennes bougies et une nouvelle (donc trois); le quatrième dimanche, les trois anciennes et la dernière (donc les quatre).

La difficulté est alors de laisser durer une bougie quatre dimanches, une deuxième trois dimanches et une troisième deux dimanches, mais on peut également les remplacer afin d'obtenir chaque dimanche un ensemble homogène : les couronnes sont souvent représentées avec les quatre bougies de la même taille allumées, ce qui n'est possible qu'en changeant les bougies[6].

Si Noël tombe un dimanche (ou un samedi, un vendredi, un jeudi, un mercredi, un mardi, un lundi), on allume la quatrième bougie le jour précédant le dimanche (ou le samedi, le vendredi, le jeudi, le mercredi, le mardi, le lundi) de Noël, contrairement à la vieille tradition de l'Église latine, où la quatrième semaine de l'Avent peut être incomplète.

Ainsi, le premier dimanche de l'Avent le plus avancé est le 3 décembre (la quatrième bougie sera allumée le 24, la veille de Noël), et le plus reculé dans l'année, le 27 novembre (la quatrième bougie sera allumée le 18, donc 7 jours avant Noël). La raison est simple : on n'allume pas la quatrième bougie à Noël puisqu’il n'y a plus de jours d'’attente.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gérard Leser, Noël - Wihnachte en Alsace, rites coutumes et traditions, Éditions du Rhin, 1994, p. 20/21
  2. http://www.sagesse-orthodoxe.fr/jaimerais-savoir/foi-et-tradition-orthodoxe/liturgie-et-sacrements/les-couronnes-de-l%E2%80%99avent
  3. http://www.stluc.org/fetes/avent.htm
  4. http://www.croire.com/Definitions/Mots-de-la-foi/Messe/Pourquoi-differentes-couleurs-liturgiques ; « violet : couleur de la violette viola en latin) ; on l'obtient artificiellement par un mélange de rouge et de bleu. Dans la liturgie, le violet est la couleur des temps de pénitence (Avent et Carême), on l'utilise aussi pour les Rogations et le célébrations pénitentielles, ainsi que pour les offices des défunts. » (Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de liturgie, p. 254 (également http://www.liturgiecatholique.fr/Violet.html))
  5. http://www.liturgiecatholique.fr/Avent.html
  6. Il faudra donc dix bougies : une pour le premier dimanche, deux pour le deuxième, trois pour le troisième et quatre pour le dernier (1 + 2 + 3 + 4 = 10)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hermann Bausinger, « Avent, Couronne de l'Avent », in 'Volkskunde' ou l'ethnologie allemande : de la recherche sur l'Antiquité à l'analyse culturelle (traduit de l'allemand par Dominique Lassaigne), Les Éditions de la MSH, Paris, 1993 p. 273-278 (ISBN 9782735104680)
  • Gustave Koch, « La couronne de l'Avent en Alsace : nouvelles pièces au dossier », in Pays d'Alsace, 2001, no 197, p. 3-8
  • Gérard Leser, Noël-Wihnachte en Alsace : rites, coutumes, croyances, Éditions du Donon, Strasbourg, 2006 (nouvelle éd. revue et corrigée), 190 p. (ISBN 2-914856-37-7)
  • Francis X. Weiser, « Couronne de l'Avent », in Fêtes et coutumes chrétiennes : de la liturgie au folkore, Mame, Tours, 1961, p. 62-63

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]