Courbure terrestre

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Altitude Limite de vision
1,70 m 4,7 km
3,00 m 6,2 km
10 m 11,3 km
50 m 25,4 km
75 m 31,1 km
100 m 36,0 km
250 m 56,9 km
500 m 80,4 km
750 m 98,5 km
1 km 113 km
1,5 km 139 km
2 km 160 km
3 km 197 km
4 km 227 km

La courbure terrestre - nommée aussi dépression - définit l'horizon visuel apporté par la rotondité ou sphéricité de la Terre. Elle limite la vision (théorique) lointaine par exemple sur la mer. Plus l'altitude du point d'observation, ou d'émission dans le cas des émetteurs de télévision ou FM, est élevé, plus la distance de vision est importante. On parle aussi de ligne d'horizon visuelle ou hertzienne.

C'est pour cette raison que très tôt les feux des phares ont été placés dans des positions aussi élevées que possible malgré l'augmentation de coût que cela impliquait dans leur construction, et que les hunes d'observation des navires étaient placées en haut du plus grand mât.

Dans le cas particulier des transmissions hertziennes terrestres il faut en plus tenir compte des caractéristiques du point de réception vrai (altitude du lieu + hauteur des antennes, plus connu sous le nom de « cote Z »). Les 2 distances doivent être comptabilisées. Si on admet que la hauteur moyenne d'un râteau UHF est à 12 m du sol, le dégagement théorique est de 12,5 km.

Ceci est également valable pour les vues panoramiques agrémentées de hauts sommets, même réputés lointains.

Ces choix ont présidé au choix des sites du Télégraphe de Chappe au XVIIIe siècle.

Vous trouverez, dans le tableau ci-contre, quelques distances (type bord de mer) en fonction de quelques hauteurs d'observation et pour un point distant à 0 m d'altitude.

Nb : en fonction de la valeur retenue du rayon terrestre, les résultats obtenus peuvent être un peu différents.

Par exemple, la portée visuelle théorique depuis les yeux d'un humain est de 4,5 km, depuis le sommet du mont Blanc la distance approche les 250 km, alors que, depuis le sommet de la tour Eiffel, elle serait proche de 63 km.

La formule de calcul est simple : c'est celle de la puissance d'un point par rapport à un cercle. On démontre en effet que quel que soit le segment sécant mené d'un point P extérieur à un cercle de centre O, de rayon R et le coupant en des points A et B, on a PA x PB = constante = PO² - R². Le point limite de vision est le point situé sur la droite qui passe par le point P et qui est tangente à la Terre, cas particulier avec A = B. Le rayon de la Terre étant de 6300 km, on calcule facilement que d = \sqrt{h \times (12600+h)} (d, la portée et h, la hauteur, étant exprimés en kilomètres).

Ces valeurs théoriques sont fortement influencées par l'espace et les caractéristiques du relief, c'est-à-dire l'altitude et situation des obstacles dans le trajet qui sépare les deux points considérés, ou géomorphologie, la représentation intuitive étant la vue en coupe. Elles sont bien sûr également très fortement influencées par la météo et surtout la pollution.

On retient que les points mutuellement visibles doivent avoir une altitude apparente supérieure à la hauteur vraie de l'obstacle s'élévant au-dessus de l'arc terrestre nominal. Notons qu'un obstacle peu élevé mais trop proche peut être plus pénalisant qu'un obstacle plus haut mais plus éloigné du point d'observation/réception.

Il n'est donc pas étonnant qu'on puisse observer une bonne partie du massif du Mont Blanc depuis par exemple les 1424 m du Grand Ballon dans les Vosges, pourtant à près de 230 km et pour un trajet visuel au-dessus du massif du Jura suisse, et ce qui permet aux habitants de la Côte-d'Azur et aux Monégasques certains jours de pouvoir apercevoir la côte montagneuse nord de la Corse et que des Marseillais ont vu un mont (Pic du Canigou) des Pyrénées en ombre chinoise sur un soleil couchant au-dessus de la Méditerranée[1].

Nb: il s'agit ici d'un phénomène de réfraction, pour « voir » en ligne droite (« sans couper la mer ») le sommet du Canigou depuis Marseille il faut se trouver sur un point, du côté de la cité phocéenne, présentant une altitude de 300 m environ au-dessus du niveau de la mer et même un peu moins du côté du Cap Croisette

Dans les transmissions et notamment en télévision terrestre VHF et UHF, les diffuseurs ont donc intérêt de choisir un point haut pour ériger les émetteurs de télévision avec des fréquences les plus basses pour mieux desservir les points aveugles (un peu sous la ligne de visée) situés « derrière » l'obstacle, colline, ou dans la dépression et, ainsi, améliorer la zone de couverture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Aperio, « Le Massif du Canigou vu de Marseille n'est pas une galéjade », www.univ-mrs.fr (consulté en 22 août 2010)