Couronne d'Aragon

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Couronne d'Aragon
Corona d'Aragó (ca)

11371716

Blason
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La Couronne d'Aragon à son extension maximale

Informations générales
Statut Monarchie pactiste
Capitale Itinérante
Langue Aragonais, Catalan, Italien
Religion Catholicisme
Monnaie Ducat
Histoire et événements
1137 Union du royaume d'Aragon et du comté de Barcelone
1238 Acquisition du Royaume de Valence
1282 Acquisition du Royaume de Sicile
1295 Acquisition Royaume de Sardaigne
1479 Union avec la couronne de Castille
1504 Acquisition du Royaume de Naples
1716 disparition (décrets de Nueva Planta)

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La couronne d'Aragon est une union dynastique qui a réuni de nombreux royaumes méditerranéens au Moyen Âge et à l'époque moderne. On date généralement sa naissance de l'union du royaume d'Aragon et du comté de Barcelone par le mariage de Pétronille d'Aragon et de Raimond-Bérenger IV de Barcelone en 1137. Après deux siècles d'union avec la couronne de Castille, elle disparaît en 1716 avec les décrets de Nueva Planta au profit du royaume d'Espagne. Elle constituait une confédération[réf. nécessaire] de royaumes réputés indépendants, disposant chacun de ses propres lois et institutions sous la domination d'un prince unique, titré roi d'Aragon et de Sicile.

Naissance de la couronne d'Aragon[modifier | modifier le code]

La mort en 1134, à la bataille de Fraga, du roi Alphonse Ier d'Aragon, dit le Batailleur provoque une crise de succession dans le royaume. Le testament de ce roi guerrier, sans descendance à la suite de ses démêlés conjugaux avec Urraque Ire de Castille et diplomatico-religieux avec le pape Pascal II, stipule qu'il lègue son royaume aux ordres militaires du Temple, de l'Hôpital et du Saint-Sépulcre. Ce testament est logiquement et vigoureusement contesté par la noblesse aragonaise qui place sur le trône le frère puîné du défunt monarque, Ramire qui règne sous le nom de Ramire II, dit le Moine. La noblesse navarraise profite de la situation pour reprendre l'indépendance perdue en 1074 en donnant le trône du royaume de Navarre à García, petit-fils du Cid Campeador.

De son mariage avec Agnès de Poitiers, Ramire II a une fille, Pétronille, dont la main est tout d'abord sollicitée par le roi de Castille et León Alphonse VII l'Empereur mais le roi d'Aragon décide finalement de l'unir au comte Raimond-Bérenger IV de Barcelone, dit le Saint. Ce dernier, devenu prince d'Aragon prend la tête des deux États, permettant à Ramire II de se retirer de la vie politique.

Le fils de Raimond-Béranger et de Pétronille, Alphonse II d'Aragon devient le premier roi d'Aragon à porter également la couronne comtale de Barcelone, donnant ainsi naissance à la Couronne d'Aragon.

Expansion territoriale de la couronne d'Aragon[modifier | modifier le code]

Contenue à l'ouest de la péninsule par le puissant royaume de Castille, la couronne cherche à s'étendre au sud, au détriment des Maures et au nord, vers l'Occitanie. Le comté de Provence et d'autres pays occitans appartiennent à la Couronne d'Aragon. En 1213, la mort inattendue de Pierre II d'Aragon à la bataille de Muret, alors qu'il apporte une aide militaire à ses vassaux de Toulouse, du Béarn, de Comminges lors de la croisade des Albigeois, sonne le glas des ambitions occitanes de l'Aragon. Le traité de Corbeil, signé en 1258 entre les représentants de saint Louis et Jacques Ier d'Aragon, confirme le contrôle du royaume de France sur l'essentiel de l'Occitanie.

Le traité de Cazola (1179) entre les royaumes de Castille et d'Aragon, assigne à la couronne la reconquête des terres d'Al-Andalus au sud de la Catalogne. Le roi Jacques Ier, qui y gagne son surnom de le Conquérant, mène à bien la conquête des Baléares[1] (1229) et celui de Valence (1232). Malgré son intervention dans le royaume de Murcie (1266), celui-ci est intégré à la couronne de Castille non sans qu'Aragon persiste à en revendiquer la souveraineté.

Une fois achevée sa part dans la Reconquista, la couronne se tourne vers la Méditerranée pour sa nouvelle expansion territoriale. Pierre III d'Aragon, marié en 1262 avec Constance de Hohenstaufen, héritier du royaume de Sicile, profite - et même probablement encourage en sous-main - de la révolte populaire contre Charles Ier d'Anjou, déclenchée par les Vêpres siciliennes (1282), pour prendre possession du royaume de Sicile. Quelques années plus tard, il doit faire face, avec succès, à l'offensive du roi de France Philippe III le Hardi qui déclenche la croisade d'Aragon sur l'instigation du pape Martin IV. Cette victoire permet au fils de Pierre III, Alphonse III, de conquérir Minorque et de confisquer (1286) le royaume de Majorque dont le souverain, Jacques II, a appuyé le roi de France dans son entreprise contre Pierre III. Le royaume est restitué en 1295 par le traité d'Anagni mais son souverain reste vassal du roi d'Aragon.

Malgré les traités de Cazola puis d'Almizra (1244), le contrôle des territoires reconquis au sud du royaume de Valence fait l'objet de frictions entre les couronnes de Castille et d'Aragon. Il faut attendre la sentence arbitrale de Torrellas (1304), complétée par le traité d'Elche (1305), pour figer la frontière du royaume de Murcie (dévolu à la Castille) et du royaume de Valence (qui reste sous contrôle aragonais après avoir amputé celui de Murcie de la région d'Alicante).

Chronologie simplifiée[modifier | modifier le code]

Composition de la couronne d'Aragon en 1516[modifier | modifier le code]

rois d'Aragon et de Sicile

Institutions[modifier | modifier le code]

Après l'union avec la Castille[modifier | modifier le code]

Les royaumes de la couronne d'Aragon sont en union personnelle dans une même dynastie, ils sont donc réputés indépendants et souverains, même s'ils possèdent un même monarque, par ailleurs roi de Castille. Chacun conserve de ce fait son indépendance juridique, institutionnelle et financière, même si la monarchie organise un conseil d'Aragon, chargé de conseiller le prince au niveau central sur ces domaines. Les affaires des royaumes de Naples, de Sardaigne et de Sicile étaient prises en charge, avec celle du duché de Milan, par un second conseil central, celui d'Italie. Dans les différents royaumes, le prince est représenté par un vice-roi et sa justice est administrée par une audience (cour suprême de justice, équivalente aux parlement d'Ancien Régime).

Les Royaumes d'Aragon et de Valence, ainsi que le principat de Catalogne, sont dotés tous trois de Cortes ou corts. Ces assemblées disposent de nombreuses compétences, dont principalement celles de reconnaître le roi et d'établir la fiscalité. Elles se composent de trois bras, équivalent des ordres français : le bras militaire (noblesse) , le bras ecclésiastique (clergé) et le bras des universidades (villes). Lors des sessions des Cortes, le montant des subsides levés au nom de la monarchie est négocié entre le roi et les délégués. En outre, l'assemblée peut faire des remontrances au roi sur le non-respect des privilèges locaux (les fors). La monarchie y est donc pactiste. Pour simplifier les sessions, on réunit les trois assemblées dans une même ville, généralement Monzon où elles siègent séparément. Dans l'intervalle entre les sessions, une délégation permanente des Cortes assure les affaires courantes et les relations avec la monarchie. Dans les autres royaumes de la couronne, ces sessions sont dirigées par le vice-roi.

Dans le conflit pour la succession d'Espagne, la couronne d'Aragon prend parti contre le Duc d'Anjou. Devenu roi sous le nom de Philippe V d'Espagne, il décide de réorganiser la monarchie en un royaume unitaire et supprime le particularisme de la couronne d'Aragon en annulant ses privilèges et en dissolvant ses institutions. Le dernier des décrets de Nueva Planta, en 1716 voit disparaître la couronne en tant qu'entité politique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À l'exception de l'île de Minorque, qui paie un tribut jusqu'en 1286, date à laquelle elle est conquise par Alphonse III le Libéral.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]